BOURROU
GENIS
VILLEFRANCHE de Lonchat
BELVES
Numéro 22 - Juillet 2026
Bulle n généalogique semestriel
de l ‘associa on GENEA24
ISSN 2679-0912
GENEA24 Généalogie Dordogne-Périgord. Entraide & partage.
Lou Péri Doc
02 ! Juillet 2026 22 - LOU PÉRI DOC. l’ofÞ ciel.
Les actes issus des Archives départementales de la Dordogne font l’objet d’une licence pour l’usage unique du bulle n. Les men ons de l’Abbé Bru-
gière sont  rées des « Documents numérisés par Pierre Besse pour la SHAP (fonds Pommarède) » visible sur le site www.shap.fr .
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24100. Email : contact@genea24.fr Numéro ISSN : 2679-0912. publica on : Semestriel, prix de vente 14 €. Dépot
légal : à paru on . Directeur de la publica on : Jean-Louis FILET. Adresse de la rédac on : 3 rue des AFN 37270
AZAY-SUR-CHER. Imprimerie : SA Notoriété 2.0 17 avenue d’Arches 08000 CHARLEVILLE-MEZIERES.
Numéro 22 juillet 2026.
Directeur de la publica on : Lionel Filet. Rédacteur en chef : Jean-Louis Filet. Comité de rédac on : Mireille Berger,
Didier Bouquet, Geneviève Coulaud, Véronique Espèche, Bernade e Fondriest, Maryse Grenier, Nicole Sarreau, Ka-
a Toustou.
Ont collaboré à ce numéro : Yann Picquet, Celine Seguin d’Illustre-trait.com, Françoise Villechenoux, Marie Thérèse
Wachet.
Crédit photo : Mireille Berger, Geneviève Coulaud, Maryanick Gaul er, Eric Espèche, Jean-Louis Filet,
Couverture : Vil
LAmicale.
03 * Edito.
04 * AG Amicale & rencontres
Coin lecture.
57 *
58 *
rece es Grand-mère.
59 *
Thème : Il pleut.
09 *
En Périgord.
06 *
Généalogie.
12 *
44 *
Des gens.
10 *
50 *
Devoirs de mémoire.
13 *
15 *
Château.
20 *
Page centrale.
30 *
Quatre Villages
G
BOURROU
Vi C
40
20
32 06
Lou Péri Doc.
NON FAIT
Editorial. LOU PÉRI DOC . n° 22 - Juillet 2026 ! 03
lédito
Le lourd tribut des gabarriers
Notre belle Dordogne aujourd’hui symbole de farniente, de plaisir de bai-
gnade et de parcours en canoés est bien plus douce et docile qu’elle ne le fut entre
les XVIème et XIXème siècles les barrages ne régulaient pas la fureur des ots ...
Sauvage et dangereuse au cours de son époque de trafi c uvial c’est entre février et
mars qu’elle était la plus farouche des rivières... Parmi ses vic mes, nombre gabar-
riers.
Une légende fortement ancrée dans la mémoire périgourdine, dit qu’au saut
de la Gratusse, un des passages redoutés des gabarriers de la Dordogne et lieu de
naufrage ce sont tant les remous de la rivière que la terrible « Coulobre » bête mons-
trueuse qui entrnaient par le fond hommes et marchandises.
Entre légende, fureur des eaux impétueuses et erreur de naviga on... Soixante-
quinze gabariers périrent dans la Dordogne sur la seule période de 15 ans, entre 1785
et 1800. Morts noyés avant même d’a eindre la par e de la rivière qui s’écoule
dans le département de la Dordogne ... Disparus, parfois repêchés sans vie dans les
passages les plus dangereux sur le terrible tronçon entre Argentat-sur-Dordogne et
Souillac.
La dispari on progressive de la batellerie commerciale au profi t de la route et
du chemin de fer n’empêche en rien les morts par noyades ... Accidents pour les Pé-
rigourdins comme pour les touristes ... Notre rivière, ses affl uents et les points d’eau
de notre belle contrée sont autant de bonheurs es vaux que de pièges mortels.
