mercredi 30 novembre 2022

Zut

Zut, on allait oublié de parler de la rivière Espérance

Bonjour, Au terme de ce challenge, nous venons de faire le tour de tout ce qui coule en Dordogne que ce soit dans leur lit ou dans un verre. Il nous reste un sentiment de non fini… aurait-on oublié quelque chose ? On reprend la liste et soudain, une voix, presque un cri fuse : Zut ! on a oublié la rivière Espérance !

Mais qu’est-ce que cette fameuse rivière ?

Bon, une vieille histoire de quelques décennies, que les jeunes de moins de trente ans ne peuvent pas connaitre … comme on dirait selon la formule consacrée.

Cette « madeleine de Proust » qui fit passer des heures délicieuses à bon nombre d’entre nous, jadis … Que ce soit en nous plongeant des heures durant dans la série d’ouvrages qu’avait écrit notre ami Christian Signol, le chantre sarladais de notre Périgord et Lot réunis…

Ou bien en regardant la série à la télévision qui en avait été tirée…

Cette histoire, celle de Benjamin Donnadieu, enfant de Souillac, fils d’un maitre gabarrier et gabarrier à son tour, qui tout au long de la série de romans nous narre la dure vie de ces gens d’eau, qui descendaient la Dordogne depuis Souillac, ce haut pays de bois où l’on extrayait le merrain. Ce bois débité, une fois façonné en douelles servira à fabriquer les barriques. Il était tellement attendu et apprécié dans le bas pays à partir de Bergerac, jusqu’à Bordeaux ! Les gabarres transportaient aussi les carassonnes, et les marquants, ces piquets de vignes utilisés dans les vignobles.

Ainsi, dès que les eaux étaient « marchandes », c’est-à-dire suffisamment hautes, à l’automne, pour pouvoir être navigables, les propriétaires de ces gros bateaux fluviaux à fonds plats, formaient des équipes pour armer des trains de nefs de plusieurs gabarres. Ils descendaient la rivière ainsi, chargés de leurs précieuses cargaisons jusqu’ au port de Libourne, voire de Bordeaux. Pour le retour selon la nature des gabarres, si elles étaient de fabrications légères, ils les laissaient sur place et les vendaient en bois de chauffage, ou si c’était des constructions plus solides, ils remontaient en rapportant des denrées que l’on ne trouvait pas dans le haut pays comme le sel marin, les morues appréciées à cause de la rareté des poissons autres que ceux des rivières, les épices … Vous imaginez bien la dureté de ces expéditions. Cette vie âpre aussi pour leurs compagnes restées au village ? avec cette peur tenace qui les tenaillait qu’un accident toujours possible survienne et que leurs hommes soient blessés ou pire ?

La rivière pouvait être dangereuse avec ses rapides et ses mauvaises passes …Mais elle restait quand même rivière « espérance », car elle permettait de faire vivre ces pays de haute Dordogne.

Le danger de l’eau

Deux noyés en trois jours. À Carsac-d’Aillac, en 1737 dans la Dordogne.

Le 30 mai 1737, Jean Joly, âgé d'environ vingt-trois ans, fils de Jacques Joly, clerc, et de Paule Lavernardie, habitant du village des Bories de cette paroisse, s'est noyé dans la rivière de Dordogne auprès de Saint Rome vis-à-vis de Turnac. Le 3 du mois de juin, son corps a été trouvé et reconnu par ses parents auprès de la croix de Carsac, sur le bord de ladite rivière. A été ensuite inhumé avec les cérémonies ordinaires de l'église, dans le cimetière de cette paroisse, en présence de Pierre Royere, laboureur, son frère utérin, et habitant du bourd d'Aillac, et de Jean Joly, son frère paternel, laboureur, habitant de la paroisse de Proissans, qui ont déclaré ne savoir signer, de ce requis par moi. LASSERRE, curé de Carsac.


Le 2 juin 1737, Jean Madrat, âgé d'environ dix-sept ans, fils de feu Jean Madrat, laboureur, et de feue Marie Fournier, habitant de Turnac, s'est noyé dans la rivière de Dordogne auprès de Saint Rome vis-à-vis de Turnac, demeurant pour lors chez Géraud Rey de Saint Roume de cette paroisse. Le cinq du même mois, son corps a été trouvé et reconnu par ses parents à la pêcherie de Turnac, et a été inhumé avec les cérémonies ordinaires de l'église dans le cimetière de cette paroisse, en présence de Jean Madrat, son frère aîné, laboureur habitant du Turnac paroisse de Domme, et de Martin Lespinasse, marguiller habitant de La Coste, qui ont déclaré ne savoir signer, de ce requis par moi.  LASSERRE, curé de Carsac.

Par Bernadette FONDRIEST.

mardi 29 novembre 2022

YAOURTS Liquides

Les Yaourts liquides de « Brebis délices ».

En arrivant à « Brebis Délices », à une dizaine de kilomètres de Périgueux, ce sont d'abord des monticules de balles de foin que nous découvrons devant des bâtiments immenses au milieu de plusieurs hectares de champs, 57 en tout, dans plusieurs endroits.

Ce sont ensuite les éleveurs qui viennent à notre rencontre. S'ils sont associés pour le travail, ils le sont également pour « le meilleur et pour le pire » !!

Céline est née dans la Beauce et a grandi à côté d'une ferme en Charente où elle passait tout son temps libre avec les animaux. Après des études en commerce et communication, elle accompagne pendant 17 ans des porteurs de projet à devenir chef d'entreprise... Elle est infectée par le virus de l'entreprenariat... En 2017, elle retourne à l'école ! et obtient en juin 2018 un bac Pro CGEA - Conduite et Gestion d'Exploitation Agricole grâce au CNEAC

Pour Olivier, le projet de s'installer berger en Dordogne est un retour aux sources. Originaire du plateau de 1 000 vaches côté Haute Corrèze il est né dans une ferme qui comptait vaches laitières, moutons et porcs fermiers. Après un BTS Production Animal, il travaille plusieurs années à la Chambre d'Agriculture du Cher et dans un lycée agricole en Vendée. Il pose ses valises à Saint Junien en Haute-Vienne pour devenir à son tour éleveur de vaches laitières Des contraintes trop fortes mettent fin à cette activité. Il devient ensuite conseiller agricole en banque pendant 10 ans.

La visite peut commencer : La grande bergerie aux murs boisés est très lumineuse pour apporter plus de confort et de chaleur aux animaux ainsi qu'aux éleveurs! Elle a été conçue par une entreprise française spécialisée qui a travaillé avec l'Institut de l'Elevage pour que tout soit optimisé pour le bien-être des animaux : surface, lumière, aération...

460 brebis se partagent les pâturages et la bergerie. Ce sont des Lacaunes, celles que l'on trouve dans l'Aveyron qui produisent le roquefort et, très important qui ne sentent pas le vieux mouton. C'est un petit ruminant qui produit moins de lait (15 fois moins qu'une vache, 4 fois moins qu'une chèvre... ) il est génial à transformer... et tellement bon, doux et crémeux !

Pour Céline, la bergerie est un groupe scolaire, à droite les bébés sont à la maternelle, au centre, un peu plus grandes, les brebis sont à l'école élémentaire et à gauche, nous trouvons les collégiennes.

Au fond, tout au fond, se tiennent quelques brebis, après une vie de labeur, elles ne sont plus bonnes à grand-chose...je n'ose dire à quoi je pense...bref, elles finissent... en merguez, bolognaise...

Puis Céline nous mène à la salle de traite



« Nous sommes en monotraite en fin de lactation. Cela veut dire que l'on ne traite que le matin. Les brebis apprécient autant que nous (elles n'embauchent qu'une fois dans la journée ! Le matin). Nous gagnons du temps et c'est plus économique : un seul lavage de la machine par jour (économie d'eau et de produits de lavage) et moins d'électricité consommée pour au final la même quantité de lait produite à quelques litres près. » Les brebis ont leurs habitudes, elles vont toujours du même côté et il ne faut surtout pas leur demander de changer, ces dames montrent leur mécontentement.


Pour Céline : « Tous nos produits sont issus de l'agriculture biologique. En transformation, notre philosophie c'est produire avec le moins d’ingrédients possibles, sans additifs et autres qui dénaturent la matière première. Nous c'est le lait notre "or blanc" que nous valorisons.

L'alimentation bien contrôlée assure aux brebis une bonne santé et surtout un lait d'excellence qui peut être transformé selon des technique artisanales »
Ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est le yaourt à boire mais on y trouve également divers fromages et yaourts, simples ou bicouches. Les produits viennent de « manger bio Périgord », « Biocoop », SOGEBUL.

Pour le yaourt, le lait est pasteurisé, on le monte lentement à 48 degrés Celsius, on le laisse refroidir et on ajoute le ferment lactique qui va entraîner la transformation, on le fait remonter à 45 degrés C, on le verse dans des pots et ensuite on le met à étuver pendant 4h. En ce qui concerne le yaourt liquide, il faut le faire étuver dans un seau pendant 15h à 30 degrés C. Ensuite, il est mixé et c'est ce qui le rend liquide, en fait...

Pour des yaourts au fruits, il faut ajouter la confiture de mangue, abricot, fraise, framboise, pêche, fruits rouges, selon les désirs ou tout simplement du sucre ou de la vanille pour un yaourt plus naturel... pectine, citron.

Il ne reste plus qu'à étiqueter.

Céline et Bruno ont beaucoup de projets, à l'automne, replanter des arbres pour faire davantage d'ombre aux brebis, monter une grange pour le foin. Une ferme voltaïque est prévue sur un grand espace et, le propriétaire leur laissera tout le sol pour mettre les brebis à l'abri. Un bel horizon qui s'ouvre à eux. Bonne chance ...

« Amoureux des choses simples... mais délicieuses ! Notre but : vous régaler, émerveillez vos papilles, sans artifice. »

On trouve la marque « Brebis Délices » dans les Biocoops (Bergerac, Bordeaux, Limoges, Périgueux...), les marchés de Léopold, les marchés....

