vendredi 30 novembre 2018

Zaida

Elles étaient trois sœurs, dans la famille on les appelait les tantes parce que ce sont les tantes de mon arrière-grand-mère, Marguerite Dailhac. On ne peut raconter la vie de l’une sans les autres.

Zaïda voit le jour le 25 novembre 1828 à Bergerac « Grand’Rue » fille de Thomas, marchand, et de Marie Lacoste. Son acte de naissance mentionne Marie. Marie Rose, le 8 juin 1825, au même endroit, elle sera Fanny et Marie Elida le 22 septembre 1833.


Zaida et Fanny resteront célibataires. Marie Elida épouse Edouard Morel, avec lequel elle aura un fils, Daniel décédé sans descendance. On les retrouve sur les registres recensements de Bergerac en 1872.

Elles habitent, place de la Sous-Préfecture (maintenant place Gambetta) avec leur frère Victor et son épouse, Ivon Anaïs ; et Daniel le fils de Marie Elida.

En 1891, les 2 sœurs mercières prénommées Marie demeurent toujours dans la maison familiale de la place Gambetta avec leur belle-sœur Louise Anaïs et leur nièce Marguerite (mon-arrière-grand-mère).




Zaïda décède dans cette même maison le 21avril 1891 à 9 heures du matin à l’âge de 62 ans. Elle lègue un quart de ses biens à ses sœurs et à sa nièce, Marguerite dont 2 maisons voisines place de la Sous-préfecture. Fanny le 30 mai 1909 à l’âge de 83 ans. Ainsi qu’il est indiqué sur le document des « mutations par décès », il y avait bien Fanny, Zaida et Marie Elida, les trois exerçant la profession de mercière.

La maison de la place Gambetta à Bergerac, la première à droite, juste à côté, le théâtre municipal.

Par Geneviève COULAUD.

jeudi 29 novembre 2018

YSSASSIS Silbério

J'ai découvert ce personnage (sous une graphie différente), qui est mon Sosa100, lors de la naissance de sa petite fille Aubine, le 22 février 1848 à PAYZAC dont il est le déclarant. A cette époque il est dit aubergiste au Pont Lasveyras, sans doute dans la maison que l'on distingue



Je n'ai hélas que peu de renseignements sur l'origine de Silberio, ils sont tous donnés par son acte de mariage

Il serait né le 19 juin 1794 à TOLEDE (ESPAGNE) de Gérome et de Marguerite SEXILLO, son père serait décédé le 20 juin 1812 à TOLEDE, et sa mère le 24 juin 1801 aussi à TOLEDE. Il se marie à PAYZAC le 25 novembre 1818 avec Aubine VILLOT, modiste, native de SALAGNAC et vivant à SAINT MESMIN avec ses parents (François et Jeanne PALEIN) :

L'an 1818 et le 25 du mois de novembre à 9 heures du matin par devant nous adjoint au maire de la commune de Payzac canton de Lanouaille arrondissement de Nontron (Dordogne) soussigne officier de l’Etat civil en son absence sont comparu sieur Silberio Issaci, tailleur d'habits demeurant au présent bourg, fils de feu Gerome ISSACI, et de feu Geneviève Sexillo décédés le premier le 28 juin 1812 et l’autre le 24 juin de  1801, et tous les deux à Toledo, Espagne, ledit sieur Silberio Issaci, né au même Toledo le 19 juin 1794, et ainsi qu'en fait foi les extrait de naissance et de décès qui nous sont exhibés pour être annexé au présentes.
Et demoiselle Aubine Villot modiste demeurant aussi au présent bourg née au Roussetas, commune de Salagnac arrondissement de Périgueux le 8 octobre 1792 fille de François Villot, ici présent pour donner son consentement et de Jeanne Pollin cultivateur demeurant au moulin de la forge du bord commune de Saint-Mesmin.
Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage convenu entre eux, et dont les publications ont été faites à la principale porte de notre maison commune le 8 le 15 du courant, et en celle de la commune dudit Saint-Mesmin les mêmes jours, sans qu’il nous a été signifié aucune opposition.
Faisant droit à leurs réquisitions après leurs avoir donné lecture de toutes les pièces relate ci-dessus et du chapitre 6 du Code Civil intitule du mariage avons demandé au futur époux et à la future épouse sils veulent se prendre pour mari et pour femme, chacun deux ayant répondu séparément et affirmativement, déclarons au nom de la Loi que ledit Silberio Issaci et ladite Aubine Villot sont uni en mariage de quoi avons rédigé le présent acte en présence des sieurs Denis Poumeau serrurier âgé de 46 ans, Louis Deschamps tailleur d'habits âgé de 60 ans, Jean Duteil fossoyeur âgé de 50 ans, et de Pierre Lassaigne tailleur d'habits âgé de 27 ans demeurant tous au susdit bourg témoins non parents, Poumeau, Deschamps et le futur ont signe avec nous, non les autres témoins, ni les autres parties contractantes pour ne savoir de ce enquis après lecture faite.

Silbério à l'époque est tailleur d'habits au bourg de PAYZAC il résidera au bourg au moins jusqu'en 1846 (mariage de son fils avec Marie COSTE), avant d'habiter au Pont Lasveyras en tant qu'aubergiste et tailleur d'habits au moins jusqu'en 1862 (décès de son épouse).

Il décédera au Rouveix commune de Payzac le 1er février 1870.




Silbério et Aubine VILLOT auront 4 enfants, tous nés à PAYZAC: Jeanne (1818-1820), Jeanne (1820-1833), Bernard ou Elie, mon ancêtre (1823-1906), Bernard (1833 - après 1846). Le second Bernard, est décédé après avril 1883 et il a bien eu une descendance avec au moins 3 enfants dont 1 a eu une descendance. Il est présent dans la famille au recensement de 1846 mais pas en 1851. Il semble d'ailleurs avoir pas mal bougé au cours de sa vie : Coursac, Payzac, Saint-Yrieix, Lanouaille, Arnac, Pompadour.

Bernard (Elie) se mariera aussi à Payzac en 1846 avec Marie COSTE (Léonard et Marie GERAUD), ils auront 6 enfants, tous nés à Payzac, dont 3 au moins auront une descendance. Il décédera à Juillac en 1905, après avoir vécu à Beyssenac où il s'était installé entre 1861 et 1866. Parmi les descendants actuels outre ceux de ma branche ROBERT issus de Aubine sa petite fille, il y a des PEPY, des BONY-BONIS, des KOUSNESKI, et des ISSASSIS


J'ai longtemps pensé que Silberio était un prisonnier espagnol venu faire souche à PAYZAC ou il aurait été déporté. Malheureusement Silberio ne fait pas partie des prisonniers espagnols arrivés à Payzac le 18/2/1814. Extrait du registre municipal de la commune: le 18 février 1814, sont arrivés dans cette commune où ils demeureront stationnés jusqu'à nouvel ordre, d'après la lettre de Monsieur le préfet en date du 9 du courant, les nommés Llamar Jean capitaine, Debon Alexandre lieutenant, Sanchez Torres Joseph lieutenant, Zeledonio Salazes souslieutenant, Dalacio Jean sous-lieutenant, Llamar Ramon sous-lieutenant, Milles Florence sous-lieutenant, La Roza Antoine sous-lieutenant, Ruiz Jean cadet, Navarro Antoine Solvar domestique, tous prisonniers de guerre Espagnole.(merci à Rudi Molleman pour avoir cherché et trouvé ceci) Pensant qu'il avait pu être envoyé sur une autre commune, j'ai interrogé les AD 87, le "centre de tri" des prisonniers espagnols se situant à LIMOGES. Malheureusement les articles 8R1 à 3 sont en mauvais état et ils n'ont pu effectuer de recherche que dans la 8R 3, recherches infructueuses J'ai également interrogé les archives militaires de SEGOVIE sans succès
''Sur les prisonniers espagnols on peut lire : http://www.reenactor.ru/ARH/PDF/Laroudie-Pigeard.pdf''

Bien que je persiste à penser qu'il ait été prisonnier de guerre, on ne peut écarter la piste qu'il fut un Afrancesado.

Nota : La dénomination d’afrancesado (« francisé », « francophile »), dont l'emploi se généralise en Espagne au xviiie siècle, s'applique en particulier aux membres de l'élite espagnole ayant juré fidélité en 1808 au roi français Joseph Ier, qui occupe le trône d'Espagne après la renonciation de Ferdinand VII et de Charles IV, sous les pressions de Napoléon.
Ce nom désigne ensuite tous les Espagnols qui, durant l’occupation française (1808-1814), ont collaboré avec les Français. Leur engagement était motivé soit par intérêt personnel, soit parce qu’ils pensaient que le changement de dynastie favoriserait la modernisation de l’Espagne.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrancesado d'autant que 2 chanoines de TOLEDE le furent

On peut aussi se reporter à un livre très intéressant de Jean René AYMES : La déportation sous le premier empire. Les Espagnols en France (1808-1814) Publications de la Sorbonne Prisonnier, afrancesado, voire peu probablement déserteur, pour le moment le statut de Silberio, et son origine m'est inconnue, mais je ne désespère pas.


Une chose est sure c'est que Silbério avait une certaine éducation comme le démontre sa signature.







A noter que son fils Bernard, mon ancêtre, lors de son recensement militaire, sera éliminé des listes comme fils d'étranger et étranger. Je n'ai pas eu l'occasion de chercher s’il y avait eu naturalisation ultérieure ou pas. Beaucoup de graphie pour le nom: Yssassis, Issassi(s), Isasi(s), Isaci(s); Ysasi(s), Ysaci(s) voire même Eyssachet pour Aubine, ce qui ne facilite pas les recherches quand on ne parle pas espagnol. Je pense en tout cas que l'origine de la famille st plutôt basque, quasiment certain pour le nom Yssassis, très probable pour Sexillo, le X se prononçant sans doute "Tch"


Par Patrick LAHOUDIE.

mercredi 28 novembre 2018

X comme l'enfant de Decembre

Fin 1808, en Dordogne, des neiges abondantes qui vont disparaître vers la mi-janvier, recouvrent la campagne. Dimanche, jour de noël a sûrement vu l’ensemble du village chanter « il est né le divin enfant ». Certes moins nombreux qu’avant la révolution, le curé ne fait plus loi. Difficile d’imaginer la joie ou plutôt le drame qui se passe dans une maison ou plutôt une grange … du Périgord.

''À Saint-Germain-du-Salembre, mardi matin de très bonne heure car il est quatre heures, peu de gens dans la rue certainement, quand retentissent dans le froid de la nuit finissante, des cris d’un enfant nouveau-né. C’est ainsi que le maire trouvera cet enfant accroché à la porte de la mairie ; dont l’âge estimé par la sage-femme requise serait d’un jour. Ainsi donc commence la vie de ce garçon que l’on nommera simplement Décembre pour le nom avec Martial comme prénom.''


Après l’enregistrement de son acte de naissance, s’en suit le procès-verbal.

Ce jour d'huy vingt septième du mois de décembre l'an mille huit cent huit à quatre heure du matin, nous, maire et officier de l'état civil de la commune de saint Germain de Salembre, canton de Neuvic, arrondissement de Ribérac département de la Dordogne, soussigné, Réveillé par du bruit et les vagissements d'un enfant que nous avons jugé parti de la rue sur laquelle est placée la porte de notre maison commune, nous sommes levé et mis à même de reconnaître ce qui se passait et étant dans la rue, nous avons aperçu un enfant, gisant dans des langes, attachées au marteau de la porte de notre dite maison commune, lequel ne donna alors aucun signe de vie, nous avons de suite appelé les nommés Jean POMMIER forgeron âgé de quarante un an et Elie BARRIERE dit Gisson, galocher âgé de quarante-deux ans, tous les deux du présent bourg, pour en leur présence porter cet enfant à la maison commune et examiner les vêtements et autres effets qui se trouvent avec lui, à quoi nous avons procédé ainsi qu'il suit . Nous avons d’abord fait appeler une sage- femme qui a défait sa layette, composée d'une petite coiffe d'indienne à fleurs rouges, en ayant une autre en toile par dessous, d'un petit fronteau, et d'un mouchoir, ce dernier très usé, d'une petite chemise, de deux morceaux, l’un de toile étoupe, l'autre étoffe appelée moitié fil, ces deux derniers objets désignés vulgairement par les trous de drap et de bourrasson* d'un coussin de coutil de ménage et garni de plumes, dans lequel était enlassé le dit enfant et auquel étaient attachés de la ficelle et autres liens qui le tenait suspendu au marteau, tous les effets ci-dessus mi usés cela fait, il a été reconnu par la dite sage-femme que l'enfant était sain, bien portant et paraissait être âgé d'environ vingt-quatre heures et par nous tous qu'il était de sexe masculin. Avant d'ouvrir la layette qui vient d'être détaillée, nous et nos témoins susnommés ainsi que la sage-femme avons trouvé, attaché avec une épingle sur la poitrine de l'enfant un billet servant d'enveloppe à un ruban jaune avec des fleurs de la même couleur dont la base est mouche et contenant ce qui suit «L'enfant n'est pas baptisé, Monsieur le maire est prié de faire avoir bien soin de cet enfant, un jour on le retirera, on met un ruban dont on la garde autant, la signature et le cachet ont été coupé par moitié, on garde le double pour la reconnaissance de l'enfant » en effet le billet est à souche, portant la moitié d'un cachet noir et des lettres partagées, il est d'environ vingt et un centimètres de longueur sur trois centimètres de largeur. Après tout ce que dessus il a été donné par nous dit maire au nouveau-né le nom de DECEMBRE et celui de Martial pour son prénom et nous avons clos et arrêté notre présent procès-verbal qui servira à telle fin que de droit et dont copie sera par nous incessamment transmise à Monsieur le Sous-préfet de l'arrondissement de Ribérac. Et ont signé avec nous les dits Pommier et Barrière et non la sage-femme qui a déclaré ne savoir. De ce par nous enquise, après que lecture du présent acte leur a été faite.

Référence : Ad 24 EC Saint-Germain du Salembre 5E420/4 page 36/38. Bourrasson mot occitan qui désigne un lange.
Il va ensuite s’en suivre une vie de placement en placement dans différentes familles du canton.

Domestique dans une famille à Saint Léon-sur-l’Isle, à l’âge de 25 ans il épousera Marie Martin. Elle aussi du même village le Guillassou. À noter qu’il est nommé Martial sans prénom. Il n’a plus son premier nom : Décembre. On le voit ensuite nommé Martial avec Germain comme prénom.


Un an après, naîtra leur première fille Thérèse. Suivront ensuite quatre garçons et deux autres filles aussi prénommée Thérèse comme la grand-mère maternelle. Les premiers enfants naitront à Saint Léon sur l’Isle et les derniers à Grignols. Autres lieux d’habitations à Neuvic et sur la fin Saint-Jean-d’Estissac.

Une grande famille composée de :

MARTIAL Thérèse (1835-1891)
MARTIAL Léonard (1838-)
MARTIAL Pierre (1841-)
MARTIAL Thérèse (1843-1844)
MARTIAL Jean (1846-)
MARTIAL Thérèse (1849-)
MARTIAL Jean (1853-1931)

Une bien belle famille comme une revanche sur le sort. Les trois filles ont le prénom de leur grand-mère. Les quatre garçons ont un prénom différent. Seul un garçon et une fille ont fondé une famille avec aujourd'hui une belle descendance. Les décès des autres enfants n'ont pas été trouvé comme d'ailleurs celui de leur père dont on connait cependant la date vue sur l'acte de mariage de Jean, le dernier de la fratrie.

