Challenge AZ de novembre 2020.
26 lieux, outils & personnages de Dordogne-Périgord.
GENEA24. Généalogie Dordogne-Périgord. Entraide & partage.
Bulletin de l’association « Amicale Genea24 ».
Numéro Hors-série11 bis – mars 2021.
ISSN 2676 0912
2 - Lou Péri Doc Challenge AZ 2019.
Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020. - 3
Amicale GENEA24.
Editorial.
L’amicale a participé en novembre 2020 à son quatrième challenge AZ. Le
but étant de proposer tous les jours un article dont le titre doit correspondre à
une lettre de l’alphabet. Le thème retenu : Un lieu, un personnage, un outil ou
une histoire de Dordogne-Périgord.
Sur le plan national, 77 participants, pour se retrouver à 69 pour les
difficiles dernières lettres.
L’amicale genea24, comme les autres années a tenu la distance, avec 13
personnes pour réaliser l’alphabet complet.
CHALLENGE RÉUSSI.
Un grand coup de chapeau à ceux et celles qui ont osé.
Citons, pour leur première expérience :
Sabrina Plessis
, auteur de la première lettre et de la
dernière qui est une pure fiction,
Katy Delarue Fruchou, Valérie
Tamen-Grenaille.
Ainsi que Sophie Baylet et Marie Beleyme qui nous ont donné matière à faire une lettre.
Et rendez-vous l’an prochain.
Jean-Louis FILET.
4 - Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020.
Bulletin généalogie et histoire de Dordogne-Périgord, entraide et partage.
Association « Amicale Genea24 » fondée en 2014. Siège social : Bergerac 24100.
Site Internet : www.genea24.fr Mail : contact@genea24.fr
Numéro hors-série, complémentaire du numéro 11.
Directeur de la publication : Lionel Filet.
Rédacteur en chef : Jean-Louis Filet (4 lettres).
Ont collaboré à ce numéro : Mireille Berger (2 lettres), Geneviève
Coulaud (4 lettres), Kathy Delarue-Fruchou, Bernadette Fondriest (2
lettres), Maryse Grenier (2 lettres), Jean-Pierre Meynard, Annie Alice
Mounier, Sabrina Plessis (2 lettres), Michèle Pointeau-Mary (2 lettres),
Huguette Simon-Labrousse, Valérie Tamen-Grenaille, Françoise
Villechenoux (3 lettres).
Crédits photos : Auteurs des articles, Archives départementales de
la Dordogne. Sébastien Chaminade, Hélène Sénillon, Site Bnf
Gallica, Wikipédia. Dessin : Didier Eymet.
Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020. - 5
Table des matières
Abandonné au tour. ........................................................................................................................ 6
Baylet au Meynieux de Saint-Pancrace. ............................................................................................. 8
Chabrol. ....................................................................................................................................... 12
Départ pour l’Argentine. ............................................................................................................... 14
« E » comme Encre ....................................................................................................................... 18
Fontaine de la Fée. ........................................................................................................................ 21
Gabares et autres bateaux. ............................................................................................................. 23
Hoyau, l’arme du crime. ................................................................................................................ 27
Insomnie, histoire pour dormir. ..................................................................................................... 30
Joséphine Baker et la Dordogne. .................................................................................................... 32
Kaolin de mon enfance. ................................................................................................................ 36
Ligne de démarcation. ................................................................................................................. 38
Mammouths, la grotte des cents. .................................................................................................... 41
Nousillou...................................................................................................................................... 43
Ordre des Templiers à Sergeac. ...................................................................................................... 46
Proumeyssac. ................................................................................................................................ 49
Quoi ? Qui ? … ........................................................................................................................... 52
Reignac, la Maison forte à Tursac. .................................................................................................. 57
Suppert Delbru. ............................................................................................................................ 59
Tramail. ........................................................................................................................................ 63
Ustensiles du temps jadis. .............................................................................................................. 65
Vendanges mortelles. .................................................................................................................... 69
Wlgrin de Taillefer Henri-François-Athanase. ................................................................................. 71
X, la croix hosannière. ................................................................................................................... 74
Yves Guéna et la Dordogne. .......................................................................................................... 76
Z, l’étranger assassiné. ................................................................................................................... 78
6 - Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020.
Abandonné au tour.
Par Sabrina PLESSIS.
