samedi 30 novembre 2019

Zalerie à Vanxains

''Vanxains est un village d’environ 700 habitants situé dans le Périgord blanc, près de Ribérac. Le lieu-dit la Jalerie était autrefois orthographié ou prononcé la Zalerie. Il se situe sur la route d’Epeluche et domine la plaine des Tourettes.''


En 1561, ce ne sont que des terres entourant une ferme lorsque François Achard de Joumard en hérite et construit le « repaire noble » de la Zalerie entre 1580 et 1582.


En 1583, la famille Bouchard des Plassons en devient propriétaire, et ce, jusqu’en 1768. A cette date, le repaire et le domaine sont rachetés par Germain Chateignier qui exploite le domaine mais ne s’occupe pas des bâtiments. Il meurt, endetté, en 1793. Ses biens sont saisis au profit des héritiers du marquis de Lostanges.

Le domaine, en ruines, revient à la famille Du Bois du Bais. César du Bois va alors entamer de grands travaux de restauration : Il fait agrandir les fenêtres de la façade nord, il ouvre dans la cave trois ouvertures en forme de meurtrières. Les communs sont agencés en cour fermée : un colombier, un poulailler, un toit à cochons, un four à pain, un chai, un local pour le bois, une buanderie, un portail ouvert vers le sud et une grange.

Dans le logis, il n’existe pas d’escalier, il faut se contenter d’une échelle pour y accéder.

En 1908, la Zalerie appartient à la famille de Monts de Savasse. Des travaux d’entretien et de conforts sont entrepris depuis 1940 : L'entrée s'effectue par un porche pigeonnier de plan carré. La maçonnerie, réalisée en moëllons et pierres de taille, est enduite. Les toitures à deux pans sont couvertes de tuiles creuses traditionnelles ou mécaniques ; les croupes et les toits en pavillon sont couverts de tuiles plates. Le logis dispose d'un étage de soubassement, d'un rez-de-chaussée surélevé et d'un comble à surcroît. Les baies sont alignées en travées.

Famille Dubois Du Bais

En 1793 Jacques François César Dubois Du Bais, sieur d’Auberville hérite des biens de son « oncle à la mode de Bretagne » le marquis de Lostanges, dont le repaire de la Jallerie. La famille s’installe alors au manoir. Jacques-François est né le vingt-neuf mai 1744 à Cambremer dans le Calvados. Il épouse sa cousine Marie Catherine D’Eauga à Ribérac le trente décembre 1798. (Dixième Nivôse an VII). Bms Ribérac 1798 p11/58. Il décède à Vanxains le dix-huit décembre 1824. Pour l’état civil, il est dit Dubois, mais on trouve un rectificatif de son patronyme sur son acte de décès avec l’ajout de la particule Du Bais devenant ainsi Dubois Du Bais.




Leur fils César Adrien voit le jour le vingt-deux Vendémiaire an VIII (quatorze octobre 1799) à Vanxains. En 1846 il vit seul au manoir avec deux domestiques et trois servantes.

Sources AD de la Dordogne. Bms Vanxains 1824 p32/36 et dénombrements de population.

Il décède le quinze septembre 1867 à MouzaÏa en Algérie.

Par Geneviève COULAUD.

vendredi 29 novembre 2019

Ysen-grin Féroce comme le fer

Je me présente, Ysengrin. Ysen-grin, en ancien néerlandais « féroce comme le fer » ou « casque de fer ».


Oui, Je sais, vous avez entendu parler de moi, en des termes pas toujours très éloquents. Éternel ennemi de Renart, j’étais toujours dupé. De plus, mon épouse, ah, mon épouse, Dame Hersent la louve, me faisait cocu avec Renart, d'où notre éternelle rancœur.

Mais je ne vais pas parler de moi, je suis né au Moyen-Age et depuis, l’eau a coulé sous les ponts, j’ai eu des enfants, petits-enfants … Bref, d’Ysengrin il ne reste plus que ce que l’on veut bien raconter le soir à la veillée.

Nous étions une très grande famille avec plusieurs branches comme le loup gris commun d'Europe, le « Canis lupus » premier animal à être domestiqué par l'homme, et oui, celui que l’on appelle « chien » (Canis lupus familiaris) Il y avait également le loup arctique sauvage devenu le loup gris actuel … Mais petit à petit, ce loup a été exterminé par la plupart des communautés à cause de ses attaques contre le bétail.

La Dordogne a subi des attaques de loups, un arrêté du préfet de la Dordogne sur une battue aux loups, date du 1er pluviôse an XIII (Périgueux, Canler).
Dessin Didier Eymet.

Les loups sauvages ont toujours fasciné les humains au cours de l'histoire, alimentant tous les domaines de la culture : la mythologie, la littérature, les arts mais aussi les peurs et les fantasmes collectifs. Un de mes derniers descendants en Dordogne a été trouvé le 30 octobre 2015 à Saint-Léon-sur-l’Isle, blessé dans un poulailler. Il a été abattu sur place.

''Quant à moi, par ici, on n’entend plus parler de mes descendants…J’en suis fort contrarié. Cependant, nous ne sommes pas complètement morts, on perpétue toujours notre histoire, et ce depuis la plus tendre enfance, je pense que nous avons encore de l’avenir et cela me réjouit, mais…chuuuut, c’est entre nous''

Par Françoise VILLECHENOUX.

jeudi 28 novembre 2019

X d’une famille d’X

Dans la famille X, je voudrais la mère, je voudrais le père. Cela pourrait effectivement faire partie du jeu des 7 familles sauf que, dans la famille X il n’y aura pas la fille car elle se prénomme Marguerite Nivôse ou plutôt on la prénomme Marguerite Nivôse car cette pauvre enfant est née de parents sûrement connus mais inconnus officiellement.


Réf AD 24.

En principe les enfants abandonnés étaient souvent des enfants de servantes, ou d'ouvrières, pour la plupart des femmes jeunes et célibataires. En ce qui concerne les enfants légitimes, la cause de l'abandon était le plus souvent économique. Ils étaient généralement abandonnés devant le porche de l'église.

Là, nous sommes en présence d’un cas différent :

Dessin Didier EYMET.

• La maman a accouché avec l’aide d’une sage-femme, Marguerite Crabanat, elle a donc reçu les premiers soins nécessaires ainsi que l’enfant.

• Celui-ci n’a pas été abandonné n’importe où, il sera peut-être adopté ou envoyé au nouvel et bel hospice.

• Il a été présenté avec deux témoins, ce qui signifie tout de même que cet accouchement a été préparé, rapidement peut-être, mais préparé.

• On lui a donné un prénom, logique, Marguerite, probablement celui de la sage-femme.


• On lui a donné un nom Nivôse alors que l’on donnait « volontiers aux enfants trouvés, en guise de prénom et de nom, deux prénoms ou intercalait le terme « dit » entre le nom et le prénom, signalant par-là que le nom porté n’est pas un nom hérité. Sans famille, les enfants trouvés et abandonnés étaient également souvent sans nom. Or, le nom est indispensable pour identifier un individu dans les actes courants de la vie en société. Attribuer un nom « patronymique » à ces enfants était donc une obligation pour les hospices, et ce dès le moment de leur réception. La filiation des enfants trouvés, exposés dans la rue ou déposés dans le tour de l’hospice, était souvent ignorée et il fallait donc créer une identité pour ceux-ci. Pour ce qui est des enfants « naturels » ou « illégitimes ». L’identité de la mère était parfois connue. Mais pour eux également, il fallait créer une identité nouvelle, marquant la rupture avec les parents qui les avaient délaissés. …. »


Nivose, c’était le quatrième mois du calendrier républicain, correspondant à la période allant du 21 décembre au 19 janvier du calendrier grégorien.

Il tirait son nom « de la neige qui blanchit la terre de décembre en janvier », selon les termes du rapport présenté à la Convention Nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d'Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ».


Représentation de Nivose dans le calendrier républicain.

Joli nom, poétique comme pour apporter un peu de douceur et de légèreté dans cette triste histoire.

Ce qui interpelle c’est la façon dont tout cela s’est déroulé. On peut penser au moins à deux scénarii : madame X s’est présentée chez la sage-femme,

• Soit elle la connaissait, contrairement à ce qu’elle prétend, alors à savoir pourquoi ?

• Soit elle a été envoyée par quelqu’un. On peut donc supposer que cette personne la connaissait.

Alors pourquoi tant de mystère ? Nous ne le saurons jamais. En cherchant plus loin, on ne trouve aucune trace de Marguerite.

Par Françoise VILLECHENOUX.

mercredi 27 novembre 2019

W-C mortel à Saint-Saud-Lacoussière

Au nord du département de la Dordogne, en Périgord vert, la commune de Saint-Saud-Lacoussière se trouve dans le parc naturel régional Périgord-Limousin. Nontron est situé à 15 kilomètres à l’ouest de saint-Saud. Avec un peu plus de 58 km2 de superficie, c'est la dixième commune la plus étendue du département de la Dordogne. L’abbaye de la Peyrouse (Petrosa) est une ancienne abbaye cistercienne, aujourd’hui disparue.

Suicide ou crime. Toujours une énigme à Saint-Saud-Lacoussière que la justice n’aura pas solutionnée.


Réf. AD 24 Saint Saud Lacousiere 5MI14809_001 BMS 1750-1764 page 68/492.

''Le 2 mars 1752, à la réquisition de Léonard Chasteau, sieur de la Pradelle, procureur d’office de la présente juridiction, du sieur Pourchereaud, religieux Grandmoniste de la Faye, du sieur Laschaud, bourgeois, habitants du lieu de Peyrouse, j’ai enterré et fait le service du corps de feu Messire Gibout, prêtre, prieur de Badeix, qu’on m’a dit être décédé de mort violente en la communauté de l’abbaye de Peyrouse, présente paroisse, et qu’on m’a assuré avoir donné ses preuves de contrition, et reçu l’absolution à l’instant de sa mort, ce qui m’a porté à permettre qu’on l’ait inhumé dans l’église de cette paroisse, et aux tombeaux de la fabrique en présence de plusieurs témoins soussignés. Sicaire Dumont, Y. de la Peyronnie, Charteaut, Deslande, témoins.'' Dupeyrat, curé.

Une énigme criminelle sans coupable.

Les circonstances sont pour le moins étranges : pendant que l'on chantait mâtines au chœur de l'abbaye de Peyrouse, Dom Giboust fumait sa pipe sous le cloître, puis se rendait aux commodités de l'abbaye. Son valet, Racoing, devait y découvrir son corps percé de neuf coups de couteau.

Dessin Didier Eymet.

Les versions de son décès diffèrent, son valet prétendant qu’il s’était suicidé en se portant neuf coups de couteaux dans la région du cœur, tout en prenant la précaution de relever sa chemise pour ne pas l’endommager. Il semble d'après ce rapport qu'il était vêtu d'une manière assez élégante, tout au moins, pour un religieux, d'une redingote de couleur mûre, d'un habit de drap brun, et d'une culotte noire, chaussé de bottes molles. Un procès fut introduit, le verbal du criminel nous en donne le détail : “Les nommés Laprade, domestique du prieur de Boschaud, Racoing, valet de feu, le prieur de Badeix et Léclaircie, domestique à l’abbaye de Peyrouse, et Louis Borie, sieur des Barières, maître chirurgien, accusés du meurtre et assassinat commis dans la maison conventuelle de Peyrouse, sur la personne de Dom Giboust, prêtre, religieux de l’ordre de Grandmont, prieur de Badeix.