Le 4 juin 1874, son épouse Marie Martin, âgée de 60 ans, décédé à Saint-Jean-d’Estissac, village le Bert. Lui peu de temps après, le 14 octobre 1876. Il est âgé de 68 ans. Reste à trouver le lieu.


Par Jean-Louis FILET, et Sarah MARTIAL.

mardi 27 novembre 2018

WORMS Jean

De Paris à Boulazac, en passant par Pessac

D’Elise Worms, nous ne savons pas grand-chose. Vraisemblablement issue d’une famille juive ashkénaze, elle était, à 25 ans, célibataire, employée comme cuisinière au 131 du boulevard de Sébastopol dans le IIème arrondissement de Paris.
Le 10 octobre 1894, elle donna naissance à l’Hôpital Cochin à un enfant naturel, Jean Worms, déclaré le lendemain à la mairie du XIVème arrondissement.
Son fils grandit à Paris, et fit des études à l’École nationale des Industries agricoles de Douai pour devenir ingénieur chimiste, études pendant lesquelles il adhéra au parti socialiste (dès 1912). Le 3 avril 1914, lorsque Jean Worms rejoignit l’armée pour son service qui devait initialement durer 3 ans, il habitait avec sa mère dans un immeuble huppé du XVIème arrondissement de Paris, au numéro 17 de l’allée de La Muette.

Dès le 2 août, juste après la déclaration de guerre, il fut envoyé en campagne contre l’Allemagne au sein du 7ème régiment de cuirassiers auquel il fut attaché pendant toute la durée du conflit. Rentré chez lui le 3 septembre 1919, il épousa le 29 juin 1920 à la mairie du XIème arrondissement de Paris Yvonne Grinstein, fille de Salomon Grinstein, marchand de meubles au 138 boulevard Voltaire, né à Odessa, sur les bords de la Mer Noire (à l’époque dans l’Empire russe, aujourd’hui en Ukraine), et d’Henriette Worms, née en Lorraine.

Au mariage, on est interpellé par la présence du rentier Paul Lévy, témoin qui habitait à la même adresse que Jean Worms et sa mère désormais sans profession, et âgée d’environ 50 ans.

Qui fut Paul Lévy dans la vie d’Elise Worms ? Dans celle de Jean Worms ? Né le 8 janvier 1849 à Luxembourg, dans le Grand-Duché du même nom, il s’installa à Paris, puis épousa en 1880 Camille Lévy dans la ville de Strasbourg (située en Allemagne depuis 1870), et il semblerait qu’il fut rapidement veuf. Les Worms habitaient la même adresse depuis au moins 1914. Il sera intéressant, pour les plus curieux, de chercher où habitait Paul Lévy en 1894 au moment de la naissance de Jean…

Au printemps 1921, c’est probablement sa carrière qui entraîne Jean Worms et son épouse à s’installer temporairement à Talence près de Bordeaux puis quelques mois après, à Pessac où ils habitèrent à différentes adresses pendant 14 ans.
En 1922, Yvonne donna naissance à leur fille unique, Nadine. Les années 20 passèrent, et Jean Worms rencontra Gigi, une jeune femme de Pessac. Au début de l’année 1935, Jean quitta son foyer et s’installa avec sa maîtresse en Dordogne, à Boulazac. Malgré les démarches judiciaires d’Yvonne, Jean ne donnait aucune suite, et l’épouse n’obtint le jugement de divorce qu’en janvier 1939 après le délai légal de 3 années de séparation de corps. La même année, en juillet, Jean se remaria à la mairie de Boulazac avec Gilberte Jeanne Herminie Laffargue dite Gigi. Parallèlement, Jean s’était rapidement investi dans la vie politique locale. Il se présenta pour le parti socialiste aux élections législatives de 1936 dans la circonscription de Sarlat. Au second tour, il se retrouvait face au Radical-Socialiste Yvon Delbos, contre lequel il se maintint, considérant que ce dernier n’était pas un homme du Front Populaire. Les urnes avantagèrent Yvon Delbos qui avait été soutenu par la Fédération socialiste. On aurait pu croire que le parti aurait tenu rigueur de cette indépendance d’idées à Jean Worms, il en fut tout autrement, puisqu’il fut investi comme candidat aux sénatoriales de 1938 en Dordogne, sans succès cependant.

Jean Worms-Germinal

Lorsque la seconde Guerre mondiale est déclarée, Jean Worms est affecté spécial dans les poudreries au titre d’ingénieur hydraulicien. Démobilisé à l’armistice, il commence des activités de résistance, et lors de l’invasion de la Zone Libre par les allemands, le 11 novembre 1942, il prend le maquis, et entre dans la clandestinité sous le pseudonyme de Germinal. Il y prit une place importante, et devint chef départemental du « Mouvement de libération nationale ».
En 1944, le mouvement « Libération Sud » le désigna comme délégué à l’Assemblée consultative provisoire. Il devint ensuite Président du comité départemental de Libération, poste dont il fut écarté par les communistes en 1946. Il avait aussi été élu maire de Boulazac en octobre 1944, mais n’occupa la fonction que jusqu’en mai de l’année suivante. Il faut dire que Germinal avait été impliqué dans les affaires suivant le casse du train de Neuvic, où il avait été reproché à certains résistants d’avoir utilisé cet argent pour leurs partis plutôt que pour subvenir au besoin des troupes. Une information judiciaire avait été ouverte à la fin de l’année 1944 par le procureur de la République à Sarlat, mais les poursuites furent suspendues. Le mal était fait, et même après la Libération, ses opposants ne cessaient de ressasser cette affaire ce qui lui porta grandement préjudice. En octobre 1945 cependant, il fut élu député de la première assemblée constituante sur la « Liste socialiste de la Résistance » conduite par Robert Lacoste, ce qui l’amena ensuite à être nommé membre de la Commission de l'équipement national et de la production ainsi que de la Commission du travail et de la sécurité sociale. Il fut également nommé juré à la Haute cour de justice. Le 5 mai 1946, la proposition de constitution qu’il soutint fut rejetée, et Jean Worms-Germinal ne se représenta pas aux élections pour la deuxième assemblée constituante.

Jean Worms-Germinal quitta la ensuite la Dordogne pour rester à Paris où il dirigea une entreprise de constructions électriques, puis il s’installa en Indre-et-Loire, où il acquit le manoir de Détilly à Beaumont-en-Véron, tout près du confluent de la Vienne et de la Loire. Il se présenta en 1958 dans la 4ème circonscription d’Indre-et-Loire, comme suppléant d’un candidat qui ne fut pas élu.

Les destinées familiales.

La première femme de Jean Worms, Yvonne Grinstein, et leur fille Nadine, étaient retournées s’installer à Paris après la séparation. Elles habitaient en 1939 dans le XXème arrondissement, au 11 allée Marie Laurent. La dernière trace de Nadine Worms est l’inscription de son nom lorsqu’elle fut placée dans le convoi n°64 qui partit du camp de Drancy le 7 décembre 1943 à destination d’Auschwitz, emportant 1000 personnes dont 155 enfants. Seulement 42 personnes de ce convoi survécurent au voyage et aux traitements dans les camps.


En revanche, le destin d’Yvonne reste inconnu à ce jour. Il y a bien une mention de carte d’alimentation en marge de son acte de naissance, mais on n’y trouve aucune mention de décès, lequel n’a pu être trouvée dans l’état civil parisien. Yvonne ne figure non plus sur aucune liste des victimes de l’holocauste, il est possible qu’elle reste à ce jour une victime oubliée de la Shoah.

De son second mariage, Jean Worms eut une fille, Monique, qui se maria et eut trois enfants.

Jean Worms revint passer sa retraite en Dordogne, à Neuvic. Il y décéda le 3 avril 1974. Son épouse Gilberte décéda en 1991. Ils reposent tous les deux au cimetière communal de Neuvic.

Décorations.

Jean Worms-Germinal est titulaire de la croix de guerre 1939-1945, ainsi que de la médaille de la Résistance française avec rosette.

Beaucoup de sources mentionnent aussi le fait qu’il est chevalier de la Légion d’honneur, cependant, son dossier est introuvable sur la base Léonore, et il n’y a aucune mention de cette décoration sur sa fiche militaire.

Il est très probable qu’il ait été confondu avec son homonyme, Jean Worms, né en 1909 à Paris, et décédé en déportation à Flosssemburg en Allemagne en 1945.


Il existe aujourd’hui une rue Germinal Worms dans un quartier pavillonnaire de Boulazac.

Par Julien LIUT.

lundi 26 novembre 2018

VINATIER Gabrielle

Ma mémé Gabrielle


Quel beau prénom Gabrielle, je ne m'en étais jamais aperçue, pour mes parents, elle est Maman et pour moi Mémé.



Gabrielle voit le jour le 06 Octobre 1893 à La Coquille, au nord de la Dordogne, fille de Léonard Vinatier, boulanger à La Coquille mais natif de Chamboulive en Corrèze et de Marie-Catherine Partonneau, couturière née à Jumilhac-le-Grand.


A 20 ans le 19 juin 1913, elle épouse Henri Lachaize, courtier en vins natif de Chalais et ils s’installent à La Coquille.



Robert (mon père) voit le jour le 12 Juillet 1914, à quelques jours de la déclaration de la 1ère guerre mondiale. André, lui vient au monde le 11 Novembre 1923.


Elle est associée à mes plus anciens souvenirs d'enfance, le visage un peu dur, marqué par le deuil, toujours vêtue de noir, avec son » tablier de devant « (hormis une veste violette et de grandes culottes et chemises blanches qui sèchent au soleil sur le fil à linge), pourtant elle n'a que 56 ans à ma naissance.







Ses cheveux gris, rassemblés en chignon sur la nuque sont attachés avec de grandes épingles. Je vois toujours cet air sévère, elle sourit rarement. J'ai compris de longues années après sa disparition, qu’elle n’a jamais fait le deuil de son fils cadet, André, dit Dédé, malade de la tuberculose et parti bien trop jeune, vers 25 ans ainsi que de la mort de son mari Henri en 1948.

De cet oncle vénéré, je ne sais pas grand-chose, quelques photos, quelques histoires racontées par ceux qui l'ont connu : beau brun, la coqueluche de toutes les filles de sa génération, joueur de foot, malade de surcroît, ce qui lui donnait, je pense une aura particulière. Il séjourne longtemps dans un sanatorium des Alpes et décède en 1947, 2 ans avant ma naissance, peu de temps avant la commercialisation de la pénicilline, qui l'aurait sans doute sauvé.

Robert a souffert de ce jeune frère qui avait pris toute la place dans le cœur de sa mère et se sentait un peu effacé par sa beauté, son intelligence.

Pour revenir à Mémé, beaucoup de mes souvenirs d'enfant me ramènent vers elle. Elle est très croyante et pratiquante, je vais donc à la messe, au « caté », et surtout, au mois de Marie, tous les soirs de Mai, oui, tous les soirs de ce joli mois, nous allons à l'église rendre hommage à la Vierge Marie. Quelle joie d'arriver en avance sur la place de l'église et de jouer avec les autres enfants du village avant d'entrer sagement à coté de Mémé pour réciter des prières et chanter, Les premières promenades dans les campagnes autour du bourg, souvent vers le cimetière, je m'accroche à son cou, menacée par des oies (ma petite taille me les fait paraitre immense). De santé fragile, je manque souvent l'école, j'ai appris à lire très jeune en lisant le « Sud-Ouest » avec elle. Que d'heures passées dans son lit avec une angine, à lire les ouvrages de la bibliothèque rose et de la Comtesse de Ségur. Le matin, je ne veux pas déjeuner, Maman ne sait plus quoi me donner, Mémé a l'idée de me tremper la soupe avec du pain, plus elle est épaisse, plus j'aime ! L'école est à 2 pas de la maison, à la récréation de 10 heures, elle vient me porter un morceau de fromage, et surtout attend derrière le portail, s'assurant que je le mange.

Ses deux distractions favorites étaient :

-La couture : elle coud avec une machine à coudre Singer, petite fille j'aimais piquer aussi des ourlets, ah j'en ai cassé des aiguilles, qu’elle m'envoyait acheter chez la mercière du bourg, à peine si elle me grondait un peu. -La radio, elle l'écoute toute la journée, Radio Luxembourg, Pierre Dac, Francis Blanche et l'émission « Sur le banc » que nous aimons écouter, elle et moi, tous les jours à midi et nous rions bien ensembles.

Elle n’aime pas les chiens, ça dérange, c'est sale et ça fait fuir les clients (mon père était négociant en vin), donc quand je ramène Milou à la maison, Mémé n'en veut pas, et laisse volontiers le portail ouvert ! Mais ce petit chien a su se faire aimer, à tel point qu'il passe l’après-midi sur son fauteuil et lorsque nous partons, elle le garde volontiers.

Les années passent, j'ai 15 ou 16 ans, à l'époque vivent dans la maison, la tante de maman au 1er étage dans ses 2 pièces, Mémé au rez-de-chaussée, mes parents et moi dormons à l'étage ; une nuit, des bruits confus dans les escaliers me réveillent, je descends rejoindre mes parents dans sa cuisine , et là, une vision surréaliste : Mémé, debout , dans toute sa dignité, en chemise, les cheveux défaits, tenant un grand parapluie ouvert, sous des torrents d'eau, qui venaient sans doute d'une fuite chez la tante au-dessus, et telle protège, dégoulinante, le fameux poste de TSF. Ce n'était pas vraiment drôle mais des années après, j'en souris encore, mais à cette époque, elle n’a pas véritablement trouvé la situation rigolote.

Je garde de cette période une certaine amertume et des regrets de ne pas avoir parlé davantage avec cette mémé près de laquelle j’ai grandie.

Mémé Gabrielle décède à La Coquille le 10 Décembre 1967, elle avait « seulement » 74 ans.
Par Geneviève COULAUD.

samedi 24 novembre 2018

URBANOVITCH Andrj, dit « André » ou "Doublemètre"

Il est né le 2 janvier 1910, Velicki-Bekereck (Serbie, empire austro-hongrois).Fils de bonne famille. Émigré yougoslave d’ascendance juive et hongroise, en 1930. Il devient étudiant en droit à la Sorbonne. Personnage aussi opportuniste que doté de facultés intellectuelles et physiques bien au-dessus de la moyenne, polyglotte. Il est longtemps tenu pour suspect par les autorités. Il se mariera deux fois et aura deux garçons officiellement.

Engagé dans un régiment de volontaires étrangers, sitôt la déclaration de guerre, il suivit une formation d’officier au camp du Barcarès (Pyrénées-orientales). Combattant lors de l’offensive allemande de mai-juin 1940, il fut pris sur la Loire mais s’évada rapidement du Frontstalag de Longvic (Côte-d’Or).

Il va se réfugier en Périgord Vert. Il va servir au groupement de travailleurs étrangers de la vallée de l’Isle. Entré à l’Armée secrète, en forêt du Landais, en 1943, puis passé aux FTP de la Double, au grade lieutenant et sous le nom de guerre de « Doublemètre » qui allait lui coller à la peau. Quasi commissaire politique car décrit comme faisant l’article marxiste auprès des jeunes maquisards. Intrépide dans des circonstances difficiles, comme lors de l’attaque d’un train allemand, à Mussidan, le 11 juin 1944 où huit résistants trouveront la mort ainsi que le chef du train. Les allemands seront auteurs en représailles de 47 fusillés plus cinq autres personnes massacrés dans la rue. Il prit aussi part à une action contre la prison de Bergerac, le 29 juillet suivant, qui permit de délivrer une quarantaine d’internés politiques communistes.