Les tours d'hospices, aussi appelés
« boîtes à bébés », apparaissent en France vers
1638, et sont légalisés par décret impérial le 19
janvier 1811, date à laquelle ils se développent
un peu partout sur le territoire pour atteindre à
leur apogée le nombre de 251, et seront abolis
en 1904. Ils ont pour but de permettre aux
parents ne pouvant garder leur enfant de les
confier avec plus de sécurité, car avant cela, ils
étaient souvent abandonnés aux abords des
églises, et le taux de mortalité par manque de
soins, notamment d’hypothermie, était très
élevé.
La misère de la population, tant économique que sociale, transparaît au
travers des chiffres. Ainsi, à Périgueux sur l’année 1840, 588 actes de
« naissances » sont enregistrés dont 315 enfants abandonnés au tour de l’hospice
ou plutôt dits « trouvés dans la boîte » ! La majorité sont des nouveaux nés, mais
on trouve aussi quelques enfants plus âgés pouvant aller jusqu’à 10 ans, 155
garçons et 160 filles pour cette année 1840.
L'hospice leur attribue un numéro, puis une personne dudit hospice les
présente à l’officier d’état civil (en 1840 la personne présentant les enfants se
nomme Catherine Laborde âgée de 44ans) qui les enregistre sous un prénom et
un nom quil invente, après avoir inscrit une description précise de la façon dont
est vêtu l’enfant et d’éventuelles marques permettant aux parents qui viendraient
à le réclamer de pouvoir l’identifier.
Cette année 1840, fut abandonné au tour de l’hospice de Périgueux mon
arrière-arrière-arrière-grand-père Joseph Soual.
Voici son histoire :
Hospice de Périgueux le 26 avril 1840, il est 19h quand la cloche retentit,
un nouveau-né vient donc d’être déposé dans le tour. Pourquoi ? Qui sont ses
parents ?
Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020. - 7
Tant de questions qu’il a se poser toute sa vie, et que moi son arrière-
arrière-arrière-petite-fille je me pose encore 180 ans plus tard ! Questions
auxquelles personne ne peut répondre malheureusement, mais on peut juste
émettre des suppositions : parents très pauvres ayant déjà trop de bouches à
nourrir, enfant illégitime, ou ruse. En effet à cette époque certaines femmes
confiaient leur enfant à l’hospice et venaient ensuite se proposer comme
nourrice, ainsi elle élevait leur propre enfant contre un revenu !
Je n’ose imaginer la tristesse et la douleur de cette mère au moment de
laisser son enfant pour le plus souvent ne jamais le revoir ! Mais ses parents
espéraient sûrement lui offrir une vie meilleure, et si leur situation s’améliorait
pouvoir le cupérer. On avait pris soin de vêtir ce petit être « d’une chemise de
calicot garnie de tulle, d’un bourassou, d’un serre braco brun, et d’un bonnet
garni de tulle, portant un morceau de ruban jaune et un papier ».
L’officier d’état civil après avoir noté tous ces détails dans l’acte numéro
189 de cette année 1840, lui attribua le prénom de Joseph et le nom de Soual.
Comment choisit-il ce nom, celui d’un village situé en Occitanie dans le Tarn, se
trouvant sur la route du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, encore une
fois pas de réponse, au moins il eut la bonté de ne pas l'affubler d’un sobriquet
ridicule comme c’était parfois le cas. Joseph fut baptisé le lendemain à Périgueux,
puis on le confia à une nourrice : Françoise Mazaud 20 ans (qui est aussi la sœur
d’une autre de mes ancêtres) et son époux Jean Besson, jeunes mariés dont les
noces avaient été célébrées le 29 septembre 1839 à Milhac-d'Auberoche, village
situé dans le Périgord noir à 17 kilomètres de Périgueux, où ils vont accueillir le
petit Joseph. Resta-t-il chez ce couple toute son enfance ? Encore une fois pas
de réponse, mais il resta dans ce village toute sa vie. Il s'y maria le 30 août 1862
avec une fille du pays qui allait devenir mon arrière-arrière-arrière-grand-mère
Marguerite Chiorozas. Ils devinrent cultivateurs, et auront 4 enfants : Marguerite,
Jeanne, Bertrand et Marguerite.
Cet enfant abandonné au tour de l'hospice de Périgueux, ce 26 avril 1840 est donc le premier
d’une longue lignée de Soual, et j’aime à imaginer qu’il eut une vie riche en amour et en joie
pour combler ce vide et cette tristesse laissés par l’abandon.
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8 - Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020.
Baylet au Meynieux de Saint-Pancrace.
Par Sophie BAYLET et Geneviève COULAUD.
Saint-Pancrace est une toute petite commune au nord du département de
la Dordogne, au cœur du Périgord Vert, entre Brantôme et Nontron.
Les premiers recensements effectués en 1793 évaluent le nombre de la
population à 299 personnes. En 1800, il n’y a plus que 181 habitants.