Afin de confondre les assassins, la justice demande un rapport des médecins de Périgueux, de Limoges, de Paris, de Montpellier, de Tours et d’Angers, établissant qu’un homme frappé de neuf coups de couteau ne peut pas s’être suicidé, comme on voudrait le faire croire. Tout dépend de savoir si un homme peut s’enfoncer dans le corps successivement neuf coups de couteau, tous pénétrants et dont deux blessent le cœur. Ils ont même décidé qu’un homme, qui a le cœur percé, ne saurait parler. Les docteurs de la faculté de médecine de l’université d’Angers, sur l’exposé qui nous a été fait

1 – Que des neuf coups de couteau deux avaient pénétré jusqu’au cœur.

2 – Que le couteau dont on s’est servi pour cet assassinat a été trouvé fiché dans le mur des dits privés.

3 – Que la chemise du mort n’était nullement percée.

Nous estimons, malgré quelques observations de plaies pénétrantes jusqu’au cœur qui n’empêchaient pas le blessé de se mouvoir pendant quelques temps, qu’il n’est pas vraisemblable que ledit P. de Giboust eut pu se porter lui-même un second coup de couteau dans le cœur, après s’en être porté un premier précédé de sept coups portés ailleurs, et que sa force et sa présence d’esprit eussent été assez grandes pour aller jusque-là, encore moins pour être appliquées l’une et l’autre à ficher dans une fente de mur l’instrument de ces coups mortels, et à écarter préalablement ses vêtements et sa chemise, pour se les porter tous ; et qu’ainsi il n’est pas croyable que ledit de Giboust se soit assassiné lui-même, comme on a voulu le publier, ce que nous certifions.

À Angers le 16 mai 1752. Tous les autres médecins consultés arrivent aux mêmes conclusions. Les soupçons de la justice se portèrent sur Racoing et les domestiques de l'abbaye. L'enquête dura un an mais ne put faire la lumière sur cette étrange affaire. Les prévenus furent innocentés le 2 août 1753, la thèse d'une crise de démence suicidaire ayant sans doute prévalu. Gaston SIMON.

Par Jean-Louis FILET.

mardi 26 novembre 2019

Villageot (Le) Suzanne NADAL

Monbazillac, dans le Périgord pourpre, à une dizaine de kilomètres au sud de Bergerac, sur les hauteurs au milieu de vignes. Un vin blanc liquoreux à la si grande renommée. Malfourat en est un lieu-dit.


« Le Villageot » était le nom de la maison de mes ancêtres, il se situe au lieu-dit Malfourat sur la commune de Monbazillac. Il comprenait un îlot de maisons ainsi que des vignes de l’appellation Monbazillac. Mon arrière-grand-mère Catherine en est devenue propriétaire en 1906 lors du partage des biens de ses tantes Dailhac.
L’enfance Marie Louise Isabelle Suzanne Nadal, ma grand-mère maternelle, est née le 4 juin 1895, rue Victor Hugo à Bergerac, elle est la fille de Catherine Marguerite Dailhac et de François Nadal. Sa petite sœur Thérèse Anne Marie vient au monde, à Bergerac le 19 mai 1897. Leur père François est caissier principal à la banque de France à Paris, il décède le 2 Février 1906 à Bergerac.

Les deux petites filles, vont être élevées par leur mère et les tantes de celle-ci : Zaïda, Marie et Elida. En 1910, elles vivent dans la maison des tantes, place Gambetta à Bergerac.



La jeunesse

En 1913, Suzanne a 18 ans, elle fait la connaissance de Louis Laforêt, il est épicier de l’autre côté de la place. Ce fut le coup de foudre, ils se marient le 24 juin 1914, juste avant la 1ère guerre mondiale. Louis est mobilisé et part au combat. Suzanne est enceinte de Cécile leur fille aînée. Elle voit le jour au mois d’avril 1915. Lorsque Louis est en garnison, elle le rejoint, d’abord à Angoulême, puis à Fontainebleau entre 1915 et 1916 : sa 2ème fille Ginette, voit le jour le 13 septembre 1916 à Bergerac. Viendront ensuite, Germaine en 1920 et Henri dit Riri en 1927. Au moment de l’armistice, Louis est au Villageot en convalescence chez sa belle-mère, ils s’y installent définitivement et vont y rester jusqu’en 1962, date à laquelle ils se retirent à Bergerac.

La famille

Mamie, comme nous l’appelions, n’a certainement pas eu une vie toujours facile, elle a élevé quatre enfants, quelques petits enfants, du reste les ainés de ces derniers, l’appelaient souvent « maman ». Mais il y avait aussi les grandes tablées des repas de de fêtes, les vendanges, toujours des amis de passage.


Les années 30-40 au Villageot. Photo collection privée GC.
De nouveau mobilisé en 1939, Louis repart au combat, il est fait prisonnier en 1940 et y reste jusqu’en août 1941. Entre 1941 et 1945, ils accueillent des réfugiés, venant en particulier de La Rochelle, avec lesquels la famille tisse des liens amicaux.

Les quatre enfants se sont mariés, ils vendent la propriété en 1962 et s’installent à Bergerac. Suzanne adore les voyages et par-dessus tout, les séjours à Biscarrosse, le seul souci étant de trouver un chauffeur. Ils vont se faire véhiculer par des amis, iront visiter l’Allemagne au mariage de mon cousin, la Champagne en passant etc.

La retraite

Mais dès que Pâques arrivait, elle préparait les paquets et en route pour Biscarrosse dans la petite maison de famille, bien trop petite pour tout le monde qui y séjournait, soit dans la maison, soit la caravane ou la tente plantée dans le jardin. Il n’y a pas d’eau courante, toute la maisonnée se sert à la pompe. Mais le mois de mai les ramenait à Bergerac où elle nous régalait des fraises du jardin à la chantilly, des haricots frais cueillis etc… Le mois de juin arrive, retour à Biscarrosse jusqu’à la rentrée des classes (fin septembre). Il y avait un rituel très au point, les jeunes, le matin, vont à la plage après avoir fait quelques courses selon la liste, retour pour déjeuner, et attention soupe obligatoire midi et soir, sinon, pas de melon ! L’après- midi, après la vaisselle, partie de belote avec le grand-père et les voisins ou locataires ou amis, puis vers 16 heures, plage, Mamie, son tricot, son pliant, sans oublier le parasol. Elle surveillait ses ouailles en tricotant et en papotant avec son amie de toujours. Pour les jours de pluie, c’est atelier coquillage et balade à pied.
Les gros orages du mois d’août ramènent les campeurs dans la maison, où tout le monde s’entasse dans la pièce principale en attendant un retour au calme.

Et le soir ? A 14 -15 ans, nous n’avons pas droit aux boites de nuits, c’était balade à pied jusqu’à la plage avec arrêt sucette obligatoire. Nous les jeunes, allions admirer le coucher de soleil sur la mer et partie de belote au retour. Les dernières années, nous avions droit à la séance de cinéma.

Dans les années 70, à La Coquille. Photo collection privée GC.

Ce fut ainsi jusque vers l’été 1971, elle nous a quittés le 19 avril 1972 à l’âge de 76 ans.
Je suis revenue à Biscarrosse, ce ne fut plus jamais pareil, elle était l’âme de cette maison. Je peux dire que j’y ai passé mes plus belles vacances.

Par Geneviève COULAUD.

lundi 25 novembre 2019

URVAL Famille BRU

''Tout petit mais très joli village médiéval, il a gardé tout son cachet. URVAL pourrait être traduit du Celte, et signifierait " Vallée de l'eau ". La raison résiderait au fait que deux ruisseaux traversent le bourg. A quelques encablures du Buisson de Cadouin, Urval dépend du district de Bergerac.



Son église romane fortifiée est datée des XIe et XIIe siècles. Elle serait bâtie sur les ruines d'une villa romaine. Chose exceptionnelle et rare, ce village possède un four à pain, appelé four banal datant du XIVe siècle. Il me semble savoir que ce four est réutilisé chaque année pour la fête du village.''



Urval possède deux châteaux : le château de la Bourlie et le château de la Poujade. La puissante famille de Montalembert résidait au château de la Bourlie. Cependant c'est d'une famille leur étant très proche dont nous allons parler : la famille Brû qui se trouve être la mienne. Comme tout village, plusieurs petits hameaux s'étalent aux alentours. Parmi eux se trouve le lieu " Les Grèzes ", appelé " Las Grezas " dans un temps plus ancien où la langue était encore l'occitan. Au lieu de " Les Grèzes " demeurait une famille de Féodistes, Maitres arpenteurs, Praticiens, Notaires ou même Prêtre. J'ai donc choisi de vous présenter cette infime partie de la famille Brû. La famille Brû, originaire de ce joli village médiéval remonte en filiation connue jusqu'à Jean Brû né vers 1663.

L'étymologie de ce patronyme Brû serait issue d'une variante catalane ou occitane de Brun. Nous nous intéresserons donc à Jean Brû, Féodiste, (1) Maitre arpenteur, Sieur de Leigrezes, mon ancêtre.

Né à Urval en 1716, il y mourut en 1792, fils de Jean Brû et Marie Mondy. Il avait épousé Marie Bouteil (Boutel) du lieu-dit de " La Salvagie ". Leur mariage a eu lieu par contrat en 1744 alors que la cérémonie religieuse n'eut lieu qu'en 1745, près d'un an et demi après. Je me suis donc posée la question : pourquoi ce laps de temps entre le contrat de mariage et la cérémonie religieuse. Quelle ne fut pas ma surprise de me rendre compte que Marie était âgée de 10 ans l'année de la signature du contrat de mariage, 12 à la cérémonie religieuse et 15 ans à son premier enfant !

Enfants qu'ils eurent au nombre de 11 : 4 garçons et 7 filles.

* Anne qui naquit en 1748 mariée à Jean Valadié de Cadouin

* Antoine, mon aïeul né en 1751 + 1827 notaire royal marié à Jeanne Gouzot originaire de Siorac issue d''une famille de notables.

* Françoise née en 1754 mariée à Jean Bézengier. Praticien a Cladech

* Jean né en 1757 + 1810. Il était militaire, chasseur au quatrième régiment léger, troisième bataillon, première compagnie. Il mourut à Malines (Belgique) le 12 avril 1810 dont transcription à la Mairie d'Urval, ci-dessous.



Hormis cette transcription d'acte de décès dans le registre d'Urval, je n'ai pour l'instant pas plus précisions quant à sa carrière de militaire.

* Anne née en 1759, mariée à Pierre Grafeille de Siorac


* Jean (autre) né vers 1761 + 1794. Nous le trouvons vicaire dans la paroisse de Saint-Laurent-de-Castelnaud (aujourd'hui Saint-Laurent-la-Vallée) en 1790, diocèse de Sarlat. Comme ses frères et soeurs il est né à Urval mais personne à ce jour n'a pu trouver son acte de naissance. En 1793 il fut condamné pour refus de prêter serment, et déporté (2) au-delà des mers. " Reclus " à Sarlat le 7 ventôse an II, puis transféré à Périgueux et déporté à Rochefort le 23 germinal an II où il fut " fouillé ". Détenu à bord du bateau-ponton " Les deux Associés ", il y mourut dans la nuit du 18 au 19 septembre 1794, à l'âge de... 33 ans. La vie de détention à bord de ces bateaux était des plus difficiles par les mauvais traitements subis et la grande insalubrité de ces rafiots restant amarrés en rade ou au large.



* Jeanne née en 1762 + 1843 mariée à Pierre Estay, puis à Pierre Bélinguier du lieu de la Pélinque d'Urval * Marie née vers 1764 + 1840 mariée à Jean Bounischou * Anne ° en 1764 * Françoise née en 1768 mariée à Jean Servole de Siorac-en-Périgord * Louis Julien né et décédé en 1771

''(1) Un féodiste s'occupait de tout ce qui tournait autour du droit féodal (réfection des terriers, confection des lièves, réactualisation des redevances seigneuriales etc) C'était un office, il fallait donc l'acheter auprès des revenus casuels à Paris, tout comme un office notarial. Un Notaire pouvait être Notaire expert-féodiste, mais dans ce cas il lui fallait acheter 2 offices. Je crois que tel était le cas de cette famille, de père en fils.

