
Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020. - 7
Tant de questions qu’il a dû se poser toute sa vie, et que moi son arrière-
arrière-arrière-petite-fille je me pose encore 180 ans plus tard ! Questions
auxquelles personne ne peut répondre malheureusement, mais on peut juste
émettre des suppositions : parents très pauvres ayant déjà trop de bouches à
nourrir, enfant illégitime, ou ruse. En effet à cette époque certaines femmes
confiaient leur enfant à l’hospice et venaient ensuite se proposer comme
nourrice, ainsi elle élevait leur propre enfant contre un revenu !
Je n’ose imaginer la tristesse et la douleur de cette mère au moment de
laisser son enfant pour le plus souvent ne jamais le revoir ! Mais ses parents
espéraient sûrement lui offrir une vie meilleure, et si leur situation s’améliorait
pouvoir le récupérer. On avait pris soin de vêtir ce petit être « d’une chemise de
calicot garnie de tulle, d’un bourassou, d’un serre braco brun, et d’un bonnet
garni de tulle, portant un morceau de ruban jaune et un papier ».
L’officier d’état civil après avoir noté tous ces détails dans l’acte numéro
189 de cette année 1840, lui attribua le prénom de Joseph et le nom de Soual.
Comment choisit-il ce nom, celui d’un village situé en Occitanie dans le Tarn, se
trouvant sur la route du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, encore une
fois pas de réponse, au moins il eut la bonté de ne pas l'affubler d’un sobriquet
ridicule comme c’était parfois le cas. Joseph fut baptisé le lendemain à Périgueux,
puis on le confia à une nourrice : Françoise Mazaud 20 ans (qui est aussi la sœur
d’une autre de mes ancêtres) et son époux Jean Besson, jeunes mariés dont les
noces avaient été célébrées le 29 septembre 1839 à Milhac-d'Auberoche, village
situé dans le Périgord noir à 17 kilomètres de Périgueux, où ils vont accueillir le
petit Joseph. Resta-t-il chez ce couple toute son enfance ? Encore une fois pas
de réponse, mais il resta dans ce village toute sa vie. Il s'y maria le 30 août 1862
avec une fille du pays qui allait devenir mon arrière-arrière-arrière-grand-mère
Marguerite Chiorozas. Ils devinrent cultivateurs, et auront 4 enfants : Marguerite,
Jeanne, Bertrand et Marguerite.
Cet enfant abandonné au tour de l'hospice de Périgueux, ce 26 avril 1840 est donc le premier
d’une longue lignée de Soual, et j’aime à imaginer qu’il eut une vie riche en amour et en joie
pour combler ce vide et cette tristesse laissés par l’abandon.