samedi 5 novembre 2022

ESTROP

L’ESTROP.

C'est un paisible ruisseau, affluent de la Dordogne, il prend sa source à 115 mètres d’altitude sur la commune de Port Sainte-Foy-et-Pontchapt. Long de17,8 km, il arrose sur son passage 11 communes dont les noms s’égrènent en une douce litanie : Port Sainte-Foy-Pontchapt, Fougueyrolles, Saint-Méard de Gurçon, Nastringues, Montazeau, Vélines, Saint-Vivien, Bonneville-Saint-Avit de Fumadières, Montcaret, Saint-Seurin de Prats, Saint-Antoine de Breuilh, avant d’aller se jeter dans la Dordogne avant Pessac, en Gironde. L’Estrop est mentionné dès 1473 dans les textes anciens sous la forme « ruisseau de Lestros », puis évolue dès 1652 en l’Estrop, l’Estroc, l’Estros en 1873 et parfois même l’Estrot suivant les actes. Peu après sa source, il est rejoint par le Lardot, formant ainsi un Y, d’où son nom, l’Estrop signifiant « étrier » en occitan.

Sur son cours se trouvent Montcaret et Vélines, les deux villages situés sur deux hauteurs sont séparés par une vallée où coule notre ruisseau.

C’est à Montcaret que naquit mon ancêtre Jean Lagarde et qu’il s’y maria, mais c’est vers Vélines que va plus particulièrement mon intérêt, puisque c’est ici en 1781, que ce même ancêtre trouva la mort dans l’Estrop en s’y noyant. On ne sait pourquoi il y tomba, et si cette chute mortelle se fit dans l’obscurité de la nuit ou en pleine journée suite à la fatigue d’un dur labeur ou peut-être même, après une halte dans une auberge voisine… Je ne fais que supposer, car nul ne le sait ! Son décès est juste mentionné en quelques mots : « Le 20 août mil sept cent quatre-vingt-un, Jean Lagarde, « métaier » de M. Pinet, âgé de 40 ans étant tombé dans l’Estrot, s’y est noyé, son corps a été enseveli au cimetière de Saint Martin de Vélines ». Il laissait deux jeunes garçons âgés de 2 et 1 an et une épouse Anne Roché qui malheureusement décédera 10 mois plus tard en juin 1782…


Non loin de là, s’élevait à l’époque le château de Sardy, c’était une ferme fortifiée, remaniée au XVIIIème siècle en maison de maître, d’un style plus classique, aujourd’hui on peut y admirer les jardins de Sardy, classés « jardins remarquables » et dont les bassins et nombreux jets d’eau ne doivent rien à l’Estrop, mais aux sources du domaine.

L’Estrop à Vélines perd parfois sa tranquillité, comme en 2012, où après de fortes pluies, il sortit de son lit, envahissant le quartier des Réaux où ses habitants se retrouvèrent soudainement les pieds dans l’eau.

Le débordement photo Sud-ouest.

En bout de course, à sa confluence avec la Dordogne, l’Estrop reçoit les eaux du Lavergne et débouche à Pessac sur la zone protégée Natura 2000, lieu de préservation de la loutre d’Europe et aussi de migration et frayage de plusieurs espèces de poissons : l’alose feinte, l’esturgeon d’Europe, la grande alose, la lamproie de rivière, la lamproie marine, et le saumon atlantique. Là, il peut enfin se mêler à la grande rivière Espérance !

Par Marie-Thérèse Wachet.