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lundi 7 novembre 2022

FONT CHAUDE

Font-Chaude de Panassou.

Si la Dordogne n’est pas un département de sources thermales, il existe cependant sur la commune de Castels (Castels-et-Bézenac) une source sous le nom de Font-Chaude, appelée aussi Fontaine de Panassou par les riverains.


Une fontaine minérale célèbre pour ses boues.

Cette source existe encore de nos jours et débite une eau sulfureuse dont la température est constante autour de 22 degrés hiver comme été. Elle est utilisée aujourd’hui pour l’arrosage, mais autrefois, on lui reconnaissait quelques propriétés, en bain de boue pour les rhumatismes ou en boisson pour la digestion. Une utilisation qui remonte à 1740.

Je cite une revue de la SHAP : l’inventeur n’est autre que le propriétaire de la source, le baron de Carbonnières, seigneur de Panassou. Il s’agit de Jean de Carbonnières de Jayac, époux de Marguerite de Nadalou (mariage en 1713).

Il était atteint de douleurs rhumatisantes. Il habitait Bordeaux et d’un âge très avancé. Les hommes de l’art de la cité bordelaise n’avaient pu le guérir. Il était impossible pour lui de se rendre à Barèges ou au Mont-Dore dans son état. Il crut que le limon du bassin possédait des vertus comparables à celles des stations thermales. Il affréta un bateau et remonta la Dordogne jusqu’à Bézenac. Après avoir pris pendant quelques jours les eaux, on le couvrit de boue. Il fut entièrement soulagé le douzième jour, reprit l’usage de ses membres et fut en état d’aller à la chasse. Trois semaines suffirent pour la guérison radicale et il a vécu encore plusieurs années.

Il semble que cette guérison ait inauguré la mode des boues de Panassou. De nombreux malades les ont utilisées jusqu’à la fin de l’ancien régime. Le manque d’installation, le projet de construction avorté pendant la Révolution, la source en plein air dont la pluie peut en perturber ou affaiblir les principes constituants, les eaux et le limon, l’absence d’installations appropriées aux curistes, autant d’obstacles qui empêchèrent le développement d’une vraie station thermale qui périclita vers la moitié du XIXe siècle.

''La saison des bains commençait vers le 22 juillet pour se terminer le 1er octobre."

Non loin de là, le château de Panassou offre fièrement sa silhouette à la limite de Bézenac et de Saint-Vincent-de-Cosse. Édifié au Moyen-âge par les seigneurs de Beynac, il est assis sur un cluzeau taillé de main d’homme.



Ref : Monumentum.fr. Crédit photo : Mangeurdeptilu - Sous licence Creative Commons

Par Jean-Louis FILET.