BOURROU
GENIS
VILLEFRANCHE de Lonchat
BELVES
Numéro 22 - Juillet 2026
Bulle n généalogique semestriel
de l ‘associa on GENEA24
ISSN 2679-0912
GENEA24 Généalogie Dordogne-Périgord. Entraide & partage.
Lou Péri Doc
02 ! Juillet 2026 22 - LOU PÉRI DOC. l’ofÞ ciel.
Les actes issus des Archives départementales de la Dordogne font l’objet d’une licence pour l’usage unique du bulle n. Les men ons de l’Abbé Bru-
gière sont  rées des « Documents numérisés par Pierre Besse pour la SHAP (fonds Pommarède) » visible sur le site www.shap.fr .
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24100. Email : contact@genea24.fr Numéro ISSN : 2679-0912. publica on : Semestriel, prix de vente 14 €. Dépot
légal : à paru on . Directeur de la publica on : Jean-Louis FILET. Adresse de la rédac on : 3 rue des AFN 37270
AZAY-SUR-CHER. Imprimerie : SA Notoriété 2.0 17 avenue d’Arches 08000 CHARLEVILLE-MEZIERES.
Numéro 22 juillet 2026.
Directeur de la publica on : Lionel Filet. Rédacteur en chef : Jean-Louis Filet. Comité de rédac on : Mireille Berger,
Didier Bouquet, Geneviève Coulaud, Véronique Espèche, Bernade e Fondriest, Maryse Grenier, Nicole Sarreau, Ka-
a Toustou.
Ont collaboré à ce numéro : Yann Picquet, Celine Seguin d’Illustre-trait.com, Françoise Villechenoux, Marie Thérèse
Wachet.
Crédit photo : Mireille Berger, Geneviève Coulaud, Maryanick Gaul er, Eric Espèche, Jean-Louis Filet,
Couverture : Vil
LAmicale.
03 * Edito.
04 * AG Amicale & rencontres
Coin lecture.
57 *
58 *
rece es Grand-mère.
59 *
Thème : Il pleut.
09 *
En Périgord.
06 *
Généalogie.
12 *
44 *
Des gens.
10 *
50 *
Devoirs de mémoire.
13 *
15 *
Château.
20 *
Page centrale.
30 *
Quatre Villages
G
BOURROU
Vi C
40
20
32 06
Lou Péri Doc.
NON FAIT
Editorial. LOU PÉRI DOC . n° 22 - Juillet 2026 ! 03
lédito
Le lourd tribut des gabarriers
Notre belle Dordogne aujourd’hui symbole de farniente, de plaisir de bai-
gnade et de parcours en canoés est bien plus douce et docile qu’elle ne le fut entre
les XVIème et XIXème siècles les barrages ne régulaient pas la fureur des ots ...
Sauvage et dangereuse au cours de son époque de trafi c uvial c’est entre février et
mars qu’elle était la plus farouche des rivières... Parmi ses vic mes, nombre gabar-
riers.
Une légende fortement ancrée dans la mémoire périgourdine, dit qu’au saut
de la Gratusse, un des passages redoutés des gabarriers de la Dordogne et lieu de
naufrage ce sont tant les remous de la rivière que la terrible « Coulobre » bête mons-
trueuse qui entrnaient par le fond hommes et marchandises.
Entre légende, fureur des eaux impétueuses et erreur de naviga on... Soixante-
quinze gabariers périrent dans la Dordogne sur la seule période de 15 ans, entre 1785
et 1800. Morts noyés avant même d’a eindre la par e de la rivière qui s’écoule
dans le département de la Dordogne ... Disparus, parfois repêchés sans vie dans les
passages les plus dangereux sur le terrible tronçon entre Argentat-sur-Dordogne et
Souillac.
La dispari on progressive de la batellerie commerciale au profi t de la route et
du chemin de fer n’empêche en rien les morts par noyades ... Accidents pour les Pé-
rigourdins comme pour les touristes ... Notre rivière, ses affl uents et les points d’eau
de notre belle contrée sont autant de bonheurs es vaux que de pièges mortels.
Hommage aux morts noyés de notre département
Véronique ESPECHE.
Entre 1727 et 1790, pas moins de 160 naufrages ont été recensés,
ainsi que 29 collisions entre bateaux.
04 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. l’Amicale en Bref.
La me assemblée générale
La onziième assemblée générale s’est déroulée par consulta on internet
entre le 12 et le 23 mars 2026, comme prévu par les statuts de l’associa on.
Ont par cipé 76 membres sur les 87 adhérents inscrits, à jour de leur
co sa on. Absents : 11 personnes. Le vote a été clos le 23 mars.
Les rapports :
Connaissance des adhérents :
NON FAIT
Le
Rencontres de l’Amicale. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 05
NON FAIT
06 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. NOCES TRAGIQUE.
La nuit de noce tombe à l’eau. Par Véronique ESPECHE.
Demain, 4 septembre de l’an 1787, on cé-
lèbrera les noces de Jean GARAU et d’Antoine e
Bouthier, deux enfants du pays ... Tous et toutes
s’aff airent à cet évènement.
Les jeunes gens d’Annesse-et-Beaulieu
préparent le tourin qui sera servi aux mariés
pour leur donner la force d’aff ronter la nuit de
noce.
La famille de la mariée nalise la tradi-
onnelle jonchée, tapis de eurs et de feuilles,
en forme de fl èche tournée vers l’église.
Tandis que la future mariée peaufi ne sa
toile e, sa plus belle robe est bleue, symbole de
délité, elle est prête à être enfi lée demain, elle
pourra servir les dimanches pour la messe.
Le vieux châle de sa grand-mère couvri-
ra ses épaules et lui rappellera sa vie passée au
foyer parental, un joli nœud tout neuf qui se veut
symbole de sa future vie maritale complétera sa
coiff e tandis que le collier prêté par sa mère or-
nera son cou en guise de bonheur à venir.
Tout est prêt pour le grand jour
Ainsi, au ma n du jour J, au cœur de la pe-
te église du village, la future mariée, mineure,
fait son entrée tandis que son menuisier, lui aus-
si mineur, l’a end, déjà face à l’autel... Deux en-
fants fébriles prêts à se dire « oui » devant Dieu
et leurs parents consentants. Le père Bloys, curé
d’Anesse uni alors les deux amoureux.
L’union est bénie, les cloches
sonnent pour la sor e de la noce.
Les ancés sont désormais
époux légi mes.
Pierre Garau dit « Braquet »
et Marie Ranouil, les parents du ma-
rié sortent les premiers de l’édifi ce
religieux en compagnie de leur lle
Catherine et de son époux. Ils sont
suivis des parents de la mariée, Jean
dit « Pouvade » et Marie Dulac, tout
émue de voir sa lle mariée et prête
à fonder sa famille. Suivent ensuite
Jean et Jean, les deux frères du ma-
riés et E enne Seuren, sonneur de
cloches tous trois témoins des époux.
* Ad 24 Annesse-et-Beaulieu Bms année 1774-1792 page 143/210
Les connaissances, amis et voisins des nouveaux mariés, sortent à leur tour. Eux qui ont mar-
chés les quelques kilomètres qui séparent le cœur du village de son église, ennent à féliciter les
jeunes mariés et à par ciper aux réjouissances qui suivent le mariage.
Pensez donc, une noce !!! Loccasion de festoyer.
Et enfi n sort le nouveau couple ... Monsieur et Madame GARAU
Unis devant Dieu, leurs familles et amis en ce e fi n de ma née.
Et la pe te église Sainte-Blaise se fait de nouveau silencieuse ...
Elle ne sonnera plus que pour l’appel à la messe et ne bourdonnera que
des can ques qui y seront lus ...
Cest qu’il n’y a que peu de célébra ons ... Le village est pe t,
rares sont les naissances, les mariages et mêmes les décès, au sein de
ce e communauté rurale.
NOCES TRAGIQUE. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 07
Tandis que les villageois regagnent la
place du village afi n d’aider les parents des ma-
riés à me re les derniers mets sur la table dres-
sée en l’honneur du mariage, les jeunes gens
restent ensemble, entre église et cours d’eau. Il
est temps pour eux de commenter ce e union
avant de rejoindre les anciens.
Jean et Antoine e se font un premier
baiser face à leurs amis ...
Ils rougissent un peu, émus de pourvoir
enfi n se dire leur amour.
Les jeunes fi lles forment un joyeux essaim
autour de la mariée, s’enquirent de la conte-
nance de son trousseau et s’inquiètent pour elle
de la nuit à venir. Quand les jeunes hommes,
commencent à prodiguer encouragements et
conseils à Jean pour ce e même nuit de noce.
Il faut encore a endre avant de dormir
auprès de sa belle ... Il y a le repas de mariage
à passer et au cours duquel il faut se bien tenir.
Fanfaron, le jeune marié décide qu’il lui faut un
bain d’eau froide pour ralen r ses ardeurs et res-
ter sage jusqu’au soir.
Et avant de rejoindre la table,
voilà le fringant marié qui saute à l’eau sous
les vivats de ses amis et les yeux eff arés de sa
désormais épouse.
Hélas !!! Le pied pris entre deux pierres, Jean
tarde à remonter à la surface
Ramené sur la rive par ses amis, Jean est
allongé sur l’herbe...Ses mains moites d’émo on
devant l’autel sont désormais froides, son regard
pé llant d’espérance est devenu xe et morne
et son cœur qui ba ait la chamade au sein de
l’église cest arrêté...
Devant ses témoins et son épouse éplorée,
Jean a cessé de vivre. Noyé.
Le 4 septembre 1787, s’est noyé en vou-
lant aller sur la Belisle, environ une heure après
midi, à la vue de sa femme et de ses connais-
sances, Jean Garau, marié le même jour entre
neuf et dix heures du ma n, malgré les secours
qu’on s’est empressé de lui donner et lorsqu’il
était dans l’eau et hors de l’eau, et son corps a
été enterré le cinq à sept heures du soir, en pré-
sence de Pierre Garau dit Braquet son père, de
Jean Bouthier, son beau-père, d’Ethienne Seu-
ren, sonneur de cloches, et d’autres qui n’ont si-
gné pour ne savoir, de ce par moi interpellés.
BLOYS, curé d’Anesse. (Annesse-et-Beaulieu).
Quelle triste journée que ce jour de noce !!
Les jeunes époux ne sont restés qu’à peine
trois heures mari et femme et n’auront échangé
qu’un seul baiser.
Le repas prévu pour célébrer les épou-
sailles sera consommé le soir du mariage lors de
la veillée mortuaire du marié.
Marié et mort le même jour.
Antoine e est veuve avant même d’avoir
consommé son mariage, privée de nuit de noce,
elle enterrera son éphémère époux au lende-
main de ce qui devait être « le plus beau jour »
de sa vie.
Sur le registre des baptêmes, mariages
et décès d’Annesse-et-Beaulieu, * le mariage de
Jean et Antoine e est immédiatement suivi de
l’acte de décès de Jean ...
Triste mission d’inscrip on que celle du curé.
08 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. Noyades.
Retour tragique d’un pèlerinage en 1784.
Pierre Beaudet, cavalier en semestre, du
régiment de cavalerie du roi ; Jean Lavergne, do-
mes que ; Mar al Lagarde, domes que ; É enne
Bourbon, tailleur de pierre ; Jeanne Brachet,
âgée de seize ans ; Jean Buisson ; Péronne Pa-
rard, âgée de dix-neuf ans ; Jeanne Bonnet, âgée
de dix-sept ans ; Antoine e Jammet, épouse de
Léonard Deschamps âgée de vingt-quatre ans.
Ces neuf personnes ont eu le malheur de
se perdre le jour de l’Ascension, 20 mai 1784,
jour malheureux !
Au retour d’une procession que nous
é ons allés faire au-delà de la rivière, en vou-
lant la repasser, elles se noyèrent. Sans doute
que Dieu n’avait pour agréable ce e procession,
aussi je lui permets bien de même qu’aux deux
autres personnes de la Sainte Trinité et à toute la
cour céleste que, de ma vie ni de mes jours, je ne
la ferai. J’exhorte tous mes successeurs qui liront
le récit de ce tragique événement de ne point cé-
der, comme j’ai eu le malheur de le faire, aux cris
et aux demandes d’une aveugle populace, de ne
point faire ce e procession, quand on la deman-
derait.
Ce e perte terrible doit les faire tenir bon
contre de semblables et indiscrètes demandes.
Dieu veuille que mon exhorta on ait son ef-
fet, que mes successeurs aient plus de fermeté
d’âme que moi et plus de bonheur dans la direc-
on des dèles de ce e paroisse. Je le leur sou-
haite de tout mon cœur. (Réf. AD 24 Marsac-sur-
l’isle Paroisse 5MI22303_011 BMS 1600-1790
page 896/915.). Girardeau, curé de Marsac (-sur-
L’Isle).
Mortuaire de Pierre Pradelles de Pinsac.
Le 1er du mois d’avril de ce e Année mil
sept cent trente et six, on a trouvé un cadavre
d’un homme noyé depuis plusieurs semaines, il
a été reconnu par sa femme et un voisin pour
être Pierre Pradelles travailleur du bourg de Pin-
sac qui se noya à Pinsac avec un autre homme
et qui fut trouvé à Marel [Mareuil] le cinquième
du mois dernier, il a été enterré en la manière
accoutumée de l’église dans le cime ère de la
présente paroisse, il avait à ce qu’on dit quarante
et huit ans environ, en foi de quoi me suis signé.
(Réf. Ad 24 Carsac-Aillac année Bms année 1647-
1779 page 554/804.) DECOSTES, curé d’Aillac.
On peut compter environ 10 kilomètres entre les
deux lieux.
À Carsac-d’Aillac, en 1737 dans la Dordogne.
Le 30 mai 1737, Jean Joly, âgé d’environ
vingt-trois ans, ls de Jacques Joly, clerc, et de
Paule Lavernardie, habitant du village des Bories
de ce e paroisse, s’est noyé dans la rivière de
Dordogne auprès de Saint Rome vis-à-vis de Tur-
nac.
Le 3 du mois de juin, son corps a été trouvé et
reconnu par ses parents.
Il était auprès de la croix de Carsac, sur
le bord de ladite rivière. A été ensuite inhumé
avec les cérémonies ordinaires de l’église, dans
le cime ère de ce e paroisse, en présence de
Pierre Royere, laboureur, son frère utérin, et ha-
bitant du bourd d’Aillac, et de Jean Joly, son frère
paternel, laboureur, habitant de la paroisse de
Proissans, qui ont déclaré ne savoir signer, de ce
requis par moi. LASSERRE, curé de Carsac.
Le 2 juin 1737, Jean Madrat, âgé d’environ
dix-sept ans, ls de feu Jean Madrat, laboureur,
et de feue Marie Fournier, habitant de Turnac,
s’est noyé dans la rivière de Dordogne auprès de
Saint Rome vis-à-vis de Turnac, demeurant pour
lors chez Géraud Rey de Saint Roume de ce e
paroisse.
Le cinq du même mois, son corps a été trouvé et
reconnu par ses parents à la pêcherie de Turnac.
Il a été inhumé avec les cérémonies ordi-
naires de l’église dans le cime ère de ce e pa-
roisse, en présence de Jean Madrat, son frère
aîné, laboureur habitant du Turnac paroisse de
Domme, et de Mar n Lespinasse, marguiller
habitant de La Coste, qui ont déclaré ne savoir
signer, de ce requis par moi. (Réf. Ad 24 Car-
sac-Aillac Bms année 1630-1790 page 120/450.)
LASSERRE, curé de Carsac.
