Suppert Delbru

Après le décès de son épouse Renée DELBRU, Claude MARY découvre, au hasard de tris de dossiers administratifs, qu’un membre de la famille, cité dans un acte de succession, se prénommait Suppert ! Etonnement, amusement, curiosité s’emparent alors des membres de la famille ! Le prénom aurait-il été mal orthographié ? Fut-ce un pseudonyme ? Suppert ou Super ? Nul ne peut s’empêcher d’attribuer un sens moderne à ce prénom et de penser que ce devait être quelqu’un de formidable ! Aurait-il été un ascendant de Superman ? Ce qui est certain, c’est sa position familiale : c’était un cousin germain du père de Renée DELBRU. Les recherches s’organisent et l’on constate que l’orthographe ne varie pas… Toutefois, surprise pour notre héros à sa mort…



Suppert Delbru est né le mardi 17 mars 1896 à Ferrière, dans le département de la Corrèze, fils de Firmin Justin DELBRU, né à Nadaillac et dont les ascendants étaient nadaillacois depuis au moins 1690 et de Marie Rosalie VERGNE, originaire de Chartrier-Ferrière, village jouxtant Nadaillac.

Jusqu’en avril 1915, Suppert habite à Chartrier-Ferrière, au hameau de Ferrière. Les recensements de population de 1906 et de 1911 mentionnent sa présence, Suppert DELBRU en 1906, mais Antoine DELBRU en 1911. Il y exerce le métier de cultivateur.


Selon la décision du Conseil de révision, Suppert est inscrit sous le numéro 21 de la liste du canton de Larche et est classé dans la première partie de la liste en 1915. Il n’a pas encore 20 ans mais, en ce temps de guerre, la date d’incorporation est anticipée pour remédier au manque en nombre et à la formation des contingents. Il fait partie de la classe 1916 de mobilisation, sous le numéro matricule 350. Son prénom est toujours orthographié comme à sa naissance.


Cette fiche matricule nous apporte quelques renseignements supplémentaires : cheveux bruns et yeux marrons, front et nez ordinaires, visage plein, il mesure alors 1 mètre 56. Le chiffre 3 précise son degré d’instruction : il sait lire et écrire, il a reçu une instruction primaire.

Suppert est incorporé le 10 avril 1915, au 100ème Régiment d’Infanterie (régiment de l’armée de terre française, créé à partir d’un régiment suisse au service de la France, basé à Tulle). Il part sur le front au début du mois de novembre 1915. Suppert prendra alors part à la bataille de Verdun, jusqu’à la fin du mois de juin 1916, puis de juillet à septembre, il prendra part à celle de l’Aisne et fin 1916, à celle de la Somme. A la fin du mois de février 1917, le régiment rejoint ensuite la Champagne, pour une opération sur Maison de Champagne. C’est au cours de la journée du 8 mars 1917 que Suppert Delbru trouvera la mort, à quelques jours de ses 20 ans. Son prénom garde la même orthographe, tant sur le Journal de Marche du 50ème Régiment d’Infanterie que sur la fiche militaire de décès.


Suppert Delbru sera inscrit au tableau spécial de la médaille militaire à titre posthume. Le journal officiel du 30 juin 1919 précise : « soldat d’une superbe attitude au feu, mortellement blessé le 8 mars 1917 au cours d’un violent assaut à maisons de Champagne. » toujours avec la même orthographe !

Son décès sera constaté le 5 avril 1917 sur le champ de bataille de la 4e armée à Valmy (PC 3187). Le jugement sera transcrit sur les registres de Ferrières le 27 juillet 1919… Pas de changement quant au prénom !



Après de tels événements, ce cousin ne méritait-il pas cette inscription sur le monument aux morts, ainsi orthographiée ? Et une biographie ?

J’ai fait des recherches sur ce prénom… je n’ai malheureusement rien trouvé ! Généanet précise que le patronyme, SUPPERT, est présent 343 fois sur le site ; celui de SUPPER, 13273 fois ! « Supper » désignant en allemand celui qui habite un lieu-dit Supp (= marais, marécage). Jamais rencontré ce mot en langue allemande et vérifié dans le dictionnaire, pas de trace ! Et, de toute façon, dans notre cas, il s’agit d’un prénom et non d’un patronyme. Je me suis ensuite tourné vers SUPER. Selon Wikipédia, « Super- avait aussi, en latin, une valeur intensive, c’est cette valeur de renforcement qui s’est développé en français par rapport au sens de sur-. La vitalité du préfixe est devenue très forte sous l’influence de l’anglais super- » Mais ce n’est que l’inscription sur le monument qui lui attribuerait cette nuance… Autre éventualité : le prénom RUPERT, mal orthographié sur les registres d’état civil ? Ou peut-être, finalement, une fantaisie de parents donnant à leur enfant un prénom personnalisé et novateur ? Signe de parents avant-gardistes ? Il ne fait pas toutefois pas partie de la liste des prénoms héroïques proposée par “Magicmaman” !

Et pas même une photo de lui !


Par Michèle POINTEAU-MARY.

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