Hommage aux morts noyés de notre département
Véronique ESPECHE.
Entre 1727 et 1790, pas moins de 160 naufrages ont été recensés,
ainsi que 29 collisions entre bateaux.
04 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. l’Amicale en Bref.
La me assemblée générale
La onziième assemblée générale s’est déroulée par consulta on internet
entre le 12 et le 23 mars 2026, comme prévu par les statuts de l’associa on.
Ont par cipé 76 membres sur les 87 adhérents inscrits, à jour de leur
co sa on. Absents : 11 personnes. Le vote a été clos le 23 mars.
Les rapports :
Connaissance des adhérents :
NON FAIT
Le
Rencontres de l’Amicale. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 05
NON FAIT
06 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. NOCES TRAGIQUE.
La nuit de noce tombe à l’eau. Par Véronique ESPECHE.
Demain, 4 septembre de l’an 1787, on cé-
lèbrera les noces de Jean GARAU et d’Antoine e
Bouthier, deux enfants du pays ... Tous et toutes
s’aff airent à cet évènement.
Les jeunes gens d’Annesse-et-Beaulieu
préparent le tourin qui sera servi aux mariés
pour leur donner la force d’aff ronter la nuit de
noce.
La famille de la mariée nalise la tradi-
onnelle jonchée, tapis de eurs et de feuilles,
en forme de fl èche tournée vers l’église.
Tandis que la future mariée peaufi ne sa
toile e, sa plus belle robe est bleue, symbole de
délité, elle est prête à être enfi lée demain, elle
pourra servir les dimanches pour la messe.
Le vieux châle de sa grand-mère couvri-
ra ses épaules et lui rappellera sa vie passée au
foyer parental, un joli nœud tout neuf qui se veut
symbole de sa future vie maritale complétera sa
coiff e tandis que le collier prêté par sa mère or-
nera son cou en guise de bonheur à venir.
Tout est prêt pour le grand jour
Ainsi, au ma n du jour J, au cœur de la pe-
te église du village, la future mariée, mineure,
fait son entrée tandis que son menuisier, lui aus-
si mineur, l’a end, déjà face à l’autel... Deux en-
fants fébriles prêts à se dire « oui » devant Dieu
et leurs parents consentants. Le père Bloys, curé
d’Anesse uni alors les deux amoureux.
L’union est bénie, les cloches
sonnent pour la sor e de la noce.
Les ancés sont désormais
époux légi mes.
Pierre Garau dit « Braquet »
et Marie Ranouil, les parents du ma-
rié sortent les premiers de l’édifi ce
religieux en compagnie de leur lle
Catherine et de son époux. Ils sont
suivis des parents de la mariée, Jean
dit « Pouvade » et Marie Dulac, tout
émue de voir sa lle mariée et prête
à fonder sa famille. Suivent ensuite
Jean et Jean, les deux frères du ma-
riés et E enne Seuren, sonneur de
cloches tous trois témoins des époux.
* Ad 24 Annesse-et-Beaulieu Bms année 1774-1792 page 143/210
Les connaissances, amis et voisins des nouveaux mariés, sortent à leur tour. Eux qui ont mar-
chés les quelques kilomètres qui séparent le cœur du village de son église, ennent à féliciter les
jeunes mariés et à par ciper aux réjouissances qui suivent le mariage.
Pensez donc, une noce !!! Loccasion de festoyer.
Et enfi n sort le nouveau couple ... Monsieur et Madame GARAU
Unis devant Dieu, leurs familles et amis en ce e fi n de ma née.
Et la pe te église Sainte-Blaise se fait de nouveau silencieuse ...
Elle ne sonnera plus que pour l’appel à la messe et ne bourdonnera que
des can ques qui y seront lus ...
Cest qu’il n’y a que peu de célébra ons ... Le village est pe t,
rares sont les naissances, les mariages et mêmes les décès, au sein de
ce e communauté rurale.