MONTCARET. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 09
Montcaret est une commune de Dor-
dogne, en région Nouvelle-Aquitaine, située à
mi-chemin entre Bordeaux (62,3kms) et Berge-
rac (40,3kms). Composée de plusieurs hameaux,
elle est implantée dans une échancrure surplom-
bant la vallée de la Dor-dogne et limitrophe de
six autres communes (Saint- Michel- de- Mon-
taigne, Bonne-ville et Saint- Avit-de-Fumadières,
Vélines, Saint-Seurin-de-Prats, Lamothe-Montra-
vel et Monpeyroux).
Son territoire est traversé par la Lidoire et
d’autres cours d’eau. Son nom, d’origine occitane
et romaine, signifi erait « hauteur pierreuse » ou
pourrait se référer au « mont de Caretus », un
personnage gallo-romain. Une autre hypothèse
est que le nom ferait référence à sa situa on à
un carrefour de voies romaines importantes.
La commune comptait 1 405 habitants en 2022,
un chiff re en légère baisse par rap-port à 2016.
Histoire.
Quant à son histoire de l’époque gallo-ro-
maine jusqu’au XIXe siècle, elle débute avec la
conquête de la Gaule par Jules César et l’intégra-
on de la région (l’Aquitaine) à l’Empire romain.
Montcaret se développe autour d’une
grande villa gallo-romaine si-tuée à un carrefour
de voies stratégiques.
Après la chute de l’Empire romain et de
nombreuses invasions, le bourg est en ruines. Il
renaît vers 1050 grâce à l’arrivée de moines bé-
nédic ns venus de Saint-Florent les Saumur. Ces
moines reconstruisent le village, l’église et un
prieuré en u lisant les pierres de l’ancienne vil-
la. Au l des siècles, le bourg se développe, avec
l’appari on de nouvelles habita ons, et se ter-
mine par la créa on de la route départementale
et la nomina on du premier maire à la Révolu-
on française. Lors des rébellions Hugue-notes,
après huit jours de siège, la ville et le château
de Montravel sont pris le 22 fé-vrier 1622 par les
troupes royales commandées par Charles, duc
d’Elbeuf. La ville est brûlée, les femmes violées,
les hommes tués.
Dès sa créa on en 1790, la commune
de Montcaret a d’abord appartenu au canton
de Lamothe. Après la suppression des districts
en 1795, puis du canton de Lamothe en 1801,
Montcaret a été ra achée au canton de Vélines.
Et, en voiture Simone, c’est moi qui conduis. Et nous voilà par s de bon ma n sur les routes du village
de Montcaret avec Monsieur Plomby, membre de l’associa on « Les amis de Montcaret », mon guide.
Mais avant de par r, mon cher ami, pourriez-vous me situer ce e commune et m’en raconter son histoire ?
« Oui bien sûr et pour se faire je vais essayer de résumer le travail fait par l’associa on :
MONTCARET. Par Françoise VILLECHENOUX.
10 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. MONTCARET.
Début 2006, Montcaret intègre dès sa
créa on la communauté de communes de Mon-
taigne en Montravel. Celle-ci est dissoute au 31
décembre 2013 et remplacée au 1er janvier 2014
par la communauté de communes Montaigne
Montravel et Gurson. Plus récemment, en 2015,
elle a changé de canton pour rejoindre celui du
Pays de Montaigne et Gurson. »
L’histoire du patrimoine de Montcaret ne
peut s’écrire sans parler des Temples.
Dès 1530, Montcaret devient un bas on
de l’église réformée. Après la destruc on de la
citadelle de Montravel en 1622, Louis XIII décide
la fermeture de l’école protestante en 1685 et
ordonne la destruc on du Temple. Après le réta-
blissement du culte protes-tant en 1803, Mont-
caret reprend son rôle de chef-lieu du Consis-
toire et en 1817, le pasteur SCHLICK ouvre une
souscrip on qui permet le rachat d’une maison
de colon à l’Hirondelle qui sera transformée en
Temple. Les travaux se poursuivront jusqu’en
1822. Le Temple actuel existe donc sous une
forme presque inchangée depuis 190 ans.
-Ah, la commune est riche sur le plan
historique.
-Oui, mais pas seulement, vous allez voir.
La variété de son patrimoine, la beauté
de ses coteaux couverts de vigne et la qualité
des vins que l’on peut déguster et se procu-rer
auprès de ses nombreux vi culteurs, font de ce
village très étendu (1706 ha) un centre d’intérêts
mul ples.
Puis, je vous garde le meilleur pour la n,
les ves ges de la villa gallo-romaine.
Et c’est au milieu d’une nature verdoyante,
vallonnée et...magnifi que que nous avons sillon-
né Montcaret.
Oh, on n’a pas loin aller puisque le Pi-
geonnier de la Kibola apparaît au pied de la côte,
pourquoi la Kibola ? On ne sait pas...Que nous
indique le pe t panneau ?
Le Pigeonnier, domaine privé, illustre
l’évolu on de la société après la Révolu on de
1789 puisque précédemment seuls les seigneurs
hauts jus ciers pouvaient posséder un pigeon-
nier. Celui-ci pouvait recevoir jusqu’à 200 pi-
geons. L’introduc on du pigeonnier serait due
aux légions Romaines et le toit au XIVe. Comme
l’élevage du pigeon était purement alimentaire,
l’avancement du toit était prévu pour empêcher
les chats et bêtes nuisibles d’entrer dans le pi-
geonnier. Lorienta on à l’est était prévue car les
pi-geons aiment profi ter des premiers rayons du
soleil. »
Allez, une ou deux photos et on repart.
- « Il faut savoir que, résurgences de la
nappe aquifère à divers niveaux de la pente, plu-
sieurs sources, certainement moins nombreuses
et moins abondantes qu’au début de notre ère,
en assurent l’alimenta on en eau. La présence
de ces nombreuses sources à Montcaret a été
un facteur décisif dans l’installa on des popula-
ons, d’abord celtes, puis gallo-romaines. Leau
était un élément vital, mais aussi une en sa-
crée Nous allons ainsi trouver sur notre chemin
des fontaines, sources, fonts... »
MONTCARET. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 11
A commencer par
«la font du Faure»
bien répertoriée
comme source à
Montcaret, sous le
nom de «Le Fon du
Faure», un lavoir au
milieu de la verdure.
Nous poursuivons notre route vers un endroit
dont le nom peut nous enchanter,
« la fontaine des fées »
qui est également une source connue
et répertoriée à Montcaret au hameau le Denoy.
« Elle est historiquement signifi ca ve car
elle servait à alimenter la par e agricole de lan-
cienne villa gallo-romaine de la commune. Elle
était canalisée jusqu’à la villa. Il reste le départ
au niveau de la fontaine, le lavoir, qui était u -
lisé par les gens du village. Quand on regarde
les vieilles cartes postales, il y a le chemin des
Druides qui arrivait là. Il y aurait un dolmen
qu’on n’a pas troumalgré ce que l’on dit sur
les cartes postales ou bien, cest la terre qui re-
couvre le dolmen. Il faudrait fouiller. Cest par -
culier parce que ce n’est pas un lieu-dit. Il y a un
trou, des personnes y sont rentrées, apparem-
ment elle arriverait à un gouff re ».
L’intérêt de ce e fontaine réside davan-
tage dans son histoire et son lien avec l’implan-
ta on de la villa romaine. Elle re son nom de
la mythologie populaire et des légendes ou de
croyances anciennes peut-être en lien avec le
culte des sources par les Celtes. Un pe t pan-
neau nous indique « La Fon Druidorum », source
des Druides devenue Fon des Fades, fontaine
des Fées. Elle illustre parfaitement le lien entre
les croyances cel ques et la géographie locale, le
druidisme, culte cel que vénérant les esprits de
la nature. Pour les Celtes, ce e source était pro-
bablement un lieu de culte. Les eaux jaillissantes
étaient considérées comme des portes vers le
«monde d’en bas», le domaine des divinités. Il
est très probable que des off randes (pièces, bi-
joux, armes) y aient été déposées pour honorer
les esprits de l’eau et demander leur protec on
ou leurs bienfaits, comme la guérison. Larchéo-
logie, en étudiant des sites similaires, a souvent
mis en évidence ces pra ques rituelles.
Un i néraire relie plusieurs sites d’importance
historique et archéologique, dont la célèbre villa
gallo-romaine et la présence de la fontaine sur ce
chemin souligne qu’avant la romanisa on, le site
était déjà un lieu de vie et de spiritualité pour les
peuples celtes.
La Fontaine des Fées est un bel exemple
de ces lieux l’histoire, la mythologie et la na-
ture s’entremêlent, témoignant de la profonde
spiritualité des Celtes et de leur rapport sacré à
l’environnement. Dans de nombreuses cultures,
les fées sont des esprits de la nature, souvent as-
sociés à l’eau, aux forêts et à la terre. Ce nom
suggère que la source était perçue comme un
lieu enchanté, habité par des créatures surnatu-
relles. Cest une manière de désigner des lieux
sacrés ou mystérieux, dont les pouvoirs ne sont
pas totalement compris.
12 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. MONTCARET.
- « Il est une autre source que je vais vous
montrer, la source du « Fon du Rat » qui alimen-
tait autrefois le bassin St Pierre sitau Nord-
Ouest de léglise. Pourquoi ce nom Rat ? Les re-
cherches historiques locales ne fournissent pas
de réponse unique et défi ni ve sur la raison pré-
cise de ce nom. »
Présence de l’animal a par la proxi-
mité de leau et des habita ons ? Déforma on
d’un mot local, d’un nom de famille ? Serait-ce
une source qui se cache comme un rat dans sa
tanière ? Au recensement de 1841, on trouve
Durat et en 1843 Du Rat et entre parenthèses
(Village) diff érent du hameau...Allez savoir.
- « Il existe d’autres sources mais nous al-
lons revenir sur nos pas, je vais vous montrer le
moulin de Nogaret, on ne peut pas le visiter, il est
privé ».
Que nous dit le panneau :
Situé sur les hauteurs, il daterait de la
n du XVI -ème /début XVII -ème siècle. Il est
construit sur le point le plus haut de la commune
à 107 mètres, sa hauteur est de 12 m et son cha-
peau mesure 3 m à lui tout seul. Sa toiture en-
èrement rénovée en 2007 a nécessité quelques
5000 tuiles en châtaignier.
- « Avant de nous rendre à l’endroit le
plus connu de Montcaret, nous allons passer
par le « puits de la Nine » situé au hameau du
Fauresourd. « Il date du début du XVIIIe et a été
restauré en 2005 par le propriétaire actuel avec
la par cipa on de la Fonda on du Patrimoine.
Avec ses pierres rejointoyées et sa couverture
refaite selon la coutume en Sud-Ouest, le puits
de la Nine a retrouvé une deuxième jeunesse.
Cétait à usage collec f, 4 familles habitaient ce
hameau du FORCEAU ? Il fonc onne tou-jours et
l’eau est à 15 mètres »
- « Et maintenant, direc on la villa gal-
lo-romaine.
La villa gallo-romaine habitée par un per-
sonnage certainement important vu l’étendue
du domaine, est située sur un i néraire que l’on
appellerait aujourd’hui « i néraire bis », au croi-
sement de voies romaines reliant Lyon (Lugdu-
num,) Bordeaux (Burdigalia), Cahors (Divona),
Lalinde (Diolinum), Périgueux (Vésone). Bâ e au
1er siècle après J.C, détruite vers 275, recons-
truite puis vastée à nouveau, elle a naturel-
lement beau-coup souff ert de ces invasions. Les
habita ons des serviteurs se regroupent autour
et forment ainsi les prémices du bourg de Mont-
caret. Mais elle est reconstruite encore plus
grande, plus luxueuse. (Elle s’étend vers l’Est et
vers le Nord). Avec les destruc- ons survenues
au long des siècles précédents, les terrains se
sont comblés, la végéta- on a repris ses droits et
l’existence même de la villa gallo-romaine a dis-
paru du pay-sage montcarétois et de la mémoire
des habitants.
Il faut faire remonter l’origine des fouilles
vers 1827. Puis, l’abbé DELPEYRAT arrive en
1867, fait les premières découvertes à l’occa-
sion des creusements de tombes (le cime ère
se trouve alors autour de l’église). Il eff ectue des
recherches dans les archives dans les divers châ-
teaux et maisons bourgeoises qui faisaient par-
e de la juridic on de Montravel. Il trouve alors
des parchemins Labbé Delpeyrat est un passion-
d’ar-chéologie et il insuffl e ce e passion à un
jeune garçon qui fait offi ce d’enfant de chœur
Pierre Mar al TAUZIAC. Il donnera les 1ères le-
çons d’archéologie à Pierre Mar al TAUZIAC qui,
après le départ de l’abbé en 1876, poursuivra in-
lassablement les recherches. Celles-ci abou ront
à la redécouverte de la villa gallo-romaine. Ces
re-cherches entraînent le déplacement du cime-
ère protestant.
En 1873, la construc on de la ligne de
chemin de fer nécessite un grand besoin de terre
et de remblai pour faire les talus et l’assise de la
voie. Une par e de ce e terre est prise aux alen-
tours de l’église et amène la découverte d’autres
ves ges de la villa gallo-romaine.
En 1941, à la mort de Pierre Mar al Tau-
ziac, sa lle Alie e qui avait toujours par cipé
aux recherches avec son père, a con nué d’en-
tretenir le pe t musée.
Le 21 Septembre 1946, le conseil munici-
pal décide que le musée porterait le nom de «
Musée Pierre Tauziac ». Une plaque fut apposée
à la porte du Musée le 1er juin 1947 en présence
MONTCARET. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 13
de M. Formigé (Directeur des fouilles), de M. Bo-
namy Maire de Montca-ret et de nombreuses
personnalités.
Plus tard, en présence d’Alie e Tauziac,
de M. Suchod -Député de la Dordogne-, de M.
Boyer – Maire de Montcaret-, de M. Manet – Sé-
nateur maire de Bergerac-, de M. Lafont Grele y
historien, une plaque fut apposée sur le mur de
la maison où vécut la famille Tauziac. »
- « Il y a encore des choses à dire sur les
monuments, sur les personnalités, je vais essayer
de vous résumer tout cela :
Parmi les sites remarquables, on trouve
l’église Saint-Pierre-ès-Liens du XIe siècle (classée
monument historique) et le Temple protestant
reconstruit au début du XIXe siècle, moignant
de l’importance historique du protestan sme
dans la région. On ne reviendra pas son impor-
tant site archéologique comprenant les ves ges
de la grande villa gallo-romaine avec thermes
et mosaïques, dont une par e est gérée par le
Centre des monuments na onaux et ouverte à la
visite.
Quant aux personnalités on peut men-
onner des pasteurs des XVIIe et XVIIIe siècles
comme Abraham Marcon et Jean Neveu Coste-
badie (ce dernier ayant émigré en Angleterre),
ainsi que deux offi ciers et chirurgiens nés à
Montcaret : les frères Henri de Vernejoul (géné-
ral commandant la 5e DB lors de la Libéra on) et
Robert de Vernejoul (chirurgien).