''(2) Au-delà des mers signifie pour son cas : " l’Île Madame ". Cette île se trouve au large des côtes de la Charente-Maritime, entre l’Île d'Oléron et l’Île de Ré. Pendant la Révolution Française, les prêtres résistants y furent déportés et y moururent pour la majorité. De nos jours se trouvent encore les sépultures de quelques prêtres dits réfractaires, de simples croix et des cailloux.

'' Par Annie-Alice MOUNIER.

samedi 23 novembre 2019

THENON Marsalle FAURE

''À l'est du département de la Dordogne, Thenon est une commune du nord Sarladais, autrefois, chef-lieu du canton du même nom. Elle est arrosée par la Laurence et le Manoire, son territoire s'étend jusqu'en bordure de la forêt Barade. L'altitude maximale avec 285 mètres est localisée au sud-ouest, près du lieu-dit les Brandes. Il y pousse des châtaigniers, ormeaux, chênes et pins et des arbres fruitiers, et, surtout, noyers, figuiers et poiriers. Le bourg se situe à 11 km au nord-ouest de Montignac, 22 km au sud d'Excideuil, 18 km à l'ouest de Terrasson-Lavilledieu et 28 km à l'est de Périgueux.''



Marsalle, tu es mon ancêtre la plus ancienne ! Je ne sais presque rien de toi, mais je ne désespère pas de finir par te connaître, tu vivais dans cette jolie cité de Thenon au cœur du Périgord au milieu du XVIe siècle, je sais juste que tu as donné ton joli prénom à ta petite fille comme c’était la tradition à l’époque puisque tu étais sa marraine.

Ton nom ? Le plus commun dans le Périgord, celui qui rappelle que notre région avait une richesse que nous ne connaissons plus à l’heure actuelle : le fer ! Et ces travailleurs qui le forgeaient : les faures!

Donc tu t’appelais Marsalle Faure ! Étais-tu née à Thenon ? Je n’en sais rien. Certains se demandent si tu n’as pas vu le jour au lieu-dit de la Couleygne aujourd’hui la Coulénie. Tes parents y étaient t’ils cultivateurs comme beaucoup d’autres dans cette région ? Peut-être… Où étaient-ils propriétaires ?

Tu t’es mariée avec un monsieur Charles dont on ne sait rien non plus. Sinon que vous avez eu deux filles : Mariotte, mon ancêtre, qui est née vers 1585 à Thenon et Marguerite née dix ans plus tard. Sûrement, vous avez dû avoir d’autres enfants entre les deux, mais je ne les ai pas retrouvés. Tes deux filles ont épousé à leur tour Antony Mandral pour Mariotte et Jean Mandral pour Marguerite. Étaient-ils deux frères ? Sûrement !

Les familles de tes filles étaient aisées, oui ! L’un de tes petits-fils : Jean Girou, le fils d’Antony et de Mariotte était Notaire royal et il épousa Sicarie Amelin la fille de sieur Antoine Amelin maitre Chirurgien à Thenon qui à leur tour ont eu Léonard qui reprit la charge notariale de son père. Avec sa femme Anne Buffenoux, ils eurent une fille Hélène qui se maria avec un riche marchand de Cadouin : Guillaume Chabannes. Ta seconde fille épousa, elle, Jehan Mandral tailleur d’habits et ils eurent un fils : Léonard qui suivit les traces de son père et devint lui aussi tailleur d’habits qui lui épousa Marguerite Comptesuse la fille du boucher de Thenon Guillaume Comptesuse, leur fille Marie, elle aussi épousa un fils Chabannes : Arnaud, frère de Guillaume, marchand lui aussi. C’est ainsi que tu devins la grand-mère de tous les Chabannes !
Par Bernadette FONDRIEST.

vendredi 22 novembre 2019

Saint-Georges-de-Blancaneix Les curés bâtisseurs

Au sud-ouest du département de la Dordogne, dans l'aire urbaine de Bergerac (sous-préfecture située à 15 kilomètres), la commune de Saint-Georges-Blancaneix se trouve, en forêt du Landais dans le Périgord Pourpre. Bordé au sud-est par un affluent de la Dordogne, l'Eyraud, qui marque la limite avec la commune voisine de Prigonrieux, son territoire est baigné par le Blancaneix, un affluent de l'Eyraud.

C’est au cours des recherches sur la branche Hortion, à Saint-Georges-de-Blancaneix, que je suis tombée sur de curieux actes d’état-civil. Extraits des réparations de l’église paroissiale de St Georges de Blancaneix par Raymond Robert, prêtre curé dans lesquels il note le suivi de ces travaux.
• Construction d’un vitrail le 20 octobre 1730.

• Réfection de l’autel et du sanctuaire dès le 14 mars 1731.

• Construction d’un bénitier le 31 mars 1731.

• Déplacement et modifications du confessionnal le 4 avril 1731.

• Remplacement de la croix en bois par une croix en pierre.

• Bénédiction des croix, du tableau.

• Les pilastres du cimetière sont achevés le 5 mai 1731.

• L’agrandissement de deux vitraux est terminé le 9 mai 1731.

• Le marchepied est refait le 13 juillet 1731 ainsi que les balustres le 19, par le même menuisier.

Avec de bons yeux, on peut suivre la restauration de l’église ainsi que la fonte et la bénédiction de la cloche de l’église de Saint-Georges-de-Blancaneix.

Ces actes m’ayant interpelée, j’ai voulu poursuivre les recherches sur l’église. Bien-sûr, je n’étais pas la première à avoir eu cette idée, j’ai donc eu la chance de trouver des documents de l’ARAH (Association de recherches archéologiques et historiques) qui nous parlent de ce curé Reymond Robert nommé le 18 mars 1724, qui s’est employé à restaurer les édifices religieux « surtout pour lutter contre le protestantisme » Par la ténacité qu’il met à restaurer avec faste les édifices religieux, le curé veut certainement démontrer avec ardeur, l’hérésie de certains, faisant coïncider bénédiction et destruction de symboles protestants : les cloches sont bénies le jour de la Saint Barthélémy ; les croix de bois sont installées dans les fiefs protestants : la Forge Basse, Laubanie, Bramide, la cour du presbytère installée sur les cimetières des huguenots». Et là, je suis allée chercher un complément de renseignements à Saint Georges.

On peut voir que des noms sont inscrits sur les chapiteaux, peut-être de généreux donateurs car m’a-t-on expliqué, l’église a été reconstruite à la fin du XIXe siècle. Surprise, c’est encore le curé qui en finance une partie avec ses fonds propres, qui fait couler la nouvelle cloche, ainsi que les statues en bois polychrome, jalousement gardées en mairie.




Elles représentent Saint Pierre, Saint Paul, Saint Front et le pape.






Ce curé, Joseph Jannaud consacrera également sa vie à sa paroisse et comme Reymond Robert sera un sérieux défenseur de l’église, pour exemple : En 1905, lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui achève la laïcisation de l’Etat, notre abbé craint fort pour son école catholique. Sachant que deux ministres doivent venir à Périgueux, il décide de les rencontrer pour les inviter dans sa paroisse. Ils acceptent et sont reçus autour d’un festin pantagruélique. Gavés, repus, les ministres lui accordent le privilège, et à lui seul, de conserver son école. Saint-Georges aura donc une école catholique et une laïque !!

Il meurt le 8 février 1928. Sur sa tombe on peut voir son étole en bas-relief.
Par François VILLECHENOUX.

jeudi 21 novembre 2019

ROUFFIGNAC-SAINT-CERNIN-DE-REILHAC Pierre Khantine

''A l’est du département de la Dordogne, dans le Périgord noir, la commune de Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac est arrosée par deux affluents de la Vézère : le Manaurie et le Vimont. Son altitude varie entre 116 et 304 mètres. Associée à la commune de Saint-Cernin depuis 1972, Rouffignac, après avoir fait partie du canton de Montignac, a intégré depuis le 1er janvier 2014, la communauté de communes de la Vallée de l’Homme. Sa population s’élevait à 1590 habitants en 2016. Elle est jumelée depuis 1989 avec une commune du Bas-Rhin : Bindernheim. Les habitants de ce village alsacien étaient venus se réfugier à Rouffignac en 1939. Elle est habitée depuis la préhistoire et on peut y découvrir :
- la grotte aux cent mammouths,

- le château de l’Herm du 16ème siècle,

- l’église Saint-Germain avec son intérieur de style gothique flamboyant,

- l’église Saint-Saturnin à Saint-Cernin,

- le dolmen du Cayre,

- l’Espace Mémoire du 31 mars 1944,

- le groupe scolaire Pierre Khantine.''


Pierre Khantine est né à Paris le 18 décembre 1915 de parents d’origine russe. Il est devenu français par déclaration souscrite le 30 décembre 1924. Il fait ses études primaires à l’école Gustave de Rothschild et ses études secondaires au lycée Henri IV à Paris, dans le 5ème arrondissement. Au concours général de 1935, il obtient le premier accessit en mathématiques et le deuxième prix de physique. Cette même année, il est reçu au concours de Polytechnique et au concours de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm. Il opte pour l’E.N.S. et en 1938, il est reçu second à l’agrégation de mathématiques.

En 1938 et 1939, il est professeur de mathématiques à l’Ecole Navale. Il fait la guerre en qualité d’aspirant d’artillerie. À la suite de la promulgation, le 3 octobre 1940, par le gouvernement de Vichy, des lois raciales sur le statut des juifs, il est exclu de son poste de professeur.

De 1940 à 1943, il s’engage dans la Résistance au sein du mouvement des Eclaireurs Israélites de France. En 1942, il est chargé de mission au sein de la « Sixième », branche clandestine des E.I.F. Il devient le commissaire régional des E.I.F. en zone non occupée. A Moissac, il est professeur au centre artisanal où sont regroupés des enfants et des adolescents ayant fui la zone occupée par les Allemands. Il participe à la recherche de lieux pour les cacher. C’est à ce moment-là qu’il rencontre Paulette Benroubi. Elle a de faux papiers au nom de Paulette Beaumont et elle est rattachée à l’Œuvre de Secours aux Enfants (O.S.E.) de Lyon. Sous la dénomination fictive d’assistance sociale, elle est chargée de rechercher des nourrices et des pouponnières pour placer les tout-petits en danger de déportation. Mais après le 11 novembre 1942, date à laquelle la zone libre est occupée par les Allemands, la « Sixième » décide de disperser les personnes du centre de Moissac.

C’est en juillet 1943 qu’il épouse Paulette Benroubi. En août, le couple s’installe à Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac (Dordogne) où Pierre est sollicité pour occuper un préceptorat auprès du fils de Monsieur Delpeuch, propriétaire du domaine de Tourtel. Le maire de Rouffignac, Fernand Lablénie, leur procure de fausses cartes d’identité au nom de « Cantine » et sans la mention « juif ». Malgré cela, Pierre Khantine n’échappera pas aux chasseurs de juifs.


En mars 1944 une division allemande commandée par le général Walter Brehmer est constituée pour intensifier la lutte contre les « terroristes ». Elle reste une semaine en Dordogne et sème la désolation dans tout le département (à Ribérac, dans la Double, à Brantôme, Excideuil, La Bachellerie …). Le 30 mars, sur la RN 89, près de Fossemagne, un groupe de maquisards FTP fait prisonniers deux soldats allemands. En passant à Rouffignac, la voiture qui les transporte s’arrête devant le café de France. En repartant, elle croise une colonne allemande. Les maquisards abandonnent leur véhicule et disparaissent dans les bois. Les deux prisonniers allemands racontent que les jeunes du bourg les ont molestés. En représailles, le lendemain (31 mars), la division Brehmer envahit le village. Elle demande le lieu de stationnement du maquis. Personne ne répond… L’ordre est alors donné à tous les habitants de se réunir sur la place… Les hommes, au nombre de 65 dont le maire et les gendarmes, sont mis à part pour être conduits à Périgueux et incarcérés à la caserne du 35ème Régiment d’Artillerie.