Au cours de ses fonctions épuratives, il organisa et prit part à l’enlèvement du contre-amiral Platon, ancien ministre de Vichy et partisan ouvert de la répression contre le maquis, à la fin juin 1944. Celui-ci fut condamné à mort par un « tribunal révolutionnaire » présidé par le pseudo-résistant Yves Péron alors qu’Urbanovitch tint le rôle d’avocat pour la seule et unique fois de sa vie. Platon fut seulement fusillé le 28 août 1944, après la libération du département.


Chef d’orchestre très opérationnel de l’épuration violente de l’été de la Libération et resté sous la férule de Péron, c’est l’historien Jacques Lagrange qui fut l’un des premiers chercheurs à indiquer qu’Urbanovitch avait eu des donneurs d’ordres politiques. En septembre 1944, le nouveau capitaine FTP assura également le transport à Paris de près d’un milliard de francs de l’époque (180 millions € actuels) sur les 2.280 millions pris au détriment de la Banque de France, dans un train, en gare de Neuvic-sur-l’Isle, le 26 juillet précédent. Il aura dans son bureau à Périgueux en face lui « Maurice Chevalier » qui dans ses mémoires qualifiera de plus mauvais quart d’heure de sa vie. Vingt ans après-guerre, l’aventurier fut doté d’états de services extravagants par les soins de Roger Ranoux. Engagé au 151e RI, le « régiment rouge » de Paris, l’aventurier fut membre des services de renseignements de l’armée, en Alsace, au début 1945. Pour autant, poursuivi pendant plusieurs années par cinq juges d’instruction militaires successifs et momentanément emprisonné, il fut élargi par les soins d’André Malraux. Bénéficiaire des larges lois d’amnistie, protégé par l’omerta de l’époque et de complices appuis, il se sortit d’affaire par un non-lieu des plus discutables, nanti de la Légion d’honneur, de la croix de guerre et de la rosette de la Résistance. Formé par Pierre Worms, critique d’art réfugié en Périgord entre 1940 et 1944, l’ancien maquisard devint un marchand de peintures reconnu, installé rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris.




Par Jean-Louis FILET.

vendredi 23 novembre 2018

T comme Teillac Jean le migrant

Une branche Orléanaise.


Jean TEILLAC est né le 26 juillet 1766 à la Beune-Basse à La-Chapelle-Aubareil. Il est le 6e des sept enfants d’Antoine TEILLAC, cloutier, et Jeanne JARDEL.



Il est à noter que dans cette famille, si les quatre fils se prénomment Jean, il y a plus de diversité dans les prénoms féminins : Jeanne, Toinette et Pétronille. Antoine, père de jean, a un frère de Jean, clavetier, également à la Beune-Basse qui est mon sosa 128 de la 8e génération. Je n’ai quasiment jamais croisé les métiers de cloutier et clavetier qu’à La-Chapelle-Aubareil, mais en revanche dans cette commune, ils sont fort nombreux. Sans doute y a-t-il eu une spécialité locale de cet artisanat. Le père d’Antoine et Jean était lui aussi clavetier mais leur grand-père, Jean était meunier et déjà à la Beune-Basse.

Jean Teillac, lui, échappera à la tradition familiale. Une opportunité créée par la Révolution, la suppression des octrois par la Constituante du 20 janvier 1791, lui permet d’exercer le nouveau métier de conducteur de bœufs.

Ce métier le mène à Orléans où il épouse le 6 juin 1797 Marie Magdeleine Élisabeth ROUSSEAU.



1797 acte de mariage de Jean Teillac et Marie Magdeleine Élisabeth Rousseau.


Sa vie se déroule ensuite dans cette région. Il est tout d’abord aubergiste à Orléans, puis cultivateur à Saint-Denis-en-Val. De son union sont nés 9 enfants : Thérèse Élisabeth 1798-1800, Thérèse Adèle 1798, Clémence Lucie 1801, Marie Anne Élisabeth 1803-1836, Jean François 1806-1852, Amable Pauline Désirée 1807, Adèle Mélanie Victoire 1809-1881, Pierre Joseph 1811-1811, Henri Hippolyte 1813-1813.

Il décède en 1851 à l’âge de 84 ans, où l'on voit modification du nom.

Une branche Orléanaise subsiste toujours sous le nom de THÉLIA.


Par Catherine Teillac-Fayolle.

jeudi 22 novembre 2018

S comme SUDREAU ou Sudraud

Commençons donc par Marie, mon « sosa 55», mon AAGM. Marie Sudraud, est née à Thiviers au moulin de Razat en 1838. Au décès de sa mère elle a deux ans et 12 ans au décès de son père. Il semble alors qu'elle soit confiée à son frère Pierre marié à Marie Rebière résidant à Saint-Martin-de Fressengeas (La-Rebière). Elle épouse en 1864 à Saint-Crépin-de-Richemont Léonard Mathieu, propriétaire cultivateur aux Brageots. Marie, dont j'ai cherché le décès pendant des années était inhumée à Champagnac. Moi qui passais devant sa tombe à chaque visite au cimetière ! J'ai trouvé son décès par hasard en feuilletant le registre d'état civil, le 21 Mars 1914 à Cheynou, mon village ! Bannie des Brageots pour avoir fauté après son veuvage en février 1877 et donné naissance à François le 12 Août 1878, je la trouve domiciliée à Sceau-Saint-Angel en 1894. En 1904, au mariage de François, ce fils qu’elle ne reconnaîtra qu’en 1908, en présence de Barthélémy Faye son gendre, elle est de retour aux Brageots. Fut-elle pardonnée ? J’en doute un peu car après 1908, elle demeure à Champagnac auprès de ses deux autres filles : Jeanne, célibataire, une autre Jeanne, mariée à Jean Dabzat, et de ma grand-mère Maria mariée elle aussi à Champagnac.
'' En remontant ma généalogie je retrouve Jean Sudraud son père, mon « sosa 110 » mort en 1850 à Thiviers, inscrit sous le prénom de Pierre. Je suis intriguée par la mention portée sur son acte de décès « Chevalier de la Légion d'Honneur » que je retrouve aussi sur son acte de mariage.''

Mon AAAGP Jean Sudraud naît le 20 décembre 1774 au moulin de Razat, paroisse de Thiviers et est baptisé le lendemain par l'archiprêtre Bourgoin. Il est le deuxième enfant et premier fils de Guillen, meunier, et de Françoise Fricout. Son parrain est son oncle, Maître Jean Fricout, huissier, archer-garde et sa marraine Françoise Theulier, tous deux de Thiviers.

Jean 40 ans, issu d'une lignée de meuniers de Nantheuil épouse le 21 février 1814 à Saint-Martial-de-Valette Marie-Julie dite Jeanne Agard, 18 ans, fille de meuniers, née au moulin des Hautes-Roches et résidant au moulin de Grolhier. Il sait écrire comme ses parents. De cette union naîtront dix enfants dont Marie, la dernière. A la naissance de son fils Pierre en 1815, Jean est ex-militaire, meunier. Pour la naissance de son fils Antoine, en 1826, il est Légionnaire, pour celle de Françoise en 1831, membre de la Légion d'Honneur et pour celle de Sicaire en 1835, Chevalier de la Légion d'Honneur. Jean est donc un ex-militaire, chevalier de la Légion d'Honneur.



J'ai trouvé dans la base LEONORE quelques documents attestant qu'il a été nommé Chevalier de l’Ordre Royal de la Légion d’Honneur le 28 Juin 1807. J'y apprends qu'il est alors caporal à la 1ère compagnie de voltigeurs du 58e régiment d'infanterie de ligne.

Premier serment fait à l’Empereur















Jean, soldat de la République à 18 ans, sert la 30e brigade légère du 7 Septembre 1792 jusqu’au 21 Mars 1796. Du 22 Mars 1796 au 19 Juin 1799, je perds sa trace, mais il est toujours soldat. Sur sa Fiche Matricule, il arrive au corps le 20 Juin 1799, Bonaparte prend le pouvoir en Novembre de la même année. Jean mesure 1,60m, a le visage ovale, le front découvert, le nez petit, les yeux bleus, une bouche moyenne, un menton rond, les cheveux et les sourcils de couleur châtain.
Il est nommé caporal le 7 Novembre 1802. Jean fait les Campagnes Napoléoniennes de Russie, Italie, Espagne, Allemagne. Il est blessé en 1807 à la jambe gauche par un coup de feu à Friedland en Russie, à l'épaule droite en 1809 devant Aranjuez en Espagne et en 1811 à la main gauche, il perd l'auriculaire à la bataille d'Albuera en Espagne.

Illustration : Jacques Baron (Généalogie Récap-Recherche Militaires)







Le 29 Novembre 1812, au dépôt de la place de Bayonne il est reconnu impropre au service. Il laisse son habillement en bon état et est renvoyé dans ses foyers à Thiviers pour « affaiblissement considérable du corps après vingt années de service ». Il est de retour à Thiviers le 19 Décembre 1812 comme l’atteste la signature du conseiller Faurichon.

Jean a des soucis pour percevoir sa pension. Il déclare qu’il avait à sa masse, au 1er Octobre 1810 : 133 Francs 97 centimes. Ses réclamations portent sur les périodes du 1er Octobre 1810 au 1er Janvier 1812 et du 1er Janvier 1812 au 7 Octobre 1812 inclus. Il dit qu’il a cessé d’être payé de sa Décoration depuis le 1er Octobre 1811 ».

Je suppose qu’il a fait ce deuxième serment au Roi Louis XVIII afin de pouvoir toucher sa pension.
Deuxième Serment au Roi Louis XVIII


Jean dit Pierre décède le 30 Mars 1850, sous Louis-Napoléon.
Par Marie-Paule BERTAND-BLANCHARD.

mercredi 21 novembre 2018

R comme ROUGIER Hilaire

1) Naissance.

(Ci-dessus: acte de baptême de Hilaire Rougier extrait des archives de St Michel 5 E 468 1 conservé à Périgueux)

« Ce 17ème Juin 1688 a été baptisé hilaire Rougier fils de pierre Rougier et de magdelene Catinou du présent bourg et esté parrain hilaire Catinou et marraine jeanne Catinou et le dit baptême fait par moy curé en présence des témoins qui n’ont seu signer »

Il s'agit de l'acte de naissance le plus ancien concernant un Rougier dans la paroisse de Saint-Michel. Hilaire semble être le premier de la lignée à voir le jour sur cette paroisse. Fondateur d'une dynastie qui va s'illustrer à Saint-Michel au cours des siècles suivants, ses descendants adopteront son prénom accolé aux leurs en souvenir du lointain aïeul et cette coutume perdurera jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Hilaire vit une enfance marquée par les misères de la fin du XVIIe siècle. Alors âgé de 4 ans, le petit garçon doit affronter plusieurs rudes hivers qui privent les populations de nourriture, les paysans amaigris et désespérés se nourrissent de pain de fougère, de glands, de châtaignes, d'herbes bouillies. Grâce au lait nourricier des vaches de son père, l'enfant survit au milieu des visages blafards témoins de la famine. Alors que la plupart des garçonnets ne quittent pas les fermes ou les cours des maisons, Hilaire se montre disposé à apprendre les rudiments de l'instruction. Il est le premier Rougier à savoir lire, écrire, signer son nom. En 1698, les famines sont passées, et une petite sœur naît dans la maison: Jeanne.

2) Une existence brève

L'union avec Anne Mallet

Au mois de Janvier 1708, son père le fait marier avec une fille d'une des plus anciennes familles de la paroisse, Anne Mallet. (Cf. Les Mallet de la Maison - Neuve) Née entre 1685 et 1687 à la « Maisonneuve », son existence n'est attestée que par l'acte de contrôle de son mariage enregistré au bureau de Vergt le 30 Janvier 1708. Elle apporte une dot de 540 livres, une belle somme à cette époque. Très vite, ils ont un enfant, Jean Hilaire, né l'année même de l'union, mais ce sera le seul.




Survient alors le « Grand Hyver » de 1709 dont les Rougier ne semblent pas très affecté : l'auberge est chauffée, bien approvisionnée, les clients, bloqués par le froid polaire qui sévit, restent plusieurs jours et font augmenter les recettes de la maison.




De rares transactions

Du vivant de Pierre, Hilaire ne semble rien entreprendre: il laisse son père gouverner la famille et les affaires, comme le veut la tradition. Au décès de ce dernier, les choses évoluent et il devient le chef de son clan: il doit tenir l'auberge mais aussi assurer l'avenir de sa jeune soeur.

Au début de l'année 1717, il se rend dans la forêt du notaire Jeammes Favareilhes, non loin des Pradignacs. Celui-ci vend une large coupe de chataîgniers et notre ancêtre, qui ne possède pas assez de terres, a besoin de bois pour son auberge : c'est d'ailleurs l'unique fois qu'il est mentionné « hôte du bourg de Saint-Michel ». Hilaire achète donc 24 brasses de bois : il en emporte 4 et laisse le reste sur place jusqu'en Juin 1717.



(Ci-dessus : extrait de la succession de Me Jeammes Favareilhes-Archives de Périgueux série 3 E)

En Janvier 1718 il se rend pour la première fois chez le notaire Lasfaulx : associé avec sa mère, il constitue une dot de 600 livres à Jeanne en vue de son mariage avec un jeune greffier de Beauregard, Jean Chauzenoux. Hilaire avait sûrement vu trop grand: il ne donne à Jeanne qu'une somme de 96 livres le 18 Mai 1721, au grand dam du greffier qui se fâche !!

Cette même année, en Février, il fait un échange de terre avec Arnaud Foucaud, le mois suivant il acquiert un fond de Pierre Ruissègue pour 295 livres. Malheureusement, le seigneur de l'époque, Pierre Chantegreilh, semble vivement intéressé par l'achat de notre aïeul et sur le lot il se permet de retenir à son profit plusieurs fonds, aboutissant au contrat daté du 7 Avril 1718, rédigé par la propre main de Hilaire, mais dont hélas il ne reste aucune trace. Cet obstacle paraît mettre un terme aux achats du jeune Rougier.

Hilaire a fort à faire : tenir l'auberge, travailler ses quelques terres, assurer l'éducation de son fils. Il ne passe aucun contrat de bail à cheptel, comme jadis faisait son père, peut-être est-il assez riche pour posséder son propre bétail, ou au contraire, il n'en a plus et doit piocher à la main quelques arpents pour faire son pain !



(Ci-dessus : extrait d'un acte notarié de 1742 où il est fait mention de la dot constituée par Hilaire)

Les relations sociales de notre ancêtre

Bien que pas très riche, sa position d'aubergiste dans le bourg de Saint-Michel ou résident quelques familles bourgeoises, lui assure de larges relations. Etre en mesure de comprendre la langue française, de la lire et l'écrire dans une région où tous les paysans parlent le patois occitan, conforte son importance. Jeune, on lui fait déjà confiance : le 17 Décembre 1709  il accompagne une demoiselle du bourg, Louise Sicard, au baptême d'un enfant à l'église de Salon. Il rencontre plusieurs notables, dont Pierre Crevet et Antoine Reynaud un procureur d'office.