Eh bien voilà, notre pe t tour est
maintenant terminé, jespère avoir sa sfait
votre curiosité, en bref pe t village mais riche
de son passé et de sa nature. »
Lieux-dits
Bas-Soureau, Beau Jour , Bonnet, Borie ,
Bouty, Chalustre, Château Gaillard , Cour, Faure
Sourd, Fongra n , Fonrigaud, Fonroque, Fontaine
des Fées , Grange-Neuve , Haut-Soureau , Jean
Bonnet , Jourget , La Brune , La Dodie, La Font du
Rat, La Jus- ce, La Kibola , LaRivière, Le Bennoit,
Le Chaput, Le noix , Le Glorin, Le Grand Che-
min, Le Grand Gourdon , Le Gravat, Le Maine, Le
Maret, Le Maridat , Le Mou-lin de Faye , Le Pe t
Gourdon , La Pinada, Le Platan , Le Pré de Cha-
lustre , Les Chapelles , Les Fargues, Les Fossés ,
Les Gargarines, Les Murailles , Les Oliviers , Les
Saignes , Les Terres Blanches , Les Traverses, L’Es-
prit, Lespinassat, L’Hirondelle, Ma-gnan, Maillot
, Monbrun, Montcaret, Montréal, Nayra , Nodin,
Nogaret, Palauquet , Pompazet , Roudigou, Ruis-
seau du Grand Rieu, Tête Noire, Touron, Tréty.
Source Vicomte de Gourges.
14 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. Re.
LA COURONNE DE L’IMPERATRICE EUGENIE A CENDRIEUX.
Par Mireille BERGER.
En eff et, de forts liens aff ec fs unissaient Marie-Clo lde et sa grand-tante Eugénie depuis
qu’elles avaient été réunies pendant la guerre de 14-18.
La couronne est restée alors enfermée quelques années dans le coff re d’une banque belge
jusqu’à son transfert à Paris après toutes les formalités d’usage.
Ce 19 octobre 2025, la France et le monde en er apprenaient avec stupéfac on le vol
d’objets de valeur au musée du Louvre.
Seule, la couronne de l’impératrice Eugénie a été retrouvée au sol,
abandonnée par les voleurs dans leur fuite. Elle était endommagée, mais retrouvée !
Pe te histoire de la couronne.
Ce e couronne avait éréalisée pour le
couronnement d’Eugénie, l’épouse de Napoléon
III. En fait, elle ne l’a portée qu’une seule fois pour
poser devant un sculpteur, le couronnement de
l’impératrice n’a jamais eu lieu.
Après la défaite de 1870 et la dispari on
de son mari en 1873 Eugénie se réfugie en Angle-
terre la couronne a pu lui être res tuée. Peu
avant son décès survenu en 1920, l’impératrice
avait testé en faveur de sa lleule Marie-Clo lde
Bonaparte pe te lle du roi des Belges Léopold
II, alors âgée de 8 ans, lui léguant le précieux bi-
jou.
LA COURONNE IMPERIALE A CENDRIEUX.
Marie-Clo lde Bonaparte était mariée depuis 1938
au comte Serge De Wi Ils ont eu 10 enfants, c’est la rai-
son de l’achat du château de La Pommerie, une grande de-
meure à Cendrieux pour loger leur descendance.
Les parents décédés, c’est Baudoin l’aîné des garçons
qui a hérité du château, dont il a fait le musée Napoléon.
Baudoin raconte qu’il est allé en Belgique en voiture avec son
père en 1974, pour la ramener au Louvre devait être organisée
une exposi on. « Elle était dans un carton à chapeau. Je me souviens
de la surprise de l’employé des douanes lorsqu’il l’a ouvert ! ».
En 1979, Marie-Clo lde fait don à l’Etat français de ses biens
historiques, sauf la couronne qui est restée dans un coff re à Paris.
Elle avait voulu la vendre à la France en 1982, mais cela ne s’est pas
fait, peut-être à cause du prix trop élevé. Cest un riche collec on-
neur américain qui l’a achetée en 1988 et c’est à ce e occasion que
la couronne a transité par le château de la famille à Cendrieux.
RE. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 15
GENEALOGIE SIMPLIFIEE DE MARIE-CLOTILDE BONAPARTE.
BONAPARTE Charles Marie (1746-1785) RAMOLINO Le zia (17501836)
16 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. Dangers de la rivière.
Les dangers de la rivière !
Baignade tragique.
Le 3 aout 1773 dans le cime ère de Neuvic
a été enterré un homme qui s’était noyé la veille
au-dessus du château (dans l’Isle) appelé Jean
Cuminal âgé de 25 ans du Goré en présence de
Pierre et Jean Gayou qui n’ont signé pour ne sa-
voir. De ce enquit. (Réf. Ad 24 Neuvic Bms année
1755-1790 page 399/735.)
GIRARDEAU, vicaire de Neuvic.
Deux jeunes noyés dans la Dordogne.
Le 18 janvier 1790, les corps de Jean Joly
clerc, âgé d’environ 21 ans vivant ls de Pierre
Joly laboureur et de Jeanne Fourre (Faure) ses
père et mère, ainsi que de jean Gourrigou â
de 16 ans vivant ls d’autre jean Gourrigou ma-
réchal et de Marie Fournier ses père et mère du
bourg de Turnac, s’étant noyés dans la Dordogne
depuis quatre jours sans avoir pu recevoir aucun
secours, liés tous deux de la plus in me ami é en
qualité octroyons ensemble l’un après l’autre au-
jourd’hui a dix heures du ma n ont éinhumé
tous les deux dans le cime ère de ce e ville en
présence de leurs pères ci-dessus nommés et de
Pierre Laroque laboureur de Turnac qui n’ont su
signer de ce enquis. (Réf. Ad 24 Carsac-Aillac Bms
année 1630-1790 page 442/450.).
TAUCHOU, curé de Carsac.
Perdu dans la Vézère.
Le 5 août 1791, se perdit dans l’eau en se
baignant au-dessous du pont de Terrasson, en-
viron neuf heures du soir, Sieur Jean Bap ste
Brossard, diacre, habitant de ce e ville, son
corps fut trouvé mort au même endroit environ
une heure après, et il fut inhumé le sept dans le
cime ère, en présence de Jean et Léger Chabre-
lie qui n’ont signé pour ne savoir, de ce requis par
nous. (Réf. Ad 24 Terrasson-Lavilledieu Bms an-
née 1789-1792 page 35/65.). BARDENAC, curé.
Un jeune enfant.
Le 22 août 1819, à quatre heures de
l’après-midi, par devant nous Pierre Bordas maire
et offi cier de l’état-civil de la commune de Gar-
donne… a comparu Louis Faure âgé de trente-six
ans cul vateur non parent du décédée et Pierre
Breton âgé de cinquante-six ans aussi cul vateur
et non parent mais voisin du décédé, lesquels
nous ont dit qu’aujourd’hui au bourg de Gar-
donne c’est-à-dire à la rivière de la Dordogne qui
borde au nord le présent bourg le nommé Jean
Ferrière âgé d’environ douze ans sans profession
noyé et été encore gisant sur le bac du passage
il a été transporté au sor de l’eau nous
susdit nous sommes de suite rendu pour nous
assurer du fait et en avoir dressé procès-verbal,
ls légi me de feu Pierre Ferrière et de Margue-
rite Geraud conjointe. Et on le déclarant signé
avec nous pour ne savoir à ce qu’ils ont déclaré
de ce enquit par nous après que lecture leur a
été faite. (Réf. Ad 24 Gardonne EC Décès année
1819 page 10/16). BORDAS, maire.
CLERGé PERIGOURDIN. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 17
LE CLERGÉ PÉRIGOURDIN. Pendant la Persécu on Révolu onnaire » de R. DE
BOYSSON (1907) (Extraits). Par Pierre MILLET.
Ludovic, Marie (dit Richard) de Boysson
est né le 28 mars 1839 à Siorac-en-Périgord
et décédé le 19 septembre 1929 à Cénac. Il
fut saint cyrien et par cipa à la Guerre de
1870. Il a été maire de Cénac.
Source : h p://deboysson.free.fr/fam/
membres/richard1839.php
Le Clergé séculier.
Le clergé séculier du Périgord était, en
1789, répar sur 2 diocèses : Périgueux, compre-
nant toute la par e du Périgord sise à l’Ouest de
la Vézère et au Nord de la Dordogne ; le diocèse
de Sarlat, comprenant le territoire périgourdin
sis au Sud de la Dordogne et à l’Est de la Vézère
; un seul archiprêtré, celui d’Audrix, avait des pa-
roisses sur les 2 diocèses.
Le diocèse de Périgueux comprenait
16 archiprêtrés,
groupant ensemble 442 paroisses :
Archiprêtrés Paroisses
Quinte ou Périgueux 43
La Double ou Vanxains 41
Vieux-Mareuil 21
Saint-Marcel 36
Peyrat 13
Pilhac 24
Thiviers 24
Saint-Médard 56
Gouts 20
Chantérac 13
Villamblard 41
Champagnac 27
Vélines 30
Valheuil 24
Audrix (Est) 10
Le Bugue 19
Le siège épiscopal de Périgueux était alors
occupé par Mgr Louis de GROSSOLLES de FLA-
MARENS à Agen le 7 février 1736, sacré en
1772 évêque de Quimper et appel’année sui-
vante à l’évêché de Périgueux. Il était issu d’une
des plus riches et plus puissantes familles de
Gascogne. Il était ancien capitaine d’Ar llerie. (P.
46)
Il était assisté par 10 vicaires généraux
et par un chapitre de 34 chanoines ; il avait, en
outre, hors de sa résidence, les collégiales de
Saint-As er, d’Aubeterre, de La Rochebeaucourt
et la chapellerie de Ribérac. (P. 46)
Le Grand-Séminaire de Périgueux, la Mis-
sion et le Pe t-Séminaire de Mussidan, complé-
taient les établissements diocésains de Mgr de
FLAMARENS. (P. 46)
Le diocèse de Sarlat comprenait 7 archi-
prêtrés, groupant ensemble 242 paroisses (P 46)
Le siège épiscopal de Sarlat était occupé,
depuis 1778, par Mgr Joseph de PONTE d’ALBA-
RET, qui était né à Perpignan le 18 octobre 1736.
(P. 46)
Son père avait été premier Président du
Grand Conseil de Roussillon. Il appartenait à une
vieille famille du Piémont, installée en France de-
puis le règne de Louis XIV. (P. 46)
Dans la composi on de l’épiscopat fran-
çais en 1789, il est à noter que l’on trouve 12
noms appartenant à la meilleure noblesse du Pé-
rigord et pas un seul roturier. Voici ces 12 noms
aristocra ques (P. 51) :
Louis de BEAUPOIL de SAINT-AULAIRE,
évêque de Poi ers
Claude de BOURDEILLE, évêque de Soissons
Emmanuel de CUGNAC, évêque de Lectoure
Charles de LACROPTE de CHANTÉRAC,
évêque d’Alet
Charles du LAU d’ALLEMANS, évêque de Gre-
noble
Jean-Marie du LAU d’ALLEMANS, archevêque
d’Arles
Dominique de La ROUCHEFOUCAULD, cardi-
nal-archevêque de Rouen
François-Joseph de La ROUCHEFOU-
18 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. CLERGé PERIGOURDIN.
CAULD-BAYERS, évêque de Beauvais (né à An-
goulême le 28/02/1736 et dcd le 02/09/1792
à Paris 6e)
Pierre-Louis de La ROCHEFOUCAULD-BAYERS
(frère de François-Joseph), évêque de Saintes
(né le 12/10/1744 à Saint Cybard-d’Eyrat (16)
devenue Blanzaguet-Saint-Cybard et dcd le
02/09/1792 à Paris 6e)
Marc de ROYÈRE, évêque de Castres (ou Jean-
Marc) (°1727-+1802)
Alexandre de TALLEYRAND-PÉRIGORD, ar-
chevêque de Reims
Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD, évêque
d’Autun. (*)
(*) Il s’agit de Charles-Maurice de TAL-
LEYRAND-PÉRIGORD en 1754 à Paris, mort
en 1838 à Paris, ordonné prêtre en 1779 et
nommé évêque d’Autun en 1788. Il est le neveu
d’Alexandre de Talleyrand-Périgord ci-dessus.
Le Clergé régulier.
Le Périgord comportait 2 diocèses à la
Révolu on : celui de Périgueux et celui de Sar-
lat dans lesquels le clergé régulier occupait une
place importante.
Il comportait plus de 60 établissements
divers, tant d’hommes que de femmes.
Comme maisons d’hommes, les 2 diocèses pos-
sédaient :
Les Abbayes cisterciennes de Peyrusse,
Cadouin et Boschaud ;
Les Abbayes bénédic nes de Brantôme,
Tourtoirac et Terrasson ;
Les Abbayes d’Augus ns de Châtres, de
Chancelade et de Terrasson ;
Les Prieurés d’Ausgus ns de Périgueux,
Saint-Cyprien et Domme ;
La Chartreuse de Vauclaire ;
Les Dominicains de Belvès ;
Cinq maisons de Cordeliers à Périgueux,
Bergerac, Sarlat, Excideuil et Mon -gnac ;
Sept maisons de Récollets à Thiviers, Pé-
rigueux, Bergerac, Sarlat, Limeuil, Montpazier
et Aubeterre ;
Les Minimes à Plagnac, Aubeterre, Sali-
gnac et Verteilhac ;
Les Jacobins et les Carmes à Bergerac.
Comme maisons religieuses de femmes,
les 2 diocèses possédaient :
Les Abbayes bénédic nes de Ligueux, Le
Bugue et Fongauffi er ;
Les Dominicaines de Saint-Pardoux ;
Les Bénédic nes de Périgueux et d’Au-
riac ;
Les Religieuses de Notre-Dame à Péri-
gueux et à Sarlat ;
Les Dames Mirepoises ou de la Foi à Pé-
rigueux, Sarlat et Belvès ;
Hotel des Mirepoises.
Les Clarisses à Périgueux, Sarlat, Mon -
gnac et Aubeterre ;
Les Visitandines à Périgueux ;
Les Ursulines à Périgueux ;
Les Filles du Bon Pasteur à Sarlat ;
Les Dames de Fontevrault à Fontaine et à
Cubas ;
Plusieurs couvents de Sainte-Marthe, de
Saint-Vincent de Paul et des Filles de la Foi.
Clergé séculier : évêques qui dirigent des dio-
cèses ; prêtres qui administrent des paroisses,
une communauté de les.
Clergé régulier : abbés qui dirigent une
communauté de moines ; moines qui vivent dans
un monastère et suit une règle de vie.
La Dîme.
Sous l’Ancien Régime, le clerne recevait
rien du Trésor : tous ses revenus provenaient de
deux sources indépendantes des pouvoirs pu-
blics : la me et les revenus des propriétés fon-
cières.
CLERGé PERIGOURDIN. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 19
La dîme était une imposi on spéciale,
payée directement par chaque paroisse au curé
qui lui assurait le service religieux. Le « cima-
teur » prélevait sa dîme su place, aussitôt après la
récolte. Vauban, dans l’introduc on de sa Dixme
royale a dit : « La dixme ecclésias que, qui ne fait
aucun procès, n’existe aucune plainte…. Cest de
tous les impôts celui qui s’exécute avec le plus
de facilité et de douceur ». (Vauban, La dixme
royale, Introduc on).
Bien que la me soit censée s’élever au
dixième des récoltes, ce chiff re était rarement
a eint. Elle était presque partout le douzième
ou le quinzième ; parfois me elle n’a eignait
que le ving ème ou la tren ème par e.
Malheureusement, ce n’était pas tou-
jours le curé de la paroisse imposée qui recevait
la dîme. Cétait quelquefois un monastère, un
évêque, un abbé quelconque et parfois même
un laïc.
La part alors reversée au curé était appelée
« la por on congrue ».
Parmi les cent quatorze martyrs des
Carmes, nous trouvons sept membres du clergé
périgourdin (le dimanche 2 septembre 1792) (P.