En route, le convoi s’arrête à Azerat. Pierre Khantine, le seul juif du groupe, est séparé des autres, emmené par un officier allemand et fusillé.

Pendant ce temps, à Rouffignac, après avoir fait évacuer les habitants du bourg, les maisons sont pillées. Puis des bombes incendiaires sont lancées dans les habitations et ce n’est bientôt qu’un immense brasier. Le lendemain, il ne reste que l’église et les trois maisons qui l’entourent.

Suite à ces événements et sur décision du général de Gaulle, la croix de guerre 1939-1945 avec palmes est attribuée à Rouffignac et remise le 11 novembre 1948 par le général Duchet.


La reconstruction du bourg de Rouffignac a permis de doter la commune d’un groupe scolaire vaste et fonctionnel qui est inauguré le 31 mars 1952. Il s’inscrit aujourd’hui dans une zone qui accueille un stade, des courts de tennis, une salle de sport et des infrastructures ludiques.



Le 31 mars 2007, le maire Jean-Gérard Faure dévoile la plaque indiquant que cette école prend le nom de « Pierre Khantine » en hommage à ce résistant d’origine juive, réfugié dans le village, victime de la barbarie nazie.





Par Huguette SIMON LABROUSSE.

mercredi 20 novembre 2019

QUINSAC Une longue lignée de meuniers

En Périgord vert, Quinsac est implanté dans la vallée de la Dronne, rive gauche. Le bourg est situé au nord-nord-est de Brantôme à 8 kilomètres et 12 kilomètres au sud-sud-est de Nontron.



Venus de Nantheuil, deux frères Chadoin se marient à Quinsac en 1736. Le 17 janvier pour Antoine avec Aubine Jolivet qui est née à Quinsac le 11 juillet 1715 et le17 avril pour Jean (mon sosa 496) avec Valérie Mazeaud née le 9 août 1716 à Quinsac.

Leur patronyme n‘est pas connu du prêtre qui note « Chadeuil » pour Antoine et « Chadoir » pour Jean. A Nanthiat, c’était « Chadoyx ». Mais au fil des ans à Quinsac, se fixera l’orthographe Chadoin. Si Antoine revient de Nanthiat à Quinsac vers 1741 et s’installe au lieu-dit Lascaud, loin de la rivière, probablement paysan, son frère Jean vit avec Valérie au lieu-dit Laumède, au bord de la Dronne. Feu son beau-père, Guilhen Mazeaud était de son vivant, marchand à Laumède.

Jean Chadoin I et Valérie Mazeaud auront 13 enfants, tous nés à Laumède, dont 9 parviendront à l’âge adulte. Jean meurt le 21 septembre 1759. Parmi les 9 enfants survivants, 3 garçons : Jean, Hélie et Pierre, tous meuniers de père en fils.

Jean II fils du précédent, naît à Laumède le 27 mars 1740, et se marie avec Catherine Laroulandie à Quinsac le 20 février 1757. Il sera meunier à Laumède et au Grand Moulin de Quinsac toute sa vie. Il meurt à Laumède le 7 juin 1805. En 1789, il cède pour 5 ans le bail de Laumède à Guillaume et Antoine Mariaud, « un moulin noir ... composé d’une meule tournante à faire farine ».


Cependant, le père et le fils reprendront l’exploitation du moulin de Laumède.
Jean II et Catherine auront 7 enfants, dont 2 fils : l’aîné restera au moulin, le cadet sera charpentier à Saint-Pancrace. Quatre générations de « Jean Chadoin » seront ainsi meuniers à Laumède et au Grand Moulin jusqu’à la fin de la meunerie traditionnelle : - Jean III, né en 1764, marié avec Jeanne Dubut à Villars le 23 novembre 1784, meurt en 1811 meunier à Laumède, - Jean né en 1787, marié en 1809 avec Catherine Marchapt, puis veuf il se remarie en 1842 avec Marie Chadoin (ils sont cousins issus de germains) et enfin avec Jeanne Terminarias en 1859. Il meurt en 1867, il est devenu aubergiste, toujours à Laumède. En 1841, au mariage de son fils aîné, il est meunier propriétaire. - enfin, deux Jean fils du précédent seront meuniers, l’un (1815-1891) au Grand Moulin, l’autre (1819-1902) à Laumède.

Aujourd’hui, le moulin de Laumède est toujours debout, c’est une propriété privée mais il est inoccupé. On voit encore dépasser l’énorme axe de la roue au-dessus du bief.



Quant aux 2 autres fils de Jean I, ils seront aussi meuniers mais plus à Quinsac. Hélie reste à Laumède jusqu’en 1781, mais on le retrouve en 1783 pas très loin, au moulin du Sablon sur la commune de Saint-Front-la-Rivière où il mourra en 1805. Son frère aîné et son neveu devaient suffire au fonctionnement de Laumède qui ne pouvait peut-être pas nourrir deux familles ?

Pierre, mon sosa 248, s’installe non loin lui aussi, au moulin de Racaud sur la commune de Champagnac-de-Belair, au lendemain de son mariage en 1778. Quatre de ses fils lui succèderont à Racaud jusqu’en 1860 où le moulin sera vendu. Mais on trouve la descendance de Pierre dans beaucoup d’autres moulins de Brantôme à Milhac de Nontron jusqu’à l’extinction de la meunerie traditionnelle à la fin du XIXe siècle.


Par Françoise PERSOHN MASGONTY.

mardi 19 novembre 2019

POURROUTOUX En mai 1852

Pourroutoux, hameau situé au nord-est de la commune de Lalinde. Un lieu qui compte une dizaine de familles et 39 personnes lors du recensement de 1851. Jean Dumonteil y est mentionné comme propriétaire. Lalinde, commune du Périgord pourpre, située sur la rive droite de la Dordogne, à 25 kilomètres à l’est de Bergerac.

Une inscription sur le mur d’une maison qui interpelle. Photo JLF.

Sur la piste de mon ancêtre, Jean Filet, arrière-arrière-arrière-grand-père. Soit six générations. Natif de Trémolat et 1775, il épouse Elisabeth Chassagne (ou Chassaigne) en 1809. Il a trente-quatre ans, elle vingt-trois et jeune veuve. Elle a été mariée pendant trois ans, avant la mort de son époux avec qui elle a eu un fils. C’est à Trémolat que naîtront ses 3 garçons, tous prénommés Jean. Ils auront ensuite cinq filles, le père est âgé de cinquante-six ans et elle quarante-cinq. Vers 1820, voilà notre famille qui vient s’installer dans la commune de Lalinde, à Sauveboeuf puis aux Pourroutoux.

Jean Filet décédera le 30 mai 1852, jour de la pentecôte, à l’âge de 75 ans.

Il est cultivateur métayer, aux Pourroutoux. Avec lui et son épouse, il restait un garçon : Jean le jeune et la dernière fille Françoise 19 ans et un domestique.

Voulant visiter cette maison où la famille a vécu, une inscription découverte sur un mur apporte une interrogation ?

Y a-t-il donc un rapport avec son décès. Une coïncidence large de sens.

Il aura vécu près de 30 ans dans ce lieu. Père d’une grande famille. 75 ans, un âge important pour l’époque, de quoi laisser des regrets éternels Trois ans plus tard, son épouse Elizabeth décédera et la famille quittera le lieu. La moitié de la famille va alors s’établir dans le département voisin, en Gironde.

Pas très loin les uns des autres et pourtant il faudra attendre la première cousinade en 2004 pour réunir les descendants de chacune des branches.




''Me voilà avec mes parents pour leur présenter ce lieu de vie d’une famille lointaine. C’était d’ailleurs un jour de pentecôte, en 2013, cent soixante et un an après !''





Par Jean-louis FILET.


lundi 18 novembre 2019

ORLIAGUET Terre de mon enfance

''Si Orliaguet est une petite commune par son nombre d’habitants - 105 en 2016 - elle ne l’est point par sa superficie de 1 000 hectares. La densité de population est donc très peu élevée et les hameaux s’étalent dans toute la commune. Le relief est très particulier, constitué d’alternances de pechs, nos petites collines, et d’étroites vallées. Nous sommes sur les derniers contreforts de l’Auvergne, proche des Causses du Lot et à 3 km de la vallée de la Dordogne.

La terre y est rude, pierreuse, souvent ingrate, les garissades sont nombreuses et les arbres chétifs. Cependant nous retrouvons des traces d’occupation de l’homme dans ces terres depuis des temps fort lointains, et jusqu’au Néolithique. ''

Orliaguet, c’est pour moi la terre des vacances de mon enfance, des émois et des éveils. La terre des souvenirs. Cette même terre que s’acharnaient à cultiver mes grands-parents et bien d’autres avant eux. Si je me suis mise à la généalogie avec autant de ferveur, et ensuite à l’histoire locale, c’était bien pour tenter de répondre à cette question : depuis quand mes ancêtres pouvaient-ils être sur cette terre d’Orliaguet et comment pouvaient-ils en vivre et y vivre. Au-delà de participer à ce challenge, l’objet de cet article est donc, à travers le temps, de remonter la lignée de mes ancêtres dans ce lieu. Et si, à un moment ma quête va s’arrêter, ce n’est certainement pas mon histoire avec Orliaguet qui va le faire...

1. En 1932, ma mère, qui se mariera en 1952, à Orliaguet avec un voisin de la commune de Prats-de-Carlux, y est née.
2. En 1905, si mon grand-père ne naît pas à Orliaguet, mais à Gignac dans le Lot, c’est parce que sa mère y est allée s’occuper de parents âgés et malades. Il épousera à Sainte-Nathalène une femme native de cette commune.

3. En 1863, nous y retrouvons la naissance de sa mère, Louise dite Félicie SOURZAT. Elle épousera à Orliaguet Léon CHAPELLE natif de Martel, dans le Lot, en 1879.


SOURZAT Félicie 1863





4 En 1833, Anne Suzanne dite Suzette DELMAS, mère de Félicie naît à Orliaguet. Elle se marie en 1856, à Orliaguet avec Pierre SOURZAT natif de Gignac.

DELMAS Anne 1833








5 En 1795, c’est Pierre DELMAS, le père d’Anne qui naît en Orliaguet. Il épouse au Roc, dans le Lot, Françoise AUDRY native de cette commune.


DELMAS Pierre 1795


6 En 1776, Pétronille ou Peyronne LALBA, mère de Pierre naît à Orliaguet. Elle épouse en 1790 Antoine DELMAS natif de Peyrillac-et-Millac.

LALBA Pétronille 1776



7 En 1735, Antoine LALBA, père de Pétronille naît à Orliaguet. Il épouse certainement à Simeyrols, Jeanne ROUZADE native de cette paroisse.

LALBA Antoine 1735

8 En 1707, Jean LALBA, père d’Antoine naît à Orliaguet. Il épouse en 1735 à Eyvigues, Pétronille, Perette ou Jeanne Vergne native de cette commune.
LALBA Jean 1707


9 En 1676, Antoine LALBA, père d’Antoine naît à Orliaguet. Il se marie en 1705 à Carlux avec Catherine MAGRI native de cette commune.

LALBA Antoine 1676



10 En 1647, Antoinette Toinette SIREY, mère d’Antoine, naît à Orliaguet. Elle y épouse en 1670 François LALBA natif de Borrèze.