(Ci-dessus : extrait des registres paroissiaux de Salon. Baptême de Louise Crevet)



détail de la signature de Hilaire Rougier, plus ancienne signature connue!!




À Salon, il manque de peu de rencontrer un autre de nos ancêtres « lettré », Guillaume Ricard, lui aussi venu pour un baptême. Hilaire fait également des affaires avec le notaire du Coustal, le sieur Favareilhes. Comme on peut le constater, notre ancêtre su se créer un réseau de relations utiles qui rendront bien service à ses descendants !

La rencontre avec Marie Boussou

En 1718, Hilaire perd sa femme âgée d'une trentaine d'année .Il est impossible de connaître la cause du décès précoce de Anne, mais à cette époque les maladies ou le manque d'hygiène emportait rapidement les personnes. Cependant l'aubergiste est jeune, il a un fils à élever, et il recherche une nouvelle compagne. Sa condition d'hôte, sa fortune modeste, ne lui permettait pas à priori de trouver une femme d'une famille notable. Pourtant, grâce à ses relations, peut être aidé par son beau-frère le greffier, il se remarie le 4 Février 1719 avec la fille d'un maître chirurgien de Ladouze, Marie Boussou. Chose unique dans l'histoire de la famille, Hilaire donne 200 livres à cette femme qui n'a pas de dot! Il était sûrement très désireux de se remarier et d'assurer une plus nombreuse descendance! L'union est célébrée en présence de nombreux notables et notre ancêtre signe deux fois l'acte en raturant.

Les temps sont à nouveau durs: l'été 1719 est caniculaire, une épidémie de dysenterie traverse le pays et emporte de nombreux nourrissons, l'année suivante la peste resurgit, les villageois tremblent de peur et restent cloîtré pour éviter la contagion, l'auberge est vide, Madeleine meurt, et Marie Boussou ne met aucun enfant au monde!


(Ci-dessus: mariage de Hilaire avec Marie Beaussou. Extrait des registres paroissiaux de Ladouze)

Un décès précoce
Frappé par tous les malheurs de cette époque trouble, Hilaire se meurt, désespéré de ne laisser qu'un fils unique aux mains de sa marâtre! Fâché avec son beau-frère auquel il ne paie plus la dot promise, uni à une femme cupide, freiné dans ses ambitions, à l'été 1722, il achève une brève existence de 34 ans et rejoins ses parents dans le cimetière paroissial.

Quant à sa seconde épouse, elle comprend le bénéfice qu'elle peut tirer de cette disparition: le 6 Septembre 1722, elle obtient 258 livres, puis abandonne Jean Hilaire. Elle retourne dans son village d'origine et épouse le 17 Juin 1727 Sicaire Vigier (née vers 1687-1750, arrière-grand-père d'Anne Bouchard, femme de Jean Hilaire Rougier), un autre de nos ancêtres, alors en pleine progression sociale.

Un seul homme va alors prendre en main notre avenir à ce moment tragique: Jean Mallet dit Rousset.


Par Jérôme ROUGIER.

mardi 20 novembre 2018

QUEYREL Guillaume dit Etienne

Guillaume est né le 13 octobre 1786, au lieu de « Franchemont » à Bergerac. Il est baptisé le lendemain de sa naissance.



Il est l'enfant de Pierre et Jeanne ROUX, le second d’une fratrie de quatre enfants. A Bergerac, il est laboureur, comme son père, puis, après son mariage, le 5 mai 1814 à Bergerac, avec Marie FOURNIER, nous le retrouvons métayer chez Monsieur TAILLEFER au lieu du « Vignal » à Lamonzie-Saint-Martin. De son union avec Marie, naîtront sept enfants :

- Suzanne née en 1815 à Bergerac au lieu de « l’Alba »

- Jeanne née en 1817 à Bergerac au lieu de « la Brunetière »

- Lors de la naissance des jumeaux Pierre et Etienne, en 1821, le couple habite au lieu de « La Gravouse » à Bergerac. Pierre et Etienne décèderont en bas-âge, l’un en 1822 et l’autre en 1823.




- Jeanne dite « Anne » née en 1823

- Pierre, né en 1825

- Jean, né en 1828

Les deux derniers enfants naissent à Lamonzie-Saint- Martin.

Au recensement de 1836, nous trouvons la famille toujours installée à Lamonzie-Saint-Martin. Il ne reste que trois enfants à charge plus Marie, la sœur de Guillaume, qui vit avec eux



Guillaume décédera à Bergerac, le 7 décembre 1859 à l’âge de 73 ans… deux ans après sa femme.

Par Maryse GRENIER.

lundi 19 novembre 2018

PUYRINIER Joseph Arnaud

Mon arrière-grand père de Ribérac.
Il est né à Saint-Sulpice-de-Roumagnac en Dordogne, le 8 juillet 1832.

Il est le fils de Jean Baptiste Puyrinier ou Puyrenier, l’orthographe du nom n’est pas encore bien fixée et subira encore quelques variantes. La profession de ce dernier à la naissance de Joseph Arnaud est Artiste Vétérinaire, il semblerait que de père en fils, les Puyrinier aient été Artistes vétérinaires et Maréchaux Vétérinaires à saint-Sulpice-de-Roumagnac. Le grand-père prénommé Jean avait fait l’objet d’un article dans les annales de l’agriculture en 1818 pour ses compétences dans les soins aux animaux. Joseph Arnaud est le sixième enfant de la famille qui en comportera 7, il ne sera donc pas l’héritier de cette tradition qui reviendra à son frère ainé Jean Augustin, le dernier à la pratiquer. La loi ayant modifié entre temps la pratique et les études vétérinaires et de ce fait il ne sera plus possible d’exercer le métier en tant que Maréchal-ferrant vétérinaire. Le dernier des Puyrinier, ayant eu une profession liée au cheval sera Hongreur. Arnaud a vécu longtemps à Saint-Sulpice-de-Roumagnac avant que la famille ne vienne s’établir à Ribérac.

Portrait physique : cheveux et sourcils châtains, yeux gris, front bas, nez bien fait, bouche petite, menton rond, visage rond. Taille : 1,59 m


Si j’ai choisi de parler de mon arrière-grand-père, c’est qu’il est le fruit d’une union peu commune.
Sa mère, Marie Justine de Lavergne appartenait à une famille de petite noblesse du Périgord, elle vivait au Château de Lavergne à Petit Bersac, fille de Pierre-Louis de Lavergne, Chevalier de Saint-Louis et capitaine au Régiment du Vermandois et de Marie Pauline de Touros, comtesse d’Heinz et chanoinesse de Walbourgis en Westphalie, elle avait résidé en Prusse un certain temps avec son père, passé au service du Roi de Prusse en 1768 ! Celui-ci sera général major et brigadier-chef des ingénieurs militaires, il restera en Prusse jusqu’à sa mort à Luckenwald, mais ceci est une autre histoire !

Selon un récit familial, Jean Puyrinier, le père d’Arnaud s’occupait des chevaux du domaine et serait tombé amoureux de la demoiselle qui aurait répondu à ses sentiments. Le mariage eut donc lieu malgré les réticences paternelles, mais la famille de Lavergne était sortie très appauvrie de la révolution et n’avait plus les moyens de paraître, Pierre-Louis de Lavergne avait de nombreuses filles à marier et peu de partis à proximité donc il donna son consentement ! Et après tout, le père du marié était aussi adjoint au Maire de Saint-Sulpice et avait reçu une certaine instruction ce qui en faisait un notable dans son village ! Par ce mariage Joseph Arnaud comptera aussi parmi ses ancêtres, Magdelon Charles-François de Touros, directeur des fortifications de Guyenne et Pyrénées, la famille Orfaure, les familles de Vétat et Poulard de Périgueux et Petit Bersac, enfin sa grande tante Victoire dite « l’américaine » dont une rue de Bordeaux porte le nom et qui fût l’épouse du faïencier Ferdinand Hustin. Justine semble avoir exercé une influence très forte sur sa famille, elle y était surnommée « la comtesse » par ses petits-enfants. Jean Puyrinier, le père d’Arnaud décède en 1849, Joseph Arnaud est encore très jeune, il vivra avec sa mère et son frère aîné à Ribérac.


En 1854, il est recruté pour le Service Militaire, il participe à la guerre de Crimée et reçoit la médaille de la reine Victoria, il terminera en 1866 comme sergent.


Libéré de ses obligations militaires, il exerce l’activité de ferblantier et connaitra sa future épouse Anne Gouaud, mais prénom d’usage « Constance », par l’intermédiaire de l’un de ses beaux-frères Félix Thomas, lui-même ferblantier et marié à une sœur Gouaud. Joseph Arnaud se marie le 26 janvier 1868 à Montpon avec Anne Gouaud, issue d’une famille de cette commune, sa mère Justine est présente lors du contrat de mariage, elle meurt en 1874.



Ils résident par la suite à Ribérac où il continue à exercer son activité, la famille demeure au 6 rue Notre Dame, (figure à cette adresse sur le recensement de 1876), ils auront sept enfants dont trois mourront relativement jeunes. Malheureusement, il tombe malade en 1877 et succombera à une pneumonie, sa femme le suivra 5 ans plus tard.


Les enfants seront répartis chez leurs deux oncles du côté maternel chez les familles Faux et Thomas de Montpon, ce qui explique probablement pourquoi les enfants de Joseph Arnaud s’établiront par la suite à Montpon ou à proximité, Louis, mon grand-père, le fils ainé de Joseph y créera avec ses frères et le concours de Félix Thomas son oncle et tuteur, une entreprise dont l’activité sera dans un premier temps la ferblanterie, puis la plomberie zinguerie. Cette dernière perdurera jusqu’au début de la seconde guerre mondiale, mais disparaîtra après le décès des fils de Joseph Arnaud.

Par Marie-Thérèse PUYRINIER WACHET.

samedi 17 novembre 2018

ORTHION Marguerite

Quand j’ai découvert que Marguerite était issue d’une famille de colons, dans ma tête sont aussitôt apparues de images de films américains, les grands espaces, les courses effrénées en charriots, à la découverte de nouvelles terres…

Ils arrivaient de je ne sais où pour aller…qui sait où ? En l’occurrence ici, en Dordogne et plus précisément à Saint-Louis sur L’Isle.

Qu’elle ne fût ma déception à la lecture de la définition du mot « colon » : Cultivateur, à l'origine ancien soldat, de condition libre mais assujetti à la terre qu'il travaille pour le compte d'un propriétaire !!!


En fait, ils étaient des gens ordinaires, cultivateurs, menant une vie normale, du moins, je veux bien le croire si ce n’est que, tout en elle sentait la nature. Comme je l’ai dit au début elle se prénommait Marguerite quant à son patronyme, mis à part que l’on ne sait pas où positionner le « H » « Orthion, Ortion, Hortion » il est un dérivé de « Ort », « forme occitane de jardin », surnom d’un possesseur de jardin (Geneanet)

Le décor est planté.
Avec un H comme Hortion Marguerite voit le jour à Saint Louis en l’Isle,(Dordogne), à 2 heures du matin, un 20 janvier 1843, au lieu des Nandilloux.


Elle habite Saint louis en l’Isle jusqu’au décès de sa mère en 1856, avec ses parents :

Pierre ORTION son père, Marie MADILLAC sa mère et ses sœurs (Marie Hortion 1835-1892, Marie Hortion 1838, Marie Hortion 1840),


Comme en témoigne le recensement de 1851 Marie Madillac décédée, Pierre Orthion prend pour épouse Marie Couyrier avec laquelle il a deux enfants , Louis Hortion en 1859 et Jeanne Hortion en 1860


Marguerite devient servante à gages chez Mr Paulias ou Pauliac à Menesplet. C’est là qu’elle rencontre celui qui devient son époux le 28 avril 1862 à Minzac (24272), Jean FORTIN 1832-1871.

Ils habitent le Moulin du Drôle et ont quatre enfants (Pierre FORTIN 1863-1864,Marie FORTIN 1864-1867, Marie FORTIN 1868, Marie FORTIN 1871-1871) Sur le contrat de mariage passé chez Me Delage le 18 avril 1862, on note que Marguerite hérite en indivision des propriétés de sa mère, sises à Saint-Louis en L’Isle. Jean Fortin décède le 26 décembre 1871.
Marguerite ne reste pas longtemps veuve. Elle se remarie le 1er janvier 1873 avec Jean Villechenoux né le 27 mai 1838 à Beauronne, lui-même veuf de Jeanne Guionnie le 9 mai 1871…

Ils ont trois enfants :

André :

Né le 21 août 1874 - Francs, 33570, Gironde, Epouse Anne Tignonma Décédé le 1er janvier 1915 - Bordeaux-Hôpital Temporaire, à l’âge de 40 ans alors qu’il vient juste d’être incorporé(le 15 décembre). Cultivateur

André :

Né le 26/11 :1878 à Minzac 24 Dordogne Epouse Edouara Morandeau Décédé le 26 octobre 1915 Jonchéry, Marne. Mort pour la France.

Antoine

Né le 24 juillet 1887 à Minzac

On perd la trace de Marguerite en 1903 après le mariage de son fils aîné. On sait juste qu’elle est décédée en 1915 lors du décès de ses deux fils.

Alors avec ou sans H ? Il faudrait remonter à la naissance du bourgeon pour en connaître l’écriture exacte.
Par Françoise VILLECHENOUX.

vendredi 16 novembre 2018

Nicolas RAMBOURG

En cette année 1649, un vieillard d’environ 90 ans jette un regard sur l’imposant chantier qui se tient devant lui.


Il est serein, satisfait de son travail, même si celui-ci est inachevé, car après tout, c’est le propre de tous les grands architectes de son époque : partir avant la réalisation complète de leur chef-d’œuvre. Il se souvient de ce vieux château-fort fort délabré, qu’il s’était engagé, il y a plusieurs années, à transformer en une résidence majestueuse et magnifique, destinée à susciter une fierté vaniteuse dans la famille de ses possesseurs, et pour les siècles à venir. Au soir de sa vie, il sait qu’il laisse une trace anonyme pour le commun des mortels, mais pourtant bien visible aux yeux de tous, car sa merveille architecturale marquera durablement le paysage de Hautefort et alentours.

Quel honneur pour Nicolas Rambourg d’introduire en ces fameuses terres ce style moderne né en Italie au siècle précédent. Fameuses terres, disais-je… Cette antique seigneurie, bien qu’excentrée, située sur la bordure est du Périgord et à quelques encablures du Bas-Limousin, entrait en effet dans l’histoire un peu plus de 300 ans auparavant. Son turbulent seigneur de l’époque, Bertrand de Born (1215), n’avait cessé d’alimenter les tensions entre ses suzerains Henri et Richard, les fils d’Aliénor d’Aquitaine, pour tenter de tirer ensuite avantage d’une situation désordonnée. Tout cela en vain, et l’homme voyant ses desseins anéantis s’était retiré du monde, dans l’abbaye voisine de Dalon, laissant cependant à la postérité quelques vers qu’il avait composés sur l’amour courtois et la guerre. Les descendants de ce troubadour finirent par prendre le nom de leur domaine, ils prospérèrent tant, que Hautefort fut érigé en marquisat en 1614.