175 et 176) :
Mgr du Lau, archevêque d’Arles ;
Lévêque de Beauvais, François-Joseph de La Ro-
chefoucauld ; lorsqu’on se présenta chez lui pour
l’arrêter, son frère Louis, l’évêque de Saintes,
protesta, disant qu’on ne les séparerait pas l’un
de l’autre ; tous deux furent massacrés ;
Armand de Foucauld, vicaire-général d’Arles ;
Alexandre de Langlade, vicaire-général de Rouen
;
François de Lubersac, aumônier de madame Vic-
toire, tante de Louis XVI :
Guillaume-Antoine Delfau, l’ancien député du
clergé, « dont toute la consola on était de n’avoir
taché sa conscience par aucun serment. Une de-
mi-heure avant l’arrivée des bourreaux, il faisait
répondre à des amis qui lui envoyèrent de quoi le
soutenir dans sa prison : « Dites-leur que jamais
je n’ai été mieux portant, ni si heureux ». (Source
: Abbé Barruel, Histoire du Clergé, p. 243)
de ses bases pour y guerroyer.... La France va
donc aller y puiser les forces humaines dont elle
a besoin.
Le 20 octobre 1939, le Yang-Tsé est le
premier navire à acheminer les Indochinois
vers la métropole.
20 000 Indochinois (19 800 Vietnamiens et 200
Cambodgiens) sont ainsi envoyés en métropole...
Débarqués de 1939 à n mai 1940 à Marseille,
après des semaines de voyage dans les cales des
14 bateaux spécialement a rétés.
Ils seront envoyés dans les usines d’arme-
ment répar es sur les diff érents sites de produc-
on d’armes et de muni ons ... dont la poudrerie
de Bergerac qui emploiera, à moindre coût, sept
compagnies de 250 travailleurs...
Des travailleurs quasi gratuits, immatricu-
lés et administrés par le ministère du Travail qui
a créé à cet eff et le service de la « Main-d’œuvre
indigène « (MOI)... Le préfet de Dordogne a été
avisé de leur arrivée par un courrier du ministre
du travail :
Crédit photo : AD de la Dordogne
20 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. Mékong-Vézère.
De la vallée du Mékong à celle de la Vézère.
Par Véronique ESPECHE.
Période 1939 / 1945 ... et au-delà
Pour par ciper à l’eff ort de guerre, les Français étant mobilisés,
le gouvernement considère comme légi me de recruter des travail-
leurs dans toutes ses colonies.... Pas au Sénégal l’on y puisait déjà
les railleurs, pas au Maghreb les colons avaient besoin de leur
« mains d’œuvres » . Reste l’Indochine.
Qui représente un vivier de 22 655 000 personnes.
Occupée par le Japon au cours de la Seconde Guerre Mondiale,
l’Indochine restera dèle au régime Français - Vichy en l’occurrence -
qui avait pris acte qu’Hitler ne s’a aquerait pas aux colonies trop loin
«J’ai l’honneur de vous informer qu’un con ngent de 1.500 travailleurs Indochinois, aff ecté
à la Poudrerie de Bergerac, doit résider incessamment dans votre département. Son cantonnement
a été choisi et aménagé par la Poudrerie à proximité de cet Établissement. Il s’y installera dans les
derniers jours du présent mois de janvier. Je veux être assuré que nos travailleurs Indo-Chinois, ainsi
qu’ils l’ont toujours fait jusqu’ici, donneront toute sa sfac on par leur conduite tant à l’usine quà
l’extérieur. Je sais pouvoir compter sur votre infl uence pour que soient réglées au mieux et le plus
rapidement possible, les ques ons diverses que pourrait soulever l’installa on de ces indigènes. »
Mékong-Vézère. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 21
Après la cuisante défaite française
de juin 1940, les usines d’armement s’arrêtent et
5 000 Indochinois, devenus des bouches à nour-
rir inu les sont renvoyés dans leurs foyers.
Les hommes français étant soit sous les
drapeaux soit prisonniers, les 15 000 indochinois
restant seront contraints, par l’État français, de
servir de main-d’œuvre, principalement dans
l’agriculture, où les bras manquent cruellement.
Dès 1941, le gouvernement de Vichy prône le re-
tour à la terre au vu du risque de pénurie alimen-
taire qui gagnait la France
Une loi de février 1941 assure un sou en
nancier de l’État pour des projets visant à ré-
cupérer des terres abandonnées afi n d’y relan-
cer des cultures... Deux projets en par culier du
gouvernement font la part belle à ce « retour à la
terre » :
Faire pousser du riz en Camargue
Assainir la vallée des Beunes.
Pour ce qui est de la Camargue, environ
500 ouvriers vietnamiens y furent envoyés pour
relancer la riziculture contaminée par la salini-
té. Ils auront réussi au prix d’un dur labeur, non
rémunéré, à transformer les champs en rizières
fécondes.
En ce qui concerne notre Dordogne, c’est
près d’un millier de Vietnamiens du camp d’in-
ternement de Bergerac qui seront aff ectés à l’as-
sainissement de la vallée des Beunes.
Wikipédia licence CC
Le préfet de la Dordogne les envoie recon-
quérir les terres fer les de la vallée des Beunes
envahies par les marécages afi n d’y développer
à nouveau la culture du chanvre. Logés miséra-
blement, à une heure de marche, dans des ba-
raquements de fortune, insalubres à souhait,
peu nourris, souvent nu-pieds, c’est avec la seule
force de leurs bras et quelques pelles et pioches
que les Indochinois vont ne oyer la vallée...
Crédit photo : AD de la Dordogne
Ils assainiront près de 1500 hectares inon-
dés sous le regard du château de Commarque...
Le chanvre n’y reprendra pas racines, contraire-
ment aux haricots verts qui y seront cul vés avec
succès une dizaine d’année. Pendant leurs rares
moments de répit, beaucoup se feront «  rer le
portrait » afi n d’envoyer des nouvelles à leur fa-
mille ... Bien vêtus et souriants ils s’eff orcent sur
ces photos de donner aux leurs une impression
de bien-être... loin de leur réalité... Rassurer ma-
man, le père, les frères et sœurs restés au pays.
A la Libéra on, la majorité de ces « requis » as-
pirent à un rapatriement, privés depuis trop
longtemps de leurs familles et de leur culture.
La désorganisa on de l’après-guerre et les évé-
nements d’Indochine vont retarder leur retour ...
La guerre est terminée depuis 1945.
Beaucoup d’entre eux ne pourront rentrer
qu’en 1952.
Un interminable déracinement
Fidèles à la France coloniale de leur en-
fance, certains sont restés, fondant une famille
eurasienne
La Grande Beune longue de 22 km, est un
affl uent rive gauche de la Vézère. Elle prend sa
source à l’ouest de la commune de Saint-Geniès.
La Pe te Beune de 9,5 km confl ue avec la Beune.
Elle prend sa source à la limite des communes
de Saint-André-d’Allas et de Marquay. Son bassin
versant con ent la plus grande concentra on de
gro es ornées du paléolithique.
La vallée des Beunes vit aujourd’hui plus
du tourisme que de l’agriculture.
Et le travail tanesque des Indochinois est
tombé dans l’oubli.
Peu se souviennent même de ceux qu’on appe-
lait alors « les Chinois » ou « les Annamites ».
22 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. Ancêtres protestants.
La famille Darrigade
En 1657, à Bergerac nait Pierre Darrigade,
bap protestant, ls de David Darrigade, écri-
vain du Duc de La Force et de Loyse Tarde. Dans
les années qui suivent, la famille se fugie à La
Force, et en 1686, le père, David, son épouse
Loyse Tarde et leurs enfants, abjurent, sous la
pression du Duc, au profi t de la religion catho-
lique.
Le Di 2 mars 1686, David GARRIGADE ou DAR-
RIGADE, Maitre Escrivain, Loyse TARDE sa
femme Jean ; Jean Pierre et David leurs enfans
de quinze onze et six ans et Jeanne aussi leur
lhe de vint quatre ans ont a l’hérésie de Cal-
vin, la foy Catholique et receu labsolu on de
l’excommunica on (?) qui leur a esté donnée
par moy cu souzgné de la Force et ce que
lesdits DARRIGADE et TARDE coinjoints ont ....
et alleure Armand leur autre ls ... absente de
leur compagnie sans qu’ils sachent ou il est et
avoir congédié depuis environ huit jours Bar-
thoumieau ??? leur valet et Consergenat clerq
et Henry Pruignan pasteur . Lesdits David DAR-
RIGADE père, Jean et Jean Pierre ses enfans et
le Dt Jenat ont signé a loriginal et lad TARDE
David DARRIGADE ls Jeanne aussy leur lhe
et PRAIGNAN autre tesmoins pour ne sacvoir
de ce enquis.
Ils ont au moins six enfants :
- Pierre, bap le 21 juin 1657 à Bergerac
le 21 juin 1657, le parrain est Pierre Salvy et la
marraine Anne Marchand.
- Armand, bap le 10 février 1665 à La
Force, il a pour parrain Armand Vers-sen, l’inten-
dant du duc Caumont de La Force et pour mar-
raine, Sevin Anne.
- Pierre, bap à La Force le 1er aout
1672 avec pour parrain, Pierre Gardin, marchand
po er à Bergerac et pour marraine Marie Labatut
veuve de Jean Faure, maître boulanger à Sainte-
Foy-en-Agenais.
Mes ancêtres protestants. Par Geneviève COULAUD.
Un peu d’histoire
Lédit de Nantes a mis n aux guerres de religion (massacre de la Saint-Barthélemy) sans ja-
mais véritablement les éteindre. Toléré, le protestan sme est, malgré tout, toujours perçu comme
une menace pour l’ordre du royaume, donc pour sa stabilité poli que.
La Force est alors un foyer de huguenots, en 1660 on en compterait 1300. La famille de Cau-
mont va les protéger jusque vers 1681, avant de se conver r au catholicisme sous la pression du roi
Louis XIV.
En 1685, avec l’édit de Fontainebleau, Louis XIV décide d’employer la force pour obliger les
protestants à abjurer leur foi. Il fait détruire les temples protestants et les écoles. Les réformés
doivent se soume re au baptême et au mariage catholiques. Il condamne à lexil les pasteurs et
interdit aux protestants, d’émigrer sous peine d’être enrôlés dans les galères. Il ordonne de faire
bap ser tous les enfants à naître.
Au moment de l’abjura on de la famille Darrigade, en 1686, cest Jacques Nompar II de Cau-
mont (1632-1699), baron de Boisse, puis duc de La Force (1678), pair de France, baron de Castelnau,
de Caumont, de Tonneins, de Cugnac et de la Boulaye qui est le duc de La Force en tre.
Cest alors un foyer de huguenots, en 1660 on en compterait 1300. La famille de Caumont va
les protéger jusque vers 1681, avant de se conver r au catholicisme sous la pression du roi Louis XIV.
Ancêtres protestants. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 23
- Jean-Pierre, bap sé le 18 janvier 1674 à La
Force ; le parrain est Jean Merveil-lan, demeu-
rant auprès du marquis de Thonneins de Cau-
mont de La Force et pour marraine Anne Dupuy
femme du notaire royal. Il est né le 29 décembre
1673.
- David, bap le 18 mai 1679 à La Force ; le
parrain est David Darrigade, mar-chand d’Othez
et la marraine, Jeanne Darrigade lle de David
(mais de quel David ?)
- Jeanne
Jean Pierre épouse Louise Depeuch le 3 juillet
1703 à La Force.
Le 3/7/1703 après les ançailles et pro-
clama on d’annonces d’entre Jean Pierre DARRI-
GADE Maître chirurgien et Loyse DELPEUCH nou-
veaux conver s de la paroisse de La Force et vu
le cer cat de leur confession signée Mizac daté
du 1er courant contrôle desdits annonces datée
du second courant signé de Lespinasse
après que lesdits DARRIGADE et DELPEUCH
ont promis et ont moyennant leur serment
de perdurer dans la religion catholique
apostolique romaine et d’en pra quer à
l’avenir tous les actes spécialement celui de
la sainte communion laquelle ils ont pro-
mis recevoir pour le plus tard le hui ème
septembre prochain jour de la na vité de
la sainte vierge lequel temps ils ont deman-
pour se mieux affi rmer dans la créance
de cet auguste sacrement et la vénéra on
avec laquelle et tant sen approcher à quoi
ils ont déclaré s’obliger et faute de ce faire
se sont soumis à toutes les peines ordon-
nées par sa Majesté
contre les relaps sous lesquelles promesses et
condi ons je soussigné prêtre curé de La Force
les ai mariés et leur ai donné la bénédic on nup-
ale es présences de sieur Jean DANGREZAS ré-
gent, Sihi BOUET scieur de bois, Helies AMBLARD
laboureur tous habitants de ladite paroisse et
François SOULETEY tailleur d’habits de la pa-
roisse de Prigonrieu, ledit DARRIGADE a signé
avec lesdits DANGREZAS et SOULETEY de ce en-
quis.
Loyse Delpeuch est la fi lle de François no-
taire et procureur du duché et de Izabeau Hugon
; elle voit le jour à Bergerac le 23 mai 1673 et elle
est bap sé le 28 du même mois avec pour par-
rain Armand Nompar de Caumont.
Jean Pierre et Louise auront 6 enfants connus :
- Isabeau, bap sée le 20 avril 1704 à La
Force avec pour parrain, jean Dunoger et mar-
raine, Isabeau Souges
- Jean, bap à La Force le 9 septembre
1705, le parrain est Jean Darrigade, la marraine,
Anne Delpeuch (sa tante).
- Marguerite, bap sée à La Force le 16
novembre 1706.
- Michel bap à La Force 18 octobre
1708, le parrain est Michel Raimonde et la mar-
raine, Sara Grenier
- Jean, bap à La Force le 9 septembre
1711, avec comme parrain, Jean Mar-phand et
marraine Anne Hugon (sa tante).
- Elisabeth, bap sée le 1er février 1717,
le parrain est Michel Darrigade, la marraine, Iza-
beau Hugon sa grand-mère.
Elisabeth Darrigade épouse à La Force
Pierre Blanchard, maitre coutelier, le 2 juin 1744.
Ils auront au moins un enfant, Pierre, né en 1749
à Bergerac.
Au décès de Pierre, son époux, en 1779,
les vieilles querelles de religions sont toujours
présentes. Sur l’acte de décès de ce dernier, il est
men onné que la sépulture ecclésias que ne
peut lui être donnée sans l’accord du procureur
du roi.
Sa pe te-fi lle Anne-Rose épouse en 1817,
Thomas Dailhac marchand de cuir, ils seront à
l’origine de la lignée Dailhac de mes ancêtres
bergeracois.
24 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. BELVES.
À la fois forteresse, village monas que,
cité marchande et bourg vivant, Belvès conte
plus de mille ans d’histoire. Une légende prétend
que la cité était partagée entre sept coseigneurs
qui construisirent chacun un édifi ce défensif
muni d’une cloche pour donner l’alarme ...
« Bèlves » devint alors la cité aux 7 clochers.
Des remparts, des tours et un large fos-
aussi naturel que défensif favorisent le déve-
loppement du bourg... Nobles et gens de robes
demeurent « en haut » tandis que paysans et
manants s’entassent - du XIIIème au XVIIIème
siècles - dans des habitats troglody ques amé-
nagés au mieux dans le fossé naturel aujourd’hui
disparu.... Si le fossé est aujourd’hui comblé, une
par e des habitats troglodytes désormais sou-
terrains est toujours accessible via une entrée «
secrète ».
