mercredi 7 novembre 2018

FILET Pierre Philmemon Mplf


Quelle triste fin, pour ce vaillant soldat qui a fait toute la durée de la guerre 14-18, au sein du 126e régiment d’Infanterie. L’armistice vient d’être signé depuis hier quand des gendarmes viennent lui demander de rejoindre illico son régiment …





Il est né le 12 avril 1891 à Saint Pardoux-Vielvic dans le sud-est du département de la Dordogne, fils de Jean Adrien, cultivateur et de Marguerite Philippine Filet. Il aura une sœur Jeanne Adrienne plus jeune. Un beau garçon d’un mètre 69, aux cheveux châtains et yeux bleus, il sera aussi cultivateur.

La famille a vécu dans la petite maison ci-dessous qui est aujourd'hui la mairie.

Pas le temps de fonder une famille, en 1912, il est incorporé au service militaire dans le 126e RI.L'orsque survient la guerre, le voilà parti dès le 2 aout, à peine un mois plus tard le 9 septembre il fera partie des nombreux blessés à Chatel-Raoul (au sud de Vitry-le-François), sans pour autant l’empêcher de continuer le combat.

Plus tard, il sera cité à l’ordre du régiment : Le 12 septembre 1917, chargé d’un coup de main, s’est vaillamment élancé sur la tranchée allemande qu’il a minutieusement fouillée ; a rapporté des renseignements utiles et intéressants sur la défense ennemie. Le régiment est dans la région de Suippes en Marne.

Extrait du jmo du jour du régiment pour cette journée du 12 septembre 1917.


On ne sait pas quand, malade, il est venu en permission à Vielvic et n’a pu rejoindre le front, victime d’une maladie pulmonaire. Jeanne, sa jeune sœur, s'est occupée de soigner son frère. Elle décédera par la suite en 1925 à 28 ans, dont la cause est certainement imputable à la même maladie.

Le 12 novembre 1918, au lendemain de la signature de l’armistice, les gendarmes sont venu le chercher, alors que sa mère est aux champs, ils l’insultent, le menacent du Conseil de Guerre, en le traitant de déserteur ; bouleversé, Philémon meurt, victime d’une hémorragie, sous leurs yeux.



Cette histoire n’aurait jamais été connue, si les gendarmes, complètement ivres, ne s’étaient arrêtés chez une voisine sur le chemin du retour pour lui avouer, épouvantés : « Nous avons tué Filet », tout en lui enjoignant de ne pas en parler.


Une petite tombe presque cachée par la végétation dans le cimetière de saint-Pardoux.

Par Jean-Louis FILET.

mardi 6 novembre 2018

ESCORNE Félix.

Mon arrière-arrière-grand-père est né le 3 aout 1844 au Bugue (Dordogne) Il était au moins la 5ème génération prénommé Félix, là où j'en suis. Ses parents étaient Félix Elie ESCORNE (1814-1846) et COLOMBET Marie-Jeanne dite Cadette" (1817-1896) sur laquelle nous reviendrons. La famille ESCORNE était majoritairement des menuisiers, sergeurs, tisserants, mais aussi maréchaux-ferrants, forgerons. Il se trouve même un vétérinaire. Tous signaient déjà en 1739 pour le plus ancien sosa connu actuellement de cette lignée, très nombreux il est difficile de cerner qui est qui, mêmes prénoms, mêmes patronymes !

Je n'ai connaissance que d'une sœur de Félix, cependant témoin du contrat de mariage de son demi-frère, Jean GUARRIGUE issu du second mariage de leur mère : Marie-Jeanne COLOMBET avec François GUARRIGUE, propriétaire agriculteur également.

signature d'ESCORNE Félix, dit Dondé 1739 son arrière arrière-grand-père


Le couple n'a eu que 2 enfants à ma connaissance, Berthe mon arrière-grand-mère (1872-1948) et Marie Blanche (1876-?) qui ne dut pas vivre longtemps car je n'en ai aucune trace par la suite.

VINT L'HEURE DE SON ENGAGEMENT MILITAIRE

A l'âge de 20 ans, Félix partit au régiment probablement en 1864. J'apprends donc sur son contrat de mariage qu'il était en 1871 soldat au septième régiment de hussards, en garnison à Castres, et renvoyé dans ses foyers comme étant versé dans la réserve. De ces 7 ans d'armée et probablement de guerre, puisqu'il y a eu des conflits dans ce laps de temps, ce que j'ai pu en constater, c'est qu'à 20 ans j'ai un très beau jeune homme en photo et en 1871 une photo en soldat, où, physiquement il semble marqué, ayant même une calvitie importante alors qu'il n'a que 27 ans. Qu'a t'il vécu ? A t’il été prisonnier en Allemagne comme je l'ai lu concernant ce 7e bataillon de Hussards ? J'ai bien peur de ne pas avoir la réponse à temps pour vous le faire savoir, venant juste de lancer une demande afin de retracer son parcours militaire.

Je n'ai collecté pour l'instant que ce résumé concernant ce dit 7ème régiment de hussards.



Talleyrand est promu Lieutenant-colonel au 7ème Hussards le 05 août 1869. Il était père d'une petite Charlotte-Louise-Marie-Thérèse depuis le 4 Juin. Il participe à la guerre de 1870 - subira le sort de l'Armée de Metz et partira en captivité en Allemagne, où on le croise sous la plume de Henri Choppin, dans son "Journal de captivité d'un officier de l'armée du Rhin (27 octobre 1870-18 mars 1871)" : "Beaucoup d'anecdotes viennent sous ma plume pour compléter le tableau de la désolation de ce camp de toutes les misères. Je n'ai pas le courage de l'entreprendre et, en attendant des temps meilleurs, me plonge dans les Rêveries du maréchal de Saxe, que le lieutenant-colonel du 7e de hussards, M. de Talleyrand- Périgord, a eu l'amabilité de me prêter." L’historique du 7e Hussards nous précise : "Le lieutenant-colonel de Talleyrand, rentré de captivité, prit le commandement du dépôt à la date du 26 mars (1871). Il le conservera jusqu'au 12 avril, jour de la rentrée du colonel Chaussée". Il figure à l'Etat-Major du régiment reconstitué à Castres en mai 1871, sur la base du Dépôt du 7e Hussards, du 3e Hussards de Marche, et des hommes et cadres rentrés de captivité.




Félix ESCORNE 1871    .     Felix ESCORNE 1864


Félix, placé dans la réserve militaire, a peut-être été accomplir des périodes d'exercices, je l'ignore donc encore ! Ainsi rentré dans ses foyers, il reprit son métier de Sellier.




ET PUIS FÉLIX CONVOLA EN JUSTES NOCES AVEC LA JOLIE NINA

Félix, le 24 Octobre 1871 au Bugue prit pour épouse Jeanne COLOMBET, sans profession, fille de Jean Henri COLOMBET, propriétaire cultivateur (1814-1871) et Marie DELFOUR (1818-1852). Lorsque Marie mourut Jeanne n'avait que 2 ans. Son père l'avait épousée en seconde noce, étant veuf de la sœur de Marie = Anne DELFOUR, décédée en 1845. Elles étaient originaires de Coux et Bigaroque, village tout proche du Bugue. Ils firent un contrat de mariage, sur lequel Félix semble avoir hérité d'une somme assez importante pour l'époque, suite à la succession de son père et de ses propres économies (noté ainsi). Sa mère, elle, Marie Jeanne COLOMBET étant remariée.

Nina quant à elle, se donne le droit d'accepter ou pas la succession de son père le décès de ce dernier ne remontant qu'à un peu plus de 2 mois, mais aussi se réservant pour plus tard celles de sa mère et de son grand-père maternel, sa grand-mère Françoise Rose BRU (1788-1873) étant encore en vie. Cette dernière était fille de bourgeois du bourg d'Urval. Nina a dû accepter les conditions de tous car les propriétés terriennes et les biens divers étaient toujours dans la famille dans son enfance. Félix et Nina avaient un point commun : ils étaient cousins ! Suite à des veuvages et remariages, ils se sont trouvés tous deux être les petits-enfants du couple Jean COLOMBET (1786-1849) et Jeanne CARBONNIERES (1792-1855) d'où ce cousinage.

Au plus haut que je sois remontée, les COLOMBET ont toujours été présents sur le lieu-dit du Bugue : Cumon, tous en tant que propriétaires agriculteurs. Tous signaient.


Jean Henri Colombet pére de Nina

Les cousins de Nina firent tous de belles carrières, dont un chevalier de la Légion d'Honneur. Cette famille COLOMBET resta très longtemps très unie à en juger les photos de l'album familial. Quant aux CARBONNIERES, grande famille toujours attachée aux forges des environs, Mauzens Miremont, Les Eyzies, où je les trouve Maitres de Forges ou Hommes d'affaires, ils jouissaient déjà d'une certaine éducation. Je trouve même le grand-père de Jeanne ; Henri CARBONNIERES en voyage d'affaires sur le navire "Le Souverain" partant pour Saint-Domingue en 1771.

Il est noté : Taille grande, 40 ans, originaire de Miremont (Dordogne), religion catholique, signé le capitaine du "Souverain"

''Je ne suis pas encore parvenue a remonter plus haut que 1735, mais il se trouve de nombreuses présences d'ESCORNE sur Mauzens-et-Miremont et les Eyzies, ce qui me laisse à penser fortement au fait qu'ils 
furent également d'anciens forgerons les forges étant nombreuses dans le coin, De nombreux cousins maréchaux-ferrants partageaient toujours ce même prénom de Félix Helix, Eli voire même Philix (tous plus 
ou moins ayant subi de grandes variations).''




Félix finit sa vie un matin du mois de février 1917 a l’âge de 72 ans, quant à Nina ses petites-filles (maman et ma tante Christiane) purent en profiter un peu plus longtemps car elle leur faussa compagnie en 1948, elle avait 75 ans.





Félix et Nina sur leurs vieux jours.



Tous deux reposent dans le caveau familial du Bugue, au pied du coteau surplombé par la grotte de Bara-Bahau, là, juste au-dessus.




Par Annie-Alice MOUNIER.

lundi 5 novembre 2018

DAILHAC Thomas

Thomas Dailhac voit le jour à Bergerac le dimanche 07 novembre 1784. Il est le fils de Bernard, marchand et Marie Jats. Il sera baptisé protestant avec pour parrain, son grand père Thomas Jats et pour marraine Marie Dailhac sa tante.


Il va exercer la profession de marchand et de succession en succession enrichira le patrimoine de sa famille. En 1806, il est militaire au 6° régiment d’infanterie de ligne, il est nommé caporal le 1er janvier 1807 et participe à la campagne de Calabre (royaume de Naples) en Italie ; il est nommé fourrier le 6 février 1808 puis sergent, il suit alors son régiment en Allemagne. Le 1er janvier 1810 il passe à la 30 légion de gendarmerie impériale, il est alors brigadier à cheval.


Le 22 juin 1814, il reçoit du maréchal d’empire Moncey, l’autorisation de quitter l’armée et de se retirer à Bergerac, il a 30 ans.



Le 18 décembre 1817 Thomas épouse Marie-Rose Blanchard. Deux enfants voient le jour de cette union : Bernard, le 23 novembre 1818 Jean Daniel (mon ancêtre) le 10 septembre 1820. Marie-Rose décède 23 septembre 1820, deux semaines après la naissance de Jean Daniel. Bernard décède le 23 novembre 1827, Jean Daniel hérite avec son père des biens de sa mère ainsi que de la sœur de celle-ci décédée.

''Thomas ne reste pas longtemps veuf, il épouse à Colombier, le 07 janvier 1822, Marie-Sophie Lacoste. ''

Signatures des mariés et témoins

Ils ont 4 enfants, tous nés à Bergerac dans la « Grand’Rue » Marius le 29 novembre 1822, commis banquier, célibataire, il décède à Bergerac le 31 mars 1869 Rose dite Marie Rose le 08 juin 1825 Marie dite Marie Zaida le 25 novembre 1828 Elida, dite Marie Elida le 22 septembre 1833 Marie Rose et Marie Zaida, restent célibataires et vont tenir une mercerie __ Thomas décède le 19 mai 1859 à Monbazillac.__



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Les successions

Thomas hérite de sa mère Marie Jats d’un vignoble sur la commune de Monbazillac à la Gueylardie Marie-Rose cohéritière avec sa sœur hérite d’une maison à Bergerac rue du Mourier, de divers mobiliers et sommes d’argent. Cette maison sera vendue à son décès. Avec l’héritage des parents de Marie Lacoste, le couple achète une maison place de la sous-préfecture (actuellement place Gambetta) ; puis en 1824, le moulin de Malfourat ainsi qu’une maison et des pièces de vignes à Monbazillac.

Seul Jean Daniel et Marie Elida auront une descendance. Jean Daniel aura une fille unique, mon arrière-grand-mère Marguerite, et Marie Elida un fils Daniel Morel qui décédera célibataire.

De nombreuses et laborieuses transactions et donations ont été nécessaires pour arriver à la transmission de ce patrimoine à travers les générations. Au fil des années, les terrains acquis par Thomas et son fils Jean Daniel seront morcelés et revendus ; il ne reste de cet héritage, aujourd’hui, que la maison de la place Gambetta.

L’essentiel se trouve dans cette liasse de papiers, trouvée dans un tiroir, sans doute écrits à la fin du XIXè siècle.



__Par Geneviève COULAUD. __

samedi 3 novembre 2018

Chabanne, la double vie d'Elie prêtre.

Elie Chabanne, fils d'Antoine Chabanne et de Françoise Aubarbier est un enfant d'une famille de notables. Ses parents ont le titre de Sieur et de Demoiselle portés sur son acte de naissance ! De même son grand-père Arnaud Chabanne était Sieur de Lacoste. D'après mes recherches, la famille a des liens de parenté avec la famille de Hautefort. Elie est né à Four de Marty sur la commune de Bars le 5 février 1768.


Acte de naissance d'Elie ! http://archives-num.dordogne.fr/pleade342/img-viewer/etat-civil/Bars/FRAD02410_5MI07004_002/viewer.htmlte p 200/546

Sixième d'une famille de neuf enfants et troisième fils vivant, comme dans beaucoup de famille de notables à cette époque, les Chabanne, n'eurent sans doute pas d'autre choix que de diriger Elie vers la prêtrise pour lui donner une condition sociale.

Où a t’il exercé son ministère ? Nous l'ignorons. Il est vrai que nous retrouvons à La Bachellerie un prêtre du nom de CHABANNE. S’agit-il de la même personne mariée le 06 avril 1832 à Bars avec Marguerite Bernard ? --- ''http://archives-num.dordogne.fr/pleade342/img-viewer/etat-civil/Bars/FRAD02410_5MI07002_068/viewer.html page 6&7/10" '
En déchiffrant l'acte, on va de surprises en surprises. Non seulement il se marie, mais on lui découvre deux enfants de vingt-six ans et vingt-quatre ans ! Ces deux enfants sont nés à Bars dans la propriété Puy Peyroux : Marie en 1806 et Pierre en 1808. Ils sont déclarés en 1811 à la mairie de Fanlac. Elie Chabanne Claude est déclaré alors cultivateur. Il mentionne être le père de ces enfants et Marguerite Bernard, sa servante, en être la mère.
Acte de naissance de Marie Chabanne.
''Acte de naissance de Pierre Chabanne."

"http://archives-num.dordogne.fr/pleade342/img-viewer/etat-civil/Fanlac/FRAD024_5MI56501_045/viewer.html pages 4&5 /20''

''Extrait de l’acte de mariage de Marie Chabanne avec Guillaume Lafaysse le 05 10 1826 son cousin germain (la mère de Guillaume était la sœur d’Elie)" http://archives-num.dordogne.fr/pleade342/img-viewer/etat-civil/Bars/FRAD02410_5MI07002_051/viewer.html pages 16&17/23

Par Bernadette FONDRIEST.

vendredi 2 novembre 2018

BERTRAND Jean dit Henri, mon grand-père.

Sur sa Fiche Matricule, son degré d’instruction est « 3 », Henri sait donc lire, écrire et compter. Ecrire, est un bien grand mot pour ce grand-père qui les aligne, les uns derrière les autres sans grammaire ni ponctuation ni orthographe. Il mélange allègrement patois, français, il chuinte, les J et les S sont des CH, il écrit comme il parle. Quand un mot est trop compliqué pour lui, il ne le termine pas ou ce sont des fins de phrases qui restent en suspens …. A moi de deviner, de prendre la loupe, de mettre dans tous les sens cette lettre afin de lire et comprendre. J’avoue qu’après la lecture des trois premières cartes non écrites par Henri, j’ai failli abandonner. Ma curiosité m’a poussé à lire plus de 800 lettres destinées à Maria, ma grand-mère. Elle avait mis son trésor dans une boite en fer : lettres, cartes postales, cartes de correspondance, classées date par date, année par année, chaque paquet minutieusement ficelé avec de la laine noire. Ces lettres auraient pu être jetées, brûlées lors des divers aménagements de la maison familiale et le décès de Maria en 1968. Elles sont restées au grenier, puis descendues dans un buffet, mises dans une armoire et sont arrivées chez moi sur une étagère attendant que je veuille bien en commencer la lecture, un jour….Ce que j’ai fait, il y a environ cinq ans.
Henri en 1903.


Ce que je sais et ce que je connais de mon grand-père Henri vient la seule lecture de ces lettres écrites au front et pendant l’occupation de l’Allemagne, pendant un peu plus de quatre années à faire « mon métier de soldat et que j’y suis obligé » écrit-il. Comment ne pas admirer cet homme qui par amour pour sa femme lui envoie toutes ces preuves de vie ?

Ma fastidieuse lecture commence par une carte-lettre du 5 Août 1914 et se termine par une dernière lettre datée du 18 Février 1919. J’apprends à lire ce paysan qui me fait plus souvent pleurer que rire. Henri laisse filtrer parfois un peu d’humour mais ne cache pas à sa femme son anxiété, sa colère, sa peur, son cafard. Il se raccroche au Bon Dieu et prie tous les jours, demande dans toutes ses lettres à Maria d’en faire autant, « de faire brûler un cierge », d’aller à la messe. Dieu le protégera et leur permettra de « se retrouver ensemble à Champagnac ». Henri est à la guerre mais son inquiétude porte sur la métairie laissée à Maria, à sa mère et à sa belle-sœur. Comment vont-elles faire ? L’aide vient de la famille de Maria, des voisins et des frères revenus en permission.

''Ces années d’écriture assouplissent le poignet d’Henri, l’écriture est plus fluide qu’il emploie le crayon à papier, le crayon mauve, le porte-plume et même le stylo-plume, sans pour autant corriger ses fautes ! ''
Jean dit Henri naît le 21 Avril 1883 au village de Fialarge de Champagnac-de-Belair où ses parents Pierre et Pétronille LAFAYE sont métayers de chez ESPES-LESCAT. Pierre, bon métayer, reçoit la Médaille d'Honneur Agricole en 1901. Henri est le dernier d’une fratrie de sept garçons.

Pétronille a 17 ans lorsqu’elle donne le jour à son premier enfant :

	Jacques le 27 Janvier 1870 à Verneuil. Il décède le 16 Mai de la même année.

Puis naît aussi à Verneuil :

	Léonard dit Jacques, le 29 Juillet 1871.

La famille loue la métairie de Fialarge et naissent dans ce hameau :

	Jacques dit Louis, le 22 Octobre 1873. Il décède en 1899.
	 Jacques dit Bertrand puis Jacquillou le 22 Octobre 1875
	Geoffroy dit François le 3 Novembre 1877. 
	Pierre dit Emile, le 22 Avril 1881.

Henri, 8 ans en 1891 n’est pas un élève assidu dans cette nouvelle école mixte de Champagnac-de-Belair, inaugurée vers 1890. Pourtant la famille BERTRAND habite à Saint-Marc, hameau en haut du bourg, sur la route de Villars. Il fait comme tous les autres écoliers, fils de paysans qui restent aider à la ferme.

Ses frères aînés apprennent aussi à lire et à écrire, pour certains, dans l’ancienne école de garçons qui abritera plus tard les locaux de la poste. Ce peu d’instruction leur permet de correspondre avec leur famille, leurs amis et entre eux sur le front. Ce courrier, ces nouvelles, ce lien familial entretenu au fil des jours, des années, les aide à rester « aux tranchées » et à espérer le retour au pays « en attendant que cette maudite guerre se termine pour qu'on se retrouve tous ensemble à Champagnac, comme on était avant, qu'on était si heureux ».

Henri épouse à la mairie de Champagnac, le 9 Avril 1910 Marie dite « la petite Maria ». Elle vient des Brageots, hameau de Saint-Crépin-de-Richemont où ses parents Barthélémy FAYE et Antoinette MATHIEU sont propriétaires-cultivateurs. Le couple s’installe à la métairie du Petit-Mars qui appartient à la famille BARBY, où naîtra leur seul fils Paul-André le 14 Août 1918, mon père. Pétronille, belle-mère de Maria, vit avec le jeune couple. Léonard dit Jacques et son épouse « la grosse Maria », sont aussi métayers au Petit-Mars.

Henri
& Maria

En ce début du mois d’Août 1914, le tocsin sonne à Champagnac, Henri, ses quatre frères et tous leurs camarades savent qu’il faut partir rejoindre leur caserne. A-t-il pris le tacot à la petite gare de Champagnac ? Maria l’a-t-elle accompagné jusqu’à Brantôme ou Périgueux ? Sur le quai de quelle gare se sont-ils serrés dans les bras une dernière fois et ont-ils pleuré ensemble ? Est-ce à ce moment-là que Maria lui demande de lui écrire le plus souvent possible ?

Ses frères sont tous déjà revenus dans leur foyer lorsque retrouve Maria au Petit-Mars le 1er Mars 1919. La guerre les a tous épargnés.

Je retrouve Henri ainsi que Jacques, Léonard et François (Emile réside à Brantôme) lors d’une réunion de l’Union Nationale des Combattants, section de Champagnac-de-Belair à l’assemblée Générale du 9 septembre 1919 qui a pour but de fonder une association. Un bureau est formé, Henri est nommé assesseur. Dans mes papiers de famille, je n’ai pas retrouvé d’écrits d’Henri si ce n’est une signature apposée sur divers documents. Je pense qu’il n’a plus jamais écrit de lettres.

Il décède le 3 Octobre 1939 au hameau de Cheynoux de Champagnac dans la maison qu’il avait achetée en 1928 « à la bougie ».

Marie Paule BERTAND-BLANCHARD.

jeudi 1 novembre 2018

ALONZO Pétra, la grand-mère espagnole.

Du plus loin que je me souvienne, mon grand-père Laforêt nous parlait de son aïeule espagnole.

Que de regrets de ne pas l’avoir questionné ! Mais nous les petits-enfants, pensions qu’il radotait un peu. Lorsque je me lance dans la généalogie, maman me rappelle cette histoire, en me précisant que c’était certainement dans la famille de Villamblard. A la recherche du mariage de Pierre Barbary, j’épluchais les registres lorsqu'un nom attire mon regard : Alonzo ! Je parcours l’acte et m’aperçois qu’il s’agit du mariage de Pierre Barbary (mon ancêtre) et de Pétra Alonzo, née en Espagne. Heureuse de ma découverte, elle existait bien cette « mémé » espagnole, mais comment était-elle arrivée au « fin fonds « du Périgord blanc au début du 19e siècle ?

Pétra Paula Alonzo voit le jour le 30 Juin 1784 dans la paroisse de San Andres à Valladolid Espagne. Elle est la fille de Nicolas Alonso et de Jeanne Macias qui se marient le 17 septembre 1773 à San Andrès de Valladolid, ils décèderont en 1809 à deux mois d’intervalle dans un hôpital à Valladolid, suite à une forte épidémie de fièvre typhoïde. Nicolas est fils de Basilio Alonzo et d'Antonia Santos, Jeanne, de Antonio Macias et de Ana Espinosa. Ils auront 9 enfants, 2 filles et 7 sept garçons.

> -	Santiago ALONSO MACIAS né le 25 Juillet 1774 à San Pédro de Valladolid
> -	Rosendo né le 03 mars1776 à San Pédro
> -	Augustin né le 02 Septembre 1781 à San Pédro
> -	Pablo né le 15 Janvier 1783 à San Andrès de Valladolid
> -	Pétra Paula née le 30 juin 1784 à San Andrès
> -	Juan Pablo né le 26 Juin 1788 à San Andrès 
> -	Maria Aquilina Alonso née le 06 Janvier 1790 à San Andrès
> -	Pablo né le 15 Janvier 1793 à La Ascuncion Valladolid
> -	Lauréano né le 24 juillet 1794 à La Ascuncion  Villabanez Valladolid

Il y a beaucoup d’inconnu dans sa vie, entre sa naissance, sans doute a-elle-vécu à Valladolid avec sa famille, et sa vie à Villamblard. En 1809 elle accouche à Oropéza en Espagne d’Antoine, fils de Pierre Barbary. Son futur époux, Pierre était sans doute militaire, raison pour laquelle il se trouvait en Espagne pendant les guerres napoléoniennes. Peut-être était-il dans le IIème corps de l’armée française qui était cantonné dans la région d’Oropéza.

En 1816, on retrouve le couple à Villamblard à la naissance de leur deuxième enfant.

Pierre et Pétra se sont mariés à Villamblard le 8 décembre 1824, de cette union naitront 5 enfants : 1 en Espagne, Antoine et 4 à Villamblard : Pierre en 1816, Anne en 1819, Jeanne en 1822 et Pierre en 1826. Seul Pierre est né après le mariage de ses parents.

Mariage d’Antoine en le 22 septembre 1834 à Montagnac-la-Crempse avec Françoise Bourbon.

Pétra décède à Villamblard le 15 mai 1834. En 1836, Pierre vit avec ses 4 enfants. Il est tailleur avec son fils Pierre comme l’indique le registre de recensement.




Pierre Barbary, fils de Pierre et de Pétra Alonzo, naquit à Villamblard en 1816, il épouse Marie Célérier, ce sont les grands parents de Louis Laforêt.

Une de leur fille, Louise, voit le jour le 4 août 1852 à Villamblard, elle épouse Louis Laforêt, ils auront 4 enfants : - Louise née en 1883. - Marie Anne née et décédée en 1884. - Marie Louise née en 1885. - Louis mon grand-père maternel né en 1888.

De père en fils, les hommes étaient tailleurs d’habits et leurs épouses couturières ; Louis, mon grand-père sera militaire puis viticulteur.

Par Geneviève COULAUD.

mercredi 3 octobre 2018

Bienvenue sur le blog de l'amicale genea24 !

Au fil des jours de novembre, à raison d'une lettre par jour, nous vous offrirons un article sur un de nos nombreux ancêtres Périgordins.

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