FILET Pierre Philmemon Mplf


Quelle triste fin, pour ce vaillant soldat qui a fait toute la durée de la guerre 14-18, au sein du 126e régiment d’Infanterie. L’armistice vient d’être signé depuis hier quand des gendarmes viennent lui demander de rejoindre illico son régiment …





Il est né le 12 avril 1891 à Saint Pardoux-Vielvic dans le sud-est du département de la Dordogne, fils de Jean Adrien, cultivateur et de Marguerite Philippine Filet. Il aura une sœur Jeanne Adrienne plus jeune. Un beau garçon d’un mètre 69, aux cheveux châtains et yeux bleus, il sera aussi cultivateur.

La famille a vécu dans la petite maison ci-dessous qui est aujourd'hui la mairie.

Pas le temps de fonder une famille, en 1912, il est incorporé au service militaire dans le 126e RI.L'orsque survient la guerre, le voilà parti dès le 2 aout, à peine un mois plus tard le 9 septembre il fera partie des nombreux blessés à Chatel-Raoul (au sud de Vitry-le-François), sans pour autant l’empêcher de continuer le combat.

Plus tard, il sera cité à l’ordre du régiment : Le 12 septembre 1917, chargé d’un coup de main, s’est vaillamment élancé sur la tranchée allemande qu’il a minutieusement fouillée ; a rapporté des renseignements utiles et intéressants sur la défense ennemie. Le régiment est dans la région de Suippes en Marne.

Extrait du jmo du jour du régiment pour cette journée du 12 septembre 1917.


On ne sait pas quand, malade, il est venu en permission à Vielvic et n’a pu rejoindre le front, victime d’une maladie pulmonaire. Jeanne, sa jeune sœur, s'est occupée de soigner son frère. Elle décédera par la suite en 1925 à 28 ans, dont la cause est certainement imputable à la même maladie.

Le 12 novembre 1918, au lendemain de la signature de l’armistice, les gendarmes sont venu le chercher, alors que sa mère est aux champs, ils l’insultent, le menacent du Conseil de Guerre, en le traitant de déserteur ; bouleversé, Philémon meurt, victime d’une hémorragie, sous leurs yeux.



Cette histoire n’aurait jamais été connue, si les gendarmes, complètement ivres, ne s’étaient arrêtés chez une voisine sur le chemin du retour pour lui avouer, épouvantés : « Nous avons tué Filet », tout en lui enjoignant de ne pas en parler.


Une petite tombe presque cachée par la végétation dans le cimetière de saint-Pardoux.

Par Jean-Louis FILET.

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