SIREY Antoinette 1647


11 Je ne connais pas l’année de naissance de Pierre SIREY, père d’Antoinette, ni la date, ni le lieu de son mariage avec Jeanne PLANCASSAGNE native de Carlux. Je leur trouve des enfants, 7, à partir de 1643.

12 Je ne connais pas l’année de naissance de Pierre SIREY, père de Pierre, ni la date de son mariage avec Peyronne, Penette, Peirounette LARNAUDIE. Peyronne décédant en 1696 à l’âge de 75 ans environ, j’évalue donc sa naissance vers 1621. Je leur ai trouvé 9 enfants, à partir de 1636.

13 Je ne connais aucune date pour Bertrand SIREY, père de Pierre. Je ne connais pas le nom de son épouse non plus. J’ai réussi à lui retrouver 5 enfants. Je ne connais pas non plus les parents de Peyronne. J’ai réussi à lui trouver une sœur.. Je la sais apparentée à la famille LARNAUDIE de CASTANG, seigneur de Castang et autres lieux en cette paroisse, mais le prêtre ne donnant pas les liens de parenté dans les actes, je n’ai pu déterminer exactement sa place dans cette famille.

Par Catherine TEILLAC-FAYOLLE.

samedi 16 novembre 2019

Nadaillac Justin MARJARIE Mort pour la France

Nadaillac-le-Sec, charmant village du Périgord Noir, à la limite du Lot et de la Corrèze. Commune la plus à l’est du département, elle est à 30 kilomètres de Sarlat et dépend du canton de Terrasson-Lavilledieu.


Trente-quatre poilus sont quotidiennement mis à l’honneur car ils sont inscrits sur le monument aux Morts, ou sur la plaque commémorative de l'église. Tous, cependant, ne sont pas nés à Nadaillac, mais avaient un lien avec le village de par leur famille qui y vivait par exemple. En revanche, 7 autres sont des Nadaillacois ne figurant pas sur les éléments de souvenir. Ce sont donc 41 soldats que Nadaillac a perdus durant la Première Guerre mondiale, dès les premiers jours du conflit, et dont le nom ou/et le prénom gravés sur le Monument aux Morts ou sur la plaque commémorative de l'église sont erronés pour certains !!!

L’exploration des documents mis à disposition pour chaque soldat m’a permis de faire une synthèse de la situation de ces individus. Pour cela, j’ai recherché les actes de naissance, les fiches matricules, les fiches individuelles de décès, les mentions des Livre d'Or, les transcriptions de décès, les renseignements fournis par MémorialGenWeb et également les recensements de population.

Quelques chiffres concernant ces soldats : - 35 sont nés à Nadaillac, 6 autres dans des communes de la Dordogne (Archignac), de la Corrèze (Estivals et Vars-sur-Roseix), du Lot (Cuzance) ou de Seine-et-Marne (Champs-sur-Marne). - Parmi eux, 36 sont décédés en France : 7 dans l’Aisne 02, 3 dans les Ardennes 08, 1 en Loire-Atlantique, 10 dans la Marne 51, 4 dans la Meuse 55, 3 dans l’Oise 60, 4 dans le Pas-de-Calais 62, 1 à Paris 75, 3 dans la Somme 80. Et enfin, 5 à l'étranger : 3 en Belgique, 1 en Allemagne et 1 en Macédoine (Serbie). La plupart de ces soldats ont été tués à l'ennemi ou sont morts des suites des blessures de guerre. - Concernant leur parcours militaire, peu de gradés. Beaucoup de soldats de 2eme classe, quelques soldats de 1ère classe, 4 sergents et 2 caporaux. On trouve également 2 canonniers, 1 clairon et 1 tambour. Une majorité ont obtenu leur certificat de bonne conduite.

- 24 sont partis le premier mois du conflit, dont 15 présents au corps dès les trois premiers jours (2, 3 et 4 août 1914). Au total, 30 partiront combattre en 1914, 5 en 1915, 4 en 1916. Pas de départs postérieurs. L’âge au départ pour le front varie de 18 à 36 ans. Environ la moitié des soldats est âgée de 18 à 25 ans, l’autre moitié de 26 à 40 ans. 4 soldats sont décédés dès le premier mois du conflit et n’ont combattu qu’une vingtaine de jours, tandis que 3 ont combattu plus de 4 ans. 36 soldats appartenaient à des régiments d’Infanterie ; c’est l’arme qui a payé le plus lourd tribut à l’hécatombe, arme de paysans par excellence, essentiellement recrutés dans les campagnes. 2 soldats servaient dans l’Artillerie de campagne, 1 chez les Zouaves et 1 chez les Chasseurs. Il faut également mentionner un combattant de l’Infanterie Coloniale qui a été envoyé en Macédoine et un soldat qui est resté en captivité en Allemagne. À leur départ pour le front, 14 au moins d'entre eux étaient mariés. 27 résidaient en Dordogne (24) : 21 à Nadaillac, 1 à Archignac, 1 à Bergerac, 1 à Chavagnac, 1 à Saint-Amand-de-Coly, 1 à Sainte-Nathalène et 1 à Sarrazac. 3 habitaient dans le Lot (46), 2 à Gignac et 1 à Gramat. 1 dans le Pas-de-Calais (62) à Boulogne-sur-Mer, 1 dans l’Ain (01) à Pougny, 1 en Gironde (33), à Libourne. Enfin, 7 vivaient à Paris. Manque l’information pour 1 soldat.

Il y a 100 ans, les soldats étaient beaucoup moins grands qu’aujourd’hui ; le plus petit d’entre eux mesurait 1m52 et les plus grands, ils sont 2, atteignaient 1m74 ! 24 mesuraient moins d’1m65, la moyenne était d’1m63. Rappelons que jusqu’à la loi du 2 avril 1901, la taille minimale d’1m54 était exigée, en deçà de laquelle l’homme n’accomplissait pas de service. Leur degré d'instruction n’est pas toujours mentionné, mais l’on sait que 2 d’entre eux n’avaient reçu aucune instruction (0), qu’un soldat ne savait que lire, tandis que 2 autres savaient lire et écrire. Enfin, 21 avaient reçu une instruction primaire, sans précision d’obtention du Certificat d’Études Primaires. Ils exerçaient des métiers divers : 18 cultivateurs, 3 charpentiers, 6 garçons de café, 2 domestiques, 4 maçons, 1 sellier, 1 maréchal-ferrant, 1 garçon boucher, 1 cordonnier, 1 boulanger, 3 dont on ignore la profession. Il est intéressant de noter que 21 au moins avaient repris la profession de leur père. Mais l’installation de certains à Paris fait apparaître une profession nouvelle par rapport à la génération précédente : celle de garçon de café, exercée par 1/7 des soldats de Nadaillac Morts pour la France.

Parmi les mères des soldats, à la naissance de ces derniers, on notera qu’il y avait 1 modiste, 1 sage-femme, 3 couturières. Une activité professionnelle surprenante pour l’époque est celle de chocolatiers, exercée par un couple, déjà installé en région parisienne, dont les époux avaient auparavant été respectivement domestique et cuisinière en Corrèze. Durant la guerre, les soldats étaient en général inhumés sur place. Le Général Joffre avait donné des consignes pour des inhumations en fosses communes. Mais sous la pression sociale, la tombe individuelle s’est rapidement imposée. Le fait a été enregistré en France par la loi du 29 décembre 1915. Des carrés militaires ont alors été aménagés dans les cimetières des communes proches du front, mais les aménagements restaient très sommaires. La décision fut alors prise de créer des nécropoles nationales pour regrouper les corps des combattants « Morts pour la France », avec des sépultures perpétuelles entretenues aux frais de l’état. Une loi de juillet 1920 a cependant autorisé la restitution des corps aux familles qui le demandaient, pour une inhumation dans les caveaux de famille. Mais ce ne fut le cas que pour 30 % des corps identifiés. On constate ici qu’au moins 17 des soldats ont été inhumés sur place, les listes sont actuellement en cours d’élaboration. Enfin, à titre posthume, ces soldats de la Grande Guerre ont parfois reçu des médailles, des récompenses ou des citations. Ainsi, à Nadaillac, 18 Poilus ont été décorés de la Médaille Militaire (10) ou de la Croix de Guerre (9).

Parmi eux, l’arrière-grand-père de mon conjoint.
Justin MARJARIE est né le 11/04/1878 à Nadaillac en Dordogne (24). Il est décédé le 09/06/1918 à Vrigny dans le département de la Marne (51), plus précisément au Bois de Vrigny, tué à l'ennemi, à 6 heures du matin, comme le précise la Transcription de décès. À sa naissance, son père MARJARY Jean, 50 ans, déclare ne pas savoir signer. Il exerce la profession de cultivateur et sa mère, LEONARD Françoise, 32 ans, celle de cultivatrice. Ils sont domiciliés à Nadaillac, au lieu-dit "Le Bourg".

Justin est de la classe 1898 et a été recruté sous le numéro 1125 à Bergerac. Il est classé dans la 2ème partie de la liste du recrutement cantonal, mais il est précisé « Propre au service » et, selon l’article 21, qu’il est aîné de septuagénaire. Sa feuille d’incorporation indique que ses cheveux et ses sourcils sont noirs, ses yeux noirs, son front est couvert, son nez et sa bouche sont moyens, son menton est court et son visage rond. Il mesure 1 mètre 62. Son degré d’instruction est mentionné par le chiffre 0, il ne sait donc ni lire, ni écrire. Justin MARJARIE travaille lui-même comme cultivateur et réside à Nadaillac, avec son père (sa mère étant décédée en 1887), lorsqu'il est appelé pour le service militaire, le 04/11/1899, au 108ème Régiment d’Infanterie de Ligne. Soldat de 2ème Classe, il passe dans la disponibilité de l’armée active le 22/09/1900, puis dans la réserve de l’armée active le 01/09/1902. Le certificat de bonne conduite lui a été accordé. Le 05/07/1901, Justin MARJARIE épouse Marie DUPEYROU à Nadaillac (24). Le père de ce dernier est décédé un an plus tôt. La fiche matricule mentionne que, le 06/11/1904, Justin réside à Saint-Michel-de-Fronsac (33). Du 21/08/1905 au 17/09/1905, il accomplit une première période d’exercices dans le 108ème Régiment d’Infanterie. Le 10/09/1906, il vit à Libourne (33). Le 27/02/1909, il demeure 4, cours des Girondins, à Libourne (33). On ignore le métier qu’il y exerce. Il accomplit une seconde période d’exercices, du 25/03/1909 au 10/04/1909, toujours au 108ème Régiment d’Infanterie.

Par décret de mobilisation générale, Justin est rappelé à l’activité le 01/08/1914 ; il arrive au corps le 13/08/1914. Il changera successivement de régiments : le 14/03/1915, pour le 93ème Régiment Territorial d’Infanterie et le 31/05/1917, pour le 99ème Régiment d’Infanterie. C’est au sein de ce Régiment, 1er Bataillon, 3ème Compagnie, qu’il sera tué. Il fait donc campagne contre l’Allemagne du 13/08/1914 au 09/06/1918, soit 3 ans 9 mois et 27 jours. Il est inhumé à la Nécropole Nationale « La Maison Bleue », à Cormicy dans la Marne (51), tombe individuelle 6357. Un secours immédiat de 150 francs est alloué par le 99ème Régiment d’Infanterie, le 12/02/1919, à sa veuve, Madame MARJARY, demeurant à Paris, 15ème.

Le jugement a été transcrit le 26/11/1919 à Libourne, son dernier lieu de résidence, où la transcription de décès a d’ailleurs été établie. C’est sur le Monument aux Morts de cette ville que son nom figure ainsi que sur la liste de la Nécropole de Cormicy. Aucun souvenir de lui à Nadaillac… Et pourtant !!! Pas même une photographie !