Du moyen-âge à nos jours
Belvès, cité médiévale gardienne du
temps, conserve en son centre et son pourtour
les ves ges de son époque glorieuse faite de sei-
gneurs sseurs aussi bien que guerriers ... Sous
la protec on de l’archevêque de Bordeaux, sei-
gneur temporel de la ville pendant cinq siècles.
Au cœur du village la halle du XVème siècle qui
repose aujourd’hui sur 23 piliers trône sur la
place d’Armes, plus souvent dite place du mar-
ché, lieu de vie et de rencontres... Ici se tenaient
et se ennent encore les marchés qui rent du
bourg une cité marchande ac ve ...
Ce e halle sans être la plus ancienne
construc on de la cité est le centre de la vie des
Belvésois. On y voit encore le pilori, accroché à
un des piliers, qui nous rappelle que la jus ce
féodale était bien plus féroce que la tre au-
jourd’hui séculière.
Le Castrum s’est développé au XI ème
siècle, il demeure encore aujourd’hui l’ancien
donjon dit « la tour de l’Auditeur « la Tour des
Filhols ... Léglise Notre-Dame-de-l Assomp on
aussi dit Notre-Dame de Montcuq des XIIème
et XIVème, Le clocher-porche du XVème siècle...
le Château de Belvès du XVIème, la maison des
Consuls, sans oublier la tour de l’archevêque au-
tant de merveilles parfaitement intactes qui font
de
Belvès un des « Plus beaux villages de
France »
BELVES, la cité aux 7 clochers. Par Véronique ESPECHE.
... Qui off rit un pape au monde catholique.
Tantôt Français ... [Tantôt Anglais] ... À 35 km au sud-ouest de Sarlat, Belvès est une perle du
Périgord Noir. De l’occitan bèl ves (« belle vue »), la cité for ée porte à merveille son nom, perchée
sur un éperon rocheux elle y domine la vallée de la Nauze.
Ce e posi on stratégique a fait de Belvès,
dès le haut Moyen Âge, un lieu convoité et vaillam-
ment défendu... Ce e situa on sur les hauteurs of-
frant une large vue est exploitée dès le XIsiècle,
un castrum y est édifi é afi n de contrôler la vallée
et les voies environnantes.
Ainsi naquit la cité for ée, lieu d’habitat aristocra que, épiscopal et paysan. Bienvenu au
cœur du Castrum millénaire de Belvès
BELVES. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 25
Entre ses sept clochers il en
reste 4 visibles- ses gro es jadis habi-
tées et sa halle médiévale, Belvès off re
un voyage à travers le temps et joue
néanmoins le tempo de notre époque
avec ses pe ts bars, ses bou ques de
souvenirs et de gastronomie...
La lature installée dans un an-
cien moulin de la vallée de la Nauze,
témoigne du savoir-faire Périgourdin
et nous ramène vers notre époque. Et
lorsque le collège ferme ses portes pour
la saison es vale, la très renommée «
Fête Médiévale de Belvès » qui se dé-
roule chaque année un dimanche du
mois d’août nous emporte de nouveau
dans le passé où jongleurs, cracheurs
de feu et fauconnier nous font revivre
le moyen-âge au cœur de notre XXIème
siècle ...
26 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. BELVES.
Le « grand » homme de Belvès
Gascon comme ses père et grand-père,
Bertrand de GOTvers 1264 à Villandraut,
fut évêque de Comminges en 1295 et devient
archevêque de Bordeaux en 1299. Il habita un
temps la tour de l’archevêque dans la cité médié-
vale de Belvès, dont il était le seigneur.
Si on lui doit d’avoir transporté le siège pa-
pal en Avignon, à cause des troubles qui règnent
alors en Italie et surtout pour tenter de récon-
cilier les rois de France et d’Angleterre qui saf-
frontaient au sujet de l’Aquitaine, c’est pour une
tout autre raison qu’il est resté dans l’histoire...
Sous l’impulsion de Philippe le Bel, Bertrand
de GOT, devenu Pape Clément V est la
main « divine » qui décime l’Ordre des Templiers
... Il se  endra au côté du roi lors de l’arresta on
des Templiers et lorsque Jacques de Molay, grand
maître des Templiers, monte sur le bûcher le 18
mars 1314...
« Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je
vous cite à paraître au tribunal de Dieu
pour y recevoir votre juste châ ment !
Maudit ! Maudit ! Soyez maudits (...) »
Le 20 avril 1314, un mois après la mort de
Jacques de Molay, Clément V décède à Roque-
maure dans le Gard... Philippe le Bel le suivra 7
mois plus tard, le 29 novembre 1314 ... La malé-
dic on proférée par Jacques de Molay en est-elle
la cause ??
Clément V seigneur de Belvès en resta le
protecteur durant tout son pon cat... La pe te
cité fut même un temps surnommée la « ville du
Pape»... Ce e période papale est encore visible
aujourd’hui notamment sur la façade de la « mai-
son gothique » construite en 1882 en l’honneur
de Bertrand de Goth connu comme étant le Pape
Clément V.
Belvès, musée vivant à ciel ouvert
Le 1er janvier 2016 Belvès fusionne avec
Saint-Amand-de-Belvès et devient la commune «
Pays de Belvès » ... Sans perdre ni son charme ni
son âme, habile cité qui sait depuis la nuit des
temps conjuguer passé et présent.
« Bèlvès » aura su résister aux guerres, aux
invasions et aux épidémies de peste pour nous
off rir aujourd’hui un tableau grandeur nature de
mille ans d’histoire à découvrir aux portes de la
somptueuse foret de la Bessède.
Michel Carcenac
Michel Carcenac, originaire de Belvès
(Dordogne) un personnage local bien connu
dans ce e pe te cité du Périgord noir est mort
à l’âge de 99 ans, le mercredi 2 octobre 2024.
Il était Médecin, Résistant devenu Ecrivain pas-
sionné d’histoire locale.
Son portrait vu dans amazon.fr
Qui-Suis-Je ?
Je suis à Belvès, comme la plupart de
mes ancêtres et je suis très a aché à mes racines
périgourdines.
Jeune Gaulliste, j’ai été mis à la porte du
Lycée de Périgueux en février 1941 pour avoir
poignardé plusieurs portraits de Pétain trônant
dans les salles de classe. J’ai traversé Périgueux
à pied, entre deux ics. Plus tard, jai découvert
aux Archives que l’inspecteur d’Académie m’avait
évité la prison.
Après un séjour mouvementé dans le ma-
quis, je me suis retrouvé étudiant en médecine à
Bordeaux.
Le passage dans la marine marchande
comme médecin de bord ma fait comprendre
que s’il y avait ailleurs de beaux paysages et des
plages plus belles que celles de la Dordogne, rien
ne valait le Périgord pour y vivre.
CARCENAC. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 27
J’ai donc vissé ma plaque de médecin
de campagne, “Médecine nérale, Accouche-
ments”, sur la maison familiale, en 1953. Belvès
n’était pas encore très loin du Moyen Age.
Malgré ma très grande ac vité profes-
sionnelle, je me suis intégré aux clubs spor fs et
c’est ainsi que durant ma vie je fus successive-
ment président ac f de l’aéro-club de Belvès, du
Club de Judo, du Club Athlé que, des100 km de
Belvès, que nous avons créé avec des amis. J’ai
appris à piloter et jai passé mes brevets de pilote
d’avion. Je n’ai pas pra qué pas le judo, de peur
d’un mauvais coup qui m’aurait empêché de tra-
vailler. Je n’ai pas repris ma place de talonneur au
rugby comme au bon temps de mes études, mais
je me suis lancé dans la course de grand fond,
puisque je par cipais à l’organisa on de courses
et de marches de cent kilomètres et plus. Je me
suis retrouvé parmi les dix meilleurs coureurs de
cent kilomètres en France, dans ma catégorie de
vétéran, et j’en suis encore très fi er.
Comment ai-je commencé à écrire ?
A ma retraite de médecin, j’ai entrepris de
classer les plaques photographiques impression-
nées par mon père Antoine et de les rer sur pa-
pier. Ensuite, je me suis rendu chez les vieux ha-
bitants du village leur demander de reconnaître
les personnages, les événements. Un almanach
de 1905 me fut u le, les affi ches sur les murs,
les délibéra ons du conseil municipal, aussi les
vieilles le res. Surtout, beaucoup de ces photos
avaient servi à imprimer des cartes postales et
j’ai mobilisé quelques grands collec onneurs qui
m’ont envoyé la photocopie des cartes et la date
d’envoi inscrite sur le tampon d’oblitéra on.
Un travail de policier qui dura plus d’une année.
Les Edi ons Fanlac publièrent un très bel ou-
vrage «Le Périgord d’Antoine Carcenac» et les
4.500 exemplaires furent rapidement épuisés.
Le dépiquage au fl éau.
le marché aux cochons. Photos Antoine Carcenac.
28 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. CARCENAC.
Je devins éditeur de mes propres œuvres.
Les six mille exemplaires des Combats dun In-
génu” sont épuisés depuis longtemps
Avec mon épouse Jacqueline, nous entre-
prîmes de faire l’arbre généalogique des Carce-
nac, ce qui nous conduisit au village de Carcenac
près de Rodez. La fréquenta on assidue des ar-
chives nous t découvrir la migra on des gens
du Rouergue et du Ségalas, venus repeupler le
Périgord à la fi n de la Guerre de Cent Ans. Cétait
le cas de ma famille, la trame d’un roman, histo-
rique et familial, était trouvée. J’écrivis
“Les Chemins de Jean Bouloc”,
les six mille exemplaires sont vite par s.
Ce fut ensuite Braconniers d’Eau
Douce”, écrit dans le but bien précis de sauver
des récits, des anecdotes montrant l’humour des
gens du Quercy et du Périgord, avant que les ac-
teurs ne disparaissent et que tout retombe dans
l’oubli.
J’ai raconté l’aventure du suaire de
Cadouin, réfugié en France, à Toulouse, pour
échapper au vol par les Anglais, en pleine Guerre
de Cent ans : «Le Roman du Suaire» (épuisé)
D’autres nouvelles du pays sor rent des
presses sous le  tre “Le Trésor de Désesquaux.
Les derniers-nés : Bouloc «Les Origines» : Mon
héros au nom qui claque manquait beaucoup à
ses lecteurs et le revoici tout fringuant dans de
nouvelles aventures moyenâgeuses.
«Le Périgord de mon Pèr vient de
faire une troisième appari on, il m’avait beau-
coup été réclamé.
Michel Carcenac était aussi très impliqué
dans la vie spor ve locale. Durant 35 ans, il a été
président de plusieurs clubs spor fs : l’aéro-club,
le club de judo ou encore du club athlé que.
Amateur de course à pied, il a fondé «Les 100 Km
de Belvès» qui sont maintenant une ins tu on
mondialement connue, en avril 2012, ce fut le
cadre des championnats de France.
Ma devise :
S’accrocher, ne jamais capituler, j’aurai
l’Eternité pour me reposer.
Michel Carcenac était aussi auteur et
conteur historique : il a écrit plusieurs ouvrages
et récits liés à l’histoire régionale et à la vie ru-
rale, parfois publiés dans des édi ons locales
comme Les Chemins de Jean Bouloc.
« Les chemins n’étaient pas faits pour aller
vite, mais pour se souvenir. »
(Phrase représenta ve du style et des thèmes de
l’ouvrage) Michel Carcenac fait parler un person-
nage rural qui incarne la mémoire paysanne du
Périgord. À travers ses pas sur les chemins, l’au-
teur évoque : la vie quo dienne d’autrefois (tra-
vail de la terre, entraide, silence des campagnes),
la transmission orale et les souvenirs enfouis, le
lien in me entre paysage, mémoire et iden té,
une nostalgie discrète, jamais plain ve, mais
profondément humaine.
Il partageait souvent ses écrits dans la Gaze e,
hebdomadiare sur le net des généalogistes.
Cousinage. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 29
Pierre dit Coudreau CUMENAL
1756-1833
X 06-08-1795
Anne LAPLAGNE
? - 1824 Montagnac-la-Crempse
Jean CUMENAL
1751- 1776
X 29-10-1770 Grignols
Marie LACOMBE
1748 Neuvic - 1813 Neuvic
Léonard COMMUNAL
1801-1873
X 08-09-1830 Montagnac-la-Cre.
Marthe LESPINASSE
1808-1880 Saint-Médard Mussidan
Gironne CUMENAL
1773-1848
X 04-06-1793 Neuvic
Jean ETABLI
1771 - avant 1848
André CUMENAL
1844-1909
X 11-09-1867 St E enne Puycorbier
Mélanie FULCADE
1846-?
Marie Pétronille EYTABLI
1813-1853
X 05-06-1831 Bourrou
Pierre GAUREL
1811 - 1852
Charles CUMENAL
1870-1909
X 18-06-1898 Ménestérol-Mon gnac
Marie COURRET
1863-?
Marie Geneviève GAUREL
1844 - 1910
X 21-02-1871 Monfaucon
Jean CHASSAGNE
1846 - 1914
Lucie CUMENAL 1898-1955
X 24-09-1932 Bergerac
Jean FAEGUE
1884-1957
Catherine CHASSAGNE 1871 - 1905
X 28-09-1890 Saint-Rémy
Jean FILET
1854 - 1936
Arle e FARGUE
1935 Catherine «Ida» FILET 1895 - 1972
X 21-06/1913 Saint-Rémy
Antoine «Félicien» FILET
1889 - 1951
Maryse GRENIER
1961 Pierre FILET
1922-2017
Jean Louis FILET 1947
&
Lionel FILET 1952
Un cousinage qui pose un problème : Il a été établi
d’apres les registres d’Etat-Civil.
Mais un test adn compara f entre maryse et Jean-
louis ne confi rme pas la parenté.
Où est l’erreur ou le fau f ?
30 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. La Dordogne.
Un cingle. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 31
32 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. CINGLE.
CINGLE par jean-Louis FILET.
Le mot « cingle » signe une sinuosité
importante dans le cours d’une rivière, plus com-
munément connue sous le terme de méandre. Il
semble surtout u lisé dans le Sud-Ouest pour les
rivières Dordogne, Lot et Vézère.
Un des paysages les plus embléma ques
et apaisants du Périgord. En vieux français (et en
occitan), un cingle désigne un méandre sinueux,
une boucle très accentuée dessinée par une ri-
vière ou du la n cingulum, qui renvoie à « cein-
ture ».
Les principaux cingles de la Dordogne.
Entre le Buisson à l’amont et Lalinde à
l’aval, la Dordogne forme deux courbes succes-
sives à la géométrie é rée : ce sont les cingles
de Limeuil et de Trémolat. Un autre cingle bien
connu est celui de Mon ort.
Le cingle de Trémolat (photo page précé-
dente) est le plus célèbre. Situé à cheval entre
les communes de Trémolat et Mauzac-et-Grand-
Castang, il forme une belle boucle au contour
parfaitement arrondi. Du belvédère naturel de
Trémolat, le cingle occupe 200 m de large sur 10
km de long.
Le Cingle de Limeuil est situé en aval à
la confl uence de la Vézère et de la Dordogne.
Le village de Limeuil est classé parmi les «Plus
Beaux Villages de France». Il grimpe à anc de
colline, off rant des jardins panoramiques qui sur-
plombent le croisement des deux rivières.
Le Cingle de Mon ort est Situé près de
Sarlat, il est indissociable de son château. Le
château de Mon ort semble posé en équilibre
précaire sur une falaise qui domine le cingle.
Contrairement aux autres, celui-ci est très en-
caissé, ce qui lui donne un aspect plus «sauvage»
et médiéval.
Pourquoi ces boucles sont-elles là ?