Et c’est donc sur ces terres qu’au soir de sa vie, Nicolas Rambourg ne peut que contempler le passé et le chemin qu’il a tracé grâce aux opportunités occasionnées par son génie, reconnu par ses contemporains. De son enfance, il se souvient des bords de la Meuse et de l’église paroissiale où il avait été baptisé, à Saint Mihiel en la province indépendante de Lorraine. Il n’y manquait pas d’admirer, à chaque fois qu’il allait prier, une fascinante mise au tombeau, flambant neuve, réalisée par la grande figure de la Renaissance lorraine, Ligier Richier. D’aucuns racontent que ce sculpteur, natif aussi de Saint Mihiel, était allé en Italie dans sa jeunesse où il avait rencontré Michel-Ange. De retour dans son pays natal, il l’avait agrémenté de créations artistiques très proches du style du maître italien. Cependant, les tensions religieuses devinrent telles que le vieux sculpteur qui avait embrassé la religion réformée, fut contraint à l’exil en s’enfuyant à Genève. Étant catholique, le très jeune Rambourg ne fut pas inquiété. Il avait même profité de l’influence des bénédictins de sa ville qui, tout au long du XVIème siècle, n’eurent de cesse d’y promouvoir les Arts. Nicolas Rambourg, tout comme son grand frère Jean, y avait débuté son apprentissage, puis était parti en la ville de Langres, pour y apprendre son art. Les évêques de Langres étaient des personnages puissants, puisqu’une fois nommés, ils étaient automatiquement agrémentés des titres de ducs et pairs de France. Le long épiscopat de Claude de Longwy cardinal de Givry (évêque de Langres de 1528 à 1561) fut très important pour cette ville et ses environs dont il favorisa l’embellissement. Aussi, y officiait un enfant du pays, Nicolas Ribonnier, remarquable ingénieur militaire, architecte, et sculpteur, dont le talent rayonna jusqu’à Dijon, capitale des Ducs de Bourgogne. Auprès de ce maître, l’éventail de l’apprentissage de Nicolas Rambourg fut très complet, avec les dernières techniques les plus pointues et à la mode de son temps.

Des proches parents de Claude de Longwy, évêque de Langres, s’allièrent à une famille à la fois originaire du Limousin mais aussi implantée dans le Périgord : les Pérusse des Cars. C’est ainsi qu’en 1572, probablement un peu grâce aux coutumes népotiques de l’époque, Charles de Pérusse des Cars, beau-fils de Françoise de Longwy, fut nommé évêque de Langres. Dans une famille, la présence d’un tel prélat est une opportunité sans équivalent, elle est un véritable tremplin, permet d’augmenter l’influence, l’importance et la réputation de sa parenté. Le frère de l’évêque, François de Pérusse des Cars, chef de la maison, décida de remanier certaines de ses propriétés. En 1582, il venait d’acheter à Henri de Navarre (futur roi Henri IV) le château d’Excideuil, qui venait de subir, en 1574, de sérieux affrontements entre les huguenots et les catholiques. Cherchant un architecte pour ses travaux, le jeune Nicolas Rambourg lui fut recommandé par son illustre parent.

C’est ainsi que Nicolas quitta définitivement son pays natal, accompagné de son frère aîné,


Jean. Après Excideuil, les chantiers ne manquèrent pas. Jean profita des travaux sur le château de Juillac (propriété d’un cadet des Pérusse des Cars), pour se marier et s’installer dans la paroisse voisine de Concèze, dans le Bas-Limousin. La fille de François de Pérusse des Cars avait épousé François d’Hautefort, qui habitait le château du même nom, et qui avait l’espoir, grâce à ce mariage, de nourrir de grandes ambitions. Il embaucha l’architecte de son beau-père, et dès 1588, les fortifications étaient remises à neuf. Voyant ces magnifiques réalisations, inédites dans le pays, les seigneurs du voisinage voulurent aussi employer l’architecte, comme Jean Foucaud de Lardimalie pour son château de la Sudrie en la paroisse de Cubjac. Les tâches à accomplir dans la région étaient infinies, Nicolas se rendit compte qu’il n’allait plus quitter cette contrée, et tout comme son frère, il se décida à y fonder un foyer. Il épousa une jeune veuve originaire de Salagnac, Jeanne Goumard, qui habitait à La Genèbre en la paroisse de Saint Aignan de Hautefort, demeure familiale de son premier époux, François Pasquet. Par ce mariage, notre lorrain s’intégrait totalement à la bourgeoisie locale, avec notamment un beau-frère Goumard notaire, et désormais allié à cette famille Pasquet, très prolifique et influente dans la vallée de l’Auvézère. Cependant, les Rambourg restaient des étrangers.
Une photo de la signature de Rambourg dans sa lettre de naturalité où c'est la seule fois où il signe Rembourg avec un e ( photo fait par Sébastien Chaminade aux AD 24.

En 1589, le roi de France Henri III, fils d’Henri II et petit-fils de François Ier, avait été assassiné. Tout comme ses deux frères avant lui, il mourait sans héritier direct, et la couronne revint à son très lointain cousin Henri de Bourbon, non seulement roi de Navarre, mais aussi comte de Périgord, et vicomte de Limoges. Ainsi, pour obtenir les mêmes droits que tous les sujets du roi de France, c’est auprès de l’administration d’Henri IV que les deux architectes durent demander, en 1603, des lettres de naturalité, retranscrites dans les patentes de la Sénéchaussée du Périgord.


Pendant ce temps, les commandes se poursuivaient, et se diversifiaient. Avant la fin du XVIème siècle, il avait réalisé pour la famille Ferrières, aussi alliée aux Pérusse des Cars, des fontaines au style contrastant totalement avec l’austérité de leur antique demeure de Sauvebœuf. Puis, chez François de La Borie, il avait restauré et remis au goût du jour la bâtisse de la Rampinsole, paroisse de Coulounieix. Au début du XVIIème siècle, on l’appela deux fois à Périgueux pour réaliser l’une après l’autre les deux tribunes de la cathédrale Saint Front, jusqu’après 1612. Il logeait alors dans la paroisse urbaine de Saint Silain, où on le trouvait parrain en 1605 d’une petite Marie Bouquier, fille d’un maître menuisier avec lequel il travaillait. Il resta encore dans la métropole provinciale de 1613 à 1616 pour réaliser des travaux importants sur les ponts de Tournepiche et de la Porte-Neuve, au-dessus de l’Isle. On le logea chez Mathaly (Mathurin en occitan) Labrousse, hôte dans le Faubourg de Tournepiche, et beau-frère de Raymond Dubreuil, receveur de Hautefort. Nicolas se lia d’amitié pour les membres de cette famille, et en 1625, il maria sa fille la plus jeune à Blaise, fils de Raymond Dubreuil.

Car de son union avec Jeanne Goumard, Nicolas avait eu des enfants, dont plusieurs arrivèrent à l’âge adulte. L’aînée s’appelait Anne, elle épousa en 1614 le notaire Claude Sarrazanes. Léonne épousa en 1618 le procureur d’office de Tourtoirac, Guillaume Souffron. Les deux plus jeunes filles se prénommaient toutes deux Françoise, la première, baptisée en 1602, épousa le praticien Antoine Exartier du village des Charreaux, dépendant de Hautefort. La seconde, épousa donc en 1625 Blaise Dubreuil, mais très vite veuve, elle se remaria en 1627 avec Léonard Lidonne, juge de la juridiction de Hautefort. Un garçon, Bernard, était promis à une carrière juridique, mais mourut prématurément .

(On n’a pas trouvé son acte de sépulture, mais ses preuves de vie cessent juste avant l’épidémie de peste qui frappa la région autour des années 1630).

Provenant des biens du premier époux de Jeanne Goumard, la maison de La Genèbre, domicile des époux Rambourg, devait échoir soit à Léonne, soit à Jeannette Pasquet, les filles de ce premier mariage. Mais le destin en décida autrement, les filles moururent jeunes et sans héritier, après s’être pourtant mariées. C’est donc la dernière fille de Nicolas Rambourg et de Jeanne Goumard, Françoise, successivement épouse Dubreuil puis Lidonne, qui devint l’héritière, et qui resta vivre dans leur foyer.

La vie professionnelle de Nicolas Rambourg fut plus mouvementée qu’on ne pourrait l’imaginer.

En 1614, date de l’érection de la terre d’Hautefort en marquisat, les chantiers étaient à leur apogée, et rien ne pouvait laisser présager quelque changement, mais l’année 1616 fut marquée par un événement inattendu, qui changea considérablement la donne : le jeune Charles d’Hautefort, chef de la maison, décéda prématurément, laissant une veuve, Renée du Bellay, et de jeunes enfants. La mère de Charles, Louise de Pérusse des Cars, était décédée en 1595, et son époux préféra se mettre en ménage avec sa concubine du moment, et s’occuper de ses enfants bâtards. Il avait alors abandonné ses droits sur Hautefort à son fils aîné, dont l’hérédité revint à Renée du Bellay, mais devint cependant tuteur des orphelins, rendant la situation quelque peu épineuse. Renée décida de rester à Hautefort, pour ne pas fâcher son beau-père, bien que celui-ci ne fût pas très généreux avec ses pupilles (il fut dit qu’il l’était beaucoup plus avec ses enfants naturels). Les décisionnaires planifièrent donc de continuer les travaux à Hautefort. Cependant, la situation se détériora au cours du temps, et en 1627, la douairière décida d’affermer le château et d’en partir. Les travaux cessèrent, le coup porté à Nicolas Rambourg fut très dur. À partir de cette époque, il n’exerça plus que ses activités de sculpteur, n’ayant plus aucune commande en tant que bâtisseur.

La traversée du désert dura presque une décennie.


En 1636 en revanche, les commandes affluèrent de nouveau. Cinq ans auparavant, Jean de Ferrières de Sauvebœuf, pour qui il avait exécuté des fontaines, tomba en disgrâce pour avoir pris le parti de Marie de Médicis contre le roi. Il fut décidé que la forteresse antique de Sauvebœuf soit rasée. Elle ne fut en réalité que démantelée, mais lorsque le fils de cette maison noble voulut le rebâtir dignement, il fit appel à l’architecte de Hautefort. La même année, Rambourg remporta « l’appel d’offre » pour les réparations de la maison commune du Consulat à Périgueux (il se chargea des plans, mais délégua les travaux à un autre maçon).
Mais l’événement majeur fut le retour des Hautefort sur le devant de la scène. Le jeune Jacques-François, reçut de nombreux biens en héritage. Sa mère Renée du Bellay décéda en 1631, son grand-père l’émancipa en 1633, il put donc recevoir les héritages de son père et d’un de ses grands-oncles Pérusse des Cars, il hérita ensuite d’une grande-tante maternelle. Cette fortune soudaine, s’ajoutant à ses revenus déjà conséquents, laissa à ce jeune marquis les possibilités d’assouvir ses rêves à la hauteur de ses prétentions.

Jacques-François d’Hautefort revint chercher le vieux Nicolas Rambourg, septuagénaire mais toujours dynamique. Ils décidèrent de retravailler les plans, pour certains exécutés plus de 30 ans auparavant, pour les remettre au goût du jour. Pour cela, Rambourg consulta les manuels d’architecture les plus récents, émanant de ses confrères lorrains et bourguignons, s’en inspirant pour ses plans, tout en les agrémentant de ses inspirations originales. Sous sa main encore agile, naquirent les projets du pavillon central sur la cour, le promenoir, la grande galerie, qu’il verra lentement s’ériger sous le travail des ouvriers maçons et charpentiers.

La sœur de Jacques-François d’Hautefort connaissait alors un destin national. En 1630, la très jeune Marie d’Hautefort, dame d’honneur de la reine, s’était faite remarquer grâce à sa beauté et ses bonnes manières par le roi Louis XIII qui lui accorda longtemps ses faveurs. Les intrigues politiques de Richelieu l’éloignèrent ensuite de la cour, sans pour autant la disgracier aux yeux des membres de la famille royale. En 1643, après les décès coup sur coup du ministre et du roi, Anne d’Autriche devenue reine-mère et régente du jeune Louis XIV rappela sa chère amie qui bénéficia de nouveau de son statut particulier auprès de la famille royale.

En cette année 1649, ce vieillard de 90 ans contemplant son chantier pense un instant à l’avenir.

Les rumeurs disent que la liberté de parole de Marie d’Hautefort commence à déranger le ministre Mazarin qui, malmené par la Fronde parlementaire, songe déjà à un moyen de la congédier à nouveau. Le roi est jeune, la reine-mère et son ministre sont impopulaires et fragilisés, cernés par les complots. Peu importe, Nicolas Rambourg sait que sa vie mortelle touche à sa fin, et au sommet de sa gloire, alors que l’avenir de la France semble une nouvelle fois des plus incertains, il regagne son logement aménagé sur son chantier, au cœur de sa plus grande création, le château de Hautefort.

Le 2 juillet 1649, Nicolas Rambourg ferma les yeux,


S RAMBOURG 1649. AD24 - Hautefort (Dordogne, France),Paroisse Saint-Agnan, 1628 – 1660 vue 222/391

Après s’être confessé, avoir communié, et avoir reçu les saints sacrements de l’extrême onction, Il fut inhumé le lendemain dans l’église paroissiale dans les tombeaux qu’il avait acquis 40 ans plus tôt, en présence de « vingt-deux prêtres ou religieux » qui s’étaient déplacés pour lui rendre un dernier hommage. Ses œuvres ont traversé les siècles, mais son nom fut oublié. Des passionnés ont, par l’étude d’archives diverses, réussi à l’identifier, à reconstituer son parcours, à reconnaître ses créations .

( Notamment grâce à Madame Gendry, Monsieur Laurent, et le chanoine Brugière (puisèrent leurs informations aux archives départementales de la Dordogne, mais dans les archives épistolaires entre les différents membres de la famille d’Hautefort et alliés) ; on a d’ailleurs admis les hypothèses les plus plausibles émises par ces éminents spécialistes pour la rédaction de cette histoire de Nicolas Rambourg.)


Par Julien LIUT.

jeudi 15 novembre 2018

Marie TISSANDIE

Joseph HEBRARD notre AAAA grand-père, est né probablement vers 1741 à Loubéjac. Fils de Joseph HEBRARD et de Marie MOUILLAC. Il sera laboureur et épousera Marie TISSANDIE en 1765. Marie TISSANDIE a vu le jour le 3 mars 1741 à Loubéjac, elle est la dernière fille de Guillaume TISSANDIE, laboureur et de Marie CHARVY.


Elle épousera Joseph HEBRARD le 17 février 1765. De cette union naitra Antoinette HEBRARD, notre AAAGrand-mère le 16 avril 1767.

Elle est bien jeune notre Antoinette, elle n’a que 17 ans lorsqu’elle se marie dans l’église de Loubéjac le 7 avril 1785 avec Jean SOULLIE, charron, notre AAAGrand-père.

Ils auront 9 enfants, dont le petit dernier François notre AA grand-père né le 27 octobre 1805. Voici que François, a trouvé une promise, il a été la chercher bien loin, à 75km, dans le Lot, mais c’était sûrement la plus belle fille de la région.

Il épousera Marie GARRIGOU le 21 février 1835 à Loubéjac.