Nous nous sommes donc rendus à Vrigny, sur les lieux du combat et à Cormicy où nous avons pu nous recueillir.

Par Michèle POINTEAU-MARY.

vendredi 15 novembre 2019

Mauzac et Grand-Castang La famille Fargue

Mauzac est une petite commune située en Périgord pourpre et en bordure du Périgord noir, sur la rive droite de la Dordogne. En occitan se dit Mauzac e Grand Castann. C’est en 1793 que les anciennes communes, Mauzac et Saint Meyme de Rozens fusionnent ; puis c’est au tour de Grand-Castang de fusionner pour devenir Mauzac et Grand-Castang.


Mon arrière-arrière-arrière-grand-père, Louis Fargue et son jumeau Pierre, sont nés à Cause-de-Clérans le 21 mai 1776. Louis arrive à Mauzac pour épouser Marie Delbos dite « Jeanne» en famille, le 19 septembre 1806. Celle-ci est enceinte et Marsal Fargue vient au monde 2 mois après le mariage. Deux ans après, la famille s’agrandit avec l’arrivée de Guillaume. Louis et Marie auront au moins six enfants dont mon arrière-arrière-grand-père qui, lui naîtra à Baneuil, le 9 février 1811. Il y aura aussi, Joseph, Marie et Marsalou.

Mon arrière-arrière-grand-père, Pierre Fargue revient à Mauzac pour épouser Jeanne Delbos, le 19 juillet 1841 et ils vivront dans la maison sise au lieu de Fonblanque en compagnie des parents de Jeanne. Ils auront 4 enfants dont mon arrière-grand-père François, qui naît le 23 avril 1842. Guillaume naît en 1844 mais décède à l’âge d’un an. Puis en 1846, Joseph montre le bout de son nez. La vie n’épargnera pas cette famille car mon arrière-arrière-grand-père François décède à l’âge de 38 ans en laissant deux orphelins et une femme enceinte, qui accouchera 2 mois après le décès de son mari, et encore d’un garçon. Jeanne ne se remariera qu’en 1855. En attendant, elle devra travailler dur pour élever ses enfants, car ses parents ne sont plus là pour l’aider. En l’espace de 5 ans, elle perd un fils, un époux et son père qui s’éteint en 1850.

Mon arrière-grand-père François Fargue, dit « Louis » en famille, épouse mon arrière-grand-mère, Marie Ribes dite « Jeanne », le 28 juillet 1873 à Sainte-Alvère mais la famille revient vivre à Mauzac dans la maison de Fonblanque, et c’est là que naîtront leurs six enfants.

Mon grand-père Jean, de son petit nom « Cyprien », se mariera trois fois et sera veuf trois fois. Sa dernière femme, et donc, ma grand-mère, Lucie Cuménal, était demi-soeur de sa seconde épouse. En tout, mon grand-père aura eu neuf enfants. Je ne l’ai pas connu, il est décédé quatre ans avant ma naissance. Mais néanmoins, je me sens proche de lui de par la date de naissance que j’ai en commun avec lui…

Mon grand-père Jean et ses deux premiers enfants Raoul et Camille.

Par contre, j’ai quelques souvenirs de la maison où il est né, à Fonblanque . Certes, ce ne sont que souvenirs d’une petite fille d’à peine quatre ans, mais il me plaît souvent d’y repenser… Je me revois devant la maison, assez excentrée du bourg de Mauzac, un hangar en bois sur la droite. Il faut aller derrière la maison pour pouvoir y entrer. Je revois une grande pièce sombre avec un lit près de la fenêtre et une grande cheminée.

Mais le souvenir le plus vivace est le chemin blanc qui passe devant la maison et qui monte jusqu’à la source… ma mère m’y emmenait me promener… je sens encore la chaleur du soleil, le calme qui régnait et le murmure de l’eau qui descendait le long de ce chemin blanc...

Par Maryse GRENIER.

jeudi 14 novembre 2019

Le BUGUE JEAN REY Médecin Périgourdin précurseur de LAVOISIER

Le BUGUE, est situé à quarante kilomètres, au sud sud-est, de Périgueux. Sarlat, la sous-préfecture est à une trentaine de kilomètres vers le sud-est. La commune est implantée dans le Périgord noir sur les rives de la Vézère, près de son confluent avec la Dordogne.



Jean REY naquit au Bugue, Dordogne vers 1583 dans une famille aisée. Il était le fils de Jean REY marchand au Bugue et Perrine Yssartier. De cette union, naquirent trois fils à ma connaissance.

     	- Jean REY " l'aysné "  Sieur de la Peyroutasse ", fut Maitre de forges au Bugue, la  forge haute ou forge neuve, et forge basse ou forge de la Farge ; cet endroit de la Farge porte ce nom depuis près de 450 ans sous le nom de Place de Farge, mais .... Peut-être plus encore car des actes d'archives prouveraient qu'elle existerait depuis le XIIème siècle.

- Jacques REY, dont la descendance fera l'objet de nouvelles recherches.

- et, Jean REY, probablement le plus jeune de la fratrie, dont nous allons faire un peu plus connaissance, si vous le voulez bien.


Jean REY commença ses études à Montauban où il obtint le titre de maître ès arts de l'Académie de Montauban. Puis il entra en faculté de médecine de Montpellier le 22 novembre 1605. Il obtint son diplôme de médecin le 20 mai 1609. Les profondes connaissances acquises en chimie et en physique peuvent laisser à penser qu'il ne quitta pas Montpellier tout de suite après avoir soutenu sa thèse ; mais tout porte à penser qu'en s'éloignant de cette ville, il se retira rapidement au Bugue où il exerça son métier de médecin, dévoué à ses patients. Mais, en même temps, il réalisa des expériences sur les métaux, bien souvent dans les forges de son frère " Jean REY aysné " ; du reste, il ne manque pas de le notifier lors d'un courrier à un ami.

Il était médecin, mais surtout avait un esprit curieux, auquel nous pouvons rajouter le fait d'être un fin observateur qui devança et son siècle, mais également Antoine Lavoisier de quelques 140 années.

Afin de démontrer la vérité de sa thèse, Jean REY écrivit les " ESSAYS " sur ses recherches : ils furent au nombre de 28, suivis d'une conclusion ce qui nous porte à 29 chapitres, chapitres précédés d'une dédicace au duc de BOUILLON Seigneur de LYMEUIL.

Je ne peux que partager avec vous la notice laissée de l'abbé AUDIERNE, (issue de son Périgord illustré -1851).

"Jean REY naquit au Bugue, dans le XVIe siècle. Il dirigea ses études vers la médecine et fut reçu docteur. Mais un penchant naturel l'entraîna vers l'étude spéciale de la chimie et de la physique, qu'il fit monter, par la force de son génie, jusqu'à la hauteur qu'occupent aujourd'hui ces utiles sciences. Il fut pour ainsi dire le précurseur de la théorie actuelle, et monsieur THENARD ne craint pas de dire que les expériences de ce grand homme mirent les savants sur la voie de la décomposition de l'air. Consulté pourquoi l'étain augmentait de poids dans la calcination, il répondit que cette augmentation de poids était le résultat d'une absorption d'air, réponse d'autant plus hardie que l'on s'imaginait alors que l'air n'était point pesant. Jean REY publia ses recherches sous le titre d'Essais sur la recherche de la cause pour laquelle l'étain et le plomb augmentent de poids quand on les calcine. Monsieur Thenard en parle en ces termes : " quoique Jean Rey s'exprime d'une manière si positive, il parait que pendant près d'un siècle et demi les idées fortes et fécondes que renferme son livre furent comme ensevelies dans l'oubli. Il était réservé à BAYEN de les en tirer."


C'est seulement, en effet depuis quelques années que son nom a été placé à côté des noms les plus célèbres et les plus dignes de l'être.
Le style de Jean REY est en tout comparable à celui de Montaigne. REY, l'un des hommes qui fit le plus honneur non seulement au Périgord, mais à la France, mourut vers l'an 1645.

Bien que très tardive, la notoriété de Jean REY ne fut pas confirmée, comme par exemple, en 1895 à Edimbourg sur une plaquette de 54 pages sous le titre ' " Essays of Jean REY, doctor of médecin, on an Enquiry in to the cause wherefore tin an lead increase in weight on calcination - 1630 ! "

Au fil de mes recherches le concernant, j'apprends également qu'il fut l'auteur de bien d'autres découvertes, la principale étant le thermoscope, ancêtre du thermomètre et en prescrivit même l'usage en médecine. Il y a bien une descendance REY car ce patronyme est bien placé sur le Bugue, très souvent des notables, mais il semblerait que la sienne soit mal connue du fait, qu'on le dit "marié avec la science ". Bien que leurs parents fussent de religion catholique, les frères REY épousèrent et adhérèrent à la Réforme, ce qui explique les relations très amicales avec deux protestants de Bergerac, le médecin Deschamps et l'apothicaire Jean Bun. Devenus donc protestants, nous nous trouvons fort dépourvus d'actes les concernant, ce qui est bien dommage. Vers les dernières années de sa vie, Jean REY fut engagé dans un procès criminel.

Il passa plusieurs années à poursuivre ce procès, n'ayant même plus le temps de continuer sa correspondance avec ses chers amis, dont une lettre adressée au père Marin Marenne** datée de 1643 dans laquelle il s'exprime ainsi : " Si j'ai laissé passer des années entières sans vous avoir visité par mes lettres, il en faut accuser mes affaires domestiques qui ont tellement traversé mon esprit qu'elles l'ont rendu presque incapable de toutes belles conceptions " Ce qui est certain, c'est qu'il ne s'occupa plus de sciences postérieurement à cette époque. Ce procès, concernerait son neveu Pierre Rey Sieur de Pautignie, maître de forge également, il aurait été attaqué une nuit de 1633, battu par des gens dont il donne même les noms. Tellement malmené qu'il teste désignant son oncle, Jean REY, docteur en médecine, en tant qu'exécuteur testamentaire, lui donnant des instructions quant à son héritage, devant remettre celui-ci à ses enfants lorsqu'ils auraient 21 ans. Il survécut à cette attaque encore quelques années, mais on ne sait pas dans quelles conditions. Il est donc fort probable que le procès en question (pour crime) éclairerait singulièrement les lettres écrites au Père Mersenne à propos de ses " soucis domestiques " et ses absences du Bugue. En effet, le docteur REY peut élire domicile à Bordeaux aussi longtemps qu'il le faudra, prendre les avocats et faire toutes autres choses. Il est dit qu'à partir de 1628 jusqu'à sa mort, il vit chez son neveu de la Rey-Paulignie. Il est précisé, avec son valet et son cheval. Est-il mort dans son lit, ou sur les chemins un soir d'hiver au petit trop de son cheval, allant au chevet d'un de ses malades ? Libre à nous de l'imaginer.


- Jean REY, selon quelques documents retrouvés, serait décédé fin 1646, début 1647 ; ce procès l'aurait épuisé et que ce fut la raison de son décès. Selon ce même document, il est noté qu'il vivait en célibataire, tantôt chez un de ses neveux, tantôt chez un autre. Neveux au nombre de 8, et 2 ne portant pas le nom de REY (frère et sœur). Ce sont donc eux qui constituèrent sa postérité.

- En février 1630 Jean REY Aysné, malade teste avant de mourir. Nous apprenons qu'il a eu 2 fils d'un premier mariage Jean et Pierre, mais qu'il eut d'un second lit : 3 filles.

- Jacques REY, lui second frère de Jean REY médecin est décédé probablement dans les temps de l'agression de son neveu Pierre REY-PAULIGNIE, laissant des enfants.


