Ordre Templiers

Les Templiers ? Au fait, qui étaient-ils ? Un peu d’histoire : à l’aube du second millénaire, des nouvelles alarmantes arrivèrent de la terre sainte : les lieux saints de la naissance de Jésus sont entre les mains d’une peuplade musulmane, les Turcs Seldjoukides … Un émoi s’empara de l’occident, de l’Angleterre à l’Italie, de l’Espagne aux pays germaniques. Les puissants seigneurs se réunirent avec leurs armes et se mirent en route vers les lieux saints : c’est la première croisade ! Elle se met en route en l’an de grâce 1096. Ensuite il y en aura sept autres. La dernière en 1270 verra la mort de Saint-Louis terrassé par la peste à Tunis.



En 1118 Jérusalem est repris et le chef des croisés Godefroid de Bouillon y établit son royaume.


Pour assurer la sureté des lieux et le chemin du pèlerinage, il fut créé un ordre de moines-soldats au concile de Troyes : les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon devenus les Templiers, austères comme des moines, courageux comme des guerriers. Un champenois Hugues de Payens en fut le premier maître.

Pourquoi les Templiers à Sergeac ? Au fil des années cet ordre prit de l’importance. Afin de mener à bien ses missions et notamment d'en assurer le financement, à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies se répandit constitua à travers l'Europe chrétienne d'Occident L’acte le plus ancien que nous connaissons concernant la présence des Templiers à Sergeac :
« l’an 1200 le 3 du mois de juin, Sire Raymond d’Imbert fit donation à frère Géraud Vernhes de tout ce qu’il possédait et de tout droit qu’il avait au mas de Nabinau et au puech de la Molière et del bail de posséder le tout en la paroisse de Serjac et le dit commandeur du lieu donner au Imbert en reconnaissance 50 sols ».

De part cette donation, l’ordre s’implanta sur la paroisse. Au fil du temps et de diverses transactions et donations de la part des seigneurs de Montignac et autres, les Templiers furent à la tête d’un domaine d’importance à vocation agricole, était organisé comme les anciennes villas gallo-romaines. Ils y pratiquaient des cultures traditionnelles à la région. et même Ils défrichèrent également certains coteaux pour y cultiver de la vigne car les Templiers étaient amateurs de vin. La commanderie était une énorme entreprise qui fonctionnait en autofinancement et dont les bénéfices allaient aux combattants de la guerre sainte. Malgré la grande étendue de l’exploitation, la communauté n’était pas importante du fait du nombre de ses membres. Outre les chapelains chargés des offices religieux, deux catégories existaient dans la communauté : les chevaliers, issus de la petite noblesse et les sergents d’un milieu plus modeste. Chacun faisait vœux de pauvreté, chasteté, et obéissance, celle-ci était particulièrement rigoureuse de par leur vocation militaire. La commanderie était une grande installation à quelques centaines de mètres du village, entourée de murs d’enceinte. Il ne reste aujourd’hui que les ruines du mur d’enceinte, et des tas de pierres. Cet endroit est toujours appelé la commanderie. Ce devait être une grande ferme monastère avec de nombreuses dépendances. Elle fut vendue en bien national pour la somme de 3150F. L’acheteur, le sieur Ferregaudie, fit des pierres un commerce de matériau de construction. Beaucoup de maisons du village furent construites avec ces vestiges. Outre l’église qui était leur chapelle, construite au XIIe siècle, le logis des commandeurs à côté de celle-ci, la Préceptorie avec ses allures de maison forte et sa haute tour démontrait la puissance de ses commandeurs Les principaux commandeurs :

                 Géraud de Lavergne 1275 - 1295
                 Bernard de Tayac 1298 - 1299 
                 Géraud de Lavergne 1300 - 1306

Et leur fin ? Au matin du 13 octobre 1307 aux premières lueurs du jour, une troupe de cavaliers et de soldats à pied apparurent sur les hauteurs du village et dévalèrent vers la commanderie « ouvrez au nom du roi ! ». Qui était ce roi ?

C’était le roi de France Philippe IV Le Bel, petit- fils de Saint-Louis. Ce roi lugubre qui avait une triste habitude de trouver de l’argent nécessaire au royaume en persécutant les communautés. Après les juifs et les lombards, il s’intéressa aux Templiers … Après une campagne de calomnies, aidé par son sinistre conseiller Guillaume de Nogaret et la faiblesse coupable du pape Clément V, au terme d’un infâme procès et une ignoble condamnation, en ce sombre matin d’automne, les Templiers de Sergeac, comme tous les moines soldats du royaume furent arrêtés.

Leurs biens : des livres, des objets de culte, des outils, les animaux des étables et de la basse-cour furent rassemblés à la hâte tels de tristes butins de guerre. Ce lamentable cortège prit ensuite la route devant le regard médusé et apeuré des Sergeacois … Il se rendit sûrement à Domme où les prisonniers furent internés dans les sous-sols de la porte des Tours …. On ne revit plus jamais les Templiers à Sergeac.

Plus tard, quelques années après, en 1316 s’installa à la commanderie une nouvelle communauté religieuse : les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Ils arrivaient de la commanderie de Condat, avec à leur tête Guillaume de Cramirat qui devint le nouveau commandeur de Sergeac. Il prit possession de l’ancienne maison du temple qui devint l’Hospitum de Cramiraco puis plus tard le château de Cramirat.




Par Bernadette FONDRIEST.

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