François et Marie, quittent la Dordogne pour le Lot. François sera charron à Tarrieu-Pomarède, commune de Cassagnes, lieu où naîtront leurs sept enfants, dont le 12 septembre 1840 Jeanne dite Thérèse notre AR grand-mère. Jeanne SOULLIE épousera Jean Monville le 2 avril 1862 à Bélaye (Lot) Jean MONVILLE né le 22 Juillet 1833 a trouvé sa promise à Pomarède à 15Km de Bélaye ! Ce n’est pas loin ! Lui qui venait de faire la campagne d’Italie avec Napoléon, et qui était rentré à pied de Magenta, accompagné de son chien Milan. Vers 1859 Jean vient de rentrer de son service militaire qui a duré 7ans !

Sa Jeanne dite Thérèse l’a-t-il courtisé un soir de bal ? Lui a t’il conté fleurette le long de ruisseau de Pomarède ?

Une chose est sûre, il part à Tarrieu, chez François SOULIE et Marie GUARRIGOU pour leur demander la main de leur fille.

Mais Jean a quelques biens, et Jeanne un peu moins, il faut donc faire un contrat de mariage. Jean amène une maison qui lui appartient et de l’argent, 1912.35 francs. Les parents de Jeanne amènent dans son sabot 1600francs en avancement d’hoirie, ainsi qu’une donation de 3 draps de lit estimés à 12 francs et 6 serviettes et une nappe estimés à 7 francs. Jean MONVILLE et Jeanne Thérèse SOULLIE se sont marié le 2 avril 1862 à Bélaye (Lot).

Cette maison serait peut-être encore dans « nos sabots » si Léon le fils aîné de Jean et Jeanne, qui aux dires de notre grand-père Louis MONVILLE était « un bon à rien qui était capable de tout », n’y avait mis le feu pour toucher l’assurance après le décès de ses parents. Cinq enfants naîtront de cette union. Cette première journée du mois de janvier 1864 sera bien triste pour Jean et Jeanne dite Thérèse, leur petite Marie MONVILLE voit le jour mais ne vivra qu’une heure ! Le 8 janvier 1865 Etienne MONVILLE voit le jour. Il est décédé le 7 mai 1892 à l’âge de 27 ans. Il était instituteur. Selon les dires de sa sœur Anna MONVILLE ( ma grand-tante) qui avait 15ans à son décés . Le 14 mars 1870, voici que Léon Marcelin MONVILLE pointe son nez. Cultivateur comme son père, il épousera Françoise LUZERGUES le 26 juillet 1899 ils auront 4 enfants. Le 25 juillet 1877 Anna Marie Anne, dite Anna MONVILLE, voit le jour. Elle est décédée en 1976. Notre chère grand-tante, chez qui nous avons passé chaque été de si belles vacances ! Elle épousera Elie TEYSSEDRE en 1899 à PRAYSSAC. (Lot) Ils auront une seule fille, Madeleine, qui décédera dans les bras de ses parents à l’âge de 20 ans. Je vous raconterai sa vie dans un autre récit.






Et le petit dernier arrive, notre grand-père Louis MONVILLE né le 7 septembre 1880.

Il épousera notre grand-mère Jeanne JOUBERT le 20 octobre 1906.

Ils auront un seul fils, notre père André MONVILLE.



Texte de Nicole et Catherine MONVILLE.

mercredi 14 novembre 2018

LASSERRE René Récit d’un Prisonnier de guerre 1940-1945

Mon papa René LASSERRE est né un 30 décembre 1916 d’une fratrie de 9 enfants. Sa vie a été très riche en péripéties qu’il aimait raconter. A l’aube de sa vie, à 80 ans, il a écrit ses mémoires sur des cahiers que j’ai fait imprimer pour notre famille et ses amis. Il s’est aidé d’un petit carnet de notes rédigé pendant son service militaire et sa captivité en Allemagne. C’est le récit de celle-ci qui va suivre.



Après sa « drôle de guerre » sur le front Est, René a été fait prisonnier le 22 juin 1940, en même temps que les 1.845.000 soldats (1) suite à la reddition signée avec l’ennemi. Les allemands conduisirent alors tous les prisonniers depuis la caserne Molitor de Nancy, puis vers la gare où ils durent monter dans des wagons à bestiaux le 25 juillet. Le voyage dura 3 jours avec 50 à 60 compagnons dans le même wagon, sous une chaleur étouffante. Pas de toilettes, une boite de conserve circulait jusqu’au soupirail au fond du wagon … Arrêt à Luckenwalde, stalag IIIA (dans le Brandebourg) le 28 juillet à 15 heures. Désinfection totale. Ce fut le contrôle d’identité par les gardiens, plaque de métal avec numéro de prisonnier : 50712, Stalag III A. Départ pour une ferme en camion pour Reedz. Le patron de la ferme était SA, tête carrée, uniforme et croix gammée. Les prisonniers dormaient au camp et les agriculteurs venaient les chercher le matin. Par la suite, ils purent aller seuls à la ferme. Le travail était dur, mais la nourriture bonne. Forgeron de métier, mon père fut remplacé par un autre prisonnier au bout de 2 mois pour aller travailler en usine : celle d’Arado à Brandebourg (2). Il y avait là 1 400 prisonniers. Le travail n’était pas trop dur, mais la nourriture exécrable. Quinze jours après, mon père changea de camp pour travailler à l’usine Elisabeth-Hütte une fonderie de fonte et d’aluminium. Les prisonniers étaient alors 150, logés dans une usine de confection. Ils avaient une bonne hygiène avec douche et habits propres.

REVE D’EVASION

Ce fut un premier Noël en Allemagne … Le mal du pays commençait à chatouiller mon père … il rêvait … d’évasion ! Il en parla à 4 camarades sûrs. Ils s’organisèrent donc … Ils réussirent leur évasion ce 29 juin 1941 … La liberté dura 10 jours avec maintes péripéties. Mais le 11ème jour, leur périple à travers l’Allemagne se termina : le groupe fut repéré et dénoncé alors qu’il marchait le long de l’autoroute Berlin – Nüremberg. Un soldat allemand arriva avec son arme. Il mit en joue les hommes et demanda leurs papiers. Epopée terminée, évanoui leur rêve de revoir la France !

DE RETOUR A LA CASE DEPART

Conduits dans un camp de prisonniers serbes, ils furent interrogés et conduits enfin dans une prison de droit commun. Trois jours dans cette prison dont leurs gardiens étaient un alsacien et son épouse allemande. De par leur nationalité et le fait qu’ils ne soient pas des repris de justice, ils furent bien traités, aussi bien en nourriture que humainement : on leur apporta même du papier et des crayons pour jouer à la bataille navale. Touché, coulé : comme eux ! Le moral était au plus bas.

Un soldat les amena ensuite au train direction Luckenwalde, stalag IIIA. Jugés dès leur arrivée, ils furent condamnés à 1 mois de compagnie de discipline et dix jours de cellule chacun … Entassés à 10 dans une pièce de 1,50 m sur 2 m, une maigre soupe était servie et tous les trois jours un petit bout de pain avec de la confiture et de la margarine au goût douteux. Ils purent récupérer la monnaie cachée dans leurs semelles et acheter un peu de nourriture au marché noir.
René et ses 7 camarades KG inséparables : (3ème 1er rang de gauche à droite)
Après la peine purgée, ils furent expédiés dans un camp de 350 prisonniers, une trentaine de sentinelles, petit camp avec miradors aux quatre coins et double rangée de barbelés.

HISTOIRE DE PIGEONS

La première sortie s’effectua un matin par groupe de 20 KG (Kriegsgefangene). Ils furent conduits dans une grande ferme d’état où grouillait plus de 150 ouvriers et ouvrières de toutes nations. La journée se passait à couper l’avoine et la stocker dans un grand hangar. Grimpés en haut des gerbes en tassées, des camarades aperçurent des nids de pigeons entre les chevrons. Ils s’empressèrent de d’estourbir les pigeonneaux et les enfouir dans leur musette. Le soir, ils mangèrent les volatiles et enfouirent les restes. Ils recommencèrent les jours suivants. Le quatrième jour, le chef de la ferme regarda son vol de pigeons. Sans doute avait-il remarqué qu’il avait diminué. Les hommes donnèrent immédiatement la consigne aux autres KG de cacher les pigeons estourbis le matin dans les gerbes d’avoine. En effet, une fouille générale de tous les KG fut organisée, les chefs ne trouvèrent rien. Les prisonniers jugèrent qu’ils n’avaient pas touché à un seul pigeon.

POMMES DE TERRE CONTRE CIGARETTES

Après l’avoine, ce fut les pommes de terre, arrachées par une machine. Pour encourager les KG à ramasser plus vite les tubercules, les chefs promirent une cigarette par baquet vidé dans la remorque. « Le premier jour ils furent réglo » écrira mon papa. Mais ils trouvèrent que cela faisait trop et diminuèrent les récompenses. Alors les travailleurs en firent autant pour le travail. Les gardiens embauchèrent des italiens qui ramassaient en même temps que les français. Eux étaient payés au baquet. Quand les KG français avaient ramassé un baquet, ils l’échangeaient avec les italiens contre une cigarette. A ce rythme les français ramassaient 15 baquets par jour, les italiens une centaine.

EN GREVE

Forgeron de métier, mon père demanda à travailler dans une forge. Le chef de camp le toisa d’un regard interrogateur. Sans réponse au bout de huit jours, il réitéra sa demande. Pas de place pour lui ! Le lendemain, mon père refusa de travailler. Il fut mis en cellule et le gardien lui dit : « Rien à manger ». Il ne mangea jamais aussi bien que ce jour-là ! Ses copains lui firent passer du chocolat, du pain, des biscuits. Le soir on le conduisit devant un jeune officier. Ausculté par un médecin français lui aussi KG. L’officier lui demanda la raison de son refus de travailler. Mon père répondit qu’il avait par deux fois demandé d’aller travailler dans une forge et qu’il n’avait pas eu satisfaction. – Etant prisonnier, vous n’aviez pas à refuser de travailler ! » « C’est le seul moyen de se faire entendre ! » Répondit-il. Il lui promit de s’occuper de sa demande. En effet, quinze jours après, il fut envoyé à ALTRUPPIN.

Il arriva au camp le soir à la nuit. C’était une ancienne tannerie mais protégée par des barbelés tout neuf. Le gardien du commando le reçut sans ménagement et le menaça avec son pistolet. Il lui déclara qu’il n’hésiterait pas à lui tirer dessus s’il tentait de s’évader une nouvelle fois. Sa réputation de râleur l’avait suivie ainsi que sa tentative d’évasion … Il embaucha le lendemain chez le forgeron du village. Le soir il rentrait au camp après la journée de travail. Ils étaient une soixantaine de KG de tous les métiers.

SYSTEME DEBROUILLE

A cinquante mètres du camp coulait un canal. Des péniches y passaient. Ce canal reliait deux grands lacs aux eaux profondes. Un des camarades travaillait de nuit chez un pêcheur. Il demanda à mon père de lui fabriquer un harpon en acier. Il le paya en nature avec des brochets qu’il captura. Un autre commanda un collet pour attraper des lièvres et des chevreuils. Il y avait beaucoup de gibier, des bois entouraient les champs de culture. Pour les lièvres, du câble de frein de vélo convenait parfaitement. La survie les guidait. Il fallait manger, surtout pour beaucoup d’entre eux. Entre temps, un nouveau gardien fut nommé. Il était très sympathique. Il avait tout à gagner lui aussi. Il eut droit au chocolat plus tard quand les KG reçurent des colis d’émigrés.

ICI LONDRES

Un des camarades se procura un poste TSF avec écouteurs qu’il fallut cacher. Deux KG étaient menuisiers. Ils coupèrent une planche de parquet en dessous de leur lit pour faire un passage et accéder à la cave. Ils laissèrent quatre petits trous fraisés pour visser la planche après utilisation. Un peu de poussière sur les joints et rien n’était apparent. Tous les soirs à 21 heures, ils écoutaient ainsi radio Londres. Le problème est que le gardien avait l’habitude de venir faire l’appel à cette heure. Il fallait l’amuser pendant ce temps. Les prisonniers lui offraient cigarettes et chocolat. Malgré sa gentillesse, il était allemand donc méfiance ! Quand les informations étaient terminées, les copains tapaient deux petits coups à un endroit sous le plancher et les autres attendaient que le gardien soit parti pour ouvrir la trappe et libérer les 2 informateurs.

AU CHARBON

Cette cave secrète leur permit également de cacher tous les objets compromettants qu’ils possédaient : trois tonnes de charbon en briquettes substituées à une péniche qui avait vidé son stock près du camp. Le gardien leur fit comprendre que l’hiver serait rude, qu’il était avec eux et qu’il fallait se chauffer les mois de froid ! Les prisonniers comprirent tout de suite, surtout qu’ils avaient déjà commencé à se servir : Ils y travaillèrent tout une nuit, la cave était assez grande pour y contenir le chargement. Le lendemain le patron de la péniche vint vers 9 heures avec un gendarme. Ils firent l’inspection de la chambre et l’enquête s’arrêta là. Depuis cette cave, on installa une prise électrique : les prisonniers avaient monté une bibliothèque et, avec les prises de courant, ils purent lire tranquillement après l’extinction des feux.

PASSAGE A TABAC

L’un des camarades boulanger travaillait de nuit. Il aperçut des camions se garer devant un grand hangar. Des caisses étaient déchargées dans ce bâtiment et cela l’intrigua. La nuit suivante il se faufila dans ce hangar, accéda aux caisses entassées jusqu’au fartage avec une échelle. Ces caisses étaient remplies de cigares et cigarettes. Le lendemain, tout excité, il raconta sa découverte : à partir de ce jour ils eurent le tabac à volonté ! Ceci se passa dans l’hiver 1944.

ESPOIR DE LIBERATION

Les prisonniers avaient de nouvelles du front russe : ils montraient leur nez à l’Est, les américains à l’Ouest. Ils avaient prévus d’aller au-devant des américains … La forge où mon père travaillait se trouvait sur la grand-rue Breite-Strasse. Il vit passer par la fenêtre de son atelier près de cinquante mille déportés de tous pays. Un grand choc, une grande pitié l’envahit de voir ces malheureux dans cet état de misère physique, avec de mauvaises chaussures ou pieds nus. Les gardes les malmenaient encore à coups de crosse. Son patron n’en revenait pas, il ne savait pas comme beaucoup d’autres allemands qu’il y avait des personnes ainsi torturées, affamées. Ces déportés venaient du camp de concentration d’Oranienbourg. On était en février 1945. Les prisonniers quittèrent le camp d’Altruppin le 30 avril 1945. Cinquante kilomètres à pied. Mon père avait trouvé une bicyclette. Il s’en servit pour transporter son sac et celui des copains. Ils conduisirent à tour de rôle. Un autre avait fabriqué une brouette avec une roue d’un avion de chasse récupérée. Ils arrivèrent au bord de l’Elbe le 2 mai au soir. Les américains tenaient une tête du pont. Ils firent le tri. Les KG des pays de l’Ouest traverseraient le fleuve sur les barques à moteurs conduites par 2 américains. « Ce fut là un des plus beaux jours de ma vie » écrira mon père. Ce bonheur fut attristé par un accident : le bateau suivant chavira au milieu de l’Elbe. Ne survécurent que 9 prisonniers sur les 18 passagers : huit français qui venaient d’Altruppin et un américain se noyèrent. Un autre accident se produisit parmi eux. Un russe voulut désamorcer une mine antichar. L’engin explosa. Il fut déchiqueté et 8 blessés tombèrent à côté. Les américains transportèrent les soldats libérés par camion à la gare la plus proche. Direction la France. Ils traversèrent la Hollande, la Belgique. A Charleroi, un repas chaud leur fut offert par les Belges avec un verre de vin rouge. Le premier verre d’un pays ami depuis cinq ans. Le convoi passa le Rhin le 11 mai à neuf heures du soir. Ils furent désinfectés et démobilisés officiellement. Arrivé à Périgueux le 14 mai dans la soirée, il retrouva sa mère et toute la famille à Cendrieux le lendemain matin vers 11 heures … Quel délabrement moral après cinq années de solitude, de stress. Même si les conditions de détention n’ont pas été dramatiques pour mon père, il disait qu’il avait eu de la chance de ne pas être maltraité mais il y avait cette tension permanente, et surtout la culpabilité de se trouver si loin de son pays, impuissant à tout ce qu’y s’y passait. Mon père a ainsi donné 8 ans de sa vie à la France : parti en 1937 pour le service militaire, il est revenu en 1945.