Seule, persiste la maison familiale que l'on peut encore voir dans une des jolies et anciennes ruelles du Bugue, rue du Couvent : (photo a confirmer)


Devenus donc protestants, nous nous trouvons fort dépourvus d'actes le concernant, ce qui est bien dommage. Vers les dernières années de sa vie, Jean Rey fût engagé dans un procès criminel, malheureusement personne n'a su encore à cette heure de quelle nature. Seule persiste sa maison que l'on peut encore voir dans une des jolies et anciennes ruelles du Bugue, rue du Couvent : (à confirmer pour la photo)






** le père Marin MERSENNE fut pourtant un de ses plus intrépides adversaires au début. Religieux Minime de Paris, homme fort savant pour son temps, ils échangèrent plusieurs lettres, lettres qui furent retrouvées plus tard dans la bibliothèque des Minimes de la Place-Royale, à Paris.

Par Annie-Alice MOUNIER.

mercredi 13 novembre 2019

KOUSNESKY Itinéraire de la Poldasie au Périgord

Mowsza Szloma (Maurice) Kousneski est né le 15 mai 1866 à Suwalki Russie, aujourd'hui en Pologne région de la Poldasie. Il est le fils de Judel Girchowitz (Joseph) Kousnierski et de Szejna Rocha (Rachel) Przedmiejska. Il a 8 frères et sœurs dont 2 au moins auront une descendance en France (Léon x Ethel (Adèle) Lipstchitz et Rachel x de Mendel Schenker. Il se marie a priori seulement religieusement à Suwalki vers 1889 avec Fanny Fischtock née vers 1866 aussi à Suwalki. Le couple arrive en France avant août 1891 et ils auront 4 enfants tous nés dans le 4° arrondissement de Paris :


Henri né le 14/8/1891.
Rachel née le 8/7/1893 sous le nom de Kaichnersky, elle décédera le 22/11/1894. Marcus né le 1/8/1895. Léon né le 2/1/1898. Le 27/9/1898 Maurice Kousneski confie ses deux plus jeunes enfants à l'Assistance publique (Marcus et Léon), au motif qu'il n'a pas les moyens suffisants. Il souhaite cependant garder l'ainé qui demande moins de surveillance. En fait les enfants sont naturels et reconnus, que le nom de la mère est FISCHTOCK qu'il vivait avec elle depuis 9 ans (donc 1889) et qu'il était de confession israélite. La mère va tenter de s'opposer à cet abandon, en disant que son mari, vit maritalement avec une jeune fille avec qui il entend partir à New York, qu'il a enlevé les enfants, qu'il veut les placer en nourrice et qu'elle croit qu'il les abandonnera une fois le premier mois réglé. On apprend que son mari travaille rue des Rosiers chez M. Wesserman. Les enfants seront placés en dépôt, on les trouve sur les registres de 1898 sous les N° 7696 et 7697, puis en enfants assistés toujours en 1898 sous les N° 134605 et 134606.

''Notes : Pour information je n'ai retrouvé aucune trace de Fanny Fischtock après 1898. J'ai cherché dans les TD (tables décennales) de décès des vingt arrondissements de Paris pour la période de 1898 à 1932 sans résultat avec les noms de Fischtock (ou approchant) Cousneski (Couneski, Couchneski), Kousneski (Kouneski, Kouchneski). J'ai cherché dans les TD de mariage de 1898 à 1922 sous le nom de Fischtock, Kousneski, Cousneski (en fait tout ce qui commençait par COU, FI ou KO). Rien non plus dans Geneanet, Filae, Geneasevice, Family Search, Gallica.''

Maurice va se mettre en couple avec Pécha (Pauline) Zeiman, née le 24/5/1877 aussi à Suwalki, en 1898, de cette union naitront : Anna née le 19/12/1899 Paris 4°. Rachel née le 22/9/1901 (Maternité de l'ancien Hôtel Dieu) Paris 5°, elle décédera le 22/6/1902 à Paris 3° (domicile) et sera inhumée le lendemain au cimetière de Pantin. Rebecca née le 22/6/1903 (Maternité de l'ancien Hôtel Dieu) Paris 5° écrit Kouchnerski. Berthe née le 1/5/1908 (Ancien hôpital de la Pitié démoli en 1912) Paris 5° écrit Kouchnerski. Marcel né le 19/12/1916 Paris 12°.

Maurice et Pécha se marieront le 6/12/1906 à Paris 4°, reconnaissant et légitimant Anna et Rebecca. Ils seront naturalisés le 21/3/1913 par décret 102-1142. Maurice décèdera le 19/8/1941, soit la veille de la grande rafle de Paris, 20 rue Rambuteau Paris 3° (A noter que tant lors du mariage qu'à son décès, le nom de sa mère est noté Rachel LEIBMANN). Pecha ZEIMAN et son fils Marcel seront conduits à Drancy le 13/2/1943 et seront déportés par le convoi 48 à Auchwitz ou ils mourront le 18/2/1943. La transcription de leurs décès se fera sur le registre du 3° en 1949 n° 560 et 561.

Sur les 1000 partants 992 arrivent à Auschwitz (7 s'évaderont et un se cassera la jambe en tentant de s'évader entre Bar le Duc et Lerouville) 689 seront gazés dès leur arrivée dont Pécha et Marcel, seulement 12 personnes de ce convoi survivront.

Henri sera en couple avec Mathilde Bony née le 9/8/1892 à Ségonzac (Corrèze), mais curieusement le mariage n'est inscrit sur l'acte de naissance d'aucun des 2. Ils se marieront à Saint Izaire (Aveyron) le 4/9/1915.

Il n'a pas fait son Service militaire ni participé à la guerre, ayant été exempté pour faiblesse générale (Fiche Matricule 637). Les parents de Mathilde sont natifs respectivement de Génis et de Boisseuilh, et elle descend comme moi d'Aubine Yssassis (voir challenge 2018) qui était sa grand-mère (mais par un autre enfant). Ils auront deux enfants : Jean Sylvain Maurice né le 9/7/1916 Broquiès (Aveyron), il se marie le 26/6/1948 Carcassonne (Aude), décède le 1/9/2006 Saint-Pantaly-d'Ans (Dordogne).

Par décret du 23/6/1947 (J.O du 2/7/1947 page 6139) Jean Sylvain Maurice obtiendra la Médaille des Evadés. Il aura 2 enfants André (+ en 1995 à Périgueux) et Dominique (qui travailla dans des mairies périgourdines) qui ont tous deux une descendance.


André né le 28/12/1918, décède le 5/3/1934 à Paris 12° (Hôpital Saint-Antoine). Sur l'acte de décès il est dit né à Paris 5°, mais la mairie de Paris n'a pas trouvé l'acte, sur le livret de famille il est dit né dans le 14° j'ai vérifié les Tables décennales de 1913 à 1922 sur les 20 arrondissements il n'est pas inscrit. Pas de naissance non plus à Fontenay-sous-Bois. Le recensement de 1931 de Fontenay-sous-Bois (page 504) indique bien que le lieu de naissance d'André est Paris. Finalement trouvé enregistré sous le nom de Housnesky....



De 1926 à 1931 Henri et Mathilde tiendront une épicerie buvette au 124 rue des Moulins à Fontenay-sous-Bois (94) tout en habitant au 126, dans une maison qui semble encore exister.


Mathilde décédera le 11/2/1967 au Kremlin Bicêtre et Henri décèdera le 17/1/1972 à Périgueux.



Jean Sylvain Maurice n'apprendra que très tardivement (après le décès de ses parents je crois) qu'ils avaient eu des oncles abandonnés par son grand père (Marcus sera sans descendance semble-t-il et décédera le 4/3/1974 à Paris 12. Léon se mariera le 5/1/1918 à Saint-Pierre-le-Moûtier, aura deux enfants et décédera le 20/11/1962 à Magny-Cours)

Pour la petite histoire, un des frères de Maurice, eu une fille du prénom de Fanny née le 10/10/1915 Paris 12. Elle se marie le 16/1/1941 Moissac (Tarn et Garonne) avec Jules ALTAR dit ALTER, qui décédera le 21/11/1974 Paris 15°.

http://www.ajpn.org/personne-Jules-Alter-2465.html et https://gw.geneanet.org/romannada

Par Patrick LAHOUDIE.

mardi 12 novembre 2019

JAVANAUD de Saint-Jory-de-Chalais

Javanaud, hameau de Saint-Jory-de-Chalais est un village du nord de la Dordogne dans le Périgord vert, situé entre Thiviers et Saint-Pardoux-la-Rivière. Il est proche de la RN21 et entouré de trois cours d’eau : la Côle, la Queue d’âne et le Touroulet. En 1806, il y avait 1032 habitants, de nos jours seulement entre 500 et 600 âmes.



Mon grand-père, Henri Lachaize voit le jour le 4 février 1884 à Chalais. Il a des cheveux chatains et des yeux bleus-foncés. Il est le fils de Bertrand Lachaize né le 22 septembre 1861 à Saint-Jory-de-Chalais et de Jeanne Chatain née le 18 Janvier 1862, à La Mauroussie au même village.

En 1904, Henri est incorporé au bureau de Périgueux-Limoges pour 3 ans. Nommé caporal, il est rappelé sous les drapeaux lors de la mobilisation en Août 1914. Il participe aux campagnes d’Allemagne de 1914-1915, avant d’être gravement blessé par balle au talon d’Achille, le 23mai 1915 à Régneville en Meurthe et Moselle. Il est déclaré inapte et sera décoré de la Croix de Guerre avec une étoile d’argent.





























Henri épouse Gabrielle Vinatier le 19 juin 1913, il est négociant en vins. Ils auront deux fils, Robert (mon père), agent d’assurances qui épouse Ginette Laforêt, et André dit Dédé.


Il décède à La Coquille le 05 juillet 1948, il ne s’est jamais vraiment remis de la 1ère guerre mondiale, ni du décès de son jeune fils André, mort de la tuberculose à 25 ans en 1947.

L’acte le plus ancien de la famille Chatain à Saint-Jory-de-Chalais est celui du mariage entre Bernard Chatain et Marguerite Rapnouil ou Ranouil le 12 janvier 1712.




Sept générations de cultivateurs, ainsi que leurs nombreuses descendances, vont se succéder dans ce village pendant 2 siècles, navigant entre différents hameaux : La Mauroussie, Javanaud, épousant les filles du hameau ou village voisin.


Par Geneviève COULAUD.

lundi 11 novembre 2019

ISLE La rivière de Marie

L’Isle est l’affluent le plus important de la Dordogne. Il descend des plateaux du Limousin, reçoit la Dronne à Coutras et rejoint la Dordogne à Libourne. Jusqu’au 13ème siècle, il est une voie navigable pour des bateaux de peu d’importance car la navigation y est rendue difficile par divers obstacles (moulins, barrages rudimentaires…)
Après maints travaux effectués au cours des différentes époques, l’Isle devient une voie plus commerciale. Au début du XIXème siècle un prêt de l’Etat de 2 500 000 francs est sollicité par plusieurs propriétaires qui créent « la Compagnie de Navigation de l’Isle ». Plusieurs aménagements sont alors réalisés avec la construction de barrages et de chemins de halage. Les écluses réalisées en 1837 permettent une circulation active pour dynamiser son potentiel économique. Au long de son cours, l’Isle a permis de construire des minoteries, des papeteries à l’ancienne ou des fonderies alimentées par l’énergie hydroélectrique. L’arrivée du chemin de fer et du transport routier sonnent le déclin progressif du transport fluvial. La rivière Isle est alors rayée de la nomenclature des voies navigables. L’Isle arrose des villes comme Périgueux, Saint-Astier, Saint-Léon, Neuvic, Saint-Louis-en-l’Isle, Oh ! Saint-Louis en l’Isle, c’est là où Marie Madilhac a vécu.
Source Père Igor Wikipédia Licence CC. L’Isle, Sourzac à gauche et Saint-Louis-en-Isle à droite.
Elle y est née le « vingt troisième jour de Thermidor » ce qui correspond au 11 aout 1805 et y est décédée le 13 janvier 1856 au lieu-dit « Les Nandilloux ».




