X d’une famille d’X

Dans la famille X, je voudrais la mère, je voudrais le père. Cela pourrait effectivement faire partie du jeu des 7 familles sauf que, dans la famille X il n’y aura pas la fille car elle se prénomme Marguerite Nivôse ou plutôt on la prénomme Marguerite Nivôse car cette pauvre enfant est née de parents sûrement connus mais inconnus officiellement.


Réf AD 24.

En principe les enfants abandonnés étaient souvent des enfants de servantes, ou d'ouvrières, pour la plupart des femmes jeunes et célibataires. En ce qui concerne les enfants légitimes, la cause de l'abandon était le plus souvent économique. Ils étaient généralement abandonnés devant le porche de l'église.

Là, nous sommes en présence d’un cas différent :

Dessin Didier EYMET.

• La maman a accouché avec l’aide d’une sage-femme, Marguerite Crabanat, elle a donc reçu les premiers soins nécessaires ainsi que l’enfant.

• Celui-ci n’a pas été abandonné n’importe où, il sera peut-être adopté ou envoyé au nouvel et bel hospice.

• Il a été présenté avec deux témoins, ce qui signifie tout de même que cet accouchement a été préparé, rapidement peut-être, mais préparé.

• On lui a donné un prénom, logique, Marguerite, probablement celui de la sage-femme.


• On lui a donné un nom Nivôse alors que l’on donnait « volontiers aux enfants trouvés, en guise de prénom et de nom, deux prénoms ou intercalait le terme « dit » entre le nom et le prénom, signalant par-là que le nom porté n’est pas un nom hérité. Sans famille, les enfants trouvés et abandonnés étaient également souvent sans nom. Or, le nom est indispensable pour identifier un individu dans les actes courants de la vie en société. Attribuer un nom « patronymique » à ces enfants était donc une obligation pour les hospices, et ce dès le moment de leur réception. La filiation des enfants trouvés, exposés dans la rue ou déposés dans le tour de l’hospice, était souvent ignorée et il fallait donc créer une identité pour ceux-ci. Pour ce qui est des enfants « naturels » ou « illégitimes ». L’identité de la mère était parfois connue. Mais pour eux également, il fallait créer une identité nouvelle, marquant la rupture avec les parents qui les avaient délaissés. …. »


Nivose, c’était le quatrième mois du calendrier républicain, correspondant à la période allant du 21 décembre au 19 janvier du calendrier grégorien.

Il tirait son nom « de la neige qui blanchit la terre de décembre en janvier », selon les termes du rapport présenté à la Convention Nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d'Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ».


Représentation de Nivose dans le calendrier républicain.

Joli nom, poétique comme pour apporter un peu de douceur et de légèreté dans cette triste histoire.

Ce qui interpelle c’est la façon dont tout cela s’est déroulé. On peut penser au moins à deux scénarii : madame X s’est présentée chez la sage-femme,

• Soit elle la connaissait, contrairement à ce qu’elle prétend, alors à savoir pourquoi ?

• Soit elle a été envoyée par quelqu’un. On peut donc supposer que cette personne la connaissait.

Alors pourquoi tant de mystère ? Nous ne le saurons jamais. En cherchant plus loin, on ne trouve aucune trace de Marguerite.

Par Françoise VILLECHENOUX.

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : http://www.genea24.fr/blog/index.php?trackback/117

Fil des commentaires de ce billet