(1) : Mon père avait noté 30.000 prisonniers : certainement ce jour-là. Sur Wikipédia ce sont 1.850.000 soldats qui furent faits prisonniers en France par les Allemands en mai-juillet 1940. Sur ce nombre, 80.000 réussirent à s’échapper entre juin 1940 et octobre 1942. 51.000 trouvèrent la mort ou disparurent au cours de leur captivité.

(2) Usine Arado (Brandebourg) : constructeur aéronautique liquidé en 1945 (source Wikipédia).


Par Mireille BERGER.

mardi 13 novembre 2018

KUNCHS Georges François

Mon arrière-grand-père paternel, Georges, François KUNCHS est né le 21 avril 1891 à Paris 1er de père inconnu et de Célina Joséphine KUNCHS.


Il était doreur. Mon arrière-grand-mère Marguerite MAGNOU est née le 1er janvier 1893 à Négrondes, plus précisément au lieu-dit « Le Pouyet » en Dordogne. Voulant trouver du travail, elle est allée à Paris.

Elle était couturière. C’est là qu’ils se sont rencontrés.


Par la suite, ils ont eu leur premier enfant hors mariage : Georges, Jacques né le 15 décembre 1911 à Paris 14ème et décède le 16 février 1916 à Paris 3ème.
Ils se sont mariés le 6 avril 1912 à Paris 3ème. Ensuite ils auront deux autres enfants dont ma grand-mère Aline, Odette née le 23 janvier 1913 à Paris 10ème, décédée le 29 mai 1939 à « Saint-Michel » commune de Tourtoirac et mon oncle Louis, Marcel né le 6 janvier 1915 au lieu-dit « Le Pouyet » commune de Négrondes, il décède le 22 février 1990 à Périgueux.


Vu que leur dernier enfant est né en Dordogne en 1915, je ne sais pas en quelle année ils sont venus habiter dans la maison des parents de mon AGM.


En 1917, mon AGP est recruté au sein du 130ème RI du 23/05/1917 au 17/02/1918, puis au 103ème RI du 18/02/1918 au 7/06/1918 et enfin au 19ème RI du 7/06/1918 jusqu’à sa mort le 8/10/1918.


Le 8/10/1918, il a était touché au thorax par un éclat d’obus à Cuperly Mont Frenet dans la Marne, il décédera de ses blessures dans l’ambulance. Il avait 27 ans. Sa tombe se trouve à la Nécropole Nationale du Mont Frenet-La Cheppe parmi ses camarades.



Il est inscrit au monument aux morts de Négrondes.  Mon AGP porte la mention « Mort pour la France ».











Mon AGM se remaria avec Louis AMBLARD le 27/02/1926 à Négrondes avec lequel elle a eu une fille : Raymonde, Alice AMBLARD. Mon AGM est décédée le 5/06/1987 à Périgueux en Dordogne.


Par Marie-Hélène ROUBINET.

lundi 12 novembre 2018

JACOUTET Jantou

Jantou Jacoutet, Une vie simple, tranquille. Et heureuse je pense !
Jean François Xavier Jacoutet " Pépé Jantou " est né le 3 Décembre 1900 dans ce joli petit village : Le Bugue, Al Buga en occitan (Dordogne) - Jantou est mon grand-père maternel.

Il était le fils ainé de Jules Jacoutet, peintre en bâtiment et négociant en noix et Berthe Escorne toujours négociante en 1921, après le décès de Jules en 1917.

Jules Jacoutet et Berthe Escorne

Un frère Pierre Jacoutet était né en1904 au Bugue, où il vécut toute sa vie. Il y est décédé en 2001. Il avait épousé Denise Riaud en 1929. Denise tenait épicerie parisienne (clin d'œil à Jantou parti à Paris ?) tandis que Pierre, électricien tenait aussi son petit magasin quelques maisons plus loin dans la rue principale du Bugue. Il a cependant toujours gardé un peu l'amertume de n’avoir pu, comme son frère, poursuivre un peu d'études, la cause en était le décès de leur père .... Berthe était une femme timide et effacée et n'a visiblement pas eu le courage de maintenir leurs entreprises de peinture et l'atelier d'énoiseuses (photo ci-dessous). Bah il ne s'en est pas trop mal tiré non plus le tonton.

Atelier des énoiseuses JACOUTET posant pour la photo

Gens simples mais de par leurs origines de propriétaires terriens, bourgeoises, voire notables en remontant, ils avaient gardé au fond d'eux une légère, mais certaine condescendance tout de même !




''Les deux "frangins" étaient restés très liés, au point qu'à la fin de leurs vies respectives, ils s'appelaient toujours " Mon petit frère " ou " Mon grand frère ". C'était très attendrissant, cela a dû me marquer puisque j'en suis au même point, à l'heure qu'il est, nos soixantaines passées, j'appelle toujours les miens : " mes p'tits frères " 64 et 61 ans ''




Ils n'avaient qu'une seule tante, sœur de Jules, Joséphine Elyzabeth, institutrice mariée à Pierre Cambelet originaire d'Urval également instituteur. Ils commencèrent leur carrière au Bugue et la terminèrent à Paunat. Berthe, elle, était enfant unique, une sœur Marie Blanche née en 1776, n'a visiblement pas vécu. Petite famille, cependant partageant des liens très forts avec leurs cousins surtout de la famille Colombet et Cambelet, pour preuve les nombreuses photos en leurs présences et les sempiternelles visites aux cousins l'été au mois d'août. Jantou, le très calme (bien qu'ayant un caractère bien déterminé) et Pierre, l'intrépide, faisaient partie d'une équipe de rugby, celle de la Farge, car il y en avait une autre celle de de la place de la Mairie ou du Cingle. Lorsque l'une rencontrait l'autre, il parait que cela donnait de belles bagarres en perspective, ça ne rigolait pas il y avait de la castagne dans l'air. Sur la photo jointe Jantou tient le ballon en bas à droite et Pierre est juste au milieu sous le plus grand enfant. Je cite .....

  • En 1913, des différents quartiers du Bugue surgirent des équipes rivales. Les redoutables minimes de La Farge rencontraient leurs adversaires de la Place de la Mairie ou du Cingle. La guerre de 14-18 emporta bon nombre d'entre eux. (Coll. Jacoutet)
  • (paragraphe de Mr Bertrand, photo privée famille fournie par mon gd oncle Pierre)


Son amour pour le rugby n'a jamais été démenti car je me souviens, moi, des matches à Paris au stade de Colombes où pépé m'emmenait juchée sur ses épaules.



Tout semblait paisible, pas non plus de soucis majeurs, jusqu'au mois de Mars 1917 où Jules le papa fût emporté par une grippe espagnole. Berthe avait gardé l'entreprise d'enoiseuses et je l'y trouve encore en 1921, mais, femme influençable et très croyante, elle courait à l'église dès qu'elle entendait les cloches sonner et ce, dès le matin (ça n'est pas peu dire, l'église étant juste derrière la maison !!!!!!) Elle n'a donc pu continuer, n'ayant plus la poigne pour. Les bons grands-parents Escorne/Colombet ont toujours veillé sur les deux petits pas riches, mais pas dans le besoin non plus. Il était sellier, vétéran de la guerre entre 1864 et 1871 dans les hussards. Nina était propriétaire terrienne à Cumon. Nina ... Nina ! J’adore ce prénom : Nina !


Félix ESCORNE et Nina COLOMBET

Félix le grand-père, haut en couleur à ce qu'il parait, est décédé en 1916 et Jules à peine un an plus tard, Jantou et petit Pierre furent donc couvés et adulés par Berthe et Nina restées veuves presque en même temps. Cette dernière décida donc de vivre à la Farge avec sa fille et ses petits-fils Jantou et Pierre. Mais revenons sur mon Jantou !




Jantou avait fait des études secondaires : pensionnaire à Périgueux ? Angoulême ? Je ne sais pas, toujours est-il que je le vois en uniforme d'étudiant sur certaines photos. À 20 ans, il part faire l'armée à Angoulême et là, ça ne ratait jamais, lorsque nous allions passer notre mois d'août au Bugue nous passions toujours devant son ancienne caserne (on ne risquait pas de la louper !!!) Nous avions un rappel de clairon au passage du grand portail du 177ème régiment d'Infanterie d'Angoulême. "Hé petits ! pépé a passé ses 20 ans là derrière ce grand portail ", je l'entends encore avec ce léger accent qu'il avait gardé malgré sa vie parisienne, Oh ! Moins fort que celui de tonton Pierre, mais tout de même chantant.

Puis Jantou, comme beaucoup de jeunes à l'époque, est monté faire carrière à la capitale.  Elégant, présentant bien, voici sa photo de nouveau Parisien vers les années 1923/24.


Au régiment Sa toute nouvelle vie de parisien
Il est entré à la maison CHERAMY / HOUBIGANT / Jean D'ESTRÉE (qui ne connait pas l'eau de toilette " H pour homme " ?) Où il y a fait carrière de son arrivée dans la capitale .... Jusqu’à sa retraite. Ses débuts furent en tant que représentant et, à l'heure de la retraite, il était toujours qualifié de représentant, mais cadre. Son grand amour - mamy Alice Tout à côté de la Place de la Farge, le Maire du village à l'époque, avait en pension une petite parisienne, très jolie brunette avec de très très longs cheveux noirs, de jolis yeux noisette répondant au doux prénom d'ALICE. Timide, même secrète, sûrement un peu triste : " ALICE ". Alice n'avait pas eu de chance, sa maman et son petit frère étaient décédés eux aussi de la grippe espagnole en 1916, son papa était à la guerre, ses oncles aussi : elle avait 8 ans, son papa ayant été gazé durant la Grande Guerre, se trouva à l'hôpital militaire avec le Maire du Bugue qui devait rentrer chez lui. Le papa d'Alice, lui devait repartir. Ils se lièrent d'amitié et Alphonse lui expliqua son malheur et il fut conclu qu'il accepta de prendre Alice comme pensionnaire, (ma mère a encore les carnets de comptabilité très bien tenus, de la pension de mamy)....




La photo de l'au-revoir juste avant le départ pour le BUGUE .... Comme leurs cœurs devaient être gros .... !



La guerre finie, le papa d'Alice en rentra malade, très malade du camp de la Courtine (Creuse) et ne pût reprendre Alice, il continua donc de pourvoir aux besoins de sa petite. Il mourut quelques courtes années après, Alice avait alors 16 ans. Son papa était originaire du Pas-de-Calais : Berck sur Mer, et sa maman était de la Nièvre. Alice, elle était née à Paris en 1908. Il n'y a que très peu de temps que j'ai découvert, sur l'acte de mariage de mes grands-parents que Mr GLENE était devenu le tuteur de mamy. Il me plait à croire que le coup de cœur l'un pour l'autre, entre la petite Alice et Jantou, a débuté dès leur enfance ; sinon, Alice n'aurait-elle pas rejoint sa famille, ses oncles étant rentrés de la guerre ? Elle avait deux oncles côté paternel et un côté maternel dans la Nièvre. Je sais qu'ils avaient voulu l'accueillir. Ils se marièrent en 1929 au Bugue et je pense repartirent à Paris, cette fois ensemble, car maman y est née 1 an après en 1930 et taty en 1931. Après quelques brefs changements d'arrondissements, ils se sont fixés dans le 14ème, arrondissement, rue Sarette où je les ai toujours connus y demeurer et où je suis née d'ailleurs. Alice au début de sa vie active avait été postière puis institutrice au Bugue et à Paunat, elle continua un peu à Paris dans l'école d'un cousin Colombet y étant directeur, mais quelque temps après la naissance de leur deuxième fille, Christiane, elle, décida de changer et commença une carrière différente, cette fois dans les assurances : Assurance "La France" où je l'ai toujours également connue travailler en tant que chef de bureau à la comptabilité.

Enfin à la retraite, ils reprirent le chemin du Bugue et de la place de la Farge. Alice mourut en 1977 à Antonne suite à un AVC, elle avait 69 ans. Pour la première fois de ma vie, j'ai vu mon grand-père pleurer et, toujours fier, se redresser d'un seul coup comme pour ne pas nous montrer sa douleur. Jantou, lui, nous a quittés en 1985 à Trélissac, à l'âge de 84 ans. Ils furent, je n'en doute pas, très heureux car maman et ma tante m'ont dit ne jamais les avoir entendus se disputer, un simple mot ou signe suffisait à recadrer la situation calmement sans bruit.






Mariage de Jantou et Alice 1929 De leur amour naquit Jeannine, ma maman, qui eut 3 enfants dont moi, et 5 petits-enfants. Maman est partie vivre au Bugue dès sa pré-retraite car elle avait choisi un Buguois d'origine comme compagnon. Ma tante Christiane a eu 1 enfant et 2 petits-enfants, elle vit toujours à Versailles près de son fils, avocat. Vie tranquille, sans histoire, sans cris, posée, sans soucis particuliers, peut-être dû aux traumatismes de leur enfance du fait d'avoir perdu tous deux leurs parents très jeunes. Une vie et un amour tout en harmonie, malgré la traversée de la Seconde Guerre Mondiale, pendant laquelle, du reste, Jeannine et Christiane furent envoyées au Bugue pendant une année chez leur grand-mère Berthe.

Si nous Parlions un peu de nos vacances buguoises ?