Acte de naissance de Marie

                 Acte de décès








En fait, je ne sais pas grand-chose sur elle, sa famille si ce n’est qu’elle était la fille de Pierre Madilhac, menuisier et de Marguerite Faure, sans profession. Elle avait eu cinq sœurs et un frère.

  1. o jean Madilhac 1800-1812
  2. o Françoise Madilhac 1802
  3. o Marie Madilhac 1805-1856
  4. o Marguerite - Julie Madilhac 1808
  5. o Marie Madilhac ?1810-1849
  6. o Marie Madilhac 1816
  7. o jeanne Madilhac 1818

Elle a épousé Pierre Hortion, un colon le 2 février 1834. Elle n’a pas de profession

Et elle a trois filles et un garçon

  1. o Marie Hortion 1835-1892
  2. o Marie Hortion 1838
  3. o Marie Hortion 1840
  4. o jean Hortion 1844

Elle a passé sa vie dans cette petite commune de Saint-Louis en L’Isle, on peut imaginer des tas de choses mais on n’est sûr de rien si ce n’est que son nom se réfère à Saint-Louis, roi de France, et à l’Isle, rivière qui arrose le territoire communal.

En occitan, la commune porte le nom de Sent Lóis d'Eila.

Par Françoise VILLECHENOUX.

samedi 9 novembre 2019

HAUTEFORT Famille Le Roy

''La commune se trouve à l'est du département de la Dordogne et arrosée au nord sur environ six kilomètres par la Lourde, un affluent de l'Auvézère. La commune de Hautefort regroupe deux bourgs distincts : Saint-Agnan dans la vallée et Hautefort sur la colline dominée par le château. La commune est désormais rattachée administrativement au Pays du Périgord noir (secteur de Sarlat-la-Canéda) mais fait cependant partie de l'arrondissement de Périgueux. Situé à égale distance de Brive-la-Gaillarde et Périgueux, une quarantaine de kilomètres, le village de Hautefort suscite l'intérêt des touristes grâce à son château, à son musée de la Médecine et au charme de ses ruelles et bâtiments en vieilles pierres typiquement périgourdines.''



Ange Hyacinthe Maxence de Damas a commencé une carrière militaire d’abord auprès du Tsar Alexandre de Russie après être sorti premier au classement des élèves étrangers de l'école militaire des cadets de Saint-Pétersbourg. À la demande de Louis XVIII, avec l’agrément du Tsar Alexandre, Maxence de Damas commence une nouvelle carrière militaire en France.

Il est ministre de la Guerre en 1823, et conçoit « l'armée de métier » par la loi de 1824. En 1833, il se retire dans le château de sa femme, Charlotte Laure d'Hautefort, fille de Julie-Alix de Choiseul-Praslin.

Au château de Hautefort, il commence son ultime carrière dédiée aux œuvres sociales, gérant l'hospice de Hautefort, créant localement la première « sécurité sociale », et promouvant l'agriculture par l'instauration d'un prêt d'honneur, premier crédit rural, et en écrivant ses mémoires militaires et politiques.



En 1841, lors du recensement, on peut voir au château, le couple propriétaire avec leurs cinq enfants. Il y a aussi : un prêtre, un homme de lettres, un garde personnel et 17 domestiques dont trois couples avec enfants.

Il a vraisemblablement amené de Paris, avec lui son valet de chambre : Jean-Pierre Le Roy, natif d’Andrieu (Normandie) en 1808 et son épouse, Modeste-Louise Desbois qui occupe le poste de lingère.
Intéressons-nous à ce couple de domestiques qui va avoir deux enfants pendant leur séjour à Hautefort.

En 1836, le vingt-neuf novembre est né Gabriel Victor Eugène.

Puis en 1842 Théophile-Maxence Le Roy.



Source Archives de la Dordogne, 1836.

L’aîné sera appelé uniquement avec son dernier prénom Eugène. Ses parents l’ont placé en nourrice chez une paysanne des environs. Ses souvenirs d'enfance marqueront fortement son œuvre future, dans laquelle abondent les enfants abandonnés. De 1841 à 1847, Le Roy étudie à l'école rurale de Hautefort à une époque où la majorité des enfants demeurent analphabètes. En 1848, il séjourne à Périgueux, où il fréquente l'École des Frères. Il en retiendra surtout le souvenir de la plantation d'un arbre de la liberté pour célébrer l'avènement de la Deuxième République. En 1851, il refuse le séminaire, et devient commis épicier à Paris. En 1855, il s'engage dans le 4e régiment de chasseurs à cheval, et participe aux campagnes d'Algérie, puis d'Italie. Cassé de son grade de brigadier pour indiscipline, il démissionne au bout de cinq ans.

En 1860, reçu au concours des contributions directes, Eugène Le Roy devient alors aide-percepteur à Périgueux. Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il s'engage, après la débâcle du Second Empire, dans les francs-tireurs pour combattre l'envahisseur prussien. Il répond à l'appel de Gambetta qui sera son modèle en politique. En 1871, une fois la défaite française définitive, il rejoint la perception de Montignac. Tombé très malade, il guérit seulement au bout d'un an.



Le 14 juin 1877, il épouse civilement sa compagne Marie Peyronnet, dont il a déjà un fils de trois ans, reconnu lors de sa naissance le 27 octobre 1874. Il consacrera alors la majeure partie de ses loisirs à l'écriture, utilisant les matériaux emmagasinés pendant toute son existence. Eugène Le Roy écrit dans les journaux locaux, Le Réveil de la Dordogne notamment, des articles républicains et anticléricaux. Il suit en cela l'orientation politique et philosophique de la franc-maçonnerie radicale de la fin du XIXe siècle qui orientera les gouvernements vers la Séparation des Églises et de l'État.

En 1890, « le Moulin du Frau » est la première œuvre romanesque d'Eugène Le Roy, une véritable leçon de radicalisme sous la Troisième République. Puis, Eugène Le Roy rédige un volumineux manuscrit de 1086 pages intitulé « Études critiques sur le christianisme », un pamphlet anticlérical sans concessions. En 1894, il entreprend la rédaction de Mademoiselle de la Ralphie qu'il achève en 1902. Il y narre la déchéance d’une fille de la noblesse dévorée par la passion pendant la Monarchie de Juillet. En 1899, il publie « Jacquou le croquant », qui raconte la révolte d’un petit paysan contre les injustices sociales de son temps, depuis la Restauration jusqu’à la fin du XIXe siècle.


En 1897-1898, il écrit « Les gens d'Auberoque » dont l'histoire se situe dans la bourgeoisie provinciale et affairiste sous le Second Empire et la troisième République. En 1901, il publie « La petite Nicette » et « Le grand Milou », puis en 1902 « L'Année rustique en Périgord ».




Eugène Le Roy prend sa retraite à Montignac. Il refuse en 1904 la Légion d'Honneur qui lui est proposée. Il rédige encore « Au pays des pierres ».

À sa mort en 1907 à Montignac, Eugène Le Roy est inhumé civilement. Il laisse un dernier ouvrage « le Parpaillot », qui paraîtra six ans après sa mort sous le titre de « L'Ennemi de la Mort ».

Par Jean-Louis FILET.

vendredi 8 novembre 2019

GRIGNOLS Jehan Gueydon de Dives

''Grignols est un petit village du Périgord blanc situé dans la vallée du Vern, affluent de l'Isle, canton de Saint-Astier, arrondissement de Périgueux. Ses habitants se nomment les Grignolais. En occitan la commune porte le nom de GRANHOU. Grignols est situé à 18 km au sud-ouest de Périgueux. Il est dominé par un très ancien château fort datant du XIIe et XVe siècle. Il fut le berceau des Comtes TALLEYRAND du Périgord. Cette famille conservera le titre de Seigneur, puis Comte de Grignols jusqu'à la fin du XIXe siècle.''



Nous nous intéresserons, ce jour, à mon aïeul Jehan Gueydon de Dives.



Ses études à Paris terminées, ce licencié en droit s'installera à Grignols où demeurent déjà ses parents. Si Jehan Gueydon est né à Draguignan (Var) le 29 septembre 1551, il est issu d'une famille titrée de " Noble et illustre ". Cette famille est une ancienne noblesse provençale, des Comtes de Saint-Etienne de Tinée, Seigneur d'Alp, anciennement " Saint-Etienne de Terre Neuve " savoyards par païs de Nice. Son père noble et illustre Seigneur Jean Guidone (Geidoni) dit "Gueydon" comte de Saint-Etienne est décédé à Manzac-sur-Vern où il teste en 1594. Son épouse et mère de Jehan se nommait Jeanne Signier (dont je n'ai pu encore relever l'origine). Ils se sont mariés en 1551 et semblent être " passés " en France en 1565 (tel est le terme employé). Jehan Gueydon de Dives sera dans un premier temps lieutenant du Comté de Grignols. C'est en 1603 que Jehan obtient le droit de cité et le titre de bourgeois de Périgueux. Jehan Gueydon de Dives se marie le 23 août 1596 à Grignols avec Marie de Lespines, Dame de la Grande Borie, fille de Jean de Lespines, Procureur d'office de la juridiction de Grignols, et de Marie de LAFOND. La famille de Lespine serait originaire des Flandres.


Il achète le manoir de Dives probablement à la famille TALEYRAND cette même année 1596, puis Peyrefiche en 1607.

La noble demeure, comme le Périgord en compte plusieurs, comporte une date timbrée sur son portail : 1604. Mais en 1499, elle était déjà mentionnée dans des textes sous le nom de Divo, tout comme en 1526 sous " Grano de Diva ".


Ce manoir se trouve sur la commune de Manzac-sur-Vern, limitrophe de Grignols. Il est reçu bourgeois de Périgueux le 12 novembre 1603, ville où il fut également Juge. De son union avec Marie de LESPINES naquirent 3 enfants : - Pierre-Daniel (1603-1672) marié avec Jeanne Raynaud, remariage avec Jeanne de Borieporte ; - Catherine (° vers 1600) mariée avant 1618 à Messire Noël du Pinier ; - Marie (° vers 1601) mariée Pierre Longvy de la Rambaudye (qui se trouvent être mes sosas).

Jehan GUEYDON de DIVES épousa en seconde noce en 1619 Honorette D'ALBY du FAYARD dont : - Pierre ° en 1621 marié en 1660 à Jeanne de MONTAUZON.

  • il est à noter la rédaction de l'acte de naissance de Pierre-Daniel :

''"Le 22 mai 1603, jour de sainte Quitterie et le samedi matin environ les sept heures est né Pierre Gueydon ; il a été baptisé le 27. Dieu le fasse homme de bien. Et plus bas : Si par possible aucun Gueydon se pouvoit refourcer de fortune, se pourroit enquérir d’autres Gueydon savoyard par païs de Nice, comme avait dit être parti le vieux papa… ".''

Il agrandira considérablement son domaine par la suite. A sa mort il avait de nombreuses propriétés dans les paroisses de Bruc, Saint-Léon, Saint-Astier, Neuvic, Vallereuilh, Saint-Séveron, Manzac, Jaure, Bourrou, Saint-Paul-de-Serre, Bordas. Il est dit que ses descendants consolidèrent leur puissance à Périgueux où certains occupèrent des charges importantes. Les titres disparurent dans la tourmente de la révolution. en 1793.

Quant à Jehan Gueydon de Dives il finit sa vie dans son manoir en l'année 1645.

Par Annie Alice MOUNIER.

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