D’un point de vue géologique, la Dor-
dogne est une rivière paresseuse sur ce e por-
on dans le département du même nom. Elle
rencontre des plateaux calcaires résistants. Plu-
tôt que de trancher dans la roche de face, elle
cherche le chemin de moindre résistance et au
l des millénaires, elle a creusé ces méandres
encaissés. Lérosion grignote la rive extérieure
(convexe), créant des falaises abruptes, tandis
qu’elle dépose des alluvions sur la rive intérieure
(concave), créant des terres agricoles ultra-fer-
les.
Un paysage de forte dissymétrie
La par cularité de ces paysages réside
dans la forte dissymétrie entre la berge basse
dans la par e intérieure du méandre et la berge
concave de la rive droite, caractérisée par un
front calcaire qui s’élève presque ver calement à
70 m au-dessus de l’eau. Dordogne. Le méandre
enserre en général une vaste plaine de terres
agricoles riches où l’on a longtemps cul le ta-
bac, des noyeraies, et le maïs pour le gavage des
oies et des canards. Le paysage des cingles ac-
cueille dans la ver calité de ses falaises une vé-
géta on très méditerranéenne, avec des sta ons
de chênes verts, de houx, de genévriers, des pe-
louses de thym serpolet.
En résumé, les cingles sont à la fois un
phénomène géographique spectaculaire
propre à la vallée de la Dordogne, un
paysage agricole et naturel d’une grande
richesse, et des sites touris ques
incontournables du Périgord.
JUMILHAC-le-GRAND. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 33
Jumilhac-le-Grand est un village du
Périgord vert au nord-est du département
tout près de la Haute-Vienne. Il fut depuis la ré-
volu on chef-lieu du canton de Jumilhac jusqu’en
2015. Il est intégré au parc Périgord-Limousin. En
1801, la commune est ra achée à larrondisse-
ment de Nontron. En 2014 le canton disparait et
la commune est ra achée au canton de Thiviers.
Elle intègre la communauté de communes Péri-
gord-Limousin.
Le gen lé se nomme jumilhacois(ses).
Cest une commune rurale denviron 1150
habi-tants pour une superfi cie de 67m2. Elle est
bâ e le long de la rivière Isle.
Le réseau hydrographique est important,
l’Isle prend sa source à Janailhac en Haute Vienne
et se je e dans la Dordogne à Libourne ; la Ro-
chille qui a sa source à Saint-Priest-les-Fougères ;
le Périgord ; le Roulet.
Dès le VIe siècle, le lieu est iden é sous
le nom la n de Diocesis Gemiliacensis, évoluant
vers Gemiliacus puis vers Jumilhacum au XIVe
siècle. Le nom a pour origine un personnage gal-
lo-roman Gemellius auquel a été accolé le suffi xe
acum
Sur la carte de Cassini représentant la
France entre 1756 et 1789, le lieu est appelé « Le
Grand Jumilhac ».
En occitan, la commune porte le nom de
Jumilhac lu Grand.
Lieux-dits
Auzeillas, Basse Vergne, Belair, Bellecroix,
Bellevue, Bione, Bois de Combeyrol, Bois Galant,
Bretenoux, Chaban, Chalusset, Champvieux,
Combeyrol, Combrin, Faneix, Faye de Port, Faye-
mendie, Feyte, Forge de Tindeix, Forge de Via-
le e, Garlandie, Grand Seignat, Janiat, Jouber-
e, Jumilhac-le-Grand, La Bac, La Betussa, La
Blanche-rie, La Bouchemoussie, La Chabrerie,
La Chatonnière, La Cheyroux, La Côte-Bouille, La
Croix de Teulet, La Croix du Grand Drôle, La Devi-
ligne, La Farge, La Faye, La Force, La Forêt Jeune,
La Fouillarge, La Grande Borne, La Grange, La Ja-
rousse, La Lande de Prunoux, La Lande du Mas,
La Mouthe, La Paponie, La Perdicie, La Pe te
Réserve, La Peyrière, La Pouyade-de-Vaux, La
Rober e, La Roche Denier, La Tour, La Vacherie,
La Vergne, Lachereau, Lande de Bost, Lande de
Braman, Lande de Saint-Hilaire, Lande des Pou-
leries, Lande du Forgeron, Lande du Perthois,
Latrade, LAuge Brune, Le Bas Cros, Le Bitour, Le
Bost, Le Chadeau, Le Châtaignier du Guet, Le Clos
Neuf, Le Coulon, Le Cros Haut, Le Frau, Le Grand
Gaulier, Le Grand Gol-lier, Le Gravier, Le Lata, Le
Mas, Le Moulin de Fouilloux, Le Moulin de la
Côte Bouille, Le Moulin de Loule, Le Moulin du
Bost, Le Moulin du Château, Le Périgord, Le Pic,
Le Poncet, Le Queroi, Le Rat, Le Teil, Les Champs
Jaurès, Les Chemins Blancs, Les Feynières, Les
Fouilloux, Les Grands Bois, Les Graules, Les Le-
vades, Les Loubaresses, Les Meynias, Les Pa-
geaux, Les Perinches, Les Planchards, Les Quey-
roux, Les Trois Bornes, Les Valades, Les Vignes
de Chalusset, L’Isle, L’Isle, Liviers, Maison Neuve,
Marsaud, Mas Laborie, Moulin de la Vergne,
Moussigou, Pe t Pon-troy, Pe t Seignat, Piaulet,
Pochevialle, Pontroy, Port, Prat, Prends-Y-Garde,
Puygers, Puylassort, Rhue, Rouledie, Ruisseau
de Combeyrol, Ruisseau de Lavaud, Ruisseau du
Ruchalait, Sazerat, Sevey, Teyssonnière, Tindeix,
Tuquet des Fourches, Vaux, Veyrinas, Viale e,
Vialle, Vignes du Bac, Villesanges.
Source Vicomte de Gourges.
JUMILHAC-le-Grand. par Geneviève COULAUD.
34 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. JUMILHAC-le-GRAND.
Le château
A l’époque gallo-romaine, Jumilhac est
un domaine agricole appartenant à un certain
Gemilius (Gemilii Actum). Au Ve siècle (472),
les Wisigoths, gagnant le nord de l’Aquitaine,
s’emparent du site for é nommé Gemiliacum.
En 508, les Francs y rebâ- ssent une place forte
qui sera pillée par les Sarrasins en 730/732 puis
détruite par les Vikings en 846. Ainsi commence
l’histoire du Château.
Au Moyen-âge, infl uencée par les Croi-
sades, une première tour maçonnée est édifi ée
en 1152. La place-forte de Jumiliacum est alors
convoitée lors du premier confl it fran-co-anglais.
Laissée en ruine par Richard Coeur-de-Lion, elle
sera reconstruite avant d’être a aquée et -
truite par Philippe-Auguste, au début du XIIIe
siècle. En 1258, un texte men onne que la sei-
gneurie de Jumilhac est entre les mains de trois
familles : les La Porte, les Bruchard et les Teys-
sières.
Lors de la guerre de Cent Ans, Du Guesclin
assiège la forteresse en 1370 et en chasse
les troupes anglaises du Prince Noir après
dix années d’occupa on.
Photo Maryanick Gaul er.
En 1579, Antoine Chapelle, riche maître
de forges, épouse Marguerite de Vars, héri ère
d’une par e de Jumilhac. Il en rend hommage
à son suzerain, Henri III de Navarre. Ce dernier,
devient roi de France sous le nom d’Henri IV. En
remerciement de son aide nancière lors des
troubles de la Ligue, il l’élève au rang de comte
de Jumil-hac (1597). Pour marquer ce nouveau
statut, Antoine Chapelle fait ajouter les toitures
ornées de faî ères allégoriques (seigneuriales et
alchimiques) après avoir restauré pen-dant 20
ans le château féodal, métamorphosant ainsi la
ruine en une demeure Renais-sance.
Son pe t-fi ls, François, est élevé au rang
de Marquis (1655) pour ses hauts faits militaires.
Il commence à restructurer le Château dans le
goût du XVIIème siècle. Il transforme le premier
étage du vieux château en appartements privés
et salles de récep on, les tours de défense et le
mur d’enceinte les reliant en pavillons d’habita-
on et en cour ne d’honneur. Quant aux ailes, il
remanie les dépendances préexistantes du rez-
de-chaussée en ailes XVIIème après les avoir su-
rélevées d’un étage.
A la Révolu on Française, le château et les
terres seront mis sous séquestre, Antoine-Pierre,
Colonel-lieutenant de la Garde cons tu onnelle
de Louis XVI, ayant émigré en Angleterre tout en
laissant son père, 4ème Marquis de Jumilhac
en résidence surveillée à
Paris. L’installa on au châ-
teau de la Municipalité et
de la Société Populaire
sauveront le château de la
destruc on.
Au début du XIXème
siècle, Antoine-Pierre, de-
venu Marquis de Jumilhac,
se consacre à l’élevage
d’ovins et à l’agriculture,
créant une exploita on
modèle.
Celle-ci ayant en è-
rement brûlée en 1808.
JUMILHAC-le-GRAND. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 35
Antoine-Pierre, Marquis de Jumilhac, se
réengage dans l’armée, sous les ordres de Na-
poléon Ier, poursuivant sa carrière commencée
sous Louis XVI.
Marié à la sœur du Duc de Richelieu,
il devient l’héri er présomp f de ce dernier
dès 1811. Cest pourquoi il vendra ses biens en
Périgord, faisant sor r le château de la famille
pour plus d’un siècle.
A la mort du duc, cest le ls d’An-
toine-Pierre qui héritera du tre : Duc de Riche-
lieu et de Fronsac, Pair de France. Ainsi, en 2
siècles et demi, les Jumilhac se sont hissé au
sommet de laristocra e française !
En 1828, le Comte de Rochechouart ra-
chète le château avec une par e de la dote de
son épouse, Il s’y’installera en 1855 jusqu’à sa
mort en 1858. Il passera à la famille E enne,
grands industriels sucriers de Nantes, puis par
mariage à la famille Say (main-tenant les sucres
Begin-Say). Jean-Bap ste Say se sépare peu à
peu avant la 1ère Guerre Mondiale des quelques
1.400 h de terres encore a achés au château
avant de me re le château en vente en 1915.
Racheté en 1917 par Monsieur Bernstein,
marchand de biens, il devient conjointement en
1919 la propriété de deux Jumilhacois qui tente-
ront de le sauver de l’état d’abandon dans lequel
il se trouvait. Cest à la demande pressante de
M. Georges BONNET, député de l’arrondissement
et plusieurs fois ministre jusqu’en 1940, que le
Comte Odet de Jumilhac et son épouse, Mathilde
de Dreux-Brézé, rachètent le château familial en
1927.
Après de longues années de reprise du
gros-œuvre, le château sera ouvert à la visite en
1964 et peu à peu restauré au point d’accueillir
aujourd’hui près de 11.500 visiteurs par an. En
l’an 2000, après 6 années de restructura on, les
terrasses retrouvent leur aspect de jardins à la
Française et sont désormais accessibles aux visi-
teurs. Et depuis 2002, dans l’aile gauche rénovée,
le château peut accueillir dans les Salons Riche-
lieu récep ons, séminaires, concerts, théâtres.
Aujourd’hui, leur pe t-fi ls : Henry de La
Tour-du-Pin Jumilhac, 11ème Marquis du Nom,
en est le dépositaire et con nue avec abnéga-
on et détermina on l’œuvre de sa famille en
vous faisant découvrir l’histoire de ce château de
conte de fée.
A l’intérieur du château, on peut voir un
portrait de femme entrain de fi ler la laine.
Selon la légende du pays, il s’agit d’une comtesse
de Jumilhac, Louise d’Hautefort, soupçonnée
d’infi délité, qui y aurait été enfermée par son
mari jaloux, Antoine de Jumilhac 2ème comte du
nom, dans une pe te pièce voûtée du château
au second étage. La jeune femme lait la laine
à longueur de journée, avec ce e compensa on
toutefois qu’elle puisse échanger, grâce à des
fuseaux complices, d’amoureux messages avec
son galant qui, pour ne pas a rer l’a en on des
gardiens sétait fait berger au domaine. Elle vécut
claquemurée pendant 20 ans pendant que môs-
sieur galopait loin, à la guerre.
« Mieux vaut être prudent » avait dit le
bougre, sacrément jaloux. « Les amants, ça va, ça
vient. Pas touche à ma femme ! » Alors il l’avait
cloîtrée tout en haut de ce e tour, dans ce co-
con-prison de pierres et de larmes.
36 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. JUMILHAC-le-GRAND.
Léglise
On la nomme Saint Pierre-ès-liens, elle a
été bâ e entre le XIe et XIVe siècles. Le portail
occidental, la nef, le transept et le clocher sont
de style roman. Le chœur est gothique.
A la n du XII è siècle, lordre limousin du
Gramont installe un prieuré qui restera jusqu’à la
n du XVIII. On peut encore apercevoir les bâ -
ments près du pont de la Faye.
De direc on est-ouest, elle est surmontée
d’un clocher octogonal de type limousin. Une
fois passé le portail occidental roman encadré de
colonne es et de chapiteaux, l’intérieur se com-
pose d’une nef à trois travées prolongées par
un chœur. Entre la nef et le chœur, la croisée du
transept, délimitée par quatre robustes piliers,
sou ent une coupole et le clocher. Le transept
sud recèle deux retables dédiés à la Vierge Marie
et à saint Joseph. Le transept nord, se trouvait
ini alement le retable de la Vierge, montre un
mur en èrement peint.
Côté sud, la nef donne sur une pe te cha-
pelle gothique et le chœur s’ouvre sur la sacris e.
Une lite funéraire, par culièrement vi-
sible au niveau du transept et du portail, arbore
les armoiries de Jean-François Chapelle, marquis
de Jumilhac, mort en 1693.
Jusqu’à la Révolu on, les châtelains voi-
sins y étaient inhumés.
Elle recèle plusieurs objets classés au  tre
des monuments historiques : un impressionnant
maître-autel baroque du XVIIe siècle composé de
l’autel, du tabernacle et d’un retable polychrome
haut de quatre mètres ; quatre statues y sont re-
présentées : saint Aubin, saint François d’Assise,
saint Paul et saint Pierre en costume pon cal ;
ainsi que deux statues du XVIIe siècle en noyer
représentant saint Roch et saint Antoine.
JUMILHAC-le-GRAND. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 37
- les forges
Dans la seconde moi é du XIXe siècle,
l’une des principales ac vités économiques de la
commune (comme du canton et de tout le nord
de la Dordogne) a disparu purement et simple-
ment : il s’agit des cinq forges qui ont fourni,
des siècles durant, du travail aux hommes de
la commune, travail certes saisonnier mais qui
apportait un complément de ressources à celles
fournies par l’agriculture, un homme, deux mé-
ers.
Forges des Feynières
Après 1880, les forges ont cessé leurs ac-
vités, sauf celle des Feynières, transformée en
scierie ; quelques moulins subsistent, dont celui
de La Vergne, et le Moulin de La Salle, en bas du
château, qui deviendra en 1908 une usine élec-
trique et fournira le courant des premières am-
poules électriques du bourg.
Elle est toujours en ac vité aujourd’hui.
Moulin de La Salle
- Lor
Mais on ne peut pas ignorer les mines au-
rifères de ce e par e du département et du sud
de la Haute-Vienne en par culier à Jumilhac. Le
bourg possède un musée aurifère « la galerie de
l’or » qui se visite.