Par Françoise VILLECHENOUX.

lundi 28 novembre 2022

X RIU

X comme X ruisseaux à Cendrieux.
Cendrieux n’est pas le plateau des Millevaches certes, mais une ou plusieurs rivières souterraines y circulent et les 3 principaux ruisseaux du sud de la Dordogne prennent leur source sur le territoire du village.

LE VERN

Le nom de Vern viendrait du Celte qui voulait dire « aulne ». Ce ruisseau se dit également Vern en occitan. Ce cours d’eau de 40, 36 kms prend sa source à 180 mètres d’altitude, en limite de la commune de Veyrines en aval du Moulin Blanc en source principale, mais aussi au lieu-dit Marot où la source reçoit également les eaux de l’étang Meynot. Son parcours :

Le Vern arrose Veyrines de Vergt, Salon puis Vergt,où une partie de ses eaux se perd au lieu-dit Font Romieux (à 2 kms du bourg)  pour réapparaître 14 kilomètres plus loin à Grignols, l’autre partie du ruisseau continue son cours par Saint Mayme de Péreyrol, Grun-Bordas, Saint-Paul de Serre, Manzac sur Vern, Grignols, Vallereuil et Neuvic où le Vern se jette dans l’Isle

Jusqu’au début du XXème, le Vern qui traverse Vergt chef-lieu du canton, a été le vecteur d’épidémies. En effet, toutes les eaux usées et les latrines des riverains se déversaient dans le ruisseau. La dernière épidémie de diphtérie a sévi à la fin du XIXème siècle à Vergt, tuant 10 enfants en une semaine. Les marchés hebdomadaires étaient un lieu de rencontre des habitants du canton. Par ce brassage humain et animal, les bactéries se propageaient très vite sur tout le territoire. Le docteur Paulin De Laurière, maire de Cendrieux ancien Conseiller Général de la Dordogne en charge de la santé, proposa le vaccin antidiphtérique dès 1900 dans le canton. Un important curage du ruisseau a facilité l’écoulement de l’eau à travers le bourg de Vergt.
Moulin de DURESTAL.

LE CAUDEAU

Son nom serait tiré de « dou » : « rigole d’eau ouverte » en celte. Sur la carte de Cassini édifiée au XVIIIème siècle, ce cours d’eau est identifié sous le nom de Caudau. En occitan on dit lou Caudou. Affluant de la Dordogne, ce ruisseau de 38, 4 kms prend sa source en limite de la commune de Cendrieux et Veyrines, à 190 mètres d’altitude. Il alimente la commune de Cendrieux en eau (réseau aujourd’hui renforcé par le forage de à Vergt) Son parcours

Ce cours d’eau traverse 15 communes : Cendrieux, Veyrines-de-Vergt, Saint-Michel-de-Villadeix, Saint-Laurent-des Bâtons, Saint-Amand-de-Vergt, Fouleix, Clermont-de-Beauregard, Saint-Martin-des-Combes, Saint-Georges-de-Montclard, Liorac-sur-Louyre, Lamonzie-Montastruc, Saint-Sauveur, Lembras, Creysse et Bergerac où il se jette dans la Dordogne au lieu-dit Le Barrage à 15 mètres d’altitude.

A Bergerac, il se sépare en deux parties, l’une passe en souterrain par le centre de la ville. L’autre partie contourne les quartiers de Beau-Plan pour confluer.

HISTOIRE; Ce ruisseau était en partie navigable au IXème siècle. Les Normands avaient remonté son cours pour entrer dans les terres et détruire notamment Cendrieux, Sainte-Alvère et Paunat.

La grotte, source de la LOUYRE.

LA LOUYRE

Ce ruisseau est le principal affluent du Caudeau. Il prend sa source à 500 mètres du château de la Pommerie, à 200 mètres d’altitude. Sa longueur est de 25,5 kms. En occitan la Louyre se dit Loira Les communes traversées : Cendrieux, Sainte-Alvère, Sainte-Foy-de-Longas, Saint Marcel-du-Périgord- Saint-Félix-de-Villadeix, Liorac-sur-louyre et Lamonzie-Montastruc où La Louyre conflue avec le Caudeau.
Le déversoir de DURESTAL.

LES MOULINS

Ces trois cours d’eau alimentaient de nombreux moulins. Les meuniers pratiquaient un partage de l’eau par des retenues en amont de chaque moulin. Quand l’un avait terminé de moudre le grain, il lâchait l’eau qui s’écoulait vers la retenue du moulin suivant en aval. Ces bâtisses sont toutes transformées en maisons d’habitation. Sur la Louyre, le premier moulin se dresse au bord de l’étang formé par ses eaux appelé le moulin de Durestal. Sur le Caudeau le moulin de Monbeauvard se situe en limite Veyrines-Sainte-Alvère. Quant au Vern c’est au Moulin Blanc sur la commune de Cendrieux puis, à quelques centaines de mètres celui de la Sudrie sur celle de Veyrines que le ruisseau continue son cours.
Etang sur la LOUYRE.

Un cours d’eau souterrain.

J’ai eu l’occasion d’explorer une grotte, adossée à la colline des Brousses à 400 mètres du bourg de Cendrieux. Elle est la propriété d’un de mes oncles. Il a fait creuser un étang pour l’irrigation de ses cultures, un forage alimente cette réserve d’eau. Au fond de la cavité de la grotte où circule un petit cours d’eau au débit régulier, une galerie de plus de 100 mètres de longueur s’enfonce sous la colline. A deux reprises, la digue de l’étang a cédé et toute l’eau de l’étang a disparu dans cette grotte.

Mon oncle, très curieux, l’avait alors explorée. Il m’en parlait avec enthousiasme. N’avait-il pas demandé à des spéléologues de Périgueux d’investiguer cet endroit ? Un jour donc, avec mes cousins et ma fille de 8 ans à l’époque, il nous invita à le suivre. Equipés de lampes électriques et de vêtements de pluie nous voici partis à l’aventure vers l’inconnu. Très vite, il fallut ramper dans la galerie, sans pouvoir ni nous accroupir ni faire demi-tour. Nous nous traînions dans l’eau sur une glaise pure, collante, très vite trempés malgré les vêtements imperméables devenus une gêne plus qu’une protection. Parfois la galerie s’élargissait en une petite salle. Quelques modestes stalactites au plafond indiquaient une eau très calcaire. Nous arrivâmes au bout de la galerie et là, un lac à l’eau verte très transparente s’offrit à nos lampes électriques en fin de vie. Un boyau repartait de l’autre côté du lac vers le sud-est du village, peut-être vers la source du Vern … Le problème vint au retour. Ma fille s’est trouvée en tête du groupe. Très vite nos lampes -de simples torches- s’éteignirent car nous avancions en nous aidant des avant-bras, dans l’eau. Ma fille fatigua et eut très peur du noir dans ce boyau qui nous semblait sans fin au retour. Nous ne pouvions pas la doubler car le conduit était trop étroit pour passer à deux de front. Elle pleura et refusa d’avancer. Mon oncle lui cria alors, pas très psychologue : « Avance donc ! Tu n’es pas encore sortie, tu en as encore pour 100 mètres ! » J’essayais de la réconforter, mais je commençais à paniquer aussi. Enfin, trempés et couverts de cette glaise collante, nous sortîmes de la grotte. Une cousine était restée à l’extérieur pendant notre exploration. Elle aurait pu donner l’alarme si nous ne remontions pas. Quelques jours après, la digue de l’étang céda à nouveau et toute l’eau - plus de 10.000 m3 - se déversa dans la grotte en une nuit…   Depuis, mon oncle a fait murer la grotte.

Ce cours d’eau souterrain serait-il le seul sur le territoire du village ?


Source de la LOUYRE.

Par Mireille BERGER.

samedi 26 novembre 2022

W comme Whisky

Quand on parle whisky, c’est plutôt à l’Ecosse ou l’Irlande et leurs îles que l’on pense…

Pourtant, depuis le premier whisky produit en France par Warenghem (Alsace), en 1984, de plus en plus de régions françaises en produisent ou au moins, en font vieillir dans des fûts ayant contenu divers alcools.

Le Périgord n’est pas en reste ….




La distillerie de la Salamandre à Sarlat

Elle fut fondée par Raymond Gatinel dans les années 60. A cette époque, la famille Gatinel, comme beaucoup de gens de la région, vivait de l’agriculture. Elle cultivait le tabac et élevait quelques vaches. Raymond acheta un petit alambic sur châssis roulant, et devint, en parallèle de son métier d’agriculteur, « bouilleur ambulant ». Peu à peu il délaissa l’agriculture pour faire de sa passion son métier. En 1970, il distilla sa première fournée de fruit en tant que professionnel, rejoint par son fils Jacques.

Le 27 mai 2019, on pouvait lire dans "ICI" (France Bleu Périgord) :

L'un des premiers whiskys périgourdins a vu le jour ! C'est la distillerie de la Salamandre qui a créé ce whisky à Sarlat …

… Un whisky "single malt" vieilli en barriques de vieille prune. Pour l'instant le whisky est simplement vieilli en Dordogne mais à terme, il sera bien produit à 100% en Périgord.



1860 : Emile Lapouge crée la Distillerie Lapouge qui deviendra la Distillerie du Périgord

C'est Jacques Gatinel, le gérant de la distillerie La Salamandre qui a eu l'idée de fabriquer un whisky périgourdin.

Le whisky est un produit tendance, de consommation. On a toujours fait des produits un peu terroir à base d'alcool et cela fait un petit moment que cela me trottait dans la tête, de faire un produit un peu tendance" explique le patron.

Il reste 6 ans dans des barriques de vins liquoreux, puis six mois dans des barriques de vieille prune. Ce qui lui donne un goût un peu fruité" dit le gérant."

Single Malt entièrement élaboré en Périgord. Vieilli sept ans en barrique de vin liquoreux à la distillerie avant d’être affiné pendant six mois dans nos barriques de Vieille Prune.
Il est à base d’orge brun et blond – Légèrement tourbé.

La distillerie du Périgord à Sarlat Médaillée d’or à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, médaillée d’or à la Foire Internationale de Bruxelles en 1899) la société se développe à partir de 1980 dans le traitement des fruits à l’alcool, et acquiert ses lettres de noblesse à travers un savoir gastronomique et un terroir réputé.