NOCES TRAGIQUE. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 07
Tandis que les villageois regagnent la
place du village afi n d’aider les parents des ma-
riés à me re les derniers mets sur la table dres-
sée en l’honneur du mariage, les jeunes gens
restent ensemble, entre église et cours d’eau. Il
est temps pour eux de commenter ce e union
avant de rejoindre les anciens.
Jean et Antoine e se font un premier
baiser face à leurs amis ...
Ils rougissent un peu, émus de pourvoir
enfi n se dire leur amour.
Les jeunes fi lles forment un joyeux essaim
autour de la mariée, s’enquirent de la conte-
nance de son trousseau et s’inquiètent pour elle
de la nuit à venir. Quand les jeunes hommes,
commencent à prodiguer encouragements et
conseils à Jean pour ce e même nuit de noce.
Il faut encore a endre avant de dormir
auprès de sa belle ... Il y a le repas de mariage
à passer et au cours duquel il faut se bien tenir.
Fanfaron, le jeune marié décide qu’il lui faut un
bain d’eau froide pour ralen r ses ardeurs et res-
ter sage jusqu’au soir.
Et avant de rejoindre la table,
voilà le fringant marié qui saute à l’eau sous
les vivats de ses amis et les yeux eff arés de sa
désormais épouse.
Hélas !!! Le pied pris entre deux pierres, Jean
tarde à remonter à la surface
Ramené sur la rive par ses amis, Jean est
allongé sur l’herbe...Ses mains moites d’émo on
devant l’autel sont désormais froides, son regard
pé llant d’espérance est devenu xe et morne
et son cœur qui ba ait la chamade au sein de
l’église cest arrêté...
Devant ses témoins et son épouse éplorée,
Jean a cessé de vivre. Noyé.
Le 4 septembre 1787, s’est noyé en vou-
lant aller sur la Belisle, environ une heure après
midi, à la vue de sa femme et de ses connais-
sances, Jean Garau, marié le même jour entre
neuf et dix heures du ma n, malgré les secours
qu’on s’est empressé de lui donner et lorsqu’il
était dans l’eau et hors de l’eau, et son corps a
été enterré le cinq à sept heures du soir, en pré-
sence de Pierre Garau dit Braquet son père, de
Jean Bouthier, son beau-père, d’Ethienne Seu-
ren, sonneur de cloches, et d’autres qui n’ont si-
gné pour ne savoir, de ce par moi interpellés.
BLOYS, curé d’Anesse. (Annesse-et-Beaulieu).
Quelle triste journée que ce jour de noce !!
Les jeunes époux ne sont restés qu’à peine
trois heures mari et femme et n’auront échangé
qu’un seul baiser.
Le repas prévu pour célébrer les épou-
sailles sera consommé le soir du mariage lors de
la veillée mortuaire du marié.
Marié et mort le même jour.
Antoine e est veuve avant même d’avoir
consommé son mariage, privée de nuit de noce,
elle enterrera son éphémère époux au lende-
main de ce qui devait être « le plus beau jour »
de sa vie.
Sur le registre des baptêmes, mariages
et décès d’Annesse-et-Beaulieu, * le mariage de
Jean et Antoine e est immédiatement suivi de
l’acte de décès de Jean ...
Triste mission d’inscrip on que celle du curé.
08 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. Noyades.
Retour tragique d’un pèlerinage en 1784.
Pierre Beaudet, cavalier en semestre, du
régiment de cavalerie du roi ; Jean Lavergne, do-
mes que ; Mar al Lagarde, domes que ; É enne
Bourbon, tailleur de pierre ; Jeanne Brachet,
âgée de seize ans ; Jean Buisson ; Péronne Pa-
rard, âgée de dix-neuf ans ; Jeanne Bonnet, âgée
de dix-sept ans ; Antoine e Jammet, épouse de
Léonard Deschamps âgée de vingt-quatre ans.
Ces neuf personnes ont eu le malheur de
se perdre le jour de l’Ascension, 20 mai 1784,
jour malheureux !