Le village et ses alentours font par e de
l’une des premières cités d’or, partant ensuite
vers la Haute-Vienne et la Corrèze. Jumilhac et
son territoire se trouvent aux portes d’un grand
district aurifère dans une zone de con ns entre
les peuples Lémovices et Pétrocores, présents
entre le Ve et le Ier siècle avant notre ère. Ce e
zone dépendrait donc du Limousin, sur le point
géologique et économique. Les dernières mines
d’or ont fermé en 2002, après l’eff ondrement de
la ma ère, alors qu’elle était en développement
depuis les années 80.
Les études montrent que dans la région
de Saint-Yrieix-la-Perche en Haute-Vienne, les
gisements se situent dans des failles apparues
lorsque s’édifi ait la chaîne hercynienne, la grande
chaîne de montagnes (équivalente à l’Himalaya
actuel il y a 300 mil-lions d’années). Il y a un
grand vide entre le Ier siècle après Jésus-Christ
et le XIXe, mais les mines d’or gauloises furent
quand même revisitées et par ellement réex-
ploitées par des mineurs occasionnels.
Le roi Dagobert, au VIIe siècle
t rouvrir les aurières de Jumilhac
pour frapper la monnaie.
38 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. JUMILHAC-le-GRAND.
Avant la Seconde Guerre mondiale, pendant en-
viron 30 ans, 7,5 tonnes ont été extraites sur les
mines locales. De 1981 à 2001, il y a eu 28 tonnes
la n 2 500 kg d’or pur par an). Lors de la fer-
meture en 2001, l’or équivalait à 10 000€ le kilo.
Aujourd’hui, le prix a été quintuplé, puisqu’il est
d’environ 57 000€ le kilo.
Un commerce organisé : l’or peut être ex-
trait par des mines souterraines, mais aussi par
des mines à ciel ouvert comme les carrières. Près
de 200 000 tonnes de minerai étaient achemi-
nées à l’usine par des camions de 25 tonnes en
provenance de mines situées à 30 km de l’usine.
Ce e extrac on demandait le creusement de
deux millions de tonnes de matériaux par an.
Plusieurs corps de mé ers existaient (comme à
l’époque gauloise) : des ingénieurs qui organi-
saient l’ensemble des ac vités, des bûcherons et
charpen ers pour me re en place les boisages,
des mineurs de fond, des por-teurs pour évacuer
minerais et déblais, des experts en métallurgie
pour l’affi nage et des contrôleurs pour surveiller
le  tre de l’or mis en marché.
- La galerie d’or
Ce que vous ne savez sans doute pas
c’est que l’Or a longtemps été exploité en Péri-
gord-Limousin. Située près du Château de Jumil-
hac-le-Grand, La Galerie de l’Or re-lève le défi de
présenter en raccourci ce e longue histoire de la
produc on dor de nos ancêtres Gaulois à la n
du XXe siècle.
Lor est présenici de ses origines natu-
relles à sa longue chaîne opératoire de pro-duc-
on, qui a évolué dans la région au cours de 4
grandes périodes : l’époque cel que, le Haut
Moyen Âge, le début et la n du XXe siècle. Elle
permet de couvrir le précieux métal, de son
extrac on à son u lisa on dans la bijouterie, la
monnaie, l’industrie ou encore la dorure. On y
présente des ou ls scien ques, des reproduc-
ons de bijoux et de pièces de monnaie celtes,
une frise chronologique avec les grandes dates
qui ont marqué l’histoire de lor.
Au cours de la visite, entre légendes,
mythes et histoire des grandes civilisa ons, lor
se révèle aux visiteurs. Un contenu mul mé-
dia est aussi proposé afi n d’apprendre les tech-
niques de l’orpaillage mais aussi de découvrir
des confessions d’anciens mineurs.
Blason.
Coupé, au premier d’azur au château du
lieu d’or mouvant du trait de par on, au deu-
xième par , au I d’azur à l’église du lieu d’or en
perspec ve, ouverte et ajourée de sable, et au II,
d’azur à la le re capitale cursive J d’or colletée
d’une couronne de marquis du même.
JUMILHAC-le-GRAND. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 39
La popula on au XIXème
Vers 1856, on dénombre sur la com-
mune, 3270 habitants (contre 1140h au XXIème
siècle). Sur les registres de recensements, on
trouve au village tous les corps de mé ers des
charbonniers aux orpailleurs, forgerons en pas-
sant par les mé ers de bouche et les meuniers,
charpen ers, sabo ers etc. Dans la campagne,
beaucoup de nombreuses familles de cul va-
teurs, colons.
Louis-Victor-Léon de Rochechouart qui
est nommé maire du village en 1855 par Napo-
léon III, demeure au château avec sa famille et
sa nombreuse domes cité.
Sur les registres d’état civil le premier acte
date de juillet 1664 ; cest celui du mariage de
Jean Bonhomme, sabo er et de demoiselle
Marguerite Malici….
Les registres suivants sont incomplets et mé-
langés jusque vers 1698.
Quelques personnages célèbres ont
vécu, sont nés ou décédés à Jumilhac :
- Saint Eusice, fondateur de l’abbaye de Selles-
sur-Cher serait au VIème siècle près de Ju-
milhac.
- Eugène le Roy, l’auteur de Jacqou le croquant
s’y est marié et a été percepteur, son roman le
moulin du Frau se passe près de la commune.
- Louis-Victor-Léon de Rochechouart,
(1788-1858), général français. quelques
mois avant la Révolu on, il doit fuir Paris en
1794, à l’âge de six ans, en raison de l’ac visme
de sa mère pour tenter de faire évader la reine
Marie-Antoine e. Louis-Victor-Léon est alors
recueilli par son oncle le duc de Richelieu, gou-
verneur d’Odessa au service des Russes, dont il
devient au l des années le ls adop f. Il entre
dans l’armée russe avec le grade de sous-lieute-
nant et devient aide de camp du duc de Riche-
lieu. Il gravit les échelons devenant successive-
ment lieutenant dans la Garde impériale, puis
aide de camp de l’empereur Alexandre Ier. De
1805 à 1812, il par cipe à la conquête de la Bes-
sarabie et de la Circassie, combat dans le Cau-
case et en Tchétchénie.
Lorsqu’en 1812, la France envahit la Rus-
sie, il est mobilisé dans l’armée du général Tor-
massov. Il par cipe à la prise de Minsk, puis à la
bataille de la Bérézina. En 1813, il est décoré de
l’ordre de Saint-Georges de 4e classe. Nommé
colonel puis général-major, il par cipe à la cam-
pagne d’Allemagne et aux batailles de Lutzen,
Dresde, Kulm et Leipzig.
Au début de l’année 1814, il franchit le
Rhin avec l’armée russe et retrouve la France.
Il prend contact avec les futurs Louis XVIII et
Charles X et par cipe à la créa on d’un par
royaliste. Louis-Victor-Léon par cipe à la cam-
pagne de France, aux batailles d’Arcis-sur-Aube
et La Fère-Champenoise. Il prend part égale-
ment à la bataille de Paris. Nommé comman-
dant de la place de Paris, il s’empare de l’Hôtel
de Ville le 31 mars. Promu maréchal de camp
par Louis XVIII et incorporé dans la compagnie
des mousquetaires noirs. Le 29 août 1814, il est
fait chevalier de l’Ordre de Saint-Louis.
Lors des Cent-Jours, il accompagne le
roi à Gand. De retour en France, il devient, à la
Seconde Restaura on, chef d’État-major du mi-
nistre de la Guerre, auprès du duc de Feltre, puis
du maréchal de Gouvion-Saint-Cyr, et à nouveau
du duc de Feltre quand son père adop f, le duc
de Richelieu, est nommé premier ministre. Le
16 octobre 1815, le comte de Rochechouart est
nommé gouverneur militaire de Paris, un poste
qu’il occupe jusqu’en 1821. En 1821, Louis-Vic-
tor-Léon de Rochechouart est nommé gen l-
homme de la chambre du roi et fait comman-
deur de la Légion d’honneur. En 1855, le général
de Rochechouart est nommé par Napoléon III
maire de Jumilhac, il s’était re et
où il meurt en 1858.
40 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. Antoine CHAPELLE.
Antoine Pierre Joseph Chapelle, marquis
de Jumilhac, le 31 août 1764 à Paris, mort le
19 février 1826 à Lille (Nord), est un général fran-
çais.
Il entre au service comme 2e sous-lieute-
nant dans le régiment d’Infanterie du roi le 31
août 1777, il a 13 ans. Il embarque à Brest en
1782, avec le régiment de Rouergue, pour Cadix,
rejoindre l’armée navale du comte d’Estaing. Il
est aff ecté à l’état-major de larmée de terre sous
les ordres de La Faye e. Il rentre en France lors
de la paix de 1783.
En 1784, il est nommé capitaine dans le régiment
Dauphin-Dragons.
En 1791, il est nommé lieutenant-colonel à la
garde de Louis XVI. Après les événements du 10
août 1792, il est licencié avec le reste de la garde
et arrêté au Havre sur ordre de la commune de
Paris. Rendu à la liberté, il passe en Angleterre.
Le 6 juillet 1795, il est blessé de deux coups de
feu dont un au bras gauche et l’autre lui traverse
le corps. Lors de la défaite de ce corps expédi-
onnaire, il n’échappe à la mort qu’en se jetant
à l’eau pour rejoindre à la nage les vaisseaux an-
glais. Le comte d’Artois le décore de la croix de
chevalier de Saint-Louis.
En 1808, il intègre comme major général, la Lé-
gion portugaise, alors au service de la France.
Il est nommé en 1811, chef d’État-major du 3e
corps de cavalerie, et fait en ce e qualité la cam-
pagne de Russie. Il est nommé chevalier de la
Légion d’honneur le 11 octobre 1812 à Moscou.
Par cipant à la retraite de Russie, il se trouve à la
bataille de Maloyaroslavets le 24 octobre 1812,
et il est un des derniers à qui er ce e posi on. Il
arrive en janvier 1813, à Glogau sur l’Oder, avec
les débris de son corps d’armée, dont il trace le
cantonnement.
Au début de la campagne de 1813, il est chef
d’Etat-major général du 1er corps de cavalerie
du général La tour Maubourg, et par cipe à la
bataille de Lützen le 2 mai 1813. le 18 août 1813
Il est promu général de brigade. le 1er janvier
1814, il prend le commandement d’une brigade
d’infanterie.
Après le retour du roi Louis XVIII, et l’éva-
cua on de Mayence, il se rend à Paris, où Sa Ma-
jesté daigne le récompenser pour ses anciens
services en le nommant général de division le
6 mars 1815. Il est nommé le 16 mars 1815 au
commandement de la 16e division militaire dans
le département du Nord.
Il ne sert pas pendant les Cent-Jours.
À la deuxième restaura on, le maréchal Gou-
vion-Saint-Cyr, ministre de la guerre, le place en
te des inspecteurs de cavalerie.
A la Fin de 1815, il reprend le commandement de
la 16e division militaire, et s’acqui e au mieux de
la tache qui lui est confi ée en ces temps d’occu-
pa on.
Portait d’Antoine Pierre Joseph CHAPELLE, Marquis
de Jumilhac, peint en 1822 par Bernard BIGET.
Commandeur de l’ordre de Saint-Henri de Saxe ;
Grand-croix de l’ordre de Dannebrog Grand-croix
de l’ordre de Dannebrog
Offi cier (20 mars 1820) puis commandeur (18
mai 1820) de la légion d’honneur ;
Grand-croix de l’ordre royal et militaire de Saint-
Louis (20 août 1823).
Il épouse vers 1803 Simplice Gabrielle-Ar-
mande Vignerot du Plessis de Richelieu († Rome
20 mars 1840) , lle de Louis Antoine Sophie
de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et de
Fronsac, pair de France, et de Marie Antoine e
de Galiff et, sa seconde épouse.
POUDRERIE BERGERAC. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 41
La Poudrerie na onale de Bergerac . PAR VERONIQUE ESPECHE.
Une histoire de plus d’un siècle, de la
Grande Guerre à la relocalisa on de l’industrie
d’armement. Symbole de notre souveraineté in-
dustrielle et de défense.
Site industriel embléma que créé en
1915 pour répondre aux besoins en poudres et
explosifs de la Première Guerre mondiale. Berge-
rac n’a pas été choisi au hasard pour y implanter
ce e Poudrerie, outre que la ville était loin du
front :
• La vallée de la Dordogne était apte à off rir un
grand besoin de terrain plat, 60 hectares seront
nécessaires, il y en aura en fait 230 à la n de
la Première Guerre Mondiale ... Entre usine et
baraquements
La Dordogne prome ait l’alimenta on en eau
en quan té nécessaire
Le transport de la marchandise par voie de
rail était tout proche et facilement raccordable
aux portes du site, outre le transport uvial
jusqu’à Bordeaux
• Le courant électrique pouvait facilement être
fourni en quan suffi sante par l’usine hy-
dro-électrique de Tuilières.
La produc on commença avant même les tra-
vaux terminés.
Dés 1916, la mise en service est eff ec ve.
Plusieurs milliers d’ouvriers et ouvrières s’af-
fairent à l’arrière afant de pourvoir au besoins du
front.
Bergerac fut donc choisi au détriment
de Nantes, ini alement prévu.
1919... Fin de la Première Guerre Mondiale
Les femmes et les travailleurs coloniaux, en remplacement des hommes par s au combat,
ont travaildur au cœur de la Poudrerie, très dur, mal logés, mal gérés et mal nourris. Forcément,
des grèves ont éclaté.
Le commissaire de Police de Bergerac en avisera le sous-préfet. Et terminera une de ses le res
par ces mots :
Malgré tout, la poudrerie de Bergerac a tenu ses promesses d’approvisionnement. La
poudre-coton est sor e et elle est arrivée à nos comba ants jusqu’au jour de la victoire.
Retour des soldats survivants. Retour des femmes au sein de leur foyer.
Au lendemain de la Grande Guerre, la Poudrerie va être mise en sommeil, le personnel est
démobilisé ou licencié. Il fut bien ques on de proposer à des industriels de s’implanter sur le site
afi n de sauvegarder industries diverses et emplois, mais l’idée fut nalement abandonnée malgré
plusieurs candidatures.
La Poudrerie de Bergerac devient une annexe de celle de Saint-Médard-en-Jalles en Gironde.
On avait dit « plus jamais »
Pourtant, dès les années 1930, la situa on interna onale se dégrade et on commence à
craindre une reprise des con its.
42 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. POUDRERIE BERGERAC.
La Poudrerie de Bergerac va renaitre ...
Elle est dotée de nancements pour sa
remise en état. Des cadres de réserve des dif-
férents corps poudriers viennent reme re l’éta-
blissement en marche.
À la veille du confl it, la Poudrerie de Ber-
gerac est une cde la produc on tant de poudre
que d’explosifs pour la défense na onale fran-
çaise.
Déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale
En 1939, un gros con ngent de personnel
est mobilisé pour soutenir l’eff ort de guerre : le
95e GCOR fort de 3 700 hommes, les compagnies
de travailleurs militaires pour 1 500 hommes,
des civils, des fugiés alsaciens, des femmes
(encore), et la 2e Légion indochinoise recrutée
et arrivée depuis notre ancienne colonie.
Quand arrive la défaite de 1940, la situa-
on est totalement bouleversée :
La Dordogne se retrouve en zone non oc-
cupée, mais sous l’autorité du régime de Vichy.
Dès 1942, la Poudrerie de Bergerac est intégrée
dans le programme allemand « Pulverplan », vi-
sant à exploiter les usines françaises d’explosifs
au profi t du Reich.