Mes grands-parents Jacoutet passaient nous prendre aux Sables-d'Olonne chez nos grands-parents paternels où nous avions passé le mois de Juillet : journées plage .... pas d'heure pour manger, se coucher, cool, liberté totale, super ! .... Oui, mais au Bugue, là, ça n'était plus la même chanson : bien se tenir à table, messe le dimanche, robe en broderie anglaise pour moi, chemises blanches pour mes deux frères, prière le soir (pffff) Mamy était très à cheval sur les bonnes manières ; quant à la sieste de pépé, je l'entends encore ronfler, je me demande s'il ne faisait pas trembler la Farge ! À son réveil, c'était les balades dans les coteaux ou dans les villages alentours ou encore la tournée des cousins et cousines de pépé. Pépé Jantou aimait beaucoup la pêche : il partait sa canne sur l'épaule en sifflotant (je n'ai pas le souvenir qu'il ait ramené grand-chose, mais le plaisir avait été de la partie). Nous avions souvent des grands soupirs d'impatience, mais aimerions bien pourtant retrouver ces bons temps de sérénité. Le matin ! Tous les matins, 365j/365, il s'astreignait à faire de la gymnastique devant sa fenêtre grande ouverte afin de garder la forme. Le dimanche, il nous ramenait non pas des chocolatines (comme vous dites) mais des petits pains en forme de petits bonhommes tout chauds que faisait M. Dazenière le boulanger (hummmm !) Tout a une fin et surtout les vacances, il fallait rentrer sur Paris. Dans la voiture çà n'était pas vraiment l'euphorie. Si, en partant le rituel était de chanter à tue-tête tout au long de la route dont le chef de chœur était mon grand-père .... : « Au Lycée papa, au lycée papa ... au lycée papillon » avec un bon gavage de bonbons à la menthe, au retour, pas de bonbons à la menthe et silence radio ..... Il quittait son Bugue (et nous, nous reprenions le chemin de l'école, le Lycée Papillon de cette vieille chanson n'avait plus aucune grâce à nos yeux). Mes grands-parents étaient un peu stricts, un peu plus mamy que pépé, ce qui ne les empêchait pas d'être très agréables, souriants, et ne fuyant pas l'humour de bon goût. Mais l'éducation et les bonnes manières c'était primordial pour eux. Mamy quand elle riait, riait même de très bon cœur. Elle disait souvent en riant que pépé était tête en l'air, quand il allait aux cèpes, elle avait toujours peur qu'il se perde, ce qui est arrivé une fois du reste.

J'avoue avoir compris avec le temps, qu'en leur compagnie nous connaissions la paix, la sécurité, et cela fait du bien rien que d'y penser, même si nos vacances périgourdines, après 1 mois de vie de chiens fous à la plage, nous barbaient parfois. Cet équilibre c'est à eux que nous le devons.

Ils reposent à présent au pied du coteau que domine Bara-Bahau, ensemble à tous jamais. Bara-Bahau qui signifie badaboum, une grotte dans laquelle Jantou nous a souvent conté qu'il escaladait le coteau avec ses copains afin d'aller y jouer.


Par ANNIE-ALICE MOUNIER

samedi 10 novembre 2018

IDA FILET ma mémé si douce

Catherine Filet est née à Saint-Rémy (Dordogne), le 18 janvier 1895. Elle est la fille de : Jean Filet (né le 21 octobre 1854 à Lalinde (24), fils de jean le jeune et Marie Marche). Et de Catherine Chassaigne (née le 24 décembre 1871 au Fleix (24) à Virolle, fille de Jean Chassaigne et Marie Geneviève Gaurel). Parents qui se sont mariés le 28 septembre 1890 à Saint Rémy. Le couple aura 3 filles (Félicia, Catherine et Jeanne) et 1 garçon = Jean en 1905, à peine plus d'un an après la naissance de Jean, Catherine, la mère décédera à Saint-Rémy.


Elle a donc le prénom de sa maman : Catherine comme on peut aussi le voir sur le recensement de 1901. Pourtant tout le monde la connait uniquement avec le prénom « IDA ».

Mais d’où vient donc ce prénom inconnu dans la famille ? Trop jeune pour poser la question aux anciens, et mon père n’en savait pas plus, aujourd’hui je n’en saurais rien. Son futur mari, aussi son cousin germain, >avait aussi un prénom d’usage différent de son prénom de baptême.



Elle vient juste d'avoir 18 ans lorsque est envisagé le mariage avec Antoine appelé Félicien Filet, né à Pineuilh (Gironde), le 22 juillet 1889, fils d'Antoine Filet et Maria Gueybaud. Leurs pères étant frères, ils ont pour grands parents en commun Jean Filet et Marie Marche et donc sont cousins germains. Ce qui a nécessité lors du mariage, une dispense pour consanguinité au deuxième degré.

Leur mariage a lieu le 21 juin 1913 à Saint-Rémy en Dordogne chez Catherine Ida.

C’est à Eynesse qu’ils auront leurs cinq enfants, au château du Barrail. Félicie en 1914, puis Georgette, Marguerite, Pierre et Lucette en 1929. Bien qu'ayant perdu la vision d'un œil suite à un coup de sabot de cheval, Antoine participera à la guerre 14-18.


Vers 1925, à cause d'une insolation et une mauvaise intervention subie à l'hôpital, elle deviendra sourde pour le restant de sa vie.
Je n'ai donc jamais entendu sa voix.
Vers 1950, la famille sera domiciliée à Jarnac, toujours à Eynesse. Ensuite Ida sera chez sa fille Lucette, au Pont-de-La-Beauze et enfin à Pineuilh, toujours en Gironde.

Antoine "Félicien" décédera à Eynesse (Gironde), le 17 Juillet 1951, âgé de 61 ans.
Elle décédera à Pineuilh (Gironde), le 27 octobre 1972, âgée de 77 ans.
Leur sépulture est dans le cimetière d'Eynesse.

Par Jean-Louis FILET.

vendredi 9 novembre 2018

Henri BOISSEAU un grand-père parti trop tôt

Les origines

BOISSEAU est un nom de famille dérivé de BOISSEL mais c’est aussi, entre autre, la mesure de capacité pour les grains. Ce nom m’a été transmis par mes ancêtres originaires de la commune de LISLE et de ses environs faisant partie du canton de BRANTOME.

Mon grand-père, Henri, né le 26 janvier 1900 à ROCHEREIL, commune de LISLE, est l’enfant de Denis BOISSEAU, âgé de 35 ans et de Noémie DEMOULINS, âgée de 20 ans exerçant tous deux le métier de cultivateur, qui valut à Noémie, en 1928, la médaille d’honneur agricole. Les témoins de cette naissance, domiciliés à LISLE, sont Mathurin COUSTILLAS, cabaretier âgé de 39 ans et Pierre BESSINE, chaisier, âgé de 32 ans.


En 1901, il habite à LA ROCHETTE au n° 168, avec ses parents et ses grands-parents maternels Antoine DEMOULINS et Marie COLOMBEIX, âgés respectivement de 63 ans et 57 ans, exerçant le métier de cultivateur tous les deux. En 1908, une petite sœur vint au monde et elle se nommait Eva. L’adulte Il devint un homme aux cheveux châtain clair et yeux bleus mesurant 1,66 m qui ne laissa pas ma grand-mère, Marie DUPUY née à LA MONERIE, commune de LISLE, indifférente. Cet amour a eu pour conséquence une grossesse avant mariage. Un garçon est né et a été bien fêté. Les témoins partis à pieds pour la déclaration à la Mairie qui était à quelques km, se sont arrêtés sur le chemin pour annoncer la naissance. Bien sûr c’était l’occasion pour boire un verre ensemble, mais après quelques maisons visitées, la naissance a été déclarée avec une journée de décalage et .cet enfant qui devait s’appeler Gabriel Maurice, a été déclaré Maurice Gabriel. Il a été reconnu par le mariage de ses parents le 1er octobre 1920.

Henri a effectué son service militaire, qui, depuis la loi de 1905, durait 2 années. Il incorpora le 21ème régiment d’artillerie au mois de mars 1920 et fut nommé Premier Canonnier conducteur en octobre. Il fut envoyé en disponibilité avec certificat de bonne conduite en mars 1922. Il passa dans la réserve de l’armée active classé dans l’affectation spéciale en qualité d’homme d’équipe jusqu’en 1924.


Le changement de vie

En 1922, ne voulant pas continuer la vie de cultivateur de ses parents et ancêtres, il prit femme et enfant et s’installa à CAMBRAI dans le Nord où il fut embauché aux Chemins de Fer. Un deuxième enfant, Robert, est né en 1926. En 1932, il déménagea à SOLESMES où est né mon père, René, en 1934. En 1937, il posa ses cartons et valises dans l’Aisne à SAINT-QUENTIN, où je suis née, et habita une maison mise à disposition par les chemins de fer qui devint la SNCF le 1er janvier 1938. Il resta dans la cité des cheminots de GAUCHY, petit village proche de SAINT-QUENTIN, jusqu’en 1955, année de sa retraite.

La retraite

Obligé de quitter la cité des cheminots, il emménagea avec sa femme dans une maison en location dans une rue du centre-ville de SAINT-QUENTIN. Son désir aurait été de retourner vivre à LISLE, mais ma grand-mère voulait rester près de ses enfants et petits-enfants. 1960, ma naissance et la petite fille que mes grands-parents n’ont pas pu avoir, n’ayant eu que des garçons qui leur ont donné des petits fils, allait devenir leur centre d’intérêt. Mon grand-père était devenu un homme aux cheveux blancs, très élégant. Il se promenait beaucoup dans la ville et était surnommé « Jean Gabin » ayant la même allure physique et une chevelure aussi abondante.

Mais malheureusement, je n’ai pas pu lui rendre l’amour qu’il m’a donné car je me souviens avoir eu peur de lui au point de me cacher sous la table quand il arrivait. Cette attitude était dû au fait qu’il n’avait pas perdu son patois périgourdin et la petite fille que j’étais ne comprenait pas ce grand-père qui n’hésitait pourtant pas à passer la nuit dans un autre lit pour calmer les peurs que j’avais, en me laissant dormir avec ma grand-mère. Pour les repas, il n’avait pas oublié ses origines et commençait toujours par de la soupe dans laquelle il mettait du vin avant de la finir, fa chabròu.

Ses plus grands voyages ont été les allers-retours en train de SAINT-QUENTIN à LISLE pour rendre visite à ses parents.
Mais un voyage qu’il a fait pour venir me chercher chez son fils ainé, Maurice, qui vivait en Normandie où je passais mes vacances, m’a laissé un souvenir mémorable. Départ de la maison de mon oncle en bus jusqu’à la gare de CAEN où mon grand-père m’installe dans le train et s’en va. A 10 ans, l’imagination vous fait vivre des moments pathétiques et la peur de l’abandon s’installe. Mais non, il revient un sandwich à la main ne s’étant pas rendu compte de l’impact que cette absence avait eu sur sa petite fille, trop content de n’avoir pas oublié qu’elle aurait peut-être faim pendant le voyage. Arrivée chez mes grands-parents, trop contente de raconter l’anecdote de l’abandon à ma grand-mère qui n’a pu s’empêcher de le réprimander en lui précisant qu’il ne devait plus faire cela maintenant comme il le faisait avec ses fils à l’époque où ils retournaient en famille sur la terre de leurs ancêtres.

La fin de vie

Décembre 1971, une congestion cérébrale, l’AVC de notre époque, l’a emporté en un mois. Au décès de mon grand-père, le secret de famille que ma grand-mère me cachait honteusement tomba, sa grossesse avant le mariage qui est, pour moi, la conséquence de leur amour qui a duré 52 ans et qui serait visible sur un arbre, à côté de Rochereil, découvert par leur fils aîné, où un cœur avec un H et un M ont été gravés. Quelques mois après, ma grand-mère, envahie par le chagrin, mourrait. Elle avait arrêté le traitement qui la préservait de l’infarctus qu’elle a fait en avril 1972. Il n’a pas eu le temps de me transmettre son amour pour le Périgord qu’il a dû quitter jeune pour acquérir une meilleure situation mais dont il avait gardé l’accent pour ne pas perdre ses racines, il a su les transmettre à mon père qui n’a pas manqué, lors de nos retours de vacances, de faire une halte chez nos cousins du Périgord où la petite fille de Henri et Marie a toujours été bien reçue.


Par Sylvie DEBUT.

jeudi 8 novembre 2018

GRENIER Pierre.

Pierre est né au château de Bridoire, commune de Ribagnac, en Août 1811, château dans lequel son père, Jacques GRENIER était vigneron et a exercé aussi les fonctions de valet. Jacques avait épousé Isabelle BON le 8 octobre 1806, également cultivatrice, et ils étaient employés à Bridoire en 1809. Ils ont eu 5 enfants et Pierre est le 3eme de la fratrie.



Sa vie se divise en 3 périodes :
- 1817-1840 : La Dordogne et la vie au pays
- 1840-1848 : Paris et la vie ouvrière
- 1848-1849 : l’Algérie.


1) La Dordogne et la vie au pays :

Les jeunes années de Pierre sont identiques à celles de ses contemporains vivant à la campagne. Il y a appris le métier des champs et de la vigne, mais il a aussi participé aux multiples tâches que le service au château exigeait. Mon père m’a également appris les métiers de service, entre autres celles touchant à l’habillement et la confection. En 1831, soit une année avant l’âge de sa majorité civile, ses parents, Jacques et Isabelle ont engagé une procédure auprès du juge de paix du canton de Sigoulès, visant à faire dresser et enregistrer un acte de notoriété attestant que Pierre était bien leur enfant. Cette démarche s’est révélée indispensable, en raison de l’absence de déclaration dans les livres de l’état civil de la commune de Ribagnac, sans que quiconque ait pu en expliquer la raison. En février 1840, Pierre s’est présenté en mairie de Pomport, (Dordogne), pour déclarer l’enfant hors mariage qu’il a eu avec Marie Anne Munier. Cette déclaration n’a pu être prise que partiellement en compte, dans la mesure où pour la mairie de Pomport, il n’avait toujours pas d’existence légale, l’acte de notoriété n’étant jamais arrivé depuis le bureau d’enregistrement de Bergerac où il séjournait depuis 1831. L’enfant fut prénommé Pierre, né pour l’état civil de Marie Anne Munier et de père inconnu.

Le 12 mai 1840, en possession de son acte de notoriété, dûment homologué par le tribunal d’instance de Bergerac le 7 mai 1840, Pierre et Marie Anne se sont mariés, en présence de Jacques, mais en l’absence d’Isabelle, sa mère, qui ne lui avait pas donné son consentement. Avait-elle un autre projet pour lui ? Toujours est-il que ce désaccord semble être la cause de son exode à Paris. L’acte de mariage qui a été dressé, faisait également état de la reconnaissance de la légitimité de l’enfant né hors mariage. Quelques mois après le mariage, Pierre, Marie Anne et leur enfant quittaient la Dordogne pour rejoindre Paris

2) Leur vie à Paris

Ils ont habité le 9eme arrondissement ; arrondissement très populaire ou s’entassaient ouvriers, petits artisans, et nouveaux arrivants. Pierre gagnait sa vie en étant tailleur d’habits, activité très répandue à l’époque…

Pierre participe à la révolution de février 1848 qui fait 10 000 morts. Il est blessé au bras gauche, a été ramassé sur la barricade, transporté chez M. Dutaitre et soigné par la mère de ce monsieur. S’il n’a pas été fusillé, c’est grâce à sa blessure.

3) L’Algérie

A cette époque, l’Algérie vient d’être conquise et est en cours de colonisation, donc Pierre et sa famille partent, avec le 2eme convoi et arrivent en Algérie en fin d’année 1848, où ils ont eu une concession de 15ha sur le territoire de Saint Aimé dans l’Oranais, à Arzess exactement. Entre temps, Eugénie est venue agrandir la famille. Elle est née le 16 août 1841 et Marie Anne était de nouveau enceinte de leur 3eme enfant, Louis (né en 1849), lors de leur départ en Algérie le 15 octobre 1848 avec le 2eme convoi. Pierre, (décédé le 23 octobre 1849), son épouse Marie Anne (décédée le 18 octobre 1849) et leur dernier-né Louis, meurent à la fin de l’année 1849, du choléra, épidémie survenue dans la région. Ils laissent 2 orphelins en bas-âge, Pierre et Eugénie. Ceux-ci sont recueillis dans un couvent, puis placés dans une famille d’accueil à Relizane (Algérie).






Relizane.





Par Maryse GRENIER.

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