Les Baylé ont vécu sur plusieurs générations, au Meynieux, berceau de la
famille, au moins du début de la tenue des registres paroissiaux dans la commune
jusqu’au début du XIXe siècle.
Le Meynieux est un petit hameau au nord du village de Saint-Pancrace,
regroupant aujourd’hui moins d’une dizaine de maisons.
L’ancêtre le plus lointain à ce jour identifié dans ce village est Tibaud
Baylé. Le patriarche, né sous le règne de Louis XIV meurt en 1774 à l’âge de 80
ans sous le règne de Louis XVI. Les Baylé sont déjà nombreux à Saint-Pancrace
en ce temps-là.
Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020. - 9
Les registres ayant été
tenus dans la commune à partir
de 1646, j’ai pu constater que
plusieurs familles sont déjà
présentes.
Eglise de saint-Pancrace.
Thibaud
Il est aux alentours de 1694 à Saint-Pancrace et meurt à l’âge de 80 ans
le 22 décembre 1774 :
« Le vingt-trois décembre mille sept cent soixante-quatorze a été enterré dans le cimetière de la
paroisse Thibault Bayle mort hier au village du Meynieux, présente paroisse, après avoir reçu
les sacrements, âd’environ 80 ans. Témoins Jean Amblart et Mathieu Dumas qui n’ont su
signer de ce par moi interpellé. »
Il s’était marié en 1720 avec Sicarie Dumas (1702-1782), également
originaire du Meynieux, fille de Sicarie Dumas et Jeanne Allari. Thibaud était
journalier et métayer. Ils ont ensemble au moins 9 enfants, tous nés au Meynieux
:
-Pierre, le fils aîné (1722-<1784), qui s’est marié avec Paule Lagarde et
qui aura avec elle au moins 4 enfants, dont encore un petit Pierre ;
-Martial, le cadet, mon ancêtre (1724-1875), qui se marie avec Marie
Blois ;
-Jean (1724), frère jumeau de Martial, mais qui décédera trois semaines
après sa naissance ;
-François (1727) ;
-Jeanne (1733) ;
-Nicolas (1735-1807) qui deviendra tisserand et qui se mariera à
Brantôme avec Jeanne Nicolas ;
-Marie (1738) ;
-Marie (1744).
10 - Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020.
Martial
Le fils cadet de Thibaud, est « Marthial » le 23 septembre 1754 au
Meynieux à Saint Pancrace.
Le vingt et quatrième sept a été baptisé Marthial Baylé né d’un jour, fils à Thibaud et a Sicari
Dumas du village du Meynieux présente paroisse, a été parrain Martial Barriere du village de
la Plaine paroisse de Cantillac et a été marraine Marguerite Bayle du village de Convive
paroisse de Saint Angel en présence de Jean Baylé marguillier de Lamrand laboureur du
présent bourg par moi.
Martial est décédé à 60 ans le 22 août 1785 dans la commune il est
et a vécu toute sa vie. « Ce vingt-trois août mille sept cent quatre-vingt-cinq a été
inhumé dans le cimetière de la présente paroisse Matial Baylé décé le jour
précédent au village du Meynieu après avoir reçu les sacrements nécessaires au
salut âgé de soixante-cinq ans, présent Guillaume Fougere Pierre Ambard qui
n’ont su signer de ce enquis. »
Il est journalier et métayer. Il se marie en 1748 avec Marie BLOIS (1731-
1760), originaire de Champagnac-de-Belair, la commune d’à-côté.
Le six de février mille sept cent quarante-huit après les fiançailles et la publication des bans de
mariage entre Matial Baylé du village du Meynieux présente paroisse et Marie Blois du village
de Fialarge paroisse de Champagnac faite dans cette église et dans celle de Champagnac
pendant trois divers jours de dimanche ou de fête sans avoir découvert aucun empêchement civil
ni canonique et les deux parties s’étant disposés au sacrement de mariage par la réception de
ceux de pénitence et d’eucharistie vu le certificat de monsieur l’archiprêtre de Champagnac, je
soussigné leur ai donné la bénédiction nuptiale en présence de Jacques Comte marguillier
d’Étienne Léonard et de Jerôme Martino du présent bourg.
Marie, son épouse, mourra prématurément en 1760, à l’âge de 30 ans, ce
qui me fera penser, dans un premier temps, que peut-être elle était décédée des
suites de couches mais n’ayant pas trouvé d’acte de naissance dans les jours qui
suivaient, j’ai dû me résoudre à un décès soudain, une maladie ou un accident…
Nicolas (1785-1804) qui sera cultivateur et qui se mariera avec
Marguerite Laborde ;
Léornard (1788) ;
Jeanne (1798).