Le site de Bergerac produit alors sous
supervision de l’armée d’occupa on et pour le
compte de l’envahisseur... Surveillance renforcée
de la main-d’œuvre contrainte qui subit le joug
des journées sans n et du ra onnement impo-
sés par les Allemands.
Entrée en résistance ... Entre sabotages
en interne, transmission d’informa ons par le
réseau Alliance (dit « l’arche de Noé » par les al-
lemands) et ac ons des maquis de la Double et
du Vercueil, le site a été préservé d’une destruc-
on complète et surtout, la produc on au profi t
de l’Allemagne nazie a été ralen e.
Marie-Madeleine Méric (Fourcade)
chef du réseau Alliance entre 1941 et 1945.
«Elle est le chef d’État-major, le pivot sans
lequel rien ne peut tourner : elle a une mémoire
d’éléphant, une prudence de serpent, un ins nct
de fouine, une persévérance de taupe et elle peut
être méchante comme une panthère».
* Extrait d’une cita on du commandant Georges
Loustaunau-Lacau, chef du réseau Alliance avant
son arresta on en 1941 et auquel succède Ma-
rie-Madeleine
En 1944, la Dordogne n’est plus qu’une zone de
combats intenses et meurtriers entre les maquis
périgourdins et les troupes allemandes ... La ten-
ta ve des Allemands, juste avant leur retrait,
de saboter les installa ons de la Poudrerie de
Bergerac fut freinée par les résistants qui empê-
chèrent la destruc on totale du site et de ses ins-
talla ons.
À la Libéra on, le site inspecté par les autorités
françaises, reprendra son exploita on sous ad-
ministra on d’une France de nouveau souveraine
et une épura on administra ve sanc onnera les
collaborateurs.
G. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 43
Passé les temps de guerre (??)
La poudrerie va se moderniser et se di-
versifi er passant d’exclusive produc on militaire
à double produc on militaire et civile... De la
poudre à canons aux vernis à ongles.
2024 ... Vingt ans que la poudrerie de Ber-
gerac, ne fabriquait plus de poudre. Le contexte
géopoli que d’aujourd’hui, incite à restaurer
notre capacité na onale de produc on d’arme-
ment
La produc on des poudreries est relancée
Le président Emmanuel Macron a inau-
guré en 2024 le programme de travaux visant à
rendre à la Poudrerie de Bergerac sa pleine capa-
cité de rendement... Il est ici ques on d’une nou-
velle ligne automa sée pour doubler la produc-
on de charges modulaires et a eindre le million
par an et deux nouvelles lignes de fabrica on de
poudre propulsive, pour passer de 1 200 à 1 800
tonnes à l’horizon 2027.
« Nous sommes par s pour nous installer du-
rablement dans un changement géopoli que,
où les industries de défense vont avoir un rôle
croissant. Il faut aller vite, fort, massifi er »
Emmanuel Macron 11 avril 2024
Ce e intensifi ca on de produc on, pour
bénéfi que qu’elle soit à la Poudrerie de Bergerac,
est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
44 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. Chartreuse des FRAUX.
La Chartreuse des Fraux. Par Jean-Louis FILET et l’IA.
Un lieu embléma que du Périgord rural.
La Chartreuse des Fraux n’est pas un mo-
nastère, malgré son nom, mais une demeure de
campagne, un château rural” construit dans la
seconde moi é du XVIIIᵉ siècle. Elle appar ent
à ce e famille de bâ sses que l’on appelle ici
des chartreuses : maisons longues, basses, lumi-
neuses, conçues pour réunir raffi nement archi-
tectural et vie rurale ac ve.
Aux Fraux, le plan en U est caractéris que :
• un long corps de logis sans étage,
• deux pavillons légèrement plus élevés qui en-
cadrent la façade,
deux ailes basses tournées vers une cour in-
térieure,
• un toit en croupe percé de lucarnes,
• de vastes baies qui laissent entrer la lumière.
Autour du logis s’étendait un domaine
agricole important : bâ ments d’exploita on,
chais, granges, logements d’ouvriers, puits, por-
tails monumentaux datés de 1770 et 1789. Aux
XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, plusieurs dizaines de per-
sonnes vivaient et travaillaient ici.
Ce e structura on du domaine, restée li-
sible jusqu’à nos jours, fait de la Chartreuse des
Fraux un ensemble patrimonial rare : un domaine
agricole complet, conservant son organisa on
d’origine.
Reconnu pour son intérêt architectural et
historique, le site a été inscrit à l’inventaire des
monuments historiques, incluant la demeure
principale, les dépendances, le mur d’enceinte et
les portails.
Un témoin de siècles de vie quo dienne
À travers les pierres blondes de la char-
treuse se devine une histoire faite de généra ons,
de labeur et d’ancrage local. Le domaine a traver-
la Révolu on, les recomposi ons agricoles du
XIXᵉ siècle, les transforma ons du monde rural
au XXᵉ siècle. Toujours habité, parfois animé par
des visites ou des ac vités culturelles, il restait
avant tout un lieu de vie, un lieu transmis, entre-
tenu, aimé.
Sa beauté ne résidait pas seulement dans
son architecture, mais dans son harmonie : celle
d’une maison, de ses terres et des gens qui l’ont
fait vivre.
photo Ewanews
Histoire, beauté et blessure d’un joyau du Périgord.
Dans les collines paisibles de La Bachellerie,
en Dordogne, à l’abri des routes touris ques les plus
fréquentées, la Chartreuse des Fraux se dresse de-
puis plus de deux siècles comme un témoin discret
mais précieux de l’art de vivre périgourdin.
Nichée au cœur d’un domaine rural ancien,
entourée de ses dépendances, de ses granges et de
son ancien hameau, elle incarne ce patrimoine ty-
pique du Périgord : solide, humble, élégant.
Mais en décembre 2025, un incendie est venu brutalement bouleverser ce e con nuité
tranquille, laissant derrière lui une blessure profonde dans la mémoire locale.
Chartreuse des FRAUX. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 45
Décembre 2025 : la nuit où tout a vacillé
Le vendredi 5 décembre 2025, peu après
21 heures, un incendie se déclare dans les
combles de la chartreuse.
En quelques minutes, les fl ammes
gagnent la toiture.
Lalerte est donnée, et une vaste mo-
bilisa on s’organise : une cinquantaine de sa-
peurs-pompiers venus de plusieurs communes
du département affl uent sur place.
Malgré leur interven on rapide et déterminée :
La toiture du bâ ment principal est en ère-
ment détruite,
• Les combles sont ravagés,
• Certaines structures internes sont gravement
a eintes.
photo France Bleu
Grâce à l’ac on con nue des pompiers,
les dépendances et les bâ ments plus éloignés
sont préservés. Une par e du mobilier a pu être
sor e. Mais le cœur de la chartreuse, son logis
principal, a subi des dommages majeurs.
Dans le village et dans tout le secteur,
l’émo on est immense. La Chartreuse des Fraux
n’est pas seulement un monument : elle est un
repère familier, un fragment du paysage, une
part de l’iden té locale.
Un patrimoine blessé mais pas perdu
Un incendie n’eff ace pas deux siècles
d’histoire. Il en marque un tournant.
La Chartreuse des Fraux demeure debout.
Ses murs, son plan, ses dépendances, son do-
maine rural sont encore là. Mais elle porte dé-
sormais les s gmates d’une nuit drama que. Ce
qui a brûlé n’est pas seulement du bois ou des
tuiles : ce sont des fragments de mémoire, des
héritages architecturaux, des traces du quo dien
d’autrefois.
Cependant, les destruc ons, aussi lourdes
soient-elles, ouvrent aussi la voie à un nouveau
chapitre :
• celui de la restaura on,
• de la mobilisa on,
• et de la redécouverte de ce patrimoine.
De nombreuses chartreuses du Périgord
ont déjà connu des restaura ons profondes après
des sinistres ou des périodes d’abandon.
Les Fraux pourraient, eux aussi,
renaître, si la volonté collec ve
ins tu onnelle, locale, associa ve
ou privée s’unit pour sauver ce
qui peut l’être et réparer ce qui doit
l’être.
Un avenir encore à écrire
La perte par elle de la char-
treuse rappelle que notre patri-
moine est fragile. Chaque demeure
ancienne, chaque ferme, chaque
pierre ancienne est une page d’his-
toire. Lorsqu’un incendie les a eint,
c’est un peu de la mémoire collec-
ve qui vacille.
La Chartreuse des Fraux, blessée mais
debout, reste un lieu magni que, riche, habité
de sens et d’histoires. Son avenir dépendra des
décisions, des sou ens, des projets à venir. Mais
une chose est certaine : elle mérite que lon se
mobilise pour elle.
Un héritage qu’il nous revient,
ensemble, de faire vivre.
1667
LOrdon
46 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. ETAT-CIVIL.
ETAT-CIVIL. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 47
1
L*
48 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. ETAT-CIVIL.
ETAT-CIVIL. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 49
50 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. LALLUQUE.
A
M
LALLUQUE. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 51
V n
M
52 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. LALLUQUE.
2
LALLUQUE. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 53
5ème période : Première visite dans un
K
54 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. L.
LALLUQUE. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 55
J
56 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. LALLUQUE.
Ju
MARQUISE DE TENCIN. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 57
58 ! Juillet 2026 n° 22 - LOU PÉRI DOC. Mon Pépé.
Jean François Xavier Jacoutet « Pépé Jantou.
Il est le 3 Décembre 1900 dans ce joli
pe t village : Le Bugue, Al Buga en occitan (Dor-
dogne) - Jantou est mon grand-père maternel.
Mariage de Jantou et Alice en 1929.
Ils furent, je n’en doute pas, très heureux car ma-
man et ma tante m’ont dit ne jamais les avoir en-
tendus se disputer, un simple mot ou signe suffi -
sait à recadrer la situa on calmement sans bruit
Si nous Parlions un peu de nos vacances
buguoises ? Mes grands-parents Jacoutet pas-
saient nous prendre aux Sables-d’Olonne chez
nos grands-parents paternels nous avions
passé le mois de juillet : journées plage .... Pas
d’heure pour manger, se coucher, cool, liber-
totale, super ! .... Oui, mais au Bugue, là, ça
n’était plus la même chanson : bien se tenir à
table, messe le dimanche, robe en broderie an-
glaise pour moi, chemises blanches pour mes
deux frères, prière le soir (p ) Mamy était très
à cheval sur les bonnes manières ; quant à la
sieste de pépé, je l’entends encore ronfl er, je me
demande s’il ne faisait pas trembler la Farge ! À
son réveil, c’était les balades dans les coteaux ou
dans les villages alentours ou encore la tournée
des cousins et cousines de pépé. Pépé Jantou ai-
mait beaucoup la pêche : il partait sa canne sur
l’épaule en siffl otant (je n’ai pas le souvenir qu’il
ait ramené grand-chose, mais le plaisir avait été
de la par e). Nous avions souvent des grands
soupirs d’impa ence, mais aimerions bien pour-
tant retrouver ces bons temps de sérénité. Le ma-
n ! Tous les ma ns, 365j/365, il s’astreignait à
faire de la gymnas que devant sa fenêtre grande
ouverte afi n de garder la forme. Le dimanche, il
nous ramenait non pas des chocola nes (comme
vous dites) mais des pe ts pains en forme de
pe ts bonhommes tout chauds que faisait M.
Dazenière le boulanger (humm !) Tout a une n
et surtout les vacances, il fallait rentrer à Paris.
Dans la voiture çà n’était pas vraiment l’euphorie.
Si, en partant le rituel était de chanter à tue-tête
tout au long de la route dont le chef de chœur
était mon grand-père … :
« Au Lycée papa, au lycée papa ...
au lycée papillon »
avec un bon gavage de bonbons à la menthe, au
retour, pas de bonbons à la menthe et silence ra-
dio. …il qui ait son Bugue (et nous, nous repre-
nions le chemin de l’école, le Lycée Papillon de
ce e vieille chanson n’avait plus aucune grâce à
nos yeux).
Mes grands-parents étaient un peu stricts,
un peu plus mamy que pépé, ce qui ne les em-
pêchait pas d’être très agréables, souriants, et
ne fuyant pas l’humour de bon goût. Mais l’édu-
ca on et les bonnes manières c’était primordial
pour eux. Mamy quand elle riait, riait même de
très bon cœur. Elle disait souvent en riant que
pépé était te en l’air, quand il allait aux cèpes,
elle craignait toujours qu’il se perde, ce qui
est arrivé une fois du reste. J’avoue avoir com-
pris avec le temps, qu’en leur compagnie nous
connaissions la paix, la sécurité, et cela fait du
bien rien que d’y penser, même si nos vacances
périgourdines, après 1 mois de vie de chiens fous
à la plage, nous barbaient parfois.
Cet équilibre c’est à eux que nous le de-
vons. Ils reposent à présent au pied du coteau
que domine Bara-Bahau, ensemble à tous jamais.
Bara-Bahau qui signifi e badaboum, une gro e
dans laquelle Jantou nous a souvent conté qu’il
escaladait le coteau avec ses copains a n d’aller
y jouer.
Ecrit par Annie Alice .
Annie-Alice MOUNIER. LOU PÉRI DOC . 22 - Juillet 2026 ! 59
Annie Alice, née Peyrard, na ve du Bugue
en 1950 vient de nous qui er n janvier 2026, aux
Sables d’Olonne, où elle résidait. Personne au grand
cœur, pas gâtée par la vie avec un enfant profondé-
ment handicapé. Elle avait rejoint notre associa on
dès le début. La généalogie en Dordogne occupant
une grande place dans son cœur. Elle a ainsi pu aider
de nombreuses personnes en par cipant avec nous
aux recherches généalogiques de ce Périgord qu’elle
chérissait.
Je garderai un souvenir précieux de ma chère
Annie Alice, une personnalité originale, a achante,
généreuse, qui nous manquera beaucoup. Julien
LIUT en visite chez elle à la Chaume aux Sables
d’Olonne.
Annie Alice içi en tenue locale aux Sables.
Elle a plusieurs fois partagé la vie de
ses ancêtres, en par culier dans le cadre du
challenge AZ dont voici deux extraits :
Mon trisaïeul Hussard
Mon trisaïeul Félix ESCORNE a vu le jour
par une belle ma née du 3 août 1844 à 10
heures du ma n dans ce joli village coule
la Vézère : le Bugue, d’une longue lignée d’ar-
sans (menuisiers, sserands, sergeurs …) et
même vétérinaires, tous prénommés FELIX.
Lui, avait choisi le mé er de sellier, il ai-
mait les chevaux. Son père (Félix évidemment)
était menuisier, et sa mère Jeanne Colombet
dite cade e’, sans profession, était lle de
propriétaires terriens. J’ai pu remarquer qu’en
remontant les généra ons que toutes ces fa-
milles savaient signer.
Malheureusement Félix père mou-
rut à l’âge de 31 ans, Félix navait que 2 ans.
Je ne connais que mon aïeul comme enfant,
quoique sur le contrat de mariage de Félix est
men onné le prénom de LINA sa sœur, que je
ne retrouve ni avant, ni après.
Jeanne (Marie) Colombet, veuve, était
remontée à Cumont vivre chez ses parents
avec son ls d’après les recensements. Puis
elle se remarie avec François Garrigue proprié-
taire cul vateur dont elle a un enfant : Jean.
Elle était une très belle personne, je l’ai ren-
contré via notre groupe de généalogie et ensuite
elle est venue me voir à mon salon aux sables nous
avons bien rigolé. Lydia MARTIN.
Amicale
Genea24
Amicale
Genea24
Entraide
Généalogie
Dordogne
Périgord
22
l a che du 03 octobre