HAUTEFORT Famille Le Roy

''La commune se trouve à l'est du département de la Dordogne et arrosée au nord sur environ six kilomètres par la Lourde, un affluent de l'Auvézère. La commune de Hautefort regroupe deux bourgs distincts : Saint-Agnan dans la vallée et Hautefort sur la colline dominée par le château. La commune est désormais rattachée administrativement au Pays du Périgord noir (secteur de Sarlat-la-Canéda) mais fait cependant partie de l'arrondissement de Périgueux. Situé à égale distance de Brive-la-Gaillarde et Périgueux, une quarantaine de kilomètres, le village de Hautefort suscite l'intérêt des touristes grâce à son château, à son musée de la Médecine et au charme de ses ruelles et bâtiments en vieilles pierres typiquement périgourdines.''



Ange Hyacinthe Maxence de Damas a commencé une carrière militaire d’abord auprès du Tsar Alexandre de Russie après être sorti premier au classement des élèves étrangers de l'école militaire des cadets de Saint-Pétersbourg. À la demande de Louis XVIII, avec l’agrément du Tsar Alexandre, Maxence de Damas commence une nouvelle carrière militaire en France.

Il est ministre de la Guerre en 1823, et conçoit « l'armée de métier » par la loi de 1824. En 1833, il se retire dans le château de sa femme, Charlotte Laure d'Hautefort, fille de Julie-Alix de Choiseul-Praslin.

Au château de Hautefort, il commence son ultime carrière dédiée aux œuvres sociales, gérant l'hospice de Hautefort, créant localement la première « sécurité sociale », et promouvant l'agriculture par l'instauration d'un prêt d'honneur, premier crédit rural, et en écrivant ses mémoires militaires et politiques.



En 1841, lors du recensement, on peut voir au château, le couple propriétaire avec leurs cinq enfants. Il y a aussi : un prêtre, un homme de lettres, un garde personnel et 17 domestiques dont trois couples avec enfants.

Il a vraisemblablement amené de Paris, avec lui son valet de chambre : Jean-Pierre Le Roy, natif d’Andrieu (Normandie) en 1808 et son épouse, Modeste-Louise Desbois qui occupe le poste de lingère.
Intéressons-nous à ce couple de domestiques qui va avoir deux enfants pendant leur séjour à Hautefort.

En 1836, le vingt-neuf novembre est né Gabriel Victor Eugène.

Puis en 1842 Théophile-Maxence Le Roy.



Source Archives de la Dordogne, 1836.

L’aîné sera appelé uniquement avec son dernier prénom Eugène. Ses parents l’ont placé en nourrice chez une paysanne des environs. Ses souvenirs d'enfance marqueront fortement son œuvre future, dans laquelle abondent les enfants abandonnés. De 1841 à 1847, Le Roy étudie à l'école rurale de Hautefort à une époque où la majorité des enfants demeurent analphabètes. En 1848, il séjourne à Périgueux, où il fréquente l'École des Frères. Il en retiendra surtout le souvenir de la plantation d'un arbre de la liberté pour célébrer l'avènement de la Deuxième République. En 1851, il refuse le séminaire, et devient commis épicier à Paris. En 1855, il s'engage dans le 4e régiment de chasseurs à cheval, et participe aux campagnes d'Algérie, puis d'Italie. Cassé de son grade de brigadier pour indiscipline, il démissionne au bout de cinq ans.

En 1860, reçu au concours des contributions directes, Eugène Le Roy devient alors aide-percepteur à Périgueux. Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il s'engage, après la débâcle du Second Empire, dans les francs-tireurs pour combattre l'envahisseur prussien. Il répond à l'appel de Gambetta qui sera son modèle en politique. En 1871, une fois la défaite française définitive, il rejoint la perception de Montignac. Tombé très malade, il guérit seulement au bout d'un an.



Le 14 juin 1877, il épouse civilement sa compagne Marie Peyronnet, dont il a déjà un fils de trois ans, reconnu lors de sa naissance le 27 octobre 1874. Il consacrera alors la majeure partie de ses loisirs à l'écriture, utilisant les matériaux emmagasinés pendant toute son existence. Eugène Le Roy écrit dans les journaux locaux, Le Réveil de la Dordogne notamment, des articles républicains et anticléricaux. Il suit en cela l'orientation politique et philosophique de la franc-maçonnerie radicale de la fin du XIXe siècle qui orientera les gouvernements vers la Séparation des Églises et de l'État.

En 1890, « le Moulin du Frau » est la première œuvre romanesque d'Eugène Le Roy, une véritable leçon de radicalisme sous la Troisième République. Puis, Eugène Le Roy rédige un volumineux manuscrit de 1086 pages intitulé « Études critiques sur le christianisme », un pamphlet anticlérical sans concessions. En 1894, il entreprend la rédaction de Mademoiselle de la Ralphie qu'il achève en 1902. Il y narre la déchéance d’une fille de la noblesse dévorée par la passion pendant la Monarchie de Juillet. En 1899, il publie « Jacquou le croquant », qui raconte la révolte d’un petit paysan contre les injustices sociales de son temps, depuis la Restauration jusqu’à la fin du XIXe siècle.


En 1897-1898, il écrit « Les gens d'Auberoque » dont l'histoire se situe dans la bourgeoisie provinciale et affairiste sous le Second Empire et la troisième République. En 1901, il publie « La petite Nicette » et « Le grand Milou », puis en 1902 « L'Année rustique en Périgord ».




Eugène Le Roy prend sa retraite à Montignac. Il refuse en 1904 la Légion d'Honneur qui lui est proposée. Il rédige encore « Au pays des pierres ».

À sa mort en 1907 à Montignac, Eugène Le Roy est inhumé civilement. Il laisse un dernier ouvrage « le Parpaillot », qui paraîtra six ans après sa mort sous le titre de « L'Ennemi de la Mort ».

Par Jean-Louis FILET.

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