Au retour d’une procession que nous
é ons allés faire au-delà de la rivière, en vou-
lant la repasser, elles se noyèrent. Sans doute
que Dieu n’avait pour agréable ce e procession,
aussi je lui permets bien de même qu’aux deux
autres personnes de la Sainte Trinité et à toute la
cour céleste que, de ma vie ni de mes jours, je ne
la ferai. J’exhorte tous mes successeurs qui liront
le récit de ce tragique événement de ne point cé-
der, comme j’ai eu le malheur de le faire, aux cris
et aux demandes d’une aveugle populace, de ne
point faire ce e procession, quand on la deman-
derait.
Ce e perte terrible doit les faire tenir bon
contre de semblables et indiscrètes demandes.
Dieu veuille que mon exhorta on ait son ef-
fet, que mes successeurs aient plus de fermeté
d’âme que moi et plus de bonheur dans la direc-
on des dèles de ce e paroisse. Je le leur sou-
haite de tout mon cœur. (Réf. AD 24 Marsac-sur-
l’isle Paroisse 5MI22303_011 BMS 1600-1790
page 896/915.). Girardeau, curé de Marsac (-sur-
L’Isle).
Mortuaire de Pierre Pradelles de Pinsac.
Le 1er du mois d’avril de ce e Année mil
sept cent trente et six, on a trouvé un cadavre
d’un homme noyé depuis plusieurs semaines, il
a été reconnu par sa femme et un voisin pour
être Pierre Pradelles travailleur du bourg de Pin-
sac qui se noya à Pinsac avec un autre homme
et qui fut trouvé à Marel [Mareuil] le cinquième
du mois dernier, il a été enterré en la manière
accoutumée de l’église dans le cime ère de la
présente paroisse, il avait à ce qu’on dit quarante
et huit ans environ, en foi de quoi me suis signé.
(Réf. Ad 24 Carsac-Aillac année Bms année 1647-
1779 page 554/804.) DECOSTES, curé d’Aillac.
On peut compter environ 10 kilomètres entre les
deux lieux.
À Carsac-d’Aillac, en 1737 dans la Dordogne.
Le 30 mai 1737, Jean Joly, âgé d’environ
vingt-trois ans, ls de Jacques Joly, clerc, et de
Paule Lavernardie, habitant du village des Bories
de ce e paroisse, s’est noyé dans la rivière de
Dordogne auprès de Saint Rome vis-à-vis de Tur-
nac.
Le 3 du mois de juin, son corps a été trouvé et
reconnu par ses parents.
Il était auprès de la croix de Carsac, sur
le bord de ladite rivière. A été ensuite inhumé
avec les cérémonies ordinaires de l’église, dans
le cime ère de ce e paroisse, en présence de
Pierre Royere, laboureur, son frère utérin, et ha-
bitant du bourd d’Aillac, et de Jean Joly, son frère
paternel, laboureur, habitant de la paroisse de
Proissans, qui ont déclaré ne savoir signer, de ce
requis par moi. LASSERRE, curé de Carsac.
Le 2 juin 1737, Jean Madrat, âgé d’environ
dix-sept ans, ls de feu Jean Madrat, laboureur,
et de feue Marie Fournier, habitant de Turnac,
s’est noyé dans la rivière de Dordogne auprès de
Saint Rome vis-à-vis de Turnac, demeurant pour
lors chez Géraud Rey de Saint Roume de ce e
paroisse.
Le cinq du même mois, son corps a été trouvé et
reconnu par ses parents à la pêcherie de Turnac.
Il a été inhumé avec les cérémonies ordi-
naires de l’église dans le cime ère de ce e pa-
roisse, en présence de Jean Madrat, son frère
aîné, laboureur habitant du Turnac paroisse de
Domme, et de Mar n Lespinasse, marguiller
habitant de La Coste, qui ont déclaré ne savoir
signer, de ce requis par moi. (Réf. Ad 24 Car-
sac-Aillac Bms année 1630-1790 page 120/450.)
LASSERRE, curé de Carsac.