A son mariage, Thibaud exerce la profession de journalier. Je perds sa
trace et celle d’Anne après la naissance de Jeanne. Sans doute ont-ils quitté le
Meynieux, ce lieu peu labourable l’on vit chichement, sans terres et sans
avenir.
Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020. - 11
Nicolas
Il est le 1er juillet 1785 au Meynieux, dernier de la famille à être en
ces terres mémorielles de Saint-Pancrace le faible nombre d’habitants a
permis aux curés de conserver le patronyme Baylé intact et à l’abri des variantes
orthographiques.
Ce second juillet mil sept cents quatre-vingt-cinq a été baptisé Nicolas, fils naturel et légitime de
Thibaud Baylé journalier et de Anne Jaraud conjointe le jour précédant au village du
Meynieux, ont été parrain Nicolas Baylé, oncle du baptisé et Léonarde Roche, grand-mère, qui
n’ont su signer cet enquis.
En 1804, Nicolas a déjà quitté Le Meynieux. Il réside à Champagnac-de-
Belair, commune limitrophe de Saint-Pancrace, peut-être avec ses parents pour
lesquels je n’ai d’ailleurs pas retrouvé les actes de décès. Il est cultivateur comme
ses aïeuls.
Il se marie le 20 avril 1804 à Château-l’Evêque avec Marguerite Laborde
qui sera parfois appelée Catherine (1779-1865). Marguerite est de Boschaud, une
commune située à une vingtaine de kilomètres de Champagnac, ce qui témoigne
de la mobilité naissante des familles.
Du 20ème jour du mois de germinal l’an 12 de la république Française. Acte de mariage de
Nicolas Bayle âgé de 18 ans,à St Pancrase département de la Dordogne le deux du mois de
juillet 1785, profession de cultivateur, demeurant à Champagnac département de la Dordogne,
fils légitime de Thibeau Baille demeurant à Champagnac département de la Dordogne et de
Anne Jarau comparant ledit Thibeau Baille père présent et autorisant ledit Bayle son fils. Et
de Marguerite Laborde, âgée de 24 ans, née à Boschaud département de la Dordogne, le 28 du
mois de décembre 1779, demeurant à Boschaud département de la Dordogne, fille légitime de
Pierre Laborde, demeurant à Boschaud département de la Dordogne et de Françoise Boyer,
comparant le dit Pierre Laborde présent et autorisant ladite Laborde sa fille.
Sur cet acte de mariage en 1804, Nicolas a perdu son accent. Il est devenu
un Bayle. Son père Thibaud, présent, a gagné deux ailes et s’est vu désigner
Thibeau Baille, il décède le 5 juillet 1855 à l’hospice de Brantôme (photo ci-dessous).
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12 - Lou Péri Doc – Challenge AZ 2020.
Chabrol.
Par Maryse GRENIER.
« Faire Chabrot », ou «
Chabrol
» en occitan, est une coutume de la moitié
sud de la France.
« Faire Chabrol » : une tradition des repas de fête qui se perpétue encore de
nos jours : cette coutume révèle l’authentique périgourdin et c’est aussi un art de
vivre.
Pratiquée au XIXe siècle dans tout le Périgord, le Chabrol représentait,
pour Eugène Le Roy, un critère d’identification régionale.
Quelle que soit la recette du bouillon, les Périgourdins « faisaient Chabrol »
en versant, juste avant de terminer leur potage, un vin de pays, (et par question
d’économie, c’était de la « piquette »), dans le fond d’une assiette dite « calotte », aux
bords bien droits, et en buvant ce mélange à même le cipient. « Le bon niveau est
atteint lorsque le dos de la cuillère retournée dans l’assiette, n’émerge plus du vin : ça requinque,
aide à digérer et ça donne de l’appétit pour la suite du repas ».
L’assiette, encore chaude, met le breuvage à bonne température et le rend
capiteux. La chaleur du bouillon développe l’arôme du vin.
Les meilleurs « Chabrols » sont faits dans la soupe de fèves, la soupe à
l’oignon, le bouillon de poule, le pot-au-feu ou soupe fricassée agrémentée d’un
bon morceau de viande.
D’où vient ce mot ??
Certains disent de « chèvre »,
parce que les moustaches du buveur se
chargent de liquide comme les barbes
de la chèvre. D’autres prétendent
qu’un bœuf chabrot, a les cornes
disposées comme les bras de l’homme
qui soulève l’assiette à sa bouche.