Outre les préparations à base de fruits, la Distillerie se diversifie en proposant des whiskys vieillis 5, 12, 17 ou 20 ans, les trois derniers étant ensuite affinés dans des fûts de chêne ayant contenu sa spécialité au parfum de truffe ; avec un zeste d’humour dans sa dénomination : Lascaw !

Rappelons que trois règles sont imposées aux producteurs pour prétendre au nom de whisky français : distiller une eau de vie de céréales, la faire vieillir pendant au moins trois ans sous-bois, et sur le territoire français ; ce qui ne semble pas être le cas pour la Distillerie du Périgord qui fait vieillir des whiskys écossais. Il n’en reste pas moins que, affiné dans des fûts français, il mérite bien le nom de "whisky du Périgord".

Evidement, à boire avec l'ami modération.

Par Véronique LAROCHE-VIAUD

vendredi 25 novembre 2022

VEZERE


Source de la Vézère.

La Vézère, (étymologiquement « cours d’eau dans ma vallée creuse »), prend sa source dans la Tourbière de Longéroux à 887 mètres d’altitude sur le Plateau des Millevaches, sur la commune de Meymac, en Corrèze. Après avoir parcouru plus de 211 km, elle termine sa course dans la Dordogne à Limeuil. Avant de rejoindre le confluent de Limeuil, elle traverse le département de la Corrèze, arrosant les villages de Chavagnac, Millevaches, Saint-Merd-les-Oussines, Bugeat et la ville de Brive avant d’entrer en Dordogne à Terrasson, où elle encaisse ses méandres et arrose les villages de Terrasson-la-Villedieu, Condat, Montignac, Les Eyzies et Le Bugue et laisse au passage de nombreuses traces de crues. Elle rejoint la Dordogne à Limeuil dans un magnifique confluent, au pied d’un superbe village


La crue centennale de 1960

L’éternelle vallée de l’Homme a toujours connu des crues d’une belle ampleur. Début octobre 1960, le Plateau de Millevaches a été arrosé de 300 mm de pluie. Si le cours d’eau est large, il ne peut encaisser un tel volume d’eau en si peu de temps. La montée de la Vézère est inexorable, et personne n’est alors capable d’en prédire l’issue.

En ce début d’automne, il n’y a eu ni déferlante, ni tsunami sur la Vézère. L’eau est arrivée de manière rapide mais progressive. L’archaïsme des moyens de communication ne permettait pas une réaction adéquate à l’ampleur du phénomène. À l’époque, les nouvelles de l’amont sont parcellaires et en constant décalage. Dans la journée du 4, on parle d’une côte de 7 mètres, voire de 8 mètres à Montignac, dans les clous de ce qu’on pensait être la crue du siècle, celle de 1944. En réalité, le 4 octobre à minuit, l’eau est presque 1 mètre au-dessus de ce seuil historique. On la mesure à 8,90 à Montignac.

La crue centennale vient d’avoir lieu.


Le 5 octobre 1960, les villages bordant la Vézère étaient noyés sous les eaux froides et tumultueuses de la rivière. L’épisode, qui a fait trois morts, laisse encore des traces, notamment au Bugue-sur-Vézère en Dordogne.

Comme à Terrasson ou à Montignac, le cours d’eau, si tranquille d’ordinaire, s’est mué en un véritable torrent qui se rapproche lentement du tablier du pont. Les rues du village sont devenues des berges où s’entassent troncs d’arbre, carcasses d’animaux noyés et débris en tous genres… Jean Batailler, 29 ans à l’époque et résidant rue de la Libération, raconte : « la Vézère a emporté mon Vespa ; le bruit était infernal. Je suis resté bloqué dans ma maison. En quelques heures, l’eau est montée à un niveau qu’elle n’avait jamais atteint et qu’elle n’a plus atteint depuis. »


Jacky Mouligné, 10 ans en 1960 raconte : « Je me souviens être allé sur le pont avec un ami. On regardait les citrouilles défiler à toute vitesse, charriées par le courant ». Malheureusement, pour le jeune Buguois, les jeux d’enfants laissent vite place au chagrin : « Un cousin de la famille, René Landon, a trouvé la mort avec Gabriel Poumeyrol, sur la commune voisine de Saint-Chamassy. Alors qu’ils allaient porter secours, en barque, à des amis, ils se sont fait surprendre par les courants du confluent de Limeuil, tout proche, et des piquets de rangées de vignes ont fait chavirer leur embarcation. » La crue de 1960 fera une troisième victime à Montignac. Il faudra de longues heures pour que la rivière reflue enfin. En se retirant, elle laisse place à un spectacle de désolation. « Aujourd’hui, on peine à s’imaginer les dégâts occasionnés à l’époque », se rappelle Jacky Mouligné. De Terrasson à Limeuil en passant par Plazac ou Saint-Léon, on en appelle en urgence aux services de l’État.

Tandis que, dans le ciel, l’hélicoptère de l’armée opère des vols de reconnaissance et attire la curiosité, lorsqu’il se pose sur la place de la mairie du Bugue, les habitants s’empressent de faire sécher ce qui peut l’être. « La rue de la Libération est restée bloquée plusieurs jours » rappelle Jean Batailler, qui garde précieusement des clichés, rares, pris à l’époque.

Les prés qui jouxtent la rivière, notamment la zone de la route de la Borie, resteront aussi sous l’eau quelque temps. Pour ravitailler les différents corps de ferme, l’armée est mobilisée. Et depuis 1960 ?
Jacky Mouligné et Jean Batailler l’affirment – les relevés d’eau également – jamais la Vézère n’a connu de crues similaires depuis 1960. Deux témoins fiables puisque le premier a été chef du centre de secours et d’incendie du Bugue pendant presque dix ans tandis que le second a été adjoint de Gérard Fayolle, maire du Bugue de 1983 à 2008. « Je me souviens que, pour l’inauguration des quais, nous avions invité Jacques Chaban-Delmas. Le problème c’est que, ce jour-là, la Vézère avait décidé de les recouvrir », plaisante l’ancien élu. Les quais servent maintenant de repère visuel aux Buguois, pour analyser le niveau de l’eau. Même chose pour la place d’Armes à Montignac. Depuis ce tragique mois d’octobre 1960, deux crues ont maintenu les riverains de la Vézère en état d’alerte, en 1982 et en 2001. Si le niveau d’eau n’avait rien de comparable aux crues centennales de 1960 et 1783, il a rappelé que la Vézère n’est pas qu’une longue rivière tranquille. Une crue centennale n’est pas une crue centenaire. C’est une crue dont la probabilité de retour chaque année est de 1 %. Malgré tout et peut-être pour cela, la vallée de la Vézère reste un lieu incontournable en Périgord.

Le 5 octobre 1960. Photos journal Sud-Ouest.


Par Geneviève COULAUD.

jeudi 24 novembre 2022

UGNI-BLANC

Bonjour, ça coule beaucoup en Dordogne et pas que dans les lits … des rivières…

Il y est des endroits où cela coule aussi dans les chais.

Là, je vais vous parler d’un cépage de raisins qui coule, mais alors beaucoup !

L’ugni-blanc ! ce raisin blanc tardif est très prolifique puisqu’il arrive à produire entre 100 et 150 hl à l’hectare mais un peu acide et particulièrement peu aromatique. Pour ceux qui s’y connaissent un peu en matière de vin, ils vous diront que c’est le cépage dont nos voisins les Charentais et les plus éloignés Gersois font leur vin, qu’ils transforment ensuite en cognac et en armagnac et c’est là où il révèle ses qualités avec la distillation.

Mais l’ugni-blanc a aussi servi en Dordogne et en Gironde en tant que vin d’assemblage, ainsi mêlé à des cépages plus aromatiques comme le sémillon ou la muscadelle. Il apportait la vivacité nécessaire pour obtenir un vin comme le Bergerac sec, les côtes de Duras ou l’entre-deux-mers. Les mauvaises langues diront qu’il était bien utile pour avoir plus de quantité, mais bon, nous ne sommes pas mauvaises langues…



Il n’était pas le seul cépage à avoir ces caractéristiques : des vieux cépages tels que les colombards, muscadets, chatards, montils, appelés ancarots en Armagnac et surtout la folle blanche, qu’il a remplacée au moment du phylloxéra, parce qu’elle ne supportait pas la greffe. L’ugni-blanc en a remplacé d’autres encore plus désuets comme le baco blanc et le controversé noah, qui lui est frappé d’interdiction à cause de sa teneur en méthanol trop importante… en 1934 en compagnie de cinq autres l’othello, l’isabelle, le jacquez, le clinton et l’herbemont.

A l’heure actuelle et vu la recherche qualitative des vins de Bergerac, on tend à remplacer pour le blanc sec, l’ugni blanc, qui est déjà écarté pour l’élaboration du vin moelleux, par la trilogie classique des vins blancs secs du Bordelais et alentours : muscadelle, sémillon et sauvignon.

Par Bernadette FONDRIEST

mercredi 23 novembre 2022

TOURON

Jamais je n’aurais pensé qu’à quelques kilomètres de mon domicile, derrière l’église de Fonroque, en contre-bas, se trouvait un petit coin bucolique, où chante un petit ruisseau « Le Touron ». Sa source jaillit doucement d’une paroi rocheuse et alimente deux lavoirs, l’un au-dessus de l’autre. Ce petit coin, inondé de soleil, est agréablement aménagé et respire la tranquillité. C’est grâce au challenge que j’ai pu le découvrir en compagnie de mon amie.

Ce devait être le second lieu de rencontre après la place du village et je me surprends à imaginer aisément quelques lavandières, accroupies près de l’eau, lavant leur linge avec de la cendre et le rinçant dans le lavoir.



De Fonroque, bastide anglaise en 1284, il ne reste que quelques traces. Et le Touron, résurgence aménagée, semble aller de Fonroque à Plaisance. Il ne mesure environ que 1,1 km. Près d’un kilomètre de galerie a déjà été exploré et on raconte qu’un souterrain rejoindrait les ruines du château de Puyguilhem.

Qu’est-ce qu’un « Touron » ?

Ce mot est issu de l’occitan « toron », variante de « teron » qui désigne une source ou une fontaine, ou « thouron » dans le Lot et départements voisins (source Généanet). Le dictionnaire topographique de la Dordogne mentionne

« Ces belles eaux vives sortant au pied de massifs rocheux, et dont l’abondance permet d’établir un lavoir à l’endroit même où elles jaillissent. Ces sources portent le nom de « touron », comme à Rouquette, Fonroque et Rouffignac ainsi que dans un grand nombre de lieux. »

Dans cette région, les Tourons sont des sources troglodytiques. L’eau de pluie s’infiltre naturellement dans les couches poreuses mais, en contact avec une couche imperméable, elle ne peut plus s’infiltrer et donc, réapparait à l’air libre au travers d’une grotte ou sous un surplomb rocheux. Ils sont en général, situés à proximité de villages ou de hameau.

Quatre tourons peuvent être découverts dans un rayon de quelques kilomètres. Les plus importants sont ceux de Fonroque et Saint Sulpice d’Eymet. Celui de Saint Sulpice fait plusieurs centaines de mètres de profondeur. Les deux autres, Rouquette et Razac sont moins impressionnants.

Par Maryse GRENIER.

mardi 22 novembre 2022

SEIGNOLLE

Bonjour, aujourd’hui je vais vous parler d’un petit ruisseau, la Seignolle, mais vraiment tout petit, à peine grand de deux kilomètres et demi et si étroit qu’à certains endroits, il ressemble plus à un fossé qu’à un véritable ruisseau…

Niché à la limite des deux communes de Valojoulx et Sergeac, au cœur de la vallée de la Vézère, cette rivière dont il est un des affluents, il prend sa source au lieu-dit de la Boissière à Valojoulx

(Source carte de Belleyme, AD24)

Un seul moulin est alimenté par ses eaux : le moulin de Masnègre, sûrement propriété du château du même nom, situé à quelques encablures. Sur les registres des BMS, les premières traces du moulin datent du 23 février 1705 avec le double mariage de Jean Framon et Marie Laborie.



Et celui de Jean Degain et de Marie Framon (sûrement la sœur de Jean)



On note que les deux mariés sont meuniers.

Au dix-neuvième siècle, le moulin fut longtemps tenu par Jean Verdier

L’acte de décès de Jean Verdier, meunier au moulin de Masnègre, décédé à l’âge de 60 ans Pierre Courtine le remplaça (recensement de 1881)



L’activité de ce moulin semble avoir cessé son activité avec le XIXeme siècle puisque si en 1901 M Courtine habitait encore au moulin mais n’était plus meunier et personne ne le remplace à cette fonction, ce qui traduit la fin de l’activité du moulin. Ainsi au terme de son cheminement dans la campagne périgourdine, la Seignole se jette dans la Vézère au bas du village de la Voulperie sur le territoire de la commune de Sergeac juste en aval du pont de Thonac.

(Sources illustrations : BMS et Recensements AD24).

Par Bernadette FONDRIEST.

lundi 21 novembre 2022

RIZONNE


''Le tracé de la Rizonne de Cassini avec le tracé d’aujourd’hui superposé ''

Étymologie

La Rizonne, Rissone, Risonne sonne comme la Dronne ou encore la Garonne. Il ne semble pas s’agir du suffixe diminutif -onne que l’on retrouve dans la Nivonne (petite Nive). L’hypothèse la plus crédible est la piste du suffixe hydronymique gaulois -onna , dérivé du mot latin unda , pouvant désigner un cours d’eau ou une source.

Quant à ris-, plusieurs possibilités s’offrent à nous. La première consiste à le considérer en occitan : ris = ruisseau. La tautologie ainsi créée est peu porteuse de sens et ne permet pas de distinguer ce cours d’eau d’un autre par sa spécificité. La deuxième se trouve en gaulois : ris signifie devant ; on aboutit à une distinction géographique : devant / en amont de la Dronne par exemple. Enfin, la troisième hypothèse s’appuie sur le breton : ris est une forme mutée de gris.

Deux autres affluents de la Dronne, la Lizonne (Lez-onne : proche de l’eau) et la Nizonne (niz-onne : le nid de l’eau) sont composés de manière semblable. Par cohérence toponymique, nous pencherons pour le sens géographique induit par la préposition gauloise ris, notre deuxième hypothèse.
La Rizonne en aval du pont de la RD 708, en limites de La Jemaye et Vanxains

Description physique

Longue de 26,73 kilomètres et nourrie de treize affluents, la Rizonne, qui prend sa source à Saint-Vincent-de-Connezac et se jette dans la Dronne à hauteur de Saint-Aulaye, se trouve au cœur du Périgord Vert. Ce ruisseau, avec l’Isle, la Dronne et la Beauronne, est traditionnellement mentionné pour délimiter les contours flous du plateau forestier de la Double . Elle mesure jusqu’à dix mètres de large selon les endroits.

Composition

Onésime Reclus fait une étude comparée de la Rizonne et de la Lizonne, soulignant le paradoxe de leur proximité et proxémie d’un côté et leur nature opposée de l’autre.

“La Lisonne, si pure, est, comme on dit, de l'air tissé ; la Rizonne est un Rio Colorado suivant l'expression latino-américaine, une eau teinte en rouge noir ; une eau de ruissellement ; point une eau de source, mais une eau d'étangs, louche de son argile et de la pourriture de ses mares. La Lisonne vient de la craie ; la Rizonne, du tertiaire éocène de la Double, c'est assez pour les décrire” .

L’alimentation de la Rizonne tout au long de son parcours et de celui de ses affluents par de nombreux étangs, comme le Merle ou le Rode, entretient l’image de ses eaux opaques marécageuses. Il raconte aussi que “passer au plus chaud de l'été, mais à trois heures du matin, dans un fond de nauve c'était trembler de tous ses membres ; le loup lui-même, si dur aux intempéries, frissonnait quand il passait avant le jour, aux rais de la lune, sur les ponts de la Rizonne.”

Faune et Flore
On recense une biodiversité remarquable dans la vallée de la Rizonne. La zone est aujourd'hui protégée et a intégré le réseau Natura 2000 .


L’INPN recense entre autres la loutre, le vison, la boulette d'eau, le chabot fluviatile, la lamproie de Planer, la cistude d'Europe, l'écrevisse à pattes blanches, le cuivré des marais, le damier de la succise, le fadet des laîches, la couleuvre vipérine ou encore le gomphe de Graslin .


Dans une brève de L'Avenir illustré, on pouvait lire en 1905 : “M. Jolly pêchait récemment les étangs de sa propriété au Fayot, près de Ribérac. À cette occasion, les Sociétés de pêcheurs à la ligne de Bordeaux et de La Rochelle avaient envoyé des délégués pour recueillir les alevins que M. Jolly leur offrait. M. Very, de Ponteyraud, emportait, en même temps, 1.000 alevins du même genre qu’il versait, le soir même, dans la Rizonne, au-dessus de Ponteyraud. ” En outre, la Rizonne traverse des prairies de fauche en enfilade ainsi que les bois de la forêt de la Double. Les végétaux qui la bordent sont variés et peuvent être hygrophiles ou mésophiles . Parmi eux, se trouvent des joncs à fruits luisants, des iris des marais, des pourpiers d'eau, des saules cendrés et quelques orchis odorants.

Domestication

Au fil des siècles, la Rizonne a connu de nombreuses transformations, notamment avec l’implantation des moulins et la création de dérivations. Par ailleurs, la construction de barrages offrait la possibilité d’irriguer les prés, d'installer des pompes pour les réservoirs de jardins plus en hauteur ou encore d’alimenter une scierie.

Louis-Sylvestre Bessot de Lamothe nous raconte que “La création de prairies, le drainage, l’assainissement de nauves et l’endiguement d’étangs, les plantations économiques de vignes, les irrigations enfin, voilà le véhicule de la fortune dans la Double ; voilà ce qu’on doit principalement à MM. le baron d’Arlot, Claverie et Alfred de Lafaye. À ce dernier, la commission a cru devoir accorder une récompense toute spéciale. Elle lui a donc décerné une médaille d’honneur de l’Empereur, en argent, grand module.”

L’arrivée du chemin de fer a permis de développer l’exploitation de la marne et de la chaux présentes dans la vallée de la Rizonne .



Ses moulins d’hier et d’aujourd’hui :

  • Le moulin du Prieur à Saint-Vincent-Jalmoutiers (présent sur la Carte de Cassini )
  • Le moulin de Raffaly à Saint-Vincent-Jalmoutiers (présent sur la Carte de Cassini)
  • Le château de la Blérétie à Ponteyraud qui possédait un moulin où l’on produisait de l’électricité. (Présent sur la Carte de Belleyme )
  • Le moulin neuf (à farine) anciennement nommé le moulin La Roche sur la commune de Ponteyraud date du XVIème siècle. (Présent sur la Carte de Cassini)
  • Le Moulin de la Gâcherie à Festalemps
  • Le Moulin de Bouloi à la Jemaye (présent sur la Carte de Cassini)
  • Le Moulin de Farges à la Jemaye (présent sur la Carte de Cassini)
  • Le Moulin de la Gilardie à la Jemaye (présent sur la Carte de Belleyme)
  • Le Moulin de La Roche à Siorac-de-Ribérac (présent sur la Carte de Cassini)
  • En 1873, on ne compte plus que six moulins sur la Rizonne et une prise d’eau

Histoire et Anecdotes

En 1852, “un accident est arrivé à la chaise de poste de M. Devienne, procureur-général à la cour d'appel de Bordeaux, rentrant ... après la tournée qu'il vient de faire à Périgueux .... Il était près du pont de la Rizonne, lorsque la cheville ouvrière de sa chaise de poste s'est brisée. M. Devienne a fait une chute et a eu des contusions heureusement peu graves. Le postillon a été également blessé. On a assujetti provisoirement, et comme on a pu, les pièces brisées et l'on est arrivé péniblement jusqu'à Saint-Aulaye, où M. Devienne est descendu chez M. Jouffrey, membre du conseil général. La chaise ayant été réparée, M. le procureur-général a continué sa route sur Bordeaux, où il est arrivé sans autre accident.”

Maria D., dont la mémoire ne flanche pas malgré son grand âge, nous a raconté qu’au village de la Rizonne, commune de Vanxains, il y avait une “belle maison à colonnes” où vivait un bouilleur de cru . Il distillait son vin pendant la Seconde Guerre Mondiale et qu’il avait besoin de beaucoup d’eau pour en faire de l’eau-de-vie. Sa gnôle a permis de faire passer bon nombre de personnes pendant que les Allemands, ivres, dormaient au lieu de faire leur ronde . Il fut d’abord emprisonné pour pacte avec l’ennemi puis son action, finalement considérée comme un empoisonnement des Allemands, fut reconnue et il fut réhabilité.



Par Élizabeth BUFFANDEAU-RINGUET.

samedi 19 novembre 2022

QUEUE ANE

Au nord de la Dordogne, dans le Périgord Vert, se trouve un petit ruisseau qui serpente au milieu des châtaigniers que l’on dénomme la Queue d’Ane. En occitan, le cours d'eau prend le nom de Coa d'ase.

Long de 18,6 km, il prend sa source à plus de 300 mètres d'altitude sur la commune de Mialet, deux kilomètres à l'ouest du bourg, au nord de la route départementale 79, près du lieu-dit Pommerède.

Elle est grossie par deux minuscules affluents : le ruisseau de Rébière et le ruisseau de la Benché.

Elle traverse successivement, les villages de Mialet, Saint-Saud-Lacoussière, Saint-Jory-de-Chalais, Saint-Martin-de Fressengeas et Saint-Jean-de-Côle. Le ruisseau rejoint la Côle en rive droite sur cette dernière commune, un kilomètre au nord-est du bourg, au pont de Lavaud, à moins de 150 mètres d'altitude.

On trouve dans le Périgord Vert de nombreuses sources dévotieuses, souvent vieilles de plus de deux mille ans et portant le nom d’un saint auxquels elles étaient vouées.

Entre Mialet et Saint-Jean de Côle, il en existe plusieurs, dont celle de la Goutte au lieudit le Bourneix au fond des bois, pour soulager les rhumatismes. Ces fontaines ont des propriétés minérales, ferrugineuses ou sulfureuses mais autrefois, on croyait davantage à l’intervention du saint plutôt qu’aux propriétés chimiques.

Georges Rocal écrit dans son ouvrage « Les vielles coutumes dévotieuses et magiques du Périgord »

Le vieux P. qui habitait aux Farges de Saint Saud, immobilisé par les rhumatismes, décide un jour de se rendre à la fontaine de la goutte de Bourneix située près de la Queue d’Ane. Ses enfants le hissèrent sur son cheval et il partit seul à la source, avec la foi du paralytique ; comme il avait prévu, il se laissa glisser à terre et alla faire ses dévotions, qui sans doute consistaient à déposer un morceau de son vêtement, boire un peu d’eau de la source et s’en frotter le corps et réciter une prière.Exaucé, il en revient sur son cheval et vivant.

Enfant et de santé un peu délicate, ma grand-mère et ma mère m’y ont souvent conduite. Il fallait suivre une procédure stricte et bien établie : d’abord se rendre chez la « tireuse de charbon » ou la « recommandeuse ».

Je me souviens d’une pièce un peu sombre, une grande table avec un espèce de dessin ou de parchemin posé bien à plat. La tireuse de charbons, doit « mettre de part » c’est-à-dire choisir la (ou les) fontaine la plus appropriée à l’état du malade ; donc elle prend dans sa main des morceaux de charbon, les lance sur la carte afin de « tirer » les bonnes fontaines. C’était une cérémonie très impressionnante pour la gamine de 9 ou 10 ans que j’étais. Une fois la (ou les fontaines choisies), mes parents me conduisaient à plusieurs de celles-ci afin de prier le Saint ; cela consiste à mouiller le corps avec un morceau de culotte ou de gilet, ou un bonnet que l’on laissait en offrande au-dessus de la fontaine, ensuite réciter des prières et laisser une petite pièce de monnaie dans l’eau. Et ainsi de suite suivant le nombre de fontaines choisies.

On y accède difficilement, certes elles sont répertoriées, mais souvent situées sur des propriétés privées ; cela signifie qu’au XXIème siècle, on va toujours faire une prière et boire l’eau de la fontaine.



On peut noter un petit morceau de tissu à la fontaine de la goutte.



Le confluent avec la Côle qui arrive sous le pont à droite grossie par la Queue d’Ane.

La Queue d’Ane : un petit pont.
Par Geneviève COULAUD.

vendredi 18 novembre 2022

Pude

La Pude

Quel nom curieux pour un ruisseau !

Il vient de l'occitan « pudir » signifiant puer, car sur son cours, étaient autrefois établis plusieurs moulins et papeteries. Elle court sur 19,75 km et prend sa source à de 139 mètres d'altitude sur la commune de Gout-Rossignol, un kilomètre à l'est du village de Rossignol, à quelque trois-cents mètres au nord-est du lieu-dit Larat.

Au bout de trois kilomètres, elle forme la retenue de l'étang des Faures puis passe sous les routes départementales 2 et 708. Depuis le sud du bourg de Gout-Rossignol jusqu'au Moulin de Galy, elle s'écoule sur six kilomètres en plusieurs bras, jusqu'à quatre simultanément entre Saumont et le château du Bourbet, Elle passe au nord des bourgs de Grésignac puis de la Chapelle, puis au sud-est de celui de Nanteuil-de-Bourzac et sous la RD 1.

À 800 mètres de son terme, une dérivation, le canal de la Pude, s'ouvre sur sa gauche ; long de 2,7 km, il rejoint la Lizonne en limite de Bouteilles-Saint-Sébastien et de Saint-Paul-Lizonne. La Pude rejoint en rive gauche le bras le plus oriental de la Lizonne, à 61 mètres d'altitude, sur la commune de Bouteilles-Saint-Sébastien et face au bourg charentais de Palluaud.

Communes et département traversés À l'intérieur du département de la Dordogne, la Pude arrose cinq communes

  • Gout-Rossignol
  • Cherval
  • La Chapelle-Grésignac
  • Nanteuil-Auriac-de-Bourzac
  • Bouteilles-Saint-Sébastien

À celles-ci s’ajoute Champagne-et-Fontaine bordée par un bras de la Pude.



La vallée de La Pude fait partie d’une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Elle est limitée à sept petits sites le long de la Pude et de quelques petits affluents, principalement composés de milieux humides : d'anciennes tourbières et les petits vallons dominés par les milieux humides naturels : prairies, roselières, sources, boisements de saules.

La faune de cette ZNIEFF est constituée d'environ 250 espèces dont trente sont considérées comme déterminantes : Parmi elles, on relève :

  • - Vingt mammifères, dont la loutre d'Europe (Lutra lutra), le vison d'Europe (Mustela lutreola) et dix-huit espèces de chauves-souris : dont la barbastelle d'Europe (Barbastella barbastellus), le grand murin (Myotis myotis), le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum
  • - Sept insectes dont quatre papillons : l'azuré de la croisette (Phengaris rebeli), l'azuré de la sanguisorbe (Phengaris teleius), le cuivré des marais (Lycaena dispar), le fadet des laîches (Coenonympha oedippus), et trois libellules : l'agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), la cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) et le gomphe de Graslin (Gomphus graslinii) ;
  • - Deux amphibiens, la rainette verte (Hyla arborea) et le triton marbré (Triturus marmoratus) ;
  • - Un reptile : la cistude d'Europe (Emys orbicularis).


Sa flore est également riche de plus de deux cents espèces de plantes, dont neuf sont considérées comme déterminantes :

la fritillaire pintade (Fritillaria meleagris), la gentiane des marais (Gentiana pneumonanthe), lhélianthème blanc (Helianthemum canum), l'orchis à fleurs lâches (Anacamptis laxiflora), l'orpin de Nice (Sedum sediforme), le pigamon jaune (Thalictrum flavum), la sabline des chaumes (Arenaria controversa), le Scirpe des bois (Scirpus sylvaticus) et l'utriculaire citrine (Utricularia australis).


Photos Per Igor sur wiki

Par Geneviève COULAUD.

jeudi 17 novembre 2022

OH des citrouilles

La rivière Dordogne est alimentée entre autres par la Cère et la Marone, deux cours d’eau qui viennent la rejoindre au niveau du département du Lot. A Bergerac, elle est aussi grossie par la Vézère et le niveau peut s’élever rapidement en cas de fortes pluies. Parmi les crues historiques du XXème siècle, il y a celle du 8 décembre 1944 en amont.

Ce n’est pas la plus importante, en effet,
dans la journée du mardi 25 septembre 1866, après des pluies diluviennes pendant plusieurs jours, plusieurs bateaux ont été brisés contre les piles du Pont de Bergerac, une maison toute entière a été emportée en face de la ville, et pendant l'après-midi, les eaux de la rivière ont roulé une énorme quantité d'arbres, de meubles, et surtout de citrouilles.

Diverses observations ont évalué à 18 ou 20 000 le nombre de ces cucurbitacées, venant sans doute des jardins inondés qui se situent en bord de rivière.

Dès le mercredi matin, les eaux ont diminué de 1m 55, mais dans la journée on a constaté la descente de troncs d’arbres, de bateaux brisés et de beaucoup de cadavres de cochons. Les bateaux de plusieurs marchands de ces animaux ont eu des avaries et des pertes considérables en traversant la Dordogne.

D’immenses dégâts occasionnés par cette crue ont été évoqués à Limeuil, Trémolat, Siorac. La plaine de Cabans, près du Bugue, a été submergée et beaucoup de récoltes ont été détruites. A Limeuil, les barriques pleines de vins ont été mises en sécurité par la gendarmerie. A Calès et Alles, les plantations de tabac, maïs et le regain ont été déracinés. A Badefols, le mur d’une maison d’habitation appartenant à la famille Laroque a été démoli et à Mouleydier, une maison a été emportée ; plus en aval, à Vélines les berges ont été fortement endommagées.

Des rapports sont dressés par les autorités locales et serviront de base à l’enquête administrative qui sera faite pour constater les dégâts et ainsi bénéficier de l’aide lors de la souscription ouverte par ordre de l’empereur. Une des victimes la plus frappée par ce désastre est un dénommé GOT Auguste, maître de bateaux à Bergerac : en effet dans la matinée du mardi, au plus fort de la crue, les courants ont entrainé son grand chaland en réparation sur les quais de la Pelouse. Malgré les recherches il ne fut pas retrouvé.


Par Geneviève COULAUD.

mercredi 16 novembre 2022

NAUZE

La NAUZE
.

Ce Joli petit cours d’eau qui serpente la campagne Périgourdine vers Belvès, je ne connaissais pas son nom jusqu’à ce que j’écrive cet article et pourtant, je la connais bien, je la longe à chaque fois que je viens à Sarlat reprendre contact avec mes racines ; sur cette route qui arrive du haut Agenais et qui passe juste en dessous du bourg de Belvès, la Nauze l’accompagne juste à quelques mètres laissant comme espace avec elle, juste un champ, ou des maisons et leur jardin, J’ai même dormi dans l’une d’elle, chez des amis et me suis endormie au son de son doux chant…

Elle prend source à quelques kilomètres de là, près de l’ancien château de Cabirat sur la commune de Mazeyrolles.

Bien sûr, elle ne se contente pas de couler gentiment de sa source à la Dordogne ou elle se jette à Siorac, juste en face de la plage de Coux ; non, c’est une rivière bien laborieuse. Dès le moyen âge, elle a hébergé sur ses rives des moulins. On en a compté pas moins d’une trentaine tout au long de ses plus de six sept kilomètres. Des moulins qui faisaient tourner des minoteries, des huileries à noix et même une papeterie à Monplaisant dont il reste des vestiges en ruine et bien sûr la filature de Belvès qui était à l’origine un moulin médiéval.
à Fongauffier.

De petits ruisseaux viennent la grossir tout le long de son trajet : La Beuze, le Vaurez, le Gril aussi appelé Landrou, le Mamarel. Au niveau de Fongauffier elle se grossit de deux grosses sources qui multiplient son débit, puis le Raunel et enfin la Vallée sur la rive droite et qui arrive du coté de Saint Pompont. Elle traverse, pas moins de huit villages : Mazeyrolles, Salles de Belvès, Larzac, Belvès, Monplaisant, Fongauffier, Sagelat et Siorac.

La Nauze, gentille petite rivière ? Oui, mais elle a aussi ses coups de folie, Au printemps 2008 après une météo particulièrement mauvaise elle inonda la départementale et coupa la ligne de chemin de fer à Siorac.
à Sagelat.

Par Bernadette FONDRIEST.

mardi 15 novembre 2022

Mmmm .... LA LETTRE « M »

Mon rédacteur en chef préféré m’ayant cataloguée « gourmande invétérée », il coule de source que ce n’est pas d’une de ces eaux vives qui traversent notre belle Dordogne dont je vais vous parler.

Non, non !! Pour moi se sera : « Elle court, elle court la rivière » ... de nectar... elle finira sa course lovée au creux de mon verre.

Quand bien même il ne serait pas le cœur de ce vignoble d’excellence, quand bien même il serait bâti hors les frontières périgourdines, à lui seul le château de Monbazillac est un chef-d’œuvre.

(Crédit photo : MOSSOT — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9021992)

Le château traversera la Révolution Française sans dommage... Et c’est quatre ans après les gelées meurtrières de 1956, que le groupement de viticulteurs de la cave coopérative de Monbazillac, qui avait un fermage sur les 25 hectares du château, achète le domaine, château et terres ... Sauvant le vignoble des investisseurs et laissant l’exploitation en d’habiles et compétentes mains périgourdines... Ces mêmes mains qui aujourd’hui encore en sont propriétaires. Unique en son genre, le château de Monbazillac est un subtil mélange d’architecture médiévale et Renaissance. Il est classé Monument Historique par arrêté du 20 février 1941 et s’offre tout entier aux visites... Et pour paraphraser les anglais qui peuplent notre Périgord « Cherry on the cake » une dégustation est offerte en fin de visite !!!

Vous pouvez même repartir avec votre verre de dégustation, gravé aux armes du château ... A remplir de retour chez vous – avec modération - ... aux sources de « la rivière ambrée » Monbazillac bien sûr, celle-là même qui « fait chanter les hommes » qui s’y abreuvent.

La commune de Monbazillac, bordée au sud par la Gardonnette est donc LE cœur de ce vin blanc que bien des gourmets nous envient. Le terroir de Monbazillac ne s’arrête pas aux 25 hectares du château, il s’étend sur 3 600 ha et 5 communes : Pomport., Rouffignac, Colombier, Saint-Laurent-des-Vignes et Monbazillac. Sa caractéristique particulière est d’être orienté vers le Nord sur la rive gauche de la Dordogne. Cette exposition offerte au soleil de fin de journée favorise le développement de la pourriture noble, indispensable à tout moelleux qui se respecte.

La légende raconte que des moines pris à d’autres tâches, auraient vendangé tardivement, permettant au Botrytis Cinerea de se développer sur les raisins qui donnèrent alors ce nectar délectable. On raconte même qu’un bergeracois de passage à Rome fut reçu au Vatican et présenté au Pape comme bourgeois de Bergerac, ce à quoi le Saint-Père répondit : « Ah ! Bergerac, près de Monbazillac, sans doute ! »

L’AOC Monbazillac donne donc des blancs moelleux issus de vendanges tardives et des blancs liquoreux sélection Grains Nobles, et c’est à un vilain champignon que l’on doit le succès de ce vin aux arômes de miel, de pêche et d'épicéa, issu de l'assemblage de trois cépages... Vin à la robe d’or qui se déguste tant à l’apéritif, qu’en accompagnement d’un foie gras ... D’aucuns le savourent en fin de repas sur un roquefort ... Et il se marie à merveille avec les fraises – du Périgord bien sûr.

Être Périgourdin de la tête aux pieds serait donc, être l’été les lèvres au bord d’un verre de Monbazillac et les orteils au frais dans la Dordogne, ... J’aime assez cette image ... Quitte à accréditer ma « gourmandise invétérée »
L’amicale généa24 en 2014 puis en 2018.

Par Véronique ESPECHE.

lundi 14 novembre 2022

LIDOIRE

La LIDOIRE.


Venez chanter, venez flâner

Et nous prendrons un raccourci :

Le petit chemin que voici...

Ce petit chemin... qui sent la noisette

Ce petit chemin... n'a ni queue ni tête

On le voit

Qui fait trois

Petits tours dans les bois

Puis il part

Au hasard

En flânant comme un lézard...

Merci Mireille mais en fait ce petit chemin ne part pas au hasard, il mène à une fontaine, la fontaine de la Lidoire



Situation de la fontaine de la Lidoire à Bosset Les ruisselets dans les champs.

La Lidoire me direz-vous ? Eh oui, c'est bien ici, à Bosset qu'elle prend sa source, à plus de 115m d'altitude, dans la forêt du Landais. Par contre, celle-ci n'est pas facile à trouver, du moins pour moi...il y a des ruisselets partout, des mouillères mais la source ....

La première apparition écrite connue de ce nom remonte à 1674, sous la forme « Lidouyre » Son nom proviendrait selon certains érudits de la racine gauloise « lit » signifiant « large ».
En occitan, le cours d'eau porte le nom de Lidoira. »(WIKIPEDIA)

Sa longueur est de 49,5km. Elle conflue avec la Dordogne dans le département de la Gironde. En Dordogne et en Gironde, la Lidoire arrose 19 communes réparties sur quatre cantons : en Dordogne, les cantons de La Force, de Villefranche de Lonchat, de Montpeyroux et de Vélines. En Gironde, elle arrose le canton de Castillon.

Après s'être frayée un passage parmi les herbes sauvages, elle limite très brièvement Saint -Géry au sud, s'élargit vers Fraisse et borde Monfaucon Elle traverse ensuite Saint Géraud de Corps. C'est au du lieu-dit la « Truffière » à Saint Martin de Gurçon que la Lidoire quitte la commune et sert de limite entre celles de Carsac de Gurçon et Saint Méard de Gurçon. Elle poursuit sa route vers Saint Rémy, Saint Martin de Gurçon et Montpeyroux. La Lidoire est une limite naturelle au nord pour les communes de Saint Vivien, Bonneville et Saint Avit de Fumadieres, Montcarret, Saint Michel de Montaigne et Lamothe Montravel.

Les sept derniers kilomètres de son cours marquent la limite entre Gironde à l'ouest (communes de Gardegan et Tourtirac, Belvès de Castillon et Castillon la Bataille) et Dordogne à l'est (communes de Saint Michel de Montaigne et Lamothe Montravel). A Castillon, où elle se jette dans la Dordogne, des témoignages montrent que son cours a été dévié ou s'est dévié tout seul par de grosses crues, créant on peut l'imaginer quelques petits problèmes dont certains, d'ordre financier et pour cause

• Ce premier document montre comment la Lidoire rejoignait le Rieuvert. Elle séparait sous l'Ancien Régime la vicomté de Castillon et la seigneurie de Montravel

• Ce deuxième document présente le nouveau chemin suivi par la Lidoire, vraisemblablement dans la moitié du XVIIe siècle, remettant en question cette limite.

• En raccourcissant son cours, la rivière abandonnait un petit territoire sur sa rive droite.

Donc, si la Lidoire était considérée comme la limite entre les deux seigneuries, les archevêques de Bordeaux perdaient un péage et le petit territoire en question alors que le vicomte de Castillon conservait son péage et s'agrandissait... Le péage a été très rapidement remplacé. Il restait cependant le problème de la réparation des ponts...mais ça c'est une autre histoire.

Le Tordt, long de 11,5 km et la Lechou (ou le Lechou ou le Lechout), long de 9,7 km, sont les deux principaux affluents sur onze.

La Lidoire a été le témoin d’événements qui ont marqué l'histoire de l'Aquitaine

• C'est sur ses rives, que s'est déroulée la fameuse bataille de Castillon mettant fin à plus d'un siècle de guerres et rivalités entre les royaumes d'Angleterre et de France. C'est sous le commandement des frères Bureau qu'elle s'est achevée par une victoire sur le général anglais Talbot et ses troupes, le 17 juillet 1453.

• Montaigne : Michel de Eyquem, le célèbre philosophe, hérite de la terre et du titre de « seigneur de Montaigne » 1533-1592, En 1571, il se retire dans cette « Habitation des douces retraites de ses ancêtres » où il va débuter la rédaction des essais. Il existe un pont : le Pont de Saint-Michel-de-Montaigne bâti au XVI ème siècle à la demande de Pierre Eyquem, son père qui mène vers le lieu-dit Papassus où habite la nourrice du petit Michel et permet également de transporter la farine fraîchement moulue du moulin qui se trouve tout près du pont.

• Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Lidoire sert de Ligne de Démarcation jusqu'à son affluent Le Léchou. Là, des histoires aux fins diverses mais souvent tragiques vont s'écrire avec leurs lots de héros (Le colonel Rémy et la Confrérie Notre-Dame dont La Bardonnie, Beausoleil...ainsi qu'un grand nombre d'inconnus) mais également de traîtres...

Voilà Mireille où mène ce petit chemin, tout simplement à la source d'un timide ruisselet sur lequel des moulins et des ponts se dressent, plus ou moins bien entretenus, qui serpente au milieu de nombreuses histoires...

Par Françoise VILLECHENOUX.

samedi 12 novembre 2022

KEROSENE

Kérosène ..... Il coule.

Le 11 juillet 1964, c’est le cinquante et unième Tour de France. La foule est au rendez-vous pour cette grande fête populaire de l’été. L’étape dont le départ a été donné à Bordeaux, traverse le département de la Dordogne pour rejoindre Brive. Une étape de 215 kilomètres qui sera remportée par le Belge Edward Sels. Ce jour-là, le Tour de France va connaître sa plus grande tragédie.

Le drame.
Rien ne permettait de prime abord de déceler la traîtrise du tournant, juste avant le pont marquant l’entrée du village. Vers la fin de la matinée, une voiture de la caravane publicitaire avait déjà dérapé dans ce difficile virage en épingle à cheveux. Le service d’ordre avait fait évacuer tout un côté du pont, mais il n’était pas apparu nécessaire de prendre une mesure identique en ce qui concerne le côté opposé, où les curieux s’étaient massés, les uns assis, les autres debout.

Il est 13 h. 10 quand un camion-citerne dérape dans un virage et tombe dans le canal de Lalinde, à Port-de-Couze. Il entraîne avec lui quarante personnes. Le camion-citerne conduit par Monsieur G. G… demeurant à La Teste (Gironde) contenait quelques milliers de litres de kérosène et le freinage à mort fut cependant insuffisant en raison de la vitesse et du poids de ce transport. C’est de plein fouet, on le sait, que l’avant du véhicule percuta le parapet du pont et bascula dans le canal entraînant dans sa chute morts et blessés.



Photo Retro Velo Dordogne Canalblog

Après le court moment de stupeur qui succéda à l’accident brutal, dont le déroulement ne prit pas plus de quelques secondes, les hurlements déchirants des femmes et des enfants s’élevèrent de toutes parts. Dans le même temps, on assista au bouleversant spectacle d’une solidarité spontanée qui fit se précipiter tout habillés, dans l’eau du canal, des dizaines de spectateurs afin de porter secours aux victimes. L’un d’entre eux, Monsieur Rouchon venu tout exprès de Port-de-Couze depuis son domicile de Saint-Aigulin en Charente-Maritime, afin d’encourager Epaud, un coureur charentais raconte : J’ai plongé aussitôt. J’ai eu la chance de retirer le chauffeur du camion avant qu’il ne périsse noyé. Le malheureux, complètement hébété, ne cessait de répéter : ″ce n’est pas possible, ce n’est pas possible″.



Photo Entente sportive Bardenac Le Fouilloux Clubeo

!!!Lourd bilan.
Le bilan est lourd : neuf morts et douze blessés
Morts : Mme Claudine Rey, 21 ans, de Saint-Agne; Mlle Michèle Cavaillez, 3 ans, de Bordeaux; Mme Léa Boisserie, 40 ans, de Beaumont ; M. José Munoz, 60 
ans, de Port-de-Couze; Mlle Paulette Chavaroche, 9 ans, de Saint-Agne; M. Gabriel Jolibert, 29 ans, de Saint-Avit-Senieur, Mme Jeanne Jolibert, 29 ans, Mlle 
Roseline Jolibert 5 ans, leur fille, Mlle Christine Vidal (6 ans) Port de Couze,.
Blessés : Mme Lucette Saint-Just (34 ans) de Gardonne, Marie-Chantal Saint-Just (9 ans) sa fille, André Loiseau (34 ans) Port de Couze, Michèle Loiseau (9 
ans) sa fille, Joëllle Loiseau (12 ans) son autre fille, Mme Yvette Jouault (18 ans) de Port de Couze, Gérard Vergnolle (15 ans) de Port de Couze, Claude Rey (35 ans) de Port de Couze, Isabelle et Elisabeth Jolibert (3 et 2 ans) de Saint-Avit Sénieur (enfants des époux décédés), Gilbert Gaillard (42 ans) de Port de Couze (état très grave), Guy Guichène (38 ans) conducteur du camion-citerne de La Teste.


La course.

Une dizaine de minutes après l’accident, le peloton des coureurs arrivait sur le pont. Devant le spectacle et sans qu’aucun mot d’ordre n’ait été donné, ils s’arrêtaient, descendaient de bicyclettes et pendant une minute, ils restaient immobiles et silencieux. Mais la course continuait et ils repartirent vers le but de l’étape : Brive.

1964, c’est la cinquième victoire de Jacques Anquetil devant Raymond Poulidor. Une lutte incroyable entre les deux hommes. Les passionnés se souviennent de leur montée au coude à coude lors de l’étape arrivant au sommet du Puy-de-Dôme.

Par Jean-Louis FILET

vendredi 11 novembre 2022

JAJA

Vous prendrez bien un petit coup de JAJA !

Mais savez-vous ce qu’est le « Jaja » ??
Est-ce un petit cours d’eau, une rivière du Périgord ? Peut-être une liqueur ?? Que nenni !!
Le « Jaja » est un vin !!


Le terme vient de l’argot qui signifie : « vin de table ». Son synonyme est le « Pinard », ou vin médiocre, désagréable au goût. En bas-occitan, le mot « Jajare » signifie « boire beaucoup » ou « Jare » qui veut dire « boire ».

Peut-être qu’il pourrait aussi provenir de « Jajin » qui signifie « vin défendu », et d’après l’Hébreu « Yayin » veut dire « le vin ».

Ses dérivés : Le Jaja de Jau est un vin du pays d’oc.

Boris Vian l’a d’ailleurs mis en chanson… en voici un extrait :

« Je bois n’importe quel Jaja

Pourvu qu’il ait ses 12,5°

Je bois

La pire des vinasses

C’est dégueulasse,

Mais ça fait passer le temps ! »


Par extension, on appelle aussi « Jaja », toute substance visqueuse et peu ragoutante : pour préparer le ou la « Jaja », il faut le ou la mélanger longuement pour qu’elle soit liquide et homogène. Le « Jaja » est le mélange de polyester pour les coques de bateaux.

Alors du jaja ou du bon vin, en fonction de ses moyens, en Périgord on n’oubliera pas d'en remplir son assiette après avoir fini sa soupe. Comme pour la rincer et surtout faire "Chabrol". Comme le veut la tradition, bien sûr.

Par Maryse GRENIER.

jeudi 10 novembre 2022

ISLE

Je suis Louis Faucher, né à Rongéras où le hameau de Janillac culmine à 375 mètres. Là, se trouve la source de l’Isle. Longue de 255 km, elle se jette dans la Dordogne à Libourne en Gironde.

Je vais vous conter mon aventure au fil de l'eau ...

Avant de partir, je passe par l’église de Janailhac, Saint-Yrieix-Saint-Eutrope, datant du 13è siècle. Je me rends à Meyze, où se trouve un des affluents de l’Isle, le Crassat.

Arrivé au Châlard, je découvre l’abbaye du Châlard, datant du 12è siècle, le pont médiéval de la Tour du 14è. Il existe dans ce village des mines aurifères qui seront exploitées jusqu’ en 2002, aujourd’hui sous surveillance environnementale pour le traitement des eaux. Je quitte la Haute-Vienne pour pénétrer dans le département de la Dordogne, en direction de Jumilhac-le-Grand. J’arrive en admirant le Château bâti entre le 13è et 17è siècle. Je décide de le contempler tout en me restaurant. Ce village fut aussi le lieu de vie d’Eugène Le Roy en tant que percepteur.

Après Jumilhac-le-Grand, je continue ma balade et je vois ce pont métallique vert, rappelant qu’à cet endroit passait le tacot, petit train reliant St Yrieix à Thiviers, le tacot enjambait par ce pont l’Isle pour se rendre à une station appelée « Château » lieu-dit du village de Sarrazac.

Depuis le village de Sarrazac, je me rends à Nanthiat. Sur l’Isle, nous pouvons voir les Papeteries Guyenne, fondées au début du 19è siècle, par la famille Gaillard. Pendant longtemps elle fut une ville dans la ville, avec ses commerces, son école et sa chapelle. C’est le comte de Rocquemaurel qui fut surtout un des grands dirigeants. C’est aussi à Nanthiat, durant la seconde guerre mondiale, le 09 juillet 1944, que furent capturés quatre jeunes résistants. Ils avaient miné le pont des Mauroux, les nazis en fusillèrent trois et intimèrent au quatrième de déminer le pont, ce qu’il fit avant d’être fusillé à son tour.

Je me baigne un peu, inspiré par ce pont au joli nom « Pont de Madame », avant de reprendre ma route vers Corgnac-sur-l’Isle, où il existait une usine du nom de Sté Chartier Marteau Boudin, détentrice de la marque de cartes à jouer : Grimaud.

Je me dirige à présent vers Périgueux, en passant à proximité d’Escoire, et son fameux château du même nom. Il est connu pour avoir été, dans la nuit du 24 au 25 octobre 1941, le théâtre d'un triple crime resté mystérieux.

Je rentre dans Trélissac, par le pont de l’avenue de la République. Quelques kilomètres plus loin j’arrive à Périgueux en passant par le pont des Barris, construit en 1860, et découvre, émerveillé la cathédrale Saint-Front, datant du 12è siècle.

Je continue ma route vers Saint-Astier, où fut construit un port inauguré en 1832. Un projet pour rendre l’Isle navigable de Périgueux à Libourne, établit trois écluses et un canal de dérivation de 1300 mètres. D’autres écluses sont visibles à Saint Léon sur Isle, à Neuvic et à Mussidan.

Arrivé à Montpon, je découvre l’usine Prunier fondée en 1872. Elle produit du caviar depuis 1921.

Je quitte le département de la Dordogne, pour me retrouver à Coutras, première ville étape de mon voyage en Gironde. Coutras est située au confluent de l’Isle et de la Dronne.

J’observe le canal de Laubardemont et poursuis mon parcours en direction de Guitres, où je peux découvrir l’abbatiale de la ville, non loin de l’Isle. Je longe Saint Denis de Pile, je me promène sur le site des étangs des chèvres, et jette un coup d’œil au parc du château de Bomale, bâti le long de la rivière. Je finis mon périple des méandres de l’Isle, là où elle se jette dans la Dordogne, à Libourne, ville entourée des meilleurs crus : Pomerol, Saint-Emilion …

Je décide de rester à Libourne, et regarde s’échapper l’Isle vers la Dordogne pour gagner la mer… L’Isle a vécu aussi au grès des inondations. En 1904 des eaux torrentielles écumantes transportent des cadavres d’animaux et des débris arrachés aux maisons.

Mars 1913 : à Périgueux, l’Isle monte à 1m30 sur la Place Faidherbe, en 1923 c’est au tour de la rue des Tanneries. Le 08 décembre 1944, le niveau de l’Isle monte à une rapidité inquiétante, due aux pluies diluviennes, qui n’ont cessé de tomber sur un sol déjà saturé en eau.

La crue la plus haute du siècle est de 4m50

En janvier 1955, l’Isle atteint 2,44 mètres à Périgueux et à Montignac la place d’Armes est sous les eaux. En février 1956, ce n’est pas une crue, mais le froid qui gèle l’Isle, transportant des blocs de glace de 5 mètres de surface ! (*) Louis Foucher est un personnage de fiction.

Par Carole JACQUEMENT.

mercredi 9 novembre 2022

Hyronde

Bonjour, quand on parle de ce qui coule en Périgord, à part les nectars du côté de Bergerac ou bien de Domme, on pourra vous parler de ces belles rivières, que sont la Dordogne, la Vézère, ou bien la Drône ou l’Isle mais aussi des jolis petits ruisseaux qui serpentent dans notre campagne en se lovant dans les verts vallons où coule une eau fraiche et vive à l’ombre des grands peupliers et des trembles.

Dans le Périgord noir, ils sont nombreux, souvent petits en taille et en longueur quelquefois à peine quelques kilomètres… et souvent se rejoignent les uns aux autres en affluents et sous-affluents pour rejoindre les grandes rivières.

Aujourd’hui je vais vous parler de l’un d’eux : l’Hyronde aussi appelé ruisseau de Simeyjol, sous affluent de la Chironde qui, elle-même est un sous-affluent du Coly, lui, affluent de la Vézère.

Ces ruisseaux ont toujours été une richesse pour les habitants du pays, outre l’eau qu’ils leur apportaient. On s’est servi de la force de leurs eaux et de l’énergie qu’elle apportait pour faire fonctionner des moulins.

Ces moulins étaient très présents non seulement pour moudre les grains et faire de la farine mais aussi pour faire fonctionner des forges : le Périgord a été un pays riche en fer… malheureusement à la fin du 19eme siècle la plupart furent abandonnés avec la révolution industrielle qui les condamna … L’Hyronde, longue de 5km 800 et traversant les communes de Archignac, Paulin, St Geniès et Salignac n’a quand-même, pas moins de huit moulins sur ses berges.

(sources : cadastre napoléonien, tableau d’assemblage, commune d’Archignac, AD24)

  1. Moulin du Cat,
  2. Moulin des Bordes
  3. Moulin de Monsieur
  4. Moulin de Poujoulou
  5. Moulin Barreau
  6. Moulin de la Renaudie
  7. Moulin de Simeyjol
  8. Moulin de la Vergne( St Geniès)
  9. Moulin de Diane ( St Geniès)


Quelques meuniers glanés sur les recensements de 1846 : Jean Doublein à la Renaudie, Jean Couderc à Constant, Pierre Favard au moulin de Monsieur, Elie Couriel aux Bordes , Jean Constant au Cap, Augustin Constant au moulin de Diane, Jean Grangier à la Vergne . L’Hyronde se jette dans la Chironde aux abords du bourg de St Geniès.



( source : site de la mairie d’Archignac )

Par Bernadette FONDRIEST.

mardi 8 novembre 2022

GUINOT

Guinot, roi du pastis Périgourdin.

« Pastis Guinot fils », « Guinot quina », « Liqueur de genièvre » !

1749-1949 : des générations de Guinot au fil de la Dordogne. Pierre-Alexandre avec ses parents Marie-Elodie Audinot et Edmond Guinot.

Guinot Pierre Alexandre, dit Jean, naît à Sarlat le 29 mai 1887.

Il est le fils d’Edmond, armurier à Sarlat, qui comme ses aïeux travaille le bois. Ses ancêtres Guinot, sont arrivés en Dordogne en 1749, Jean et son neveu François 12 ans ; ils sont membres d’une très nombreuse famille de scieurs de long. Chaque année les hommes descendaient leur bois depuis Magnat-l’Etrange à la limite entre la Haute Corrèze et la Creuse, jusqu’à Argentat pour le charger sur les gabares qui redescendaient la Dordogne. La vie de scieur était très rude. Un jour, lassés de ne pas gagner suffisamment leur vie, ils ont suivi un de leur client tonnelier à Domme pour venir s’installer avec lui dans ce joli village.

Le voyage se fit en gabare, et le jeune François n’était pas vraiment rassuré : Il n’est encore jamais monté sur un bateau, il est un peu inquiet, tout se passe si vite ! Il part sans même avoir dit au revoir à sa mère et à ses frères et sœurs. Il n’a rien emporter si ce n’est ce qu’il a sur le dos, la tenue traditionnelle des scieurs de long : un pantalon de velours épais serré aux chevilles, une ample blouse bleu foncé, un gilet de laine sur une chemise de chanvre et un chapeau en feutre de laine à larges bord pour le protéger de la pluie et de la sciure. Une fois le chargement du bois et autres denrées périssables terminé, le maître gabarier prend la direction des opérations. François s’est réfugié sur le pont entre des fagots de bois, des sacs de châtaignes et des paniers remplis de fromages odorants. Mais il n’a pas le cœur à profiter des bonnes odeurs ou du paysage. Les soubresauts du bateau sur la rivière lui donnent plutôt la nausée. Le soir venu, l’escale à Beaulieu-sur-Dordogne est la bienvenue. Tous les gabariers font halte dans cette commune, non seulement pour manger et dormir à l’auberge, mais surtout pour aller à la chapelle des Pénitents faire brûler un cierge à la bonne mère, pour la remercier de les avoir protégés des naufrages fréquents dans cette partie de la rivière. C’est ainsi qu’après trois jours de navigation en gabare, Jean GUINOT et son neveu François débarquent au port de Domme. Trois générations de Guinot tonneliers, vont œuvrer près de la rivière. Des descendants de ces derniers vivent toujours à Cénac, certains à Sarlat, à Martel près de la Dordogne.

Vers 1787, Jean Guinot (grand-père de Pierre-Alexandre), décide d’abandonner la tonnellerie pour devenir arquebusier du roi. Certes, il travaille toujours le bois, mais son affaire est beaucoup plus rentable. A tel point que très rapidement, il finit par quitter Domme pour s’installer à Sarlat avec deux boutiques : une dans la rue principale (pas encore la traverse), et une échoppe accolée à l’église.

A la naissance de Pierre Alexandre, son grand-père tient toujours la boutique avec son père Edmond et son oncle Arthur. Pierre Alexandre, fils unique, entre au collège des jésuites de Sarlat, et chacun dans la famille pense que cet enfant assez brillant prendra la suite de ses anciens.



Le collège St Joseph à Sarlat.

Mais ce dernier ne l’entend pas de cette façon, le bois ne l’attire pas, les études et les jésuites l’ennuient. A seize ans il finit par fuguer. Lorsqu’il réapparait dans la famille, quelques années après, c’est pour expliquer qu’il a trouvé sa voie dans ce qui est liquide !!! En effet, après avoir commercialisé des vins et spiritueux en Dordogne, et dans le Lot, il achète après la guerre de 14-18, des vignes et un chai, et s’installe au centre de Siorac-en-Périgord.

Il possède alors une belle maison dans le village. Sa femme et leurs enfants vivent de façon aisée avec du personnel dans la maison et dans le chai. Il est le premier du village, dans les années 1920, à posséder une voiture avec un chauffeur car il ne voulait pas apprendre à conduire. A la pointe du progrès il fait imprimer des cartes postales qu’il distribue et dépose partout où il passe, pour faire la publicité de ses vins, « Pastis Guinot fils », « Guinot quina », « Liqueur de genièvre » !



Tout semble aller pour le mieux, mais, son caractère frondeur ne le quittant pas, dès sa création, il adhère au parti communiste. Complètement porté par l’idéal qui y est défendu, il va commencer à distribuer sa petite fortune au parti. Bientôt il est contraint de vendre son affaire de Siorac. Il se réinstalle plus chichement à Cahors, avant de terminer en louant un chai à Toulouse de façon tout à fait modeste au grand dam de son épouse et de ses enfants. Toutefois, jusqu’au bout il va rester fidèle à ses idées, sa distillerie de Toulouse il la nommera « distillerie de l’Inter », et son dernier apéritif s’appellera « l’internationale » avec une étiquette explicite….


On a des convictions ou on n’en a pas !

Par Geneviève BRUN